8 février 2026

La plaine du Feelgood s’est muée en piste de danse géante.

Si les basses étaient au pouvoir jeudi, avec un line-up essentiellement composé de disc-jockeys, les festivaliers du vendredi ont pu profiter d’ambianceurs hors du commun. Alors, certes, le programme était plus condensé, avec un début de festivités décalé à la fin d’après-midi (la veille, les premiers arrivants étaient déjà sur le gazon à 13h00), mais pas moins riche pour la cause vu la personnalité des artistes du jour. Les premiers à se lancer dans le bain sont les Maîtres chanteurs. Sans doute pas le groupe le plus attendu de cette journée mais une agréable surprise auditive. Au programme, des « standards » de la musique française revisités ; on garde les paroles mais avec un arrangement modernisé, et ça marche ! Arrivent ensuite des locaux, si l’on peut dire, puisque la bande à Renaud vient de la province de Liège. Là, point de répertoire français, mais du rock en anglais avec Ykons, désormais une référence partout en Belgique, et qui se lancera prochainement à l’assaut de la France (mais ça, en vous en reparlera d’ici peu). Les fans de la première heure sont en place dans les premiers rangs, à jouer au coude à coude avec ceux de Christophe Maé car, et oui, les deux formations/chanteur ont leurs groupies et celles-ci veulent évidemment être au plus près de leur(s) idole(s). Mais reprenons le cours de la soirée chronologiquement. Ykons enflamme naturellement la plaine. Il faut dire que le groupe adore la scène et surtout ce défi des festivals de convaincre des personnes qui ne sont pas nécessairement venues pour eux. Renaud (c’est le chanteur) ne met d’ailleurs pas longtemps à mettre toute l’assistance dans sa poche. Il faut dire qu’en envoyant « Sequoia trees » comme deuxième titre, ça donne le ton d’entrée de jeu. Le public est très réceptif et joue avec les membres du groupe en suivant les chorégraphies qui lui sont demandées, même lorsque quelques ballons géants, au logo de la formation, s’invitent aussi à la partie. C’est du tout cuit pour Christophe Maé, à qui l’on livre ainsi un public déjà chaud. C’est toutefois calmement que l’artiste aborde son début de concert, préférant y aller crescendo. C’est du connu, mais qui fait toujours recette. D’autant qu’il sait s’entourer, monsieur Maé. Des musiciens aux multiples talents, mais aussi une complice sur scène issue du Cap Vert. Un mélange parfait pour ce « Pays des Merveilles » qui rend hommage à la terre de Cesaria Evora. Le swing y est, le chant aussi, car il nous en a sorti des tubes, au fil des ans, cet homme qui, à l’instar de beaucoup d’autres, a fait ses armes dans les comédies musicales. Le public les connait ces chansons si entraînantes et aime les reprendre en chœur. Ce n’est donc pas un, ni deux, mais bien trois titres que Christophe Maé va livrer durant le rappel car quand on aime, on profite au max. Avec tout ça, on a pris un petit peu de retard sur l’horaire, mais personne ne va en tenir rigueur à l’artiste car c’était pour la bonne cause, celle des plaisirs auditif et visuel. D’autant que ceux qui suivent ne se sont pas refroidis pour la cause. Originaires de Côte d’Ivoire (Abidjan) et actifs sur la scène mondiale depuis 1996 (oui, ça fait un bail), les membres de Magic System sont toujours heureux de performer sur scène. Et leur joie est communicative. De premier Gaou à Magic in the air, en passant par la Zouglou dance, chaque morceau est construit autour d’un rythme propice à la danse. Bon, on ne va pas revenir à l’époque de « Véronique et Davina », mais la plaine du Feelgood avait tout de même un peu l’allure d’un énorme cours collectif, chacun s’essayant aux chorégraphies décortiquées par ces ambianceurs nés de Magic System. J’en connais qui ont dû bien dormir après tant d’émotions et de sport déguisé… Et pour ceux qui continuent l’aventure, Matt Pokora, Jenifer, Juicy et Henri PFR sont notamment au programme de ce samedi au Feelgood. PS : retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook  ReMarck Photos. Et pour ceux qui continuent l’aventure, Matt Pokora, Jenifer, Juicy et Henri PFR sont notamment au programme de ce samedi. PS : retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook  ReMarck Photos. 

Place aux Dj’s pour l’ambiance Feelgood.

La saison wallonne des festivals d’été est officiellement lancée ! C’était en effet hier, jeudi 29 juin, qu’a débuté le Feelgood. Placé habituellement en fin des vacances scolaires (et même parfois en début de reprise pour certains), le festival aqualien, organisé depuis peu sous l’égide de Radio Contact, a cette année fait un bond en avant dans le calendrier, sautant du dernier…au premier rang chronologique. Et ce n’est pas la seule modification opérée puisque le site géographique a aussi migré. Désormais, le rendez-vous est donné aux amateurs de musique à côté du hall omnisports. Ne vous inquiétez toutefois pas, les personnes s’étant rendues à ce même festival les éditions précédentes vont vite retrouver leurs repères car l’agencement du site est assez similaire à son prédécesseur. On garde une seule scène, une allée dédiée à la nourriture où votre estomac et vos papilles gustatives pourront se régaler entre les saveurs des divers foodtrucks, un bar centralisé, l’espace VIP et une plateforme dédiée aux PMR. Les conditions climatiques étant de la partie (on avait annoncé de la pluie, et bien seules quelques gouttes éparses se sont invitées en soirée), tout était donc réuni pour faire de cet entame de week-end, puisque désormais le jeudredi et le nouveau vendredi soir (certains comprendront… mais peut-être pas ceux qui ont fait vœux de ne carburer qu’à l’eau plate), une fête populaire. Alors, certes, la plaine n’était pas noire de monde, surtout à l’ouverture des portes. Mais le public s’est étoffé au fil des heures et tous les participants semblent s’être bien amusés, comme vous pouvez le voir sur les clichés photographiques. Il faut dire que l’affiche était intéressante avec quelques jeunes pousses en forme, mais surtout les « machines » de compétition que sont Daddy K, Mademoiselle Luna et Kid Noize, trois Dj’s que l’on ne présente plus vu leur carrière mais aussi, et surtout, l’engouement qu’ils suscitent à chacun de leurs passages. Reprenons toutefois l’histoire au début puisque c’est H’LS qui ouvre le bal, mais pas vraiment seul, Marvin Albert, qui avait déjà foulé cette scène l’an dernier, venant vite le retrouver sur les planches. Et oui, un ancien de The Voice Belgique, et même deux si l’on compte Alyah, mais qui a préféré, elle, rester dans le public cette fois, son premier EP étant en préparation. Suivent ensuite Whoisinnocent, Dj Val et Bast One. Trois heures de sets entraînants histoire de chauffer un peu l’assemblée pour celui qui a plus de 30 ans de carrière au compteur, Daddy K. Inutile de vous dire qu’à partir de ce moment, on est passé en mode club house/RnB avec une participation active d’un public chaud bouillant. A accroupi, debout, chorégraphies groupées, mains en l’air… tout y est passé ou presque. Et ce n’est pas Mademoiselle Luna qui allait laisser redescendre le mercure. La Fiesta bat son plein. Rares sont ceux qui peuvent résister à l’appel de la danse, d’autant que la djette attitrée de Radio Contact est très hétéroclite dans ses choix musicaux, glissant ci et là quelques morceaux vintage remixés. Summer Legend n’est pas si vieux (2015) mais il est par contre l’enchainement parfait vers l’artiste suivant, le complice de Mlle Luna sur ce titre, vous aurez reconnu évidemment Kid Noize. L’homme au masque de singe a l’art de mélanger ses compos personnelles et les titres les plus emblématiques du répertoire électro donc pas de soucis là non plus, le public ne s’est nullement ennuyé. Par contre, suivre une telle brochette d’artistes confirmés n’est chose aisée. La pression était donc sur les épaules des 3210, quatre mousquetaires masqués qui ont relevé le défi avec brio. Mixes percutants, ambiance micro version MC (master of ceremony), choix judicieux de titres. On valide. Heureusement pour ceux qui ont manqué cette première soirée, le festival battra son plein jusque dimanche inclus. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Petit bémol toutefois pour les retardataires, c’est complètement full pour samedi. Mais il se pourrait qu’une occasion se présente ce vendredi ou dimanche… Dernier petit point pratique, pour vous éviter des frais inutiles, certaines portions de rues font l’objet d’interdictions de stationnement et la police patrouille… PS : retrouvez les clichés du festival aussi sur la page FaceBook de ReMarck Photos.

L’Eglise Saint-Jacques a résonné aux sons de voix angéliques.

L’Eglise Saint-Jacques, qui fut un moment une abbatiale bénédictine, est un lieu chargé d’histoire(s) puisque la construction de cet imposant édifice a débuté en 1015. Un peu plus d’un demi millénaire plus tard (1538), on pouvait enfin juger son ouvrage principal terminé, même si les modifications au fil des siècles n’ont pas manqué (passé du style roman primitif à gothique puis ajout d’un portail Renaissance…). Certains éléments comme la voûte et ses peintures ainsi que les vitraux du chœur sont, précisons-le, toujours ceux d’origine. Inutile de vous décrire donc que de nombreux artistes (sculpteurs, peintres, maître verrier) se sont succédé pour donner à ce lieu si particulier une aura envoutante. Une ambiance particulière y règne donc, mais aussi une acoustique telle que l’endroit est devenu le terrain de jeu, ou plutôt la scène, d’artistes confirmés comme Natasha St-Pier, Vincent Niclo ou encore Laurent Voulzy, qui y fera un petit crochet le 12 octobre prochain. Mais ce 26 mai, c’est Thierry Amiel qui était l’invité de ce lieu imposant, tant par son histoire que son architecture. Et même si certains d’entre vous n’arrivent pas à remettre un visage sur ce nom de suite, il fait sans nul doute partie de cette lignée de chanteurs/chanteuses à voix dont la carrière ne se limite pas à quelques likes sur une publication Tik-Tok ou à plusieurs partages sur Instagram. Et non, car il va bientôt fêter ses vingt ans de carrière. C’est en effet en 2003 qu’il se fait connaître du grand public en atteignant la finale d’une toute nouvelle émission télévisée dédiée au chant, La Nouvelle Star. Et oui, ce dérivé français de Pop Idol où ont été sacrés Julien Doré et Christophe « turtle » Willem. Alors, certes, il n’a pas remporté l’édition, se classant juste derrière Jonatan Cerrada, mais d’autres « perdants » de ce concept assimilé à un télé-crochet ont acquis une certaine notoriété comme Amel Bent, Yseult, Kimberose ou encore Ycare. Et Thierry Amiel a effectivement pu surfer sur la vague du succès médiatique et populaire grâce, notamment, à sa reprise mélancolique du titre de Christophe, « Les Mots bleus ». Un cover pour se faire (re)connaître, mais aussi quatre albums et une comédie musicale (Adam et Eve, de Pascal Obispo) à son compteur, ce n’est pas rien. Mais si vous le voulez bien, gardons l’église au milieu du village, en suivant le fil chronologique de cette soirée de gala puisqu’avant le répertoire en piano-voix de l’artiste vedette se produisait en solo Izae. Là encore, j’en vois certains qui froncent les sourcils. Ce nom ne résonne peut-être pas dans toutes les têtes ni sur les ondes des radios commerciales, mais le garçon gagne à être (re)connu. Entrée soignée, style vestimentaire particulier (costume gris avec rebords bordeaux, chaussures noires aux semelles compensées, body blanc brodé), une coiffure qui rappelle celle de John Travolta dans Grease, Izae prend place derrière le piano initialement disposé là pour son père (et oui, petite précision, il est le fils du pianiste attitré de Thierry Amiel) et commence à jouer. En quelques notes et deux ou trois phrases, on comprend que l’on n’a pas devant nous un débutant bloqué par le trac. Non, Izae, de son vrai prénom Théo, n’est pas n’importe qui. Il s’est produit en première partie de concerts de Julien Doré et Hoshi, maîtrise le piano et la guitare, est auteur-compositeur-interprête, mais aussi mannequin ou plutôt acteur silhouette. Avec Izae, c’est tout un concept qui débarque sur scène. Surnommé par la presse française  « Little Bowie », nous le comparerons plutôt à Pierre De Maere dans son approche globale du monde musical et à Damiano, le chanteur de Maneskin dans son look de dandy à la sauce rock poivré. Avec son phrasé bien séquencé et sa diction sans faille, il sait déjà tenir le public en haleine. A vrai dire, on aurait apprécié en entendre plus encore de celui qui se définit comme un hypersensible qui s’exprime en chansons. Pour faire plus ample connaissance avec cette pépite de la chanson française, qui vient tout de même d’enchainer, juste avant Liège, deux dates à Paris et à Cannes, pour le célèbre festival, je vous renvoie vers son site et ses réseaux sociaux, mais aussi vers son premier EP, sorti voici peu, Amor à mort. Nous en viendrons presque à oublier que nous étions venus pour un autre artiste à la sensibilité particulière, Thierry Amiel, qui après avoir connu une entame de carrière fulgurante a, il est vrai, un peu marqué le pas. « Tout s’était enchainé très vite avec cette émission que l’on n’imaginait pas aussi suivie (NDR, c’était la première saison, donc un nouveau concept, et lancé par une chaîne un peu moins regardée que TF1 et Antenne 2, M6), le single « Les Mots Bleus », trois albums studio avec des participations aussi prestigieuses que Calogero ou Lionel Florence, et cette comédie musicale (Adam et Eve) qui était un grand défi pour moi. Je suis en effet assez timide et c’était la première fois que je devais ainsi intégrer une troupe. Au final, c’était positif car un fois le pas franchi, j’ai constaté que le poids de la communication était alors réparti sur toutes les épaules et pas que sur les miennes. C’était un peu reposant. Mais pas encore assez. J’avais besoin d’une pause. Mais pas aussi longue que celle qui m’a finalement été presqu’imposée. J’ai pris le temps de composer mon 4e opus, Artefact, que j’ai sorti en 2019, et bam, le covid est passé par là ». Le retour de Thierry Amiel a donc été un peu évincé par la grande star du moment Covid et son orchestre des variants. Il en faut toutefois plus pour mettre à mal la passion du grand blond aux chaussures noires. « Un cinquième album est en préparation mais je n’avais pas envie d’attendre sa sortie pour venir au contact du public car celui-ci me manquait. Et dans le même ordre idée, je voulais établir une proximité réelle avec lui. C’est de ce désir qu’est née l’idée d’une tournée en piano-voix pour quelques

L’amusement 4.0 aux Anthisnoises

Ceux qui n’y étaient pas le regretteront certainement, car si tout le week-end fut rythmé, la journée de dimanche s’est caractérisée par les mots danse et bonne humeur. Pourtant, les quatre formations sélectionnées n’ont que très peu d’affinités musicales, les genres proposés étant parfois même diamétralement opposés, mais toutes ont livré un jeu scénique qui a mené le public à se mouvoir en cadence, et même, comme on dit en région liégeoise, à « se bouger le popotin ». Et on commence fort, très très fort même avec Bugul Noz. Le bugul-noz est, dans le folklore celtique, un « lutin malfaisant » qui effraie les humains par ses apparitions, et revêt parfois une peau de loup pour courir de nuit. C’est une sorte de créature nocturne du légendaire breton, proche du lutin et du loup-garou, qui se présente sous la forme d’un berger métamorphe portant un large chapeau. Il ne serait pas vraiment malveillant, mais demeure toujours seul à cause de son effroyable apparence. On parle donc bien de la région bretonne, or nos musiciens arrivent sur scène en kilts ! Le ton est donné, car avec Bugul Noz, c’est le grand foutoir. Leur répertoire allie français et anglais, ils parlent de chat dans le freezer et de licornes, vous font participer à des chorégraphies engagées et reprennent même la ritournelle de la Soupe aux Choux durant leur show. Car oui, c’est bien un véritable show que nos joyeux drilles proposent sur une scène qu’ils occupent de main de maître. C’est rythmé, festif, bon enfant, même s’ils glissent tout de même quelques messages dans leurs compositions, comme dans l’emblématique, et très entraînant, Ton opinion. Pas étonnant quand on lit sur leur page qu’ils ont été influencés notamment par Trust ou les Les Béruriers Noirs. Alors oui, il y a parfois une allusion ou un mot que vos enfants ne devraient peut-être pas entendre, mais on peut vous assurer que toutes les petites têtes présentes ont passé un bon moment pendant ce concert hors du commun. Vous connaissez désormais le système de l’alternance, que l’on vous a expliqué dans notre article précédent, à Anthisnes, on passe du Pavillon des Bardes au Chaudron des Trolls pour y retrouver un band composé de 8 musiciens. Et oui, on ne fait pas dans le détail avec High Jinks Delegation, un groupe bruxellois aux inspirations ricaines. Ils nous emmènent dans le Sud Est des Etats-Unis, du côté de l’Alabama et du Mississipi, voire même jusqu’à la Nouvelle Orléans et ses saveurs épicées pour un mix de jazz, country, blues et ragtime. Cette fois, les cuivres et percussions (re)prennent le pouvoir, sous l’œil avisé du Banjo. Nous sommes loin de la frénésie de Bugul Noz, mais le dépaysement est tout aussi présent et vos jambes commencent à frétiller sans que vous ne vous en rendiez compte. C’est frais, reposant mais en gardant cet aspect entraînant qui ne va pas nous quitter ainsi puisque que le groupe suivant est l’incontrôlable The Lucky Trolls. Pour la présentation de ce quintet spécialiste de l’Irish Punk, je vous renvoie à notre interview parue voici peu (cliquez ici) Et nous voici déjà dans la dernière ligne droite, celle qui mène en Bretagne, et plus spécifiquement à Caen, la région d’origine d’un groupe référence, Mes Souliers Sont Rouges.  L’appellation date en effet de 1991, soit plus de trente ans de carrière. Avec, il est vrai, quelques coupures et surtout des modifications notables dans la composition du groupe. Il n’en reste pas moins que son répertoire n’est pas négligeable (7 albums studio) et la maîtrise rythmique de ses membres impressionnante. Flûte, violon, guitare, accordéon, contrebasse, triangle, tambour… et pieds, tout ce qui peut faire du bruit est utilisé, à bon escient. Cela concerne évidemment aussi la voix, ou plutôt les voix, qui s’embrassent dans des harmonies qui ne laissent pas le public de marbre. Vous l‘aurez compris, les organisateurs ne s’étaient pas trompés en invitant ce band qu’ils espéraient voir fouler les planches de l’une de leurs scènes depuis un certain temps déjà. Petit plus que vous remarquerez sur les clichés, le concert a intégralement été traduit en live en langage des signes. Et oui, il y en avait bien pour tout le monde dans ce festival de Wallonie des musiques celtiques qui n’oublie pas non plus les plus petits et les moins mobiles puisque les sites sont accessibles aux chaises roulantes (il y a une plateforme surélevée dans le grand chapiteau) et poussettes. Pour les retardataires, le livre de l’édition 2023 est désormais fermé, mais il se chuchote en coulisses que le comité compte bien remettre le couvert dans une douzaine de mois. A bon entendeur…  NB: retrouvez les clichés de ce reportage et d’autres sur la page Facebook – ReMarck Photos.

Lucky Trolls, de l’Irish punk à la sauce liégeoise.

Formé en 2017, le quintet originaire de Seraing (Province de Liège) a vu sa cote monter en flèche ces derniers mois, au point d’être sélectionné pour jouer prochainement au Punk Rock Holiday à Talmin en Slovénie. Ce 14 mai, c’est à quelques encablures à peine de leur ville d’origine que les membres de ce groupe singulier se produisaient puisque qu’ils faisaient partie du line-up des Anthisnoises 2023. C’est à cette occasion que Romain, l’un des guitaristes de la formation nous a accordé cette interview. Romain, si un EP de 4 titres était sorti en 2019, c’est bien la première bougie de votre premier album que vous venez de souffler ? Effectivement. « Raised fist and Rebel Songs » a un an…et quelques jours à peine puisque nous avions fait le pari de sortir notre premier album un vendredi 13. On peut dire que cela nous a réussi car depuis, la vie du groupe a radicalement changé. Vous êtes classés comme un groupe d’Irish punk. Pouvez-vous nous expliquer cette association de genres ? Il est, à vrai dire, peu aisé de nous « classer » quelque part car nous puisons dans plusieurs influences. On parle de musique celtique car nous avons une très forte inspiration irlandaise en ce compris son folklore. Nous tournons ainsi à plein régime lors de la Saint-Patrick. Mais nos textes engagés et notre énergie sur scène nous rapprochent plus des groupes punks. Ces deux versants de notre identité se retrouvent d’ailleurs dans nos instruments aussi. Le violon, la guitare et le bouzouki irlandais tirent vers notre penchant « Irish » tandis que la basse et la guitare électrique nous rapprochent de l’autre courant évoqué. Cela dit, nous ne sommes pas les premiers à voguer ainsi entre deux eaux, nous ne faisons que nous approcher de ceux qui nous inspirent fortement, The Pogues et les Dropkick Murphys. On attend avec impatience que vous nous présentiez le groupe. Nous sommes 5, tous issus d’autres formations à la base. On chante tous, sauf notre batteur, Gilles. Pour faire le tour, puisque je viens d’évoquer Gilles et sa boîte à bruit, Anne-Sophie est violoniste, Fabrice bassiste et Nicolas et moi sommes guitaristes. Je disais donc que nous provenions d’autres formations, et c’est d’ailleurs une particularité de notre groupe, l’idée de base était juste de se rassembler ponctuellement autour d’une thématique particulière. C’est parti comme une blague qui a finalement pris le pas sur le reste puisque The Lucky Trolls est désormais plus connu que nos autres formations respectives. On est ravis, mais sans pouvoir expliquer comment s’est développé cet engouement un peu inattendu. D’autant que nous n’avons pas été gâtés par le calendrier à nos débuts. Le projet a pris forme dès 2017, mais nous étions encore alors aux études et forcément moins impliqués. Nous avions toutefois bouclé un EP en 2019 et étions prêts à entamer une tournée qui fut sans doute la plus courte de toute l’histoire du show business. Nous avons en effet joué un seul concert avant que tout s’arrête à cause du Covid. Notre succès actuel est une belle revanche sur cette foutue pandémie (rire). Etonnement, votre logo est un trèfle, mais bien à trois et non à quatre feuilles. Justement, on voulait se démarquer car la 4e feuille est un symbole de chance. Or nous n’en n’avons pas besoin, nous l’avons déjà dans notre nom. Cela dit, nous ne sommes pas contre un petit soutien du public, nous avons une belle gamme merchandising. Je dis ça… Peut-on considérer qu’en tant que porte-parole vous êtes le leader naturel du groupe ? Non. J’en suis le fondateur, mais il n’y a aucun lead chez nous. Chacun tient un rôle dans le processus musical, mais aussi dans les tâches annexes. Chacun a donc participé à l’élaboration de l’album ? Nous n’avons pas travaillé de manière systématique. Parfois l’idée venait d’une thématique ou d’une mélodie. Nous partions donc du texte vers la musique, mais aussi dans le sens inverse. Et la réflexion se faisait chacun de son côté ou en groupe. C’était vraiment au cas par cas pour chaque morceau, mais in fine, chacun y a mis sa griffe. Et même si ce n’est pas encore officiel, je peux d’ores et déjà vous glisser ainsi entre les lignes que nous planchons sur le deuxième opus. Il commence seulement à sortir de nos doigts, à germer dans nos esprits… mais le processus de création est lancé. Cela ne veut pas dire que nous allons délaisser la scène pour la cause. Le contact avec le public, c’est notre truc. Nous sommes à environ 100 dates déjà, et ce n’est pas prêt de s’arrêter car nous venons de signer avec l’agence de booking Intersection pour la Belgique et Rage Tour en France (NDLR : un tourneur qui vient d’ailleurs d’ouvrir une section entière dédiée à la musique celtique sous l’appellation KELTIK Live). Vous ne cachez pas vos affinités avec Celkilt, groupe français, mais c’est pourtant bien plus loin de nos contrées encore que vous comptez aller rallier de nouveaux fans. C’est vrai que jusqu’ici, nous nous produisions le plus souvent en Belgique, France et Suisse. Mais cette fois nous avons décroché notre passeport pour le temple du punk rock en Slovénie. C’est une véritable reconnaissance pour nous d’autant que ceux qui nous ont influencés, Dropkick Murphys, y joueront aussi. C’est comme un rêve d’enfant qui se réalisera. Mais aucun trip en Irlande prévu ? Etonnement, nous n’avons encore jamais passé la manche. Nous n’avons donc pas encore eu l’occasion de jouer en Irlande, mais il est probable que cette occasion ne se présente jamais. Ici, notre style de musique est singulier. Mais en Irlande, vous trouvez des groupes comme nous à chaque coin de rue. Il faut aussi tenir compte du fait que nous avons tous un travail, une famille, des occupations. Tout cela prend du temps. Mais si on nous invite, on peut toujours aviser… En attendant, c’est bien aux Anthisnoises que vous venez de rencontrer un nouveau succès. C’était là l’un de vos plus courts déplacements (quelques kilomètres à peine à

Aux Anthisnoises, la musique celtique est aux anges…

Oyez Oyez Bonnes gens, Nous allons quitter temporairement la planète FM qui distille à foison rap, rock et pop pour nous immerger, le temps d’un triptyque journalistique dans une époque intemporelle où les vielles à roues, cornemuses, flûtes et autres instruments tout droit (re)sortis de notre passé règnent en maîtres incontestés sur la petite commune rurale liégeoise d’Anthisnes puisque c’est bien là, et plus particulièrement aux abords de l’Avouerie, que s’est déroulé le week-end dernier le festival de Wallonie des Musiques Celtiques. Point d’Aya Nakamura, Angèle ou autre Dua Lipa à l’horizon. Non, gentes dames et damoiseaux, ici ce sont les disciples des Dropkick Murphys et Dan Ar Braz qui festoyent en s’abreuvant de cuvée des Trolls. L’occasion était trop belle pour Confestmag de sortir des sentiers battus afin de vous proposer non pas un, ni deux, mais bien trois articles sur ce rendez-vous devenu, au fil des saisons, culte pour les amateurs du genre, même si le covid a aussi œuvré en son temps, privant les organisateurs de plusieurs éditions. Vous aurez donc droit, très prochainement, à un retour imagé sur la journée de clôture, et la présentation du groupe en vogue, qui est, et cela tombe très bien, aussi le plus local de la programmation puisque les Lucky Trolls proviennent de Seraing. Mais chaque chose en son temps, si je puis me permettre, puisque le concept de musique celtique date en fait du XIXe siècle. Alors, on pourrait digresser de nombreuses heures (ou de nombreuses pages en l’occurrence) sur le thème générique de musiques celtiques, et le pluriel revêt ici toute son importance, comme vous le comprendrez plus tard, mais nous ne sommes ni historien, ni musicologue. Nous nous limiterons donc ici à vous présenter, brièvement, les groupes qui ont ouvert le bal le vendredi. Et le premier band à se lancer dans l’arène, ou plutôt sur la scène du Pavillon des Bardes, puisque c’est ainsi qu’est nommé le chapiteau installé au sein de la cour de la ferme-abbaye Saint-Laurent, donne directement le ton, La Maisnie Hellequin se définissant en effet comme un groupe de Heavy medieval. Un mélange d’instruments « anciens » (vielle à roue, Nyckelharpa) et plus actuels (batterie/guitare), des costumes nous renvoyant à l’époque des châteaux-forts, un discours en vieux françois mais surtout une attitude scénique décoiffante font de cet ensemble une valeur sûre de ce genre d’événement. Leur carnet de bal est d’ailleurs bien rempli, ils peuvent se targuer d’avoir déjà sorti 2 albums (Eissil en 2017 et Ars Moriandi en 2022) et vous pouvez vous parer de leurs couleurs, des tee-shirts à l’effigie du groupe étant disponible dans leur section merchandising. Changement de décor (on passe au Chaudron des Trolls placé Cour Omalius, à quelques dizaines de mètres à peine de l’autre site) et de style avec Nevermind Nessie, un groupe du nord du pays créé en 2009 qui ne sait où donner de la tête à la Saint-Patrick. Et oui, vous l’aurez compris, ce quintet joue du rock irlandais, ou tout du moins un style qui s’en approche. Résolument festifs, nos acolytes n’hésitent pas à lancer des farandoles qui trouvent preneurs parmi un public amusé qui ne demande qu’à danser sur ces rythmes endiablés aux sons des violon, accordéon, tambourin et autres guitares. Le principe de l’alternance étant de mise, on repasse au Pavillon des Bardes pour cette fois un groupe Batave qui a la particularité de se produire pieds nus. Pyrolysis, ce sont cinq musiciens armés de leur bouzouki, accordéon, bodhrán, violon et basse. Inutile de vous dire qu’en quelques instants, vous vous retrouvez transportés hors du temps et de l’espace, errant dans un no man’s land musical un peu planant. Pour clôturer cette journée, on enfile les kilts afin de retrouver Rapalje, un autre groupe issu du pays se trouvant au nord du nôtre. Violon, flûte et bouzouki rythment les balades de cet ensemble au sein duquel nous avons retrouvé un cousin éloigné de Remy Bricka. Vous l’aurez compris, avec les Anthisnoises, le dépaysement est le maître mot du festival, qui peut se targuer aussi de proposer une restauration de qualité que ce soit au niveau des food-trucks présents entre les deux espaces musicaux, mais aussi à la brasserie du Donjon (au sein de l’Avouerie).  NB: retrouvez toutes les photos de l’article sur la page Facebook – ReMarck Photos.

Huit ans après son deuxième album, Jali revient enfin sur le devant de la scène

Avec Paysages, son 3e album, sorti début 2023, l’artiste qui avait connu une entame de carrière fulgurante (Des Jours et des Lunes sorti en 2011) effectue un retour attendu. Au terme de sa prestation toute en délicatesse à l’Inc’Rock festival, Jali nous a accordé une interview à son image, naturelle et pétillante. Confestmag: vous voici de retour après une pause, qui nous a paru très (trop) longue. Il était temps! « Oui, mais c’était une pause à la fois volontaire et due à un (mauvais) concours de circonstances. Il faut savoir que j’ai un parcours un peu atypique car dès mes débuts « professionnels » en 2011, j’ai trouvé une maison de disques qui a produit un album qui comprenait la plupart de mes chansons de l’époque. Tout s’est donc passé très vite dans le début de ma carrière, contrairement à beaucoup qui galèrent. Par contre, mon deuxième album (en 2015) a rencontré un accueil mitigé de la part du public. Cela n’a pas vraiment plu à la maison de disques et je me suis donc retrouvé en indépendant. Si l’on replace cela dans le contexte, c’était la crise du disque, le streaming débarquait d’on ne sait où, personne ne comprenait encore grand-chose à ce nouveau mode d’acquisition de la musique et je suis donc passé un peu à la trappe. J’en ai profité pour prendre un peu de recul histoire de me remettre à l’écriture de chansons et de réfléchir à la suite de mon développement, en indépendant, comme c’était alors le cas, ou de nouveau m’engager avec une maison mère. Et soudain, tout s’est mis sur pause avec l’arrivée du Covid. J’avais déjà une bonne partie d’un album prêt à sortir, mais ce n’était juste pas le bon moment du tout (rire). Pour vous, cela peut paraître long, mais de mon côté c’est passé encore relativement vite car j’ai été confronté à de nombreux obstacles et qu’y faire face a sollicité beaucoup d’énergie. Cela dit, je suis très content d’être enfin de retour sur le devant de la scène ». Confestmag: cet album « Paysages » a donc été écrit avant cette pandémie ? « C’est un mix de plusieurs périodes en fait car certains morceaux datent bien d’avant cet épisode particulier de notre existence, mais le confinement m’a également donné l’occasion de m’appliquer encore un peu plus à l’écriture personnelle. Je n’ai jamais vraiment arrêté d’écrire, mais jusque-là je m’étais embarqué dans un cercle presque vicieux de fournir mes compositions à d’autres artistes. J’étais devenu un auteur de l’ombre. Je n’étais pas hors du circuit, car j’ai travaillé à de nombreux projets, mais je m’étais habitué à ne plus devoir supporter la pression de porter moi-même les titres. C’est un confort non négligeable. Mais pendant cette période « covid », j’ai pris conscience que j’avais encore un message à faire passer. J’ai donc remis la main sur toutes les compos que j’avais un peu mis de côté, soit une quarantaines de possibles chansons, et j’ai fait un tri de celles qui pourraient figurer sur un album. Entretemps, quelques titres sont venus s’y ajouter… » Confestmag: … dont un que vous expliquez, lors du concert, avoir écrit le 01 janvier 2021 (Les années folles). « Effectivement. Et c’est d’ailleurs l’une des dernières chansons composées. Une des seules qui n’était pas encore bouclée avant la pandémie. J’avais déjà un track list en tête, mais j’ai ressenti une urgence de coucher sur papier mon ressenti du moment, sans même penser au fait de l’inclure ou non à l’album. Il faut dire que la période que l’on venait de passer juste avant était très particulière. Je sentais le besoin d’en faire comme un aide-mémoire que je pourrais rouvrir d’ici quelques années. Ce fut un moment clé aussi dans le sens où c’est là que j’ai pris la décision de me recentrer sur mes qualités artistiques propres, contrairement à ce que j’avais proposé dans le deuxième album, où j’avais exploré beaucoup de sentiers différents. Ici, j’ai remis l’église au milieu du village en me disant, toi, tu as un message à faire passer et le meilleur habillage de la chanson est le plus simple, un guitare-voix posé » Confestmag : d’où vous viennent ces messages, ou plutôt les thèmes abordés dans ces textes ? « Franchement ? Je les laisse venir à moi. C’était différent quand j’avais une commande pour un autre artiste, car là il y a parfois des directives ou critères à respecter, j’arrivais alors à me centrer sur le thème proposé. Mais dernièrement, j’ai changé ma méthode de travail. Comme ces chansons sont cette fois pour moi, je ne mets pas de limites et je les laisse venir à moi car l’inspiration peut venir de tout aspect du quotidien, d’un film que je vois, d’un simple mot qui sonne bien même, comme ce fut le cas par le passé avec « Eldorado » ou « Espanola ». Il y a une sonorité particulière qui évoque immédiatement des choses. Et puis cette liberté s’applique aussi désormais à mon mode complet de travail. A une certaine époque, je m’obligeais, comme une astreinte, à fournir une tâche précise. Désormais, si ça vient, tant mieux, mais sinon, on verra plus tard. Je ne m’inflige plus cette torture psychologique du devoir. (rire) » Confestmag : quel est l’état d’esprit qui vous accompagne lors de votre retour sur scène ? « Ah, je suis content. C’est pour cela, notamment, que j’ai choisi ce métier. Rencontrer le public, c’est un besoin. Faire un album, c’est juste un prétexte pour pouvoir ensuite revenir sur scène. Avec le petit grain de folie supplémentaire de vouloir, cette fois, me mettre en danger, ce pourquoi j’ai opté pour un seul sur scène, juste avec ma guitare. Je me fais violence, je l’avoue, car la pression est énorme. Le show ne dépend, là, plus que de moi. Il n’y pas un musicien qui peut m’épauler si je mets un petit coup de côté. Etre seul en scène, c’est à la fois une liberté et une pression énorme. Mais je me suis dit que si cela me faisait peur, c’était le signe que j’étais

L’Inc’Rock Festival – Day 3 – L’esprit de famille…

Des fables rappées des Compagnons du temps au rock bien assis de Sharko, il y en avait pour tous les goûts dans ce dimanche ouvert à tous. Si les deux premiers jours du festival étaient dédiés à des styles musicaux précis (électro le vendredi, rap le samedi), le dimanche faisait place à l’éclectisme nécessaire pour plaire à l’ensemble des membres d’une famille. Un petit coup d’œil dans l’assistance permet en effet de rapidement prendre conscience que l’atmosphère est cette fois beaucoup plus cool et que les enfants sont mis à l’honneur, des grimages et un manège leur étant d’ailleurs dédiés. Le premier à produire des notes de musique, assez mielleuses afin de permettre aux plus petits de rallier son univers, est Bérode. Il faut dire que l’homme sait comment s’adresser aux petites têtes blondes, lui-même étant papa. S’en suit la prestation peu commune des Compagnons du temps. Ce duo revisite en effet les fables de Lafontaine sur un fond de rap/hip-hop très visuel. Juste le temps de revoir quelques classiques de la littérature française que c’est le pétillant et toujours souriant Jali qui s’installe, seul, sur les planches de la scène. Et oui, l’interprète de « Espanola » a décidé de revenir aux fondamentaux pour défendre son nouvel opus intitulé « Paysages » mais on vous en dira un peu plus très prochainement puisque Jali s’est livré pour nous en interview quelques minutes à peine après sa prestation à l’Inc’Rock. Et comme Jali nous a emmenés sur son bateau, nous rejoignons les rives d’un pays imaginaire où les rythmes tropicaux bercent la sieste des nouveau-nés. C’est ainsi que le set de Fugu Mango mixe afrobeat, pop, bossa nova et autres sons caribéens à base de percussions enivrantes avec notamment cette perle de reprise planante de Golden Brown (The Stranglers). A quelques encablures à peine, nous atteignons cette fois Madagascar, terre d’origine des compagnons de Marc Pinilla dans le groupe Suarez. Inutile de vous dire que nous sommes loin de la morosité d’un lundi matin en plein centre de Bruxelles (je parle des embouteillages, évidemment). Non, avec Suarez, nous restons dans cette entre-couche entre la terre et le ciel, prêts à se laisser conduire n’importe où ou presque (c’est quand même lui qui veut nous faire faire un pas en avant alors que nous sommes au bord du gouffre – rire) par celui qui détient les clés du domaine, ou presque. Six passages au festival, tout de même, pour Marc et ses troupes, ce n’est pas négligeable. Et c’est surtout un signe que sa jovialité, son entrain et sa musique plaisent. Changement de décor et d’ambiance avec Sharko puisqu’on rentre cette fois dans l’univers du rock. Membre fondateur, et seul encore présent depuis 1997, David Bartholomé ne vieillit pas (ou plus). Comme sa musique, il semble intemporel. Et surtout, il semble toujours prendre autant de plaisir sur scène, surtout lorsqu’il se lance dans une joute acoustique avec Guillaume Vierset, que l’on connait aussi pour accompagner habituellement Typh Barrow. It was so « Excellent » … Et comme présenté par Gaetan Bartosz (Radio Contact), après une telle dose de rock, une petite friandise musicale ne serait pas de refus. On vous sert Trois Cafés Gourmands ? Evidemment. Le trio issu de Corrèze, bien connu pour son hymne à la région, « A nos souvenirs », vient de sortir son 3e album, quoi de mieux que de venir le présenter sur une scène aussi sympathique que celle d’Incourt. Histoire de finaliser la digestion de cette douceur auditive, nous vous invitons à une petite marche afin de rejoindre la deuxième scène pour un émouvant hommage à Charlotte, surnommée affectueusement (et avec son accord) « Madame poubelles » pour son investissement en tant que responsable entretien/environnement du site comme bénévole. Décédée il y a quelques jours à peine, elle était l’une des figures emblématiques du festival. A ce titre, tous ses amis et son frère lui avaient adressé quelques mots sur des ballons qui ont été lancés en direction du ciel, et de cette lune mise en avant par son groupe préféré, Indochine. Nicola (Sirkis) n’était pas là, mais bien Oli Soquette, qui, selon la rumeur, a placé « La bonne du curé » à l‘enterrement de Charlotte car, et c’est là aussi le message passé par son entourage, la vie doit être vécue comme un amusement, dans la bonne humeur. Quoi de mieux alors que de retrouver Oli Soquette, mais en Dj Didjé cette fois, avec ses compères des Gauff’ pour un show anniversaire. Et oui, les Liégeois ont 30 ans d’existence. Rosette Kinkin n’a qu’à bien se tenir si elle sort au Chtalaming car elle pourrait y rencontrer un homme capable de lui déclarer sa flamme d’un « Vamos à Salou » Rosette.  Vous l’aurez compris, les Gauff n’ont pas fait dans le détail. Les titres les plus connus ont tous été passés en revue dans une mise en scène propre à ces saltimbanques intemporels. Après autant d’émotions, et les heures défilant, on s’approche inexorablement du terme de cette édition 2023, avec toutefois un dernier show à proposer, et non des moindres puisque c’est Mister Cover qui eut le privilège de récupérer les nombreux fêtards non encore rassasiés. Vous connaissez la musique, et eux aussi, donc on ne s’inquiétait pas trop pour l’ambiance. Tout le monde y a trouvé son compte. A la revoyure en 2024 ? PS: pour voir les clichés du festival, vous pouvez aussi aller sur la page FB de ReMarck Photos.

Inc’Rock 2023 – Acte 2 – Place au Rap.

Si le vendredi soir a fait la part belle aux disc-jockeys plus orientés électro et hip-hop (voir notre article consacré à cette journée), le samedi était entièrement consacré au rap. Changement de style donc, mais aussi de public, avec un rajeunissement assez marqué, mais très compréhensible puisque la plupart des artistes présents ont forgé leur popularité à partir des réseaux sociaux très prisés par les plus jeunes. Au programme de la scène principale, les très attendus Favé, Kerchak, Larry, RK, Niro et Naza Mais aussi, et surtout, un duo un peu plus aguerri encore à la scène, Caballero et Jeanjass. Les duettistes naviguent en effet ensemble depuis 2016 et peuvent se targuer de bien mener leur barque avec plusieurs albums, de nombreux festivals, mais aussi des salles mythiques, comme le zénith de Paris, à leur palmarès. Et si les bosses ont évidemment tenu leur rang dans ce line-up de haute-volée on retiendra aussi la prestation ultra énergique de Larry qui n’a pas hésité à interagir de manière très prononcée avec le public déjà très nombreux lors de son passage. Mais à quelques encablures à peine de cet amphithéâtre urbain où se sont multipliés les pogos en série se trouvait une seconde scène, parrainée par Mic Controller, et dont la vocation est de mettre en lumière des artistes émergents du plateau hip-hop belge. Et c’est là que nous avons découvert les plus belles surprises, en fait. On débute la présentation de cette scène bis avec OG Gold (anciennement BBK) car ce rappeur bruxellois n’est pas vraiment un petit nouveau. Depuis 2018, il a en effet multiplié les partenariats avec d’autres artistes de la même mouvance. Alors pourquoi le présenter dans ce concept me direz-vous ? Simplement parce qu’en 2021, l’homme a opéré un léger changement de cap (et de nom) pour lancer son nouveau projet solo. Passons à Mia Lena. Un petit bout de femme énergique qui a été bercée aux sonorités d’Amy Winehouse, Alicia Keys et Norah Jones. Là encore, on retrouve une artiste confirmée puisqu’elle a notamment participé au tremplin Dour festival 2022, qu’elle figure au line-up des Nuits Botaniques et qu’elle se produira aux Aralunaires (Arlon) ce 06 mai. Il y a toutefois une grande nouveauté dans le set de la Bruxelloise puisqu’elle délaisse un peu la langue de Shakespeare, pour nous livrer quelques compositions dans un français qui laisse transparaître certaines intonations proches de celles de Léa Paci. Et d’une princesse, nous passons à une déesse puisque Nephtys, nom de scène choisi par Caroline Hakim, qui signifie « La Dame (ou Maîtresse) du château », est une déesse de la mythologie égyptienne ; elle est la déesse protectrice des morts qui veille sur le sarcophage, déesse funéraire donc aux côtés de Hâpi, avec qui elle est associée pour protéger le vase canope contenant les poumons du défunt. Tout un programme en soi ! Et c’est le cas du show qui nous a été livré par cette artiste complète qui mélange le hip-hop au rap, le français et l’anglais, des chansons calmes et une explosion d’énergie par moments. On voit qu’elle est habituée à la scène et une telle prestation vaut assurément le déplacement. L’autre très bonne surprise de cette scène se nomme Bart Kobain. Originaire du Burundi, cet artiste s’est désormais établi à Bruxelles et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne passe pas inaperçu. Plantons le décor, deux guitaristes montent sur l’estrade, habillés de costumes classiques. Un dj prend place derrière les platines, lui aussi en costume strict… Surgit alors une boule d’énergie, qui rappe sans retenue sur des rifts électriques très poussés. Le mélange est surprenant et détonnant mais très appréciable. Quelle présence ! On ne vous cachera pas qu’une grande partie du public était restée aux abords de la grande scène, et que l’assistance présente au début du set de Bart Kobain était pour le moins clairsemée, mais loin de se laisser démonter ou démoraliser, le Men in Black du soir (il était vêtu d’un costume noir, lunettes noires et casquette…noire) a mis le feu et son énergie communicative a permis aux personnes présentes de passer un moment exceptionnel. Voilà de bonnes pioches que l’on reverra certainement dans les prochaines années.

Les basses au pouvoir.

Inc’Rock 2023 – Acte 1 – un vendredi au pays de l’électro. Malgré une température encore un peu fraîche pour cette période de l’année et un crachin omniprésent pendant une bonne partie de la soirée, Incourt (et plus particulièrement le hameau d’Opprebais) fut le théâtre, ce vendredi, d’une soirée mémorable. Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas fait dans le détail en convoquant au pupitre des pointures comme Mademoiselle Luna, Daddy K, Kid Noize, Furax ou encore Oli Soquette, le prince des guinguettes (les Liégeois comprendront peut-être plus facilement cette allusion). Points communs de tous ces artistes ? Leur meilleure amie est une table de mixage, ils n’ont pas leur pareil pour faire bouger les foules et ont tous une certaine « bouteille », et j’évoque ici, évidemment, l’expérience de la scène. Il n’est pas toujours aisé de se produire en ouverture d’un tel festival, le public tardant parfois à rejoindre le site et/ou à enclencher le mode « danse » de son architecture corporelle. Mais avec Oli Soquette, ce risque est quasi nul, l’homme aux multiples facettes (il fait aussi partie du groupe les Gauff’ qui, dimanche, risque aussi de vous réveiller les zygomatiques avec des titres détonnants comme les courses Akora, Rosette Kinkin ou encore Vamos à Salou) ayant les clés de ce type de schémas depuis belle lurette et beaucoup d’adeptes aux quatre coins de notre beau royaume. Quelques minutes ont donc suffi à Oli Soquette pour lancer les premières étincelles d’une soirée de feu. Aux sons des remixes de quelques standards des années 2000, 90, 80 et même 70 (et oui, Claude François s’est glissé dans la playlist, version un peu revue au goût du jour, évidemment), l’ambianceur a « fait monter la sauce » comme on dit dans certaines régions, histoire de céder le témoin dans des conditions optimales au célèbre duo de Radio Contact, Mademoiselle Luna et Gaëtan Bartosz. Et ne comptez pas sur Delphine, euh pardon, vous la connaissez sous le nom de scène de Mademoiselle Luna, pour faire descendre l’ambiance et la température ! Son set d’électro dance très actuel (le titre « Flowers » de Miley Cyrus qui passe en boucle partout s’y est habillement invité) a rallié les générations. Difficile d’ailleurs, à partir de ce moment, de rejoindre le centre du « dancefloor », celui-ci étant littéralement pris d’assaut. Il était temps qu’arrive un premier temps mort… allez, je rigole, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Le changement de discobar (Daddy K utilise son propre matériel) aurait en effet pu laisser un petit instant de répit à ces jambes déjà bien mises à l’épreuve, mais le personnel de scène est tellement efficace qu’on ne s’est même pas aperçu de cette subtilité technique. Et c’est donc Daddy K himself (membre des Benny B, breakdancer, 3 x champion de Belgique et multiples fois finaliste du championnat du monde de DMC) qui se lance avec ses célèbres scratches qui lui ont forgé une réputation mondiale (il mixe aux quatre coins du globe, faisant régulièrement l’aller-retour entre la Belgique et Dubaï). Une fois n’est pas coutume, c’est le hip-hop qui enfile alors son costume de lumière, ce qui n’est pas pour déplaire aux plus jeunes de l’assistance qui ne tiennent toujours pas en place. Bien qu’ayant des affinités (re)connues avec ce style musical, Daddy K en livre un bon panel dans sa partition, mais il est suffisamment intelligent et habile pour parsemer ci et là des standards d’autres univers qui permettent à tout un chacun d’y trouver son compte (ou ses notes musicales préférées). Après un tel show, difficile de prendre la succession… sauf pour Kid Noize, une autre pointure de la scène électro belge qu’on ne présente plus. Il est même le personnage principal d’une BD en trois tomes dont le graphisme est mortel (« l’héritage de Nowera »). Le DJ/producteur issu de la région carolo, auréolé de la sortie de son troisième opus musical cette fois, intitulé Nowera, n’allait pas faillir à sa tâche : maintenir, voire même augmenter encore un peu le curseur de l’ambiance festive du moment. L’homme à la tête de singe (ou plutôt au masque) a rempli sa mission avec brio. Même la pluie a cessé son œuvre pour se mettre à bouger en cadence. Toutes les générations confondues (et oui, je vous assure avoir vu des personnes qui ne sont en âge légal de travailler se trémousser juste contre les barrières) se sont retrouvées dans sa playlist évolutive. Et je dis évolutive car les derniers morceaux étaient résolument axés sur des basses soutenues, de quoi fournir au dernier intervenant, Furax, une assistance toute prête à engloutir auditivement le célèbre « Big Orgus » qui fête cette année ses 20 ans. Et qui dit Furax, dit techno hard style, l’homme traînant encore régulièrement avec ses anciens compères de festivals, les Djs du label Bonzaï records. Voilà donc un tour assumé et presque complet de tout ce qui se propose en électro, qui a égayé la soirée de tous les festivaliers, avec une petite spécificité (voulue ou non ?), on a balayé un peu toute la Wallonie avec le grand Liège de Dj Didjé (alias Oli Soquette), le BW (Mlle Luna), Bruxelles (le ket de service étant Daddy K), le Hainaut (Kid Noize) et Namur puisque Furax était, à une époque, sur la province de Namur, et plus particulièrement à Andenne, où il travaillait chez un disquaire. Note aux organisateurs : « inviter un artiste luxembourgeois pour la prochaine édition ». (rire) Trêve de plaisanterie. Vous l’aurez compris, cet entame de festival Inc’Rock fut une réussite musicale, mais aussi en termes de fréquentation (le site était bien rempli malgré une météo maussade) et d’organisation. Aujourd’hui, on remet ça, mais avec du rap, et dimanche, l’affiche sera plus hétéroclite, histoire de plaire à tous les membres d’une famille. A bon entendeur…

L’été sera show.

Les plus anciens, ou les plus mélomanes, auront de suite fait le lien avec la chanson d’Eric Charden, qui date quand même de 1979, mais vous aurez remarqué que c’est ici un jeu de mots (le titre réel est : l’été s’ra chaud) car nos météorologues ne peuvent évidemment pas encore prévoir précisément quelles seront les conditions climatiques entre fin juin et début septembre. On évoque en effet une période qui débutera (seulement) dans cinq mois. Et pourtant, il est déjà temps de prendre vos dispositions. Et je ne m’adresse pas ici à ceux qui partiront hors de nos contrées, et qui ont donc sûrement déjà pensé à prévoir budget, période de congé et réservation(s) dans leur lieu de villégiature, histoire de ne pas être pris au dépourvu. Non, je parle, ou plutôt j’écris, à ceux qui passeront au moins une partie des « grandes » vacances en Belgique. Le soleil ne sera peut-être pas tous les jours présent, ou au contraire jouera l’incruste en montant le chauffage un cran trop fort ; la pluie s’invitera probablement de temps à autres ; et il vous faudra certainement compter quelques minutes supplémentaires pour vos trajets car les chantiers routiers se multiplient en cette période, mais la Belgique est un territoire où l’on sait faire la fête. Et cet été ne dérogera pas à cette règle, du moins si vous ne tardez pas à prendre quelques dispositions car c’est maintenant que les sésames pour les plus beaux événements se négocient encore à des prix raisonnables. Chaque saison apporte son lot d’artistes, confirmés ou émergents, sur le parquet des scènes wallonnes, bruxelloises et flamandes, mais cette fois, on dirait que quelques grosses pointures se sont mises d’accord pour nous offrir un véritable feu d’artifice de sensations musicales. Nous allons donc vous détailler ici les principales informations déjà disponibles afin que vous puissiez d’ores et déjà vous planifier un été « concertisé ». Les plus impatients seront déjà à pied d’œuvre dès le 17 juin puisque c’est à ce moment que le WERCHTER BOUTIQUE accueillera le groupe One Republic et la toujours phénoménale Pink ! On commence donc très fort, mais il faudra aussi délier les cordons de la bourse car l’entrée « normale » est à 108 euros. Et pour les inconditionnels de l’artiste aux cheveux roses, bien qu’elle change régulièrement de teinte, un accès au Golden ring est aussi proposé à 159 euros. Oui, je sais, ça pique un peu, mais je ne doute pas une seconde que l’événement sera rapidement sold-out vu les noms proposés. Quinze jours plus tard, vous devrez déjà faire des choix en fonction de vos genres musicaux et de votre budget, peut-être, aussi puisque deux festivals d’une certaine importance occuperont le week-end du 29 juin au 2 juillet. On ne présente plus ce festival mondialement connu qui accueille à chaque édition des stars de tous horizons. Au programme 4 scènes pour permettre à chacun d’y (re)trouver son style favori. Le planning annoncé est déjà, à cette période de l’année, bien fourni, preuve que la mécanique est là bien huilée. Je vous invite donc à aller voir directement sur le site de l’événement mais à la louche, je vous servirai quand même les noms de Arctic Monkeys, Christine and the Queens (il me semblait pourtant qu’elle avait changé de nom d’artiste…), Muse, Oscar and the Wolf, Paolo Nutini, Queens of the Stone Age, Rosalia, Red Hot Chili Peppers, Tamino, Stromae… Une liste d’invités impressionnante, mais qui a un prix. Le combi ticket pour les 4 jours est à 292 euros.  L’ancien Yes2day, repris sous le nom du FeelGood depuis qu’il est chapeauté par Radio Contact, avait pour habitude de clôturer la saison wallonne, en prenant place dans le calendrier le premier week-end de septembre. Avec la réforme du rythme scolaire, le festival aqualien change son fusil d’épaule en visant cette fois l’ouverture de la saison sur le sol des francophones. Et ce n’est pas la seule modification annoncée puisque le site du festival va (légèrement) se déplacer histoire de permettre aux organisateurs d’accueillir le double du public pouvant arpenter l’ancienne infrastructure. On parle aussi d’une capacité de parking plus importante. Pour les détails pratiques, je vous renverrais vers le site officiel, mais voici déjà quelques noms des artistes de 2023. Le jeudi sera réservé à une soirée DJ’s avec Kid Noize, Daddy K, Mademoiselle Luna… le vendredi, c’est le solaire  Christophe Maé qui emmènera l’affiche, laissant sa place le samedi à M.Pokora et Juicy notamment.  Pour le dimanche, les clés seront confiées à Oli Soquette, Barbar O Rhum, Oli Tombeur et quelques autres. Pour le pass 4 jours, il vous en coutera ici 115 euros. Le week-end suivant, ce ne sont pas deux mais bien trois festivals qui pourront égayer vos vacances.  Mais le choix ne devrait pas être trop difficile pour vous vu les styles très différents proposés et les localisations respectives de ces événements. 1. Les Ardentes (du 06 au 09 juillet). On fait le grand écart avec Werchter puisque qu’on rentre ici dans le monde de la musique urbaine avec ce rendez-vous désormais incontournable pour les amateurs du genre. Le line-up se dévoile au fil des semaines, mais certains noms font déjà parler d’eux avec notamment Aya Nakamura – Kendrick Lamar – Travis Scott – Disiz (la Peste) – Niska…  Petit hic toutefois relevé par ceux qui se sont déjà rendus sur la billetterie, le prix des places a été revu à la hausse depuis la dernière édition. On parle désormais de 247 euros pour un pass 4 jours. Les organisateurs se sont rapidement expliqués en argumentant que vu le statut du festival, ils devaient désormais s’aligner sur les tarifs appliqués dans les autres événements de cette catégorie. 2. LaSemo (du 07 au 09 juillet) Un des pionniers dans l’approche écologique. Le festival se définit d’ailleurs maintenant comme 100% eco-responsable. Et le site du parc d’Enghien n’est pas à dénigrer. Il est généralement apprécié pour son ambiance conviviale et chaleureuse qui permet notamment à toute la famille de passer un moment agréable. Côté artistes,

Kiki n’est pas un donneur de leçon.

Pas de Kiki l'Innocent mais Luc Navet dans "Donneur de leçon"

Ce 11 novembre, à l’occasion de la Saint-Martin, c’est au Centre Culturel d’Amay que Martin Charlier, que certains connaissent plutôt pour son personnage de Kiki l’innocent, un supporter acharné du Standard de Liège qui fait parfois preuve de mauvaise foi mais toujours avec un sourire bienveillant, s’est produit à l’invitation de Cedrole, la jeune société gérée par Cédric Montulet qui fait la part belle aux spectacles d’humour. A quelques jours à peine de l’ouverture officielle de cette coupe du monde très particulière (se déroulant en hiver, dans un pays où toute l’infrastructure a dû être construite parfois dans des conditions peu cohérentes avec certains préceptes des droits de l’homme, et où l’air conditionné va circuler à foison alors même qu’une grande partie du monde fait face à une crise énergétique…), on croyait donc voir l’ardent supporter revêtir sa tenue colorée et au moins lancer quelques piques sur la sélection de Roberto Martinez, puisqu’aucun joueur de Sclessin n’a été retenu parmi les Diables (Amallah est toutefois repris avec le Maroc), mais l’humoriste originaire de Verviers a pris le pli prendre le contre-pied de ce scénario en écartant justement ce personnage emblématique de son spectacle actuel, « donneur de leçon ». Dans ce one-man show (le 7e de l’humoriste tout de même, qui vient cela dit de fêter ses 17 ans de carrière sur les planches du Forum), ce sont plutôt Madame Rigide, Luc Navet, la voisine encombrante et sans gêne ou l’homme politique prêt à tout pour récupérer des voix qui ont la part belle. Au terme de ce spectacle très divertissant car chacun peut y retrouver des traits communs à des personnes de son entourage et que ces traits sont évidemment grossis de manière à rendre les situations cocasses, l’humoriste nous a accordé une interview dont nous vous livrons ici le contenu. Martin Charlier, dans ce nouveau spectacle, on ne trouve pas trace de Kiki, c’est la première fois depuis longtemps qu’il n’apparait pas dans votre show. M.C  « Oui. Le personnage a été créé en 2013. Evidemment, dans le spectacle qui suivait, en 2014, « Kiki mouille son maillot », il faisait 3 apparitions, au début, au milieu et à la fin de la prestation, puis dans « Ceci n’est pas un Kiki », j’avais déjà envie de mettre un peu des limites en disant oui, il y a Kiki mais pas que… il n’apparaissait donc plus que deux fois. Et ici, naturellement, j’ai imaginé le fil conducteur sans penser à lui. Mais ce n’est pas pour cela qu’il ne reviendra pas plus tard. Mais pour répondre à la question, oui, je confirme, c’est la première fois depuis une dizaine d’années qu’il s’efface ainsi de mon spectacle. » Ce spectacle va-t-il continuer en 2023 ? « Oui, j’ai déjà pas mal tourné avec depuis un peu moins d’1 an, mais il va encore évoluer. Cette année était un peu particulière pour moi car j’ai enfin pu fêter mes 15 ans de scène au Forum avec plein d’invités. Enfin, 15 +2 grâce au Covid, hein ! C’était autre chose avec l’appui d’un groupe, de musiciens, des amis venant sur les planches avec moi, un écran géant. En gros, la préparation de cet événement fut chronophage et j’avais donc un peu mis « Donneur de leçon » entre parenthèses mais là je reprends la route avec. Je serai d’ailleurs dans la province du Luxembourg dans la deuxième moitié du mois de novembre. » Dans une interview précédente, vous racontiez que vous n’étiez pas contre l’idée de faire évoluer votre jeu de one man show vers des spectacles en duos ou avec plus d’intervenants. C’est toujours dans un coin de votre tête ? « Oui, mais je le fais déjà un peu en participant à une pièce de théâtre. C’est une pièce écrite et jouée par Catherine Jandrain, la sœur de Fanny, et nous sommes quatre sur les planches. Son titre est « La belle imprévue » (dont la version anglaise tourne à New-York). Jusqu’ici, nous l’avons jouée à une dizaine de représentations » « J’adore toujours être seul sur scène, mais j’avais besoin de trouver une étape intermédiaire vers mon prochain objectif, le cinéma. C’était tout du moins l’approche qui était la mienne mais je me suis surpris à prendre énormément de plaisir à enfiler un costume de comédien, comme quoi le théâtre peut aussi être une finalité en soi. D’autant qu’ici, je ne suis pas nécessairement dans le registre comique. C’est une comédie, vous y retrouverez d’ailleurs Freddy Tougaux (clin d’œil), mais j’ai un rôle à contre-emploi ici puisque je suis, dans la pièce, une personne qui a des envies, et qui est sur le point d’ailleurs, de se suicider. Mais au moment où il est prêt à passer à l’acte, on sonne à la porte et c’est la voisine qui vient lui demander pour se réfugier chez lui car elle est battue par son mari. En agissant ainsi, elle lui sauve la vie sans s’en rendre compte. S’en suit une cascade d’éléments comiques mais qui sont plus apportés par le personnage de Freddy Tougaux et de la femme de ménage ». « Cette pièce est toujours à l’ordre du jour, mais il n’est pas toujours évident de trouver des disponibilités dans nos emplois du temps, et c’est là où je me rends compte aussi que plus il y a de comédiens, plus c’est difficile d’organiser le planning. Mais, bonne nouvelle, nous retournons à Charleroi et Liège d’ici quelques mois. ». Voici un pas, mais étant auteur de tes sketches, envisages-tu d’écrire une pièce de théâtre à l’avenir ? « Pas spécialement non. J’ai plus l’envie de les jouer. Je tire d’ailleurs mon chapeau à Catherine car elle a écrit la pièce, la met en scène et joue dedans. Ce sera peut-être pour plus tard, je ne ferme pas définitivement la porte à l’idée, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Là, je suis en mode comédien, et peut-être, à terme, acteur. » Revenons un peu sur l’actualité…sportive, avec cette coupe du monde, dont Kiki l’innocent ne fera pas la présentation officielle puisque ce sont Kody et Pablo Andres qui sont aux commandes. « Et non.