Et oui, un baudet, c’est un âne. Mais ne le prenez pas mal. On ne dit pas que les festivaliers sont des ignares ou des gens têtus plus que de nature. Non, le Baudet est simplement le symbole, ou plus exactement la mascotte du festival qui se déroule annuellement à Bertrix, sur la Place des Trois Fers.

Un festival qui fête cette saison son dixième anniversaire, même si sa naissance est un peu plus ancienne encore (deux éditions n’ont pu se dérouler pendant la période de pandémie).

Thomas Frank Hopper, festif sur scène, et adorable en dehors.

Au programme, une multitude d’artistes évidemment, d’univers divers puisqu’on y retrouve le rock de Kyo, le rap de Gims, la pop de Matt Pokora, l’envolée électronique des Juicy, la poésie de Bérode et … la kiffance de Naps. Sans oublier les deux chroniqueurs de Confestmag. Deux visions, deux approches et donc, pour vous, double dose de reportages et de clichés.

Mais les premières notes qui retentissent dans le centre de la commune luxembourgeoise sont celles de Karma Phénix, un groupe local qui participe au tremplin découverte. Comme les années précédentes, la seconde scène sert en effet à occuper le public pendant les changements de plateaux et mises au point techniques pour le son et les lumières des shows de la scène principale, mais elle est également le théâtre de la formule de « promotion » des artistes émergents locaux, avec comme récompense pour le talent qui sort du lot un passage sur la « grande » scène en ouverture de la journée du dimanche.

On file toutefois sur la Place, où le public commence, il est vrai, à peine à arriver, afin de se laisser bercer par les mélodies posées de Bérode qui a troqué son bonnet hivernal pour une casquette plus adaptée à ces conditions estivales.

Retour sur la scène B, puisque l’alternance est de mise, et c’est The Flints qui s’y colle. Disons plutôt qui se produit car la performance est appréciée et appréciable.

Rien à voir toutefois avec Thomas Frank Hopper qui va véritablement enflammer le centre-ville. Souriant et engagé, ce virtuose des instruments à cordes, mêmes vocales, se lance dans un show entraînant qui ne laisse personne indifférent.

Vous le connaissez un peu si vous nous suivez depuis un certain temps car nous vous l’avions présenté lors de son passage à Namur en juin 2022, mais beaucoup de personnes, en France et même dans le sud de notre pays, n’ont pas encore eu la chance de le voir performer. Et bien tous ceux qui l’ont découvert ce vendredi sont ravis, public et presse sont unanimes, c’est un vrai showman. Et pour le croiser à quelques occasions, un garçon très sympathique et disponible qui sait rester les pieds sur terre.

Un vrai showman

En face, c’est Enid qui reprend le flambeau, ou plutôt le micro, en l’occurrence histoire de garder le public bien motivé pour la jeune Rori, dont le jeu de scène prend du galon au fil des prestations et dont le répertoire s’étoffe également.

En effet, celle dont le « docteur » a fait décoller la carrière peut désormais compter sur les reprises en chœur du public de titres comme « Ma place » ou « C’est la vie ».

Là, le rythme de croisière des festivaliers va déjà bon train. C’est donc un habitué du festival que les organisateurs laissent la barre temporairement avec l’incontournable Vincent B et ses acolytes. C’est rock, simple mais accrocheur, et la sauce prend… comme on dit en cuisine.

Du rock, on passe à l’électro-pop planante de Juicy, un duo de jeunes filles bien sympathiques originaires de Bruxelles. Déjà présentes le week-end précédent au Feelgood, les demoiselles n’hésitent pas à faire des kilomètres pour proposer leur vision de la musique. Leurs tenues chatoyantes, leurs mimiques très marquées sur certains morceaux et leur univers très particulier emmènent les spectateurs dans une sorte d’univers parallèle où le temps n’est plus un repère.

Et pourtant, il faut respecter un certain timing car Talkeys est fin prêt aussi sur la scène B et le public a cette fois rempli la place car il faut le dire, cette première journée du Baudet’stival est une réussite, musicale, mais aussi festive et organisationnelle.

Roulement de tambours car on arrive au clou du spectacle, du moins pour beaucoup de personnes vu les logos strippés sur la plupart des tee-shirts massés dans les premiers rangs.

Benoit, chanteur du groupe KYO

Et oui, c’est bien Kyo qui débarque, pour une tournée spéciale des 20 ans de l’album qui les a propulsé au sommet des charts avec notamment « Le chemin » partagé à l’époque avec Sita ;  cet album du même nom à l’histoire incroyable et aux chiffres records (1,5M d’albums vendus, 4 NRJ Music Awards, 3 Victoires de la Musique, 1 MTV Europe Music Awards,1 World Music Award et 1 Prix de la Sacem…) qui nous permet de retrouver un chanteur (Benoit) particulièrement marqué par l’accueil que lui a réservé le public. Et oui, on peut être une référence de la musique depuis deux décennies, multiplier les concerts, et malgré tout garder une petite porte qui laisse transparaître par moments des émotions poignantes.

Et sans en dévoiler trop, vu que beaucoup d’entre vous iront sans doute suivre leurs aventures à Bruxelles ou Paris fin d’année, on peut vous dire que ça en vaut la peine. A Bertrix, nous avons sans doute vu l’une des plus belles prestations du groupe de ces dix dernières années. De très bon augure pour la prochaine tournée des salles.

Kyo entame sa tournée des 20 ans du « Chemin »

Après un tel show, il fallait pouvoir garder la cadence, et c’est Dj Pops qui a réussi cette mission en balançant du son très dansant, mêlant titres actuels et remixes de tubes plus anciens.

Une formule qu’applique également Mister Cover, mais en live cette fois, et avec des prestations vocales qui sont toujours attendues par les plus courageux. J’entends par là que le groupe a débuté sa prestation à 00h40, après une multitude d’autres artistes, et que les jambes et la voix de certains deviennent, à cette heure, moins assurées qu’en début d’après-midi. Qu’à cela ne tienne, Mister Cover est toujours un produit gagnant.

NDLR: retrouvez les clichés de ce festival et d’autres sur la page Facebook de ReMarck Photos.

ReMarck (88)

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