Depuis quelques jours, les titres du groupe liégeois passent sur Mona Fm, une radio indé(pendante) française émettant dans le Nord-Pas-de-Calais. Cela peut paraître anecdotique mais c’est une avancée immense dans le plan de déploiement d’Ykons qui, étonnement, va seulement pouvoir se faire connaître chez nos voisins suite à des accords récents avec quelques radios de ce genre.

A l’occasion de leur passage au Feelgood Festival, Renaud et David, deux des membres les plus emblématiques du groupe se sont livrés à une prestation acoustique de leur dernier titre « New State of Mind » avant de répondre à quelques questions sur leur actualité notamment.

Voici le compte-rendu de cette interview.

Renaud : « La grosse nouvelle, c’est évidemment que l’on vient d’être programmés sur pas mal de radios « indés » en France. Il y a Fossa Fm du côté de Marseille, mais aussi Mona Fm, dans le Nord et RTS. Il faut savoir qu’il y a plus de 120 radios indé(pendantes) en France, ce qui représente un gros panel d’écoute donc c’est super cool, cela ne fait que démarrer là car on a prochainement des dates chez les Tricolores ».

Comment s’est créé le groupe ?

Renaud : « en fait, on était une équipe faisant tous du stop  et on a eu la chance de monter tous sur la même trottinette. Non, évidemment, c’est une histoire inventée car on essaye toujours de trouver une excuse à cette formation vu qu’il n’y a rien de mirobolant. On était des musiciens presque d’un même patelin (NDLR : village), mais embarqués dans des projets différents. On a donc roulé notre bosse de notre côté avant de se mettre ensemble et de sortir un premier album en 2019. Là, cela fait donc 3 ans que nous sommes dans cette configuration à cinq. Mais c’est juste parce que l’on vient quasi du même endroit, que l’on écoute les mêmes choses, qu’on a les mêmes influences et que chez nous, quand tu ne fais pas du foot, tu fais de la musique… »

Ykons, un groupe de scène

Quelles sont ces influences justement ?

« Ah, en fait, nous n’avons pas tous vraiment les mêmes influences (rires), ce qui apporte une petite touche magique vu que chacun défend ce qui lui tient à cœur, ça crée une nouvelle entité. Mais dans les groupes communs, il a clairement Coldplay, avec lequel nous avons grandi dans les années 90, Imagine Dragons, et côté sonorités, U2 et Bastille qui sont des formations avec une vraie énergie pop, et qui défendent une véritable ambiance sur scène tout en véhiculant un message derrière. Cet aspect est important car nous voulons désormais que chaque chanson s’adresse à une ou plusieurs personnes en particulier et que cela apporte quelque chose dans la vie des gens ».

C’est toujours un plaisir de rencontrer le public, venu pour le groupe…ou non.

Comment fonctionnez-vous, y-a-t’il un lead et des suiveurs ou chacun apporte-t-il sa pierre à l’édifice ?

« Au départ, on fonctionnait vraiment comme une démocratie. On répétait beaucoup en groupe et on créait ensemble. C’était une très bonne chose, mais trop chronophage et énergivore. Sans oublier que nous n’avions alors pas encore cette pression de devoir apporter des titres avec des deadline bien définies comme le veut l’industrie de la musique à l’heure actuelle. Il faut savoir que nous avons encore tous un boulot à côté. Se produire comme groupe n’est pas notre full time job, contrairement à d’autres qui foulent les mêmes scènes que nous. C’est un peu notre fierté, je l’avoue. Mais on a dû changer notre fusil d’épaule dans la manière de créer. Pour le dernier album, Color and Lines, on a progressé en triangle avec Dave et Yann où l’on était à la composition des titres, Yann et moi nous occupant toujours de la partie auteurs. Pour cet album ci, c’est vraiment fonction de qui a l’inspiration. On travaille avec les moyens que nous offre la technologie actuelle, c’est-à-dire qu’on peut véritablement s’échanger nos idées à distance en temps réel. J’ai une idée, par exemple, je l’envoie à Dave qui met une ligne de guitare dessus et à partir de là le morceau explose. C’est toujours une collaboration donc. C’est très rare que l’on arrive, l’un ou l’autre, avec un projet qui est l’idée finale. C’est arrivé deux fois. L’un de ces morceaux est « Colors and Lines » que Dave nous a livré clé sur porte. Mais en général, on a toujours besoin de ce travail en groupe pour que cela sonne vraiment Ykons au final »

Qu’appréciez-vous le plus dans l’ambiance des festivals ?

« Il y a moyen de répondre à cette question-là avec 10 points. Mais le premier, c’est la rencontre. Ici, on connait un peu, même si cela a changé de lieu, l’empreinte Feelgood est là, j’ai l’impression d’être toujours sur le site de Remouchamps. Et d’ailleurs chapeau aux organisateurs car c’est fou d’en arriver à un tel point de mimétisme. Mais à chaque fois, c’est la rencontre non pas avec un, mais plusieurs publics, dont certains ne viennent pas nécessairement pour toi. C’est un cadeau d’avoir la possibilité de rencontrer ces gens-là. Ils n’ont pas d’attente vis-à-vis de toi. Après nous jouera Christophe Maé, et bien on sait que beaucoup de personnes sont venues pour lui. Ceux qui nous ferons le cadeau de venir un peu plus tôt, et qui nous verrons, je vous garantis qu’on va en mettre 70 à 80 pourcents dans notre poche parce qu’on est comme çà.  Je le sais, et je n’ai pas de honte à dire que nous sommes un groupe de scène. On va tous perdre 2 litres de flotte et on va peut-être pleurer car on est là pour vivre à fond le moment présent et rencontrer les gens en vrai. Un festival, c’est ça, la vérité du moment présent que l’on vit tous ensemble. Parfois, nous demandons aux gens d’éteindre leur téléphone pour profiter pleinement de ce moment en vrai, dans la réalité du moment présent. C’est génial de pouvoir se regarder en face, sans écran interposé ».

Ykons arrive toujours à se mettre le public en poche.

« En 2021, on s’est battus pour que la culture revive. On faisait des concerts de proximité avec une tente. Les jauges allaient de 150 à 300 personnes. A chacun de ces concerts-là, on a vu les gens en vrai, et on les recroise maintenant. Même si l’on n’a pas discuté avec eux ce jour précis, il y a un lien qui s’est créé. On se fait un clin d’œil et on sait qu’on se connait ».

Vous parlez de lien direct, droit dans les yeux, et pourtant vous rentriez sur scène avec des lunettes de soleil pour les premiers morceaux du concert.

« C’est vrai. Mais nous nous sommes faits la réflexion justement que je perdais du temps de vérité, parce qu’il y avait un écran. Et quand tu ne vois pas les yeux des gens, la communication n’est pas vraiment là. Je peux comprendre que certains artistes montent encore sur scène avec des lunettes (clin d’œil à Gims) mais en agissant ainsi on place une barrière que nous préférons, à l’inverse, faire sauter ».

Comment vous est venue l’idée de tourner votre dernier clip dans une montgolfière ?

« Il faut savoir qu’un clip était déjà tourné. Mais alors que nous étions en train de manger, juste avant un concert, nous avons eu un déclic. Nous nous sommes rendu compte que le clip tourné ne collait pas du tout à ce que nous avions imaginé pour illustrer la chanson. On savait déjà vers où allait l’album, le graphisme attendu et les influences visuelles à incorporer. On voulait que cela se passe dans les nuages. Et comme ce morceau, New State of Mind, évoque justement ce fait de vouloir prendre de la hauteur par rapport à tout ce qui peut nous accabler, nous espérions pouvoir lier les deux concepts. Yann, le bassiste, a émis l’idée de faire intervenir un zeppelin… et on a failli avoir ce zeppelin car le monde est dingue et notre réseau très actif. Finalement, le zeppelin n’était pas dispo mais on avait la plus grosse nacelle d’Europe qui était là. L’idée a été émise un vendredi, et trois jours plus tard, on tournait le clip ».

L’ambiance doit coller à l’atmosphère de la chanson.

« Et, nouveau coup de chance, nous avons pu profiter du premier jour d’accalmie du mois de mai, après des semaines de conditions météorologiques exécrables. Il a fait beau et calme. Nous n’avions aucun vent contrariant. Le pilote du ballon nous a dit après qu’en vingt ans, ce n’était que la deuxième fois qu’il avait de telles conditions de vol ».

« C’était magique, mais cela nous a donné des idées. On va sûrement aller plus loin encore dans le concept. Il y a des records du monde à aller chercher. Beyoncé et Johnny Hallyday n’ont jamais fait de concert en l’air… même si la première pourrait encore (rires) surtout vu ses moyens. Mais plein d’idées germent autour de ça car nous sommes fous ».

Plus de lunettes de soleil pour Renaud, fini les filtres et barrières …

Quels sont vos projets (artistiques) pour les mois à venir ?

« Initialement, notre programme de concerts devait se clôturer ces jours-ci histoire de mettre entre parenthèses toutes nos activités et de profiter des mois de vacances, puisque nous travaillons encore tous, pour se consacrer à l’écriture. Mais nous avons finalement accepté de glisser encore quelques concerts à l’agenda. Cela risque d’être chaud car on s’est mis une deadline pour le prochain album. Il doit sortir pour le 12 avril 2024. On sait qu’on va y arriver, même s’il nous reste beaucoup de boulot. Et on défendra ce prochain album à l’Ancienne Belgique. Ce sera encore une première, mais c’est vraiment notre saison des premières fois ».

ReMarck (99)

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