« Back Home » sort ce 15 novembre.

Black Orchid Tribe ( = tribu de l’orchidée noire) est un groupe assez récent. Sa page FB n’a d’ailleurs été créée qu’en septembre 2021 soit il y a un peu plus d’un an. Et pourtant, on parle bien ici de la révélation scénique de l’édition 2022 du Baudet’stival. Nouveau groupe donc, mais avec un sérieux bagage puisque l’artiste à la base de ce projet n’est autre que le Lasnois Loïc Videtta (ex Mango Moon et Black Mirrors) qui a traversé 17 pays au fil de ses 200 concerts avec les Black Mirrors. Un rythme soutenu, presque fou, digne d’un globe-trotteur professionnel qui a toutefois été coupé net dans son élan suite à l’apparition du Covid et de ses inexorables contraintes. Loïc prend donc une retraite « obligée » avec le 1er confinement et met fin à la collaboration avec Black Mirrors. C’est à ce moment qu’il décide de se lancer dans un nouveau projet, plus personnel cette fois. Personnel dans l’écriture et dans le choix artistique, mais finalement pas dans l’expression scénique. Mélange de rock, folk et blues habillé de paroles qui relatent les émotions que Loïc tenait à s’exprimer concernant son état d’esprit mais aussi ses démons. Tout part donc d’un projet solo, mais évolue en l’expérience constructive d’une tribu que le loup (pas si) solitaire s’est choisi. Le tribe se compose de Giovanni que le chanteur a découvert grâce aux réseaux sociaux, car oui s’il prône les valeurs de l’ancrage, de l’instant présent, cela ne l’empêche pas d’être un utilisateur assidu des réseaux car ils représentent une porte d’entrée d’un monde infini qui permet de connecter les gens. Laura (guitare) et Loïc se sont (re)trouvés à retaper une grange. Raf est arrivé dans le projet parce que Loïc le connait depuis son premier groupe Mango Moon. Paul c’était le batteur du groupe Black Mirrors dans lequel Loïc était bassiste. « Rejouer avec Paul, ça a été comme retrouver une ex ! On a retrouvé tous les réflexes (rires) » commentait d’ailleurs le fondateur de ce nouveau projet lors d’une interview en été. Après les singles : « Better Run » (> 29 avril 2022) et « Numb my beast » (< novembre 2021), c’est au tour du premier EP « Back Home » de rentrer dans la cour des grands le 15 novembre, avec une release party organisée dès le 18 au Prince Club (ferme du Prince) Rixensart car BOT c’est avant tout un groupe de scène. Ceux qui ont déjà pu assister au set du groupe ne sont d’ailleurs pas prêts de l’oublier car ça déménage. Au Baudet’stival, Black Orchid Tribe a littéralement mis le feu à la scène annexe, et au parterre qui la devançait, Loïc n’est en effet pas homme à rester sagement sur un tabouret ou à se cantonner à tenir son pied de micro en place. Non, ici, c’est la fougue, l’énergie, le partage… avec ses musiciens évidemment, mais aussi le public. Torse nu, le chanteur descend de la scène pour venir à la rencontre de ses fans en pleine prestation puis y retourne bière à la main, toujours habité de son énergie débordante. En fin de prestation, il s’expliquera par ces mots simples « C’est pas qui on est en terme de musicien qui va toucher les gens. C’est pourquoi on vient raconter un truc sur scène. Venez comme vous êtes, les gens vont kiffer si vous êtes vrai ! ». Alors si vous aimez le rock un peu sauvage saupoudré de quelques épices de folk et d’un trait de blues, vous savez maintenant où vous adresser.
Anne Sila parle « à nos cœurs »

Alors que son 3e opus, intitulé « Madeleines », sortira ce 25 novembre 2022, l’artiste née à Valence, dans la Drôme, tourne actuellement sur scène avec un set axé sur son album précédent, « A nos cœurs ». Je suis certain que beaucoup d’entre vous ne voient pas nécessairement qui est Anne Sila, car elle est, en fait, assez discrète. Et pourtant, son talent est sans limite. Il faut dire que mademoiselle a suivi dix-sept années de conservatoire, histoire de parfaire son maniement du violoncelle et du piano, tout en apprenant à utiliser au mieux sa voix. Un organe qui va d’ailleurs lui permettre de faire non pas un, mais bien deux passages, par l’émission de télé-crochet présentée par Nikos Aliagas. Ah, j’en vois qui commencent à mettre un visage sur l’artiste. Et oui, c’est bien elle qui a ravi le public avec sa reprise tout en douceur de « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai » de Francis Cabrel ou encore son envolée lyrique sur « Chandelier » de Sia. Des prestations sans failles (c’est Florent Pagny qui le dit, donc on peut valider) qui lui ont permis d’atteindre une finale perdue face à Lilian Renaud en 2015. Qu’à cela ne tienne, forte d’avoir sorti un premier album intitulé « Amazing Problem » (sur lequel je vous conseille notamment l’extraordinaire « Le monde tourne sans toi »), Anne Sila remet le couvert en 2021 et remporte cette fois l’édition All Stars de l’émission, toujours épaulée par « il maestro », Florent Pagny, qui ne tarit pas d’éloges pour sa petite protégée. La voix, elle l’a donc. Elle l’a prouvé à de nombreuses reprises, notamment lors de ses interprétations d’Evanescence, de Johnny Hallyday, de Jacques Brel ou encore Alicia Keys. Malgré ses capacités vocales hors du commun, Anne Sila est assez peu connue chez nous, et c’est dommage car c’est une véritable prestation acoustique et visuelle que l’artiste et ses musiciens ont proposé ce 13 octobre 2022 au W:hall, la seule salle belge à pouvoir se targuer d’avoir reçu la visite de cette artiste sur cette tournée. Ceux qui y étaient n’ont, à voir l’accueil qui lui/leur a été réservé pendant et après le show, pas été déçus de leur soirée, même si, et c’est l’une des caractéristiques de cette artiste attachante, elle ne se lance que très rarement dans des démonstrations que beaucoup de chanteurs de la nouvelle génération n’oseraient jamais imaginer, même aidés d’une quelconque technologie couvrant certaines failles vocales… C’est donc tout en douceur, mettant en exergue la beauté de sa tessiture naturelle, que l’artiste a débuté sa soirée, soignant son entrée par l’arrière du public. Après quelques morceaux, la salle étant assez réceptive, c’est vers l’une de ses passions, à savoir le jazz, que l’ex vainqueur de The Voice s’est tournée. Une claque (au second degré évidemment) pour ceux qui la découvraient, un véritable délice tant attendu pour les autres. Car avant The Voice, Anne Sila a tourné dans les boîtes de jazz américaines si chères à Michel Jonasz avec notamment Ari Hoenig, Lew Soloff et Mike Stern. Et là encore, elle excelle. Cette parenthèse refermée, durant laquelle elle laisse aussi la part belle à ses équipiers de scène, qui sont loin d’être des manchots, on reprend le cours du concert jusqu’à ce moment magique (et oui, encore un) où elle vient s’asseoir face au premier rang pour livrer sa version si prenante du titre emblématique de Francis Cabrel qui lui a permis d’entrer dans la lumière (je vous renvoie au début de l’article). Nous ne sommes plus dans une salle, plus à Woluwé, plus en Belgique mais presque qu’au jardin d’Eden tant cette voix si envoutante nous entraîne vers les nuages. Le temps s’est arrêté. Et pourtant, il faut bien mettre un terme à ce concert. Mais Anne Sila réserve encore une petite surprise à son auditoire en chantant a cappella une reprise choisie par le public, son célèbre « Chandelier ». Pas besoin d’orchestration, ni même de micro. Sa voix cristalline se répand dans l’auditorium, démontrant une nouvelle fois aux personnes présentes que oui, quand elle veut, elle peut repousser les limites et tenir la comparaison avec les plus grandes interprètes de pop ou de variété française. Il reste quelques dates ouvertes dans cette tournée, qui se terminera en décembre, mais il vous faudra alors vous rendre en Suisse, dans le sud de la France ou encore à Paris pour profiter vous aussi de cette douceur auditive, sinon, un album sortira le 25 novembre, « Madeleines », non en rapport avec la salle Bruxelloise mais avec cette notion de souvenirs car oui, il s’agit d’un recueil de chansons qui sont déjà connues et qui étaient interprétées initialement par d’autres artistes comme ce premier single qui vient de sortir, « Nous » cher à Hervé Vilard, le premier à avoir invité Anne Sila sur scène.
Un conseil d’ami.

Une fois n’est pas coutume, on va vous parler de théâtre aujourd’hui. Et oui, car nous avons eu la chance, que dis-je, le privilège, d’assister à la première représentation bruxelloise d’une pièce qui a la faculté de pouvoir faire travailler vos zygomatiques. Et oui, on évoque ici un genre qui a déjà fait ses preuves, mais qui ne se démode pas, le théâtre de boulevard qui enchaîne les quiproquos pour le plus grand plaisir des spectateurs. Un vaudeville en d’autres termes. Evidemment, je ne vais pas vous raconter la trame ni énumérer ici les rebondissements, car c’est dans ces éléments que réside l’un des atouts de cette pièce, mais je me limiterai à la brève description transmise aux médias, une sorte de teasing en sorte. « Ne donnez jamais un conseil à votre meilleur ami, vous pourriez le regretter amèrement ! C’est le constat que va faire Boris lorsque Alain lui confie qu’il cherche à rompre avec Julie. Boris qui à l’inverse de son ami est sur le point de se marier avec Claire, lui conseille de s’inventer une liaison car il est humainement cruel d’annoncer à sa femme qu’on la quitte pour personne. Alors quand Julie va lui poser la question fatidique, Alain va suivre le conseil de son ami et lui livrer un nom… ». Confiez le rôle d’Alain à Manuel Gélin (oui, le fils de Daniel et frère de Fiona), saupoudrez-le d’un soupçon de piments à la sauce François Pignon, tantôt collant attachant comme dans l’Emmerdeur, tantôt faussement maladroit à l’instar du personnage du Dîner de Cons, et vous voyez arriver la catastrophe. D’autant que ses compères de planches ne sont pas des débutants. On y retrouve la splendide Marie Fugain sur laquelle le temps ne semble avoir aucune emprise, et l’indémodable Christian Vadim qui a tout de même débuté comme acteur en 1983. Il faut dire qu’avec Roger Vadim et Catherine Deneuve comme parents (et Chiara Mastroianni comme demi-sœur), il avait de grandes chances d’être un jour attiré par les caméras ou le rideau rouge. Et pas pour un passage éclair. Jugez plutôt : il est apparu dans près de 30 films, cinq courts-métrages, et 22 séries télévisées. Mais c’est au théâtre que son talent s’exprime le mieux, même s’il a, cette fois, délaissé son compère habituel, Philippe Lellouche. Deux hommes donc, et … deux femmes, histoire de reconstituer l’une des figures les plus prisées du style évoqué ci-dessus, le carré amoureux (l’autre étant le triangle). Et pour tenir tête à ces trois personnalités, c’est Juliette Meyniac qui enfile la robe de Julie, la future ex-épouse. Ce nom n’est peut-être pas aussi évocateur pour vous, et pourtant les habitués des meilleurs théâtres parisiens ne sauraient l’avoir oubliée. Elle a en effet déjà incarné des personnes sous la houlette de Jean-Luc Moreau (à de nombreuses reprises), Benjamin Baffie, Arthur Jugnot ou encore Francis Véber puisqu’elle a joué dans le Dîner de cons. Voilà la boucle bouclée ! Et ne vous y trompez pas, elle n’est pas là pour faire de la figuration. Au contraire, c’est elle qui tire la plus belle épingle de son jeu…d’actrice, ou plutôt de comédienne en l’occurrence. On ne vous en dévoilera pas plus, mais pour les amateurs du genre, c’est une représentation à assurément cocher dans son agenda. Vous savez donc quoi faire. PS, et c’est un conseil d’ami, la troupe se produira encore jusqu’au 16 octobre au Centre culturel d’Auderghem avant de reprendre les routes franco-suisses.
Julien Doré repousse encore un peu plus « les limites ».

Le nouveau coach des Kids à « The Voice » France a régalé le public avec son show haut en couleurs.
De A comme Amir au S de Suarez, les artistes ont illuminé la plaine du Feelgood vendredi et samedi.

Alors, oui, je vous vois venir, le festival sponsorisée par Radio Contact durait 4 et non 2 jours. Mais on a déjà évoqué la journée initiale dans un post précédent et la programmation du dimanche est si spécifique qu’elle méritera un reportage à elle seule. Revenons donc à nos moutons, ou plutôt à nos dauphins, si l’on s’en réfère au symbole de la radio chère à Gaëtan Bartosz, Mlle Luna, David Antoine ou encore Maria Del Rio, qui ont tous rendu visite à leurs auditeurs à l’occasion de ce dernier festival de l’été. Et pour bien entamer le week-end, c’est la gagnante du concours Radio Contact, Manon Hansay, qui ouvre le bal, avec en prime un cover de la regrettée Amy Winehouse, disparue voici déjà 11 ans. Juste le temps de profiter encore un peu du soleil que se présente déjà sur scène l’un des chanteurs les plus attendus par ces demoiselles, Amir. Toujours aussi souriant, pétillant et sympathique, l’ancien candidat de The Voice (France) a livré un show qui n’a déçu personne. Au contraire, il a fait l’unanimité. En mode décontracté, Amir, qui avait fait choix de passer tout le week-end en région liégeoise avec sa famille, a surfé entre ses tubes sans tomber une seule fois de sa planche. C’est clair, ce genre de prestation est validée. Il fallait un fameux showman pour tenir le niveau après une si belle entrée en matière. Et de ce côté, Mustii est assurément l’homme de la situation. Toujours aussi impliqué physiquement et vocalement dans sa prestation, l’artiste aux multiples facettes (il peut passer de Shakespaere au rôle de Patrick Dils dans la fiction d’Yves Régnier en un tour de baguette magique) ne s’est pas fait prier pour jouer une nouvelle fois avec un public conquis. Thomas (et oui, c’est son prénom) est une nouvelle fois descendu dans l’arène et au moins l’une des spectatrices gardera un souvenir impérissable de cette soirée, une partie du show ayant été filmé avec son GSM par Mustii lui-même. Pour avoir entendu quelques conversations dans les files menant aux foodtrucks, on peut vous confirmer que la plupart des gens ayant vus un tel spectacle s’en souviennent. Pffff, il est temps de reprendre quelques forces car ce qui suit n’est pas de tout repos non plus, avec le rock français du groupe Kyo. Là, on attaque un autre style de musique, mais qui fait également recette car qui ne connait pas les paroles du Chemin cette ballade saccadée sur laquelle le petit accent de Sita faisait des ravages? Puis sont arrivés Le Graal, Dernière danse, Contact (tient donc, ça nous rappelle le nom d’un radio)… Benoit et son band enchaînent les sonorités percutantes pour le plus grand bonheur des puristes. Après ces trois « machines » de guerre, c’était au tour de l’inusable Plastic Bertrand de venir faire planer le public. Je vous avoue que j’ai opté pour un retour prématuré au gîte histoire de pouvoir trier les clichés et vous aurez donc droit à une photo supplémentaire de Kyo à la place. Après quelques heures de repos, on remet le couvert, et bien plus tôt cette fois puisque c’est sur le coup de 14h25 que Manon Hansay reprend le micro. Et c’est devant une assistance déjà bien formée que la jeune femme lance la journée, le fan club de Patrick Bruel ayant investi les lieux dès l’ouverture pour être aux premières loges. Mais avant Patrick et sa prestation tant attendue, c’est notamment Rori qui va défendre ses titres, dont le très prenant « Docteur » cartonne actuellement sur toutes les radios. Un peu déstabilisée par le décalage horaire (elle était de retour du Canada, où elle s’était produit sur le même festival que Bruel…), Rori va toutefois ravir les festivaliers qui ne cessent d’affluer sur le site. Et oui, autant le dire de suite, ce samedi c’est sold out. Et tant qu’à parler du Canada, où se trouvaient encore Rori et Patrick Bruel 48h plus tôt, on accueille une résidente du pays qui a la feuille d’érable comme symbole, avec Naya Ali qui, selon sa story, a profité d’un long vol en avion avant de faire connaissance avec notre réseau ferroviaire (3 trains pour rejoindre Aywaille). Qu’à cela ne tienne, la rappeuse a super bien fait le taf comme on dit par ici. Du rap canadien, on passe à la pop française, ou plutôt belge avec la révélation de l’année, Doria D, qui est probablement l’artiste qui a foulé le plus de scènes de festivals dans notre pays cette saison. Il faut dire de « Dépendance » a fait le buzz, que sa reprise de « Jeune et con » de Damien Saez est une merveille (on double d’ailleurs le plaisir avec une intro guitare/voix calme avant de se rapprocher de l’original, plus rock). Mais personnellement, c’est « Sur ma tombe » qui m’a définitivement conquis. C’est rythmé, dansant à souhait, et il suffit de l’entendre une fois pour que ce tube reste en tête. Les heures passent ainsi, dans la joie et l’allégresse, et pour peaufiner encore un peu l’ambiance avant l’arrivée du maestro tant attendu, c’est à Suarez qu’est confiée la baguette de chef d’orchestre. Il n’en fallait pas plus à Marc Pinilla pour qu’il se sente pousser des ailes, traversant la foule avant d’escalader l’échafaudage de la régie. Et oui, qu’attendiez-vous de quelqu’un qui vous demande de faire un pas en avant en étant « Au bord du gouffre« ? Ne vous inquiétez pas, il n’éprouve « Ni rancoeur ni colère« . Juste l’envie de faire swinger la foule. Et c’est chose faite avec brio. Avec ses musiciens malgaches (dont l’incontournable Dada), Marc se met l’assistance dans la poche, permettant même à une festivalière de venir le rejoindre sur scène pour un morceau. Suarez est dans la place, tout baigne. C’est emprunté à Ménélik (notamment), mais je trouvais que ça sonnait bien. Après cet intermède rythmé, il est temps de faire place au grand homme (en référence à son titre, évidemment) , celui pour qui certaines (et certains, mais il y avait quand même beaucoup de
Cali, l’hydre à trois tête (Partie 3).

« C’est plutôt ça la victoire, avoir Souchon qui te contacte pour te réconforter. Il y a des gens comme cela qui sortent du commun. Ici j’en ai fait une chanson ».
Cali, l’hydre à trois têtes (Partie 2)

Après avoir quitté momentanément Cali, qui a déjà livré quelques anecdotes croustillantes dans la Partie 1 de sa « table ronde », nous retrouvons cet artiste multifacettes là où nous l’avions laissé, lors de son adolescence… En quoi cette fameuse année de vos 15 (ou 16) ans a-t-elle été si marquante pour votre carrière, et votre vie ? J’ai horreur du mot carrière. Car pour faire « carrière », on doit faire attention aux choses, or si l’on fait attention continuellement, on est moins sincère. Et si on et moins sincère, on est moins chanteur. Et si je ne suis plus chanteur, je ne fais plus rien. Cela dit, cette période des 15 -16 ans est celle des premières. C’est là que l’on découvre beaucoup de choses. Prenez l’exemple du tour de manège. Il n’y en a vraiment qu’un. Je l’ai encore remarqué avec ma petite fille, Micha. La première fois que je l’ai mise sur un manège, elle regardait avec des yeux si pétillants que cela en était touchant. La deuxième fois, elle a souri, mais la magie de cette découverte avait disparu. Tout ceci pour en arriver au simple fait qu’à 16 ans, j’ai fait l’amour pour la première fois. J’étais fier évidemment. C’était l’après-midi, j’ai cassé une vitre pour entrer puis j’ai fait comme j’ai pu, elle aussi, et ensuite j’ai été trouvé mes copains qui ne l’avaient pas encore fait. J’étais passé du côté des hommes. Pendant 20 secondes j’ai frimé. Puis j’ai immédiatement détesté être un homme. C’était un moment fort. L’autre raison, c’est que ma grande sœur Gina lisait énormément. Moi pas. J’en étais complexé. Alors je suis rentré dans la bibliothèque de papa et j’ai pris 3 livres La Métamorphose de Kafka. J’ai rien compris mais je suis arrivé au bout. Le Pantalon d’Alain Scoff. C’était magnifique. Et puis Women de Bukowski avec qui j’avais l’impression de marcher sur un fil qui m’a amené de l’âge d’ado à l’âge adulte. C’est un peu comme un grand frère qui m’aurait ouvert la voie de la littérature. Cela a donc été une période décisive. Je souhaite à tous les gosses de lire Bukowski car il y a dans cette œuvre une insolente liberté. Côté musique, ce moment fut aussi fondateur. J’étais dans un village, qui est d’ailleurs toujours mon village, Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales), nom que j’ai donné à l’un de mes albums. On allait espionner en cachette un groupe d’une génération au-dessus de nous qui répétait et semblait toujours s’amuser. On s’est dit, voilà, c’est ça qu’il faut faire pour être heureux. On a donc décidé de faire de la musique aussi, mais comment ? On a tiré au sort les « rôles ». On savait juste qu’il fallait un guitariste, un bassiste, un batteur, un chanteur… J’étais bassiste, sur une corde en fait car cela suffisait. Le batteur, il utilisait des branches d’arbres, le guitariste était meilleur que nous, il a appris un peu plus vite, et le chanteur, Fernand, celui qui me fait les pochettes de disques, poussait des cris. Sa veine jugulaire gonflait, prête à exploser, et on a eu peur donc je suis finalement passé chanteur. C’est en quelque sorte le début de ma carrière (rire). Mais le groupe s’appelait « Pénétration annale ». Vous imaginez bien que la carrière fut courte…mais légendaire. Notre lycée s’appelait Charles Renouvier et notre tube s’appelait « J’encule Charles Renouvier ». Excusez-moi pour ces propos, mais c’est la vérité. Evidemment, on s’est fait virer. Une année après, j’ai pu réintégrer cette école et on me disait, t’aurais dû être là avant, il y a un groupe qui a fait cela… Ils ne m’ont pas reconnu et me racontaient une légende. Cela colle vraiment à la formule de John Ford qui dit « Quand la légende est plus belle que la vérité, imprimez la légende ». Il faut savoir, et c’est une étude sérieuse menée par des docteurs, que la musique écoutée par les enfants entre 8 et 12 ans forme des émotions qui nous suivront toute le vie. Et moi, à cette période, grâce à mon grand frère et des amis un peu plus âgés, j’ai découvert les Clash. C’est la musique de ma vie. J’ai d’ailleurs un poster de Joe Strummer qui me suit en tournée. Il semble regarder plus haut que nous, plus haut que l’horizon. Il nous montre le chemin. C’est mon héros. Mais vous avez aussi un lien particulier avec Bono. Oui, très belle rencontre. J’ai évidemment été mordu par la musique de U2, mais ce qui me touche le plus c’est lui c’est la fidélité. Je repense à cette histoire où un batteur met une petite affichette dans un lycée « Cherche guitariste, chanteur… », que le groupe répète dans une cuisine et que 40 ans plus tard, ce groupe arpente les plus grandes scènes du monde. J’ai adoré aussi que Bono ose dire à une fille de sa classe, Ali, est-ce que tu veux sortir avec moi, sachant qu’aujourd’hui ils ont 4 enfants et sont toujours ensemble. C’est tout à fait différent des groupes « fake » de maintenant. Pour avoir un peu côtoyé U2, je peux dire qu’ils ont vraiment l’air d’être heureux ensemble. Ce sont des amis pour la vie, quoi qu’il arrive. Ton nouveau projet est un peu spécial, ne fut-ce que par son nom. Oui, « Ne faites jamais confiance à un cow-boy ». J’aime cette idée, qui a d’ailleurs été soufflée par Bono. J’apprécie cette rencontre en duel où l’un est toujours plus honnête que l’autre, même si fondamentalement ils peuvent être malhonnêtes tous les deux. Le moins honnête dirons-nous tire avant. Ce n’est pas bien, mais on s’en fout, l’autre est mort. Ce spectacle, c’est un banc, de face, et un réverbère. Moi, je suis un clochard. Et pendant l’accès à la salle des spectateurs, je dors. Cela peut durer 45 minutes. Quand tout le monde est installé, je me réveille et je dis aux gens « avant j’étais chanteur ; ça vous dit quelque chose? J’avais du succès, ça marchait bien, je vous jure ». Je vois que les spectateurs sont interpellés, je débute alors
FeelGood Day 1

Aywaille est dans la place… Ou plutôt Aywaille est la place où il faut se trouver entre ces 01 et 04 septembre car c’est là que se déroule le Feelgood Festival, l’ancien Yes2dayland désormais chapeauté par radio contact, d’où le nom de l’une de ses émissions phares choisi comme patronyme. Sur le coup de 17h et quelques poussières, les portes du site s’ouvrent et les premiers festivaliers peuvent ainsi foncer vers la scène puisque, et c’est l’une des caractéristiques de ce festival, il a gardé le concept d’un seul espace scénique, avec ses atouts (les personnes en place ne loupent pas certains artistes qui évolueraient dans d’autres lieux) et ses points faibles (temps mort entre les prestations, les machinistes devant s’affairer pour préparer les différents tableaux). En fait, seul l’agencement du bloc VIP et des foodtrucks a changé par rapport à l’année dernière, quant au bar, et oui, il n’y en a plus qu’un, il est à l’opposé de la scène, mais plus large que les précédents. Juste le temps de prendre ses marques que les premiers artistes entament leur prestation. Et cette année, c’est un duo de jeunes issus de The Voice qui ouvre le bal avec Marvin Adrian. C’est frais, enjoué et le passage d’Alyah ne gâche absolument pas la fête. Après cette belle mise en bouche, c’est une entrée suisse qui était au menu avec la charmante Stephane. Si vous ne la connaissez pas, je vous invite à aller écouter (et voir le clip de) « Douleur je fuis« . C’est prenant. Et je suis certain que vous avez déjà fredonné un air dont vous ignorez peut-être qu’elle en est l’interprète, « Green Dream« . Avec Stephane, l’assistance a aussi pu reprendre en choeur des mélodies ultra connues des années 80 à nos jours et ouïr cette langue si mélodieuse et chantante qu’est l’italien. Après la mise en bouche et l’entrée vient le plat de consistance. Celui-ci sera britannique avec le charmeur anglosaxon, James Blunt, dont le succès planétaire de « You’re beautiful » en a fait craquer des milliers. Certes, ce titre emblématique date de 2004, mais l’artiste n’a finalement rien perdu de son charme durant toutes ses années. Ses balades romantiques font toujours mouche. Et, cerise sur le gâteau (de la mariée?), il fait le show. Avec sa guitare évidemment, arpentant la scène en long et en large, mais aussi en nous la jouant à la Cali ou à la Mustii (qui sera d’ailleurs présent ce vendredi) en se lançant dans le public, muni cette fois d’un masque…à gaz. Je l’avoue, j’avais un peu peur de m’ennuyer à ce concert, car me m’étais arrêté à « Goodbye my lover », issu de la même période que You’re beautiful, et que balades sur balades, j’aurai pu tomber endormi assez vite. Que nenni, comme on dit en région liégeoise. Au fil des titres, le chanteur a réussi à capter l’attention de son public qui était conquis et qui n’a cessé de demander du rabais. Bon joueur, James s’est exécuté avec un plaisir non dissimulé, faisant également participer l’assistance par quelques relances vocales mêlant la langue de Shakespeare à celle de Rabelais. Après un tel concert, il fallait pouvoir tenir le tempo et l’ambiance. Et c’est Mademoiselle Luna et Gaëtan Bartosz qui s’y sont collés avec réussite. L’animateur vedette de la radio et la DJ (ou doit-on dire dijette?) ont même encore pu faire monter la température d’un cran. Il faut dire qu’ils ne sont ni l’un, ni l’autre, novices dans le domaine. Quel plaisir de retrouver Mademoiselle Luna dans une telle forme, même si son courage n’a jamais fait défaut et qu’elle a toujours tenu a apparaître sur scène, quelque soit son état de santé. Vous l’aurez compris en lisant ces quelques lignes, souvent le jeudi, c’est jeudredi (seuls les initiés ont capté), mais cette fois c’était FeelGood. Et on remet ça tous les jours jusque dimanche inclus. Ce vendredi: retrouvez Amir, Mustii, Kyo et Plastic Bertrand. Il y a encore de quoi bouger…
Cali, l’hydre à trois têtes (Partie 1)

« les gens ne se rencontrent pas, ils se reconnaissent. Un regard suffit parfois, une poignée de mains, une accolade et on sait que l’on a toute la vie à parcourir ensemble après ». A l’occasion de son passage aux Solidarités, Cali se confie.
Lucky Hodjo tire son épingle du jeu.

Comme dans la plupart des festivals désormais, le Baudet’stival proposait une scène « Tremplin » qui offrait la possibilité à six formations, groupes ou chanteur/euse isolé(e) d’offrir leur set au public. Finalement, ils ont été cinq à concourir, l’un des groupes (Hillary Step) en lice ayant dû renoncer en dernière minute à cause d’un problème lié au covid (et oui, il semble que ce ne soit pas encore complètement derrière nous). Deux artistes ont donc ouvert le bal le vendredi (Maeva et Neon Rust), trois autres tentant leur chance le samedi. Voici les clichés de ces trois ensembles Vincent B, Elysiane et Lucky Hodjo, ce dernier nommé ayant par ailleurs remporté le challenge qui donnait droit à … une prestation sur la scène principale le dimanche. Vincent B Elysiane Lucky Hodjo Ambiance
Mustii, la pile qui ne se décharge jamais.

Il y a quelques années, une célèbre marque de piles a décliné plusieurs de ses spots publicitaires autour du thème d’un automate en forme de lapin qui continuait inlassablement à fonctionner alors que les jouets équipés de marques concurrentes manquaient rapidement « de jus ». Ce lapin a dû inspirer Thomas Mustin, alias Mustii, car l’artiste aux multiples facettes semble inépuisable tant sur scène qu’en dehors des planches. Il se donne corps et âme lors de ses prestations, tout en restant accessible et très courtois dès qu’il « redescend » sur la terre ferme. Du coup, il fait assurément partie des artistes appréciés des photographes, à l’instar de (Bruno) Cali ou Typh Barrow. Chanteur, auteur, compositeur, acteur et metteur en scène belge né à Bruxelles voici 31 ans, Mustii ne manque pas de personnalité, tout en évitant de prendre la grosse tête. S’il est actif dans le monde des Arts depuis 2012, c’est l’année 2015 qui marque un véritable tournant dans sa carrière. C’est en effet à ce moment qu’il tourne dans « La trêve« , une fiction belge qui sera diffusée à la RTBF dès 2016, et qu’il foule pour la première fois les planches en tant que chanteur, grâce à Alice On The Roof dont il effectue la première partie à la Rockhal (Luxembourg). Tout s’enchaine alors à une allure effrénée car le planning de Thomas doit combiner le théâtre il vient de reprendre Hamlet), la télévision (il est époustouflant dans « Je voulais juste rentre chez moi » basé sur l’histoire de Patrick Dils et touchant dans « L’Ile aux trente cercueils« ), le cinéma et la musique. Il faudra donc attendre 2018 pour voir enfin sortir dans les bacs « 21st Century Boy« , son premier album, mais c’est un vrai bijou. A écouter évidemment, mais à voir incarné sur scène également car c’est bien un show que Mustii livre à chacune de ses sorties. Tout qui a assisté une fois dans sa vie à un de ses live s’en souviendra à jamais (seul Alzheimer pourrait venir y mettre son grain de sable). Et ce n’est pas la sortie de son deuxième opus « It’s Happening Now » qui va changer la donne semble-t-il. Un album cette fois composé en collaboration avec les membres du groupe Delta et qui aborde notamment le thème de la schizophrénie. Sa prestation scénique version 2022 n’a rien perdu de l’énergie de son ancêtre. Mustii ne cesse de courir d’un côté à l’autre, descendant encore dans la foule et s’adressant régulièrement à celle-ci comme ci chaque spectateur était un de ses amis proches. Ce vendredi 02 septembre, c’est au Feelgood, à Aywaille, sur le coup de 20h, que Mustii clôturera sa saison festivalière, bien calé dans la programmation entre Amir et Kyo. PS: si la saison des festivals touche à sa fin, et que vous n’avez pas pu réagir à temps, ou que vous désirez simplement revoir l’exubérant Mustii sur scène, il se chuchote qu’il a ajouté de nouvelles dates à son agenda, comme le 24/09 au Delta (Namur) et le 15/10 à la Ferme du Biéreau (Louvain-La-Neuve), et que 2023 commence tout doucement à apparaître sur l’agenda.
Néolys, pas si « dérangé(s) » que cela…

L’édition 2022 du Baudet’stival a permis à de nombreux artistes en herbes (ou déjà confirmés, mais sous d’autres concepts) de se confronter pour le première fois à un vrai public de festival. Une sorte de test grandeur nature que Stefan Gillis, alias Néolys, a passé lui aussi avec brio. En 2019, c’était sur la scène annexe, avec un autre nom, une autre approche, et un répertoire en anglais que Stefan découvrait Bertrix. Cette fois, sur la scène principale, en français, sous les traits du héros de Matrix, le Bruxellois (si Neo fait référence au personnage du film incarné par Keanu Reeves, le lys est l’emblème de la région bruxelloise) est (re)venu en terres luxembourgeoises en conquérant. Vous vous demandez sans doute pourquoi le titre de l’article fait mention à la notion de « dérangé(s)« . Ceux qui ont eu l’occasion de se renseigner sur le nouveau concept de Stefan, ou qui ont assisté au concert, auront remarqué que c’est simplement l’appellation de son tout premier single floqué Neolys. Un morceau entraînant au texte moderne qui aborde notamment l’aspect accaparant des nouvelles technologies et des réseaux sociaux en particulier, tout en soulevant les dérives auxquelles cela peut mener. Au Baudet’stival, l’expérience Neolys fut un succès. Le step suivant était Spa et ses célèbres Francos. Là encore, pari gagnant. Il a le cuir de rockeur, un débit de rappeur, les attitudes d’un chanteur pop et finalement son synthé confère à son univers une atmosphère new-wave. Tout un monde à lui tout seul. Sur scène, il s’entoure toutefois d’un batteur et d’un guitariste/bassiste que certains d’entre vous auront certainement reconnu puisqu’il s’agit d’un membre de l’équipe de Mustii.