On en a pris plein les yeux et les oreilles au Cabaret Vert.

5 jours de festival, plus de 125 concerts, 70 artistes de BD, 125000 personnes attendues (127000 finalement présentes). On peut véritablement parler d’un événement XXL avec le Cabaret Vert. Débutons par les aspects pratiques puisque c’était notre première expérience à Charleville-Mézières. Autant de festivaliers, cela demande évidemment énormément de places de parkings. Nous avions un peu peur à ce niveau, ne disposant pas d’emplacement réservé, mais nous avons trouvé relativement facilement des places dans un rayon très correct. Et puis s’il vous faut laisser votre véhicule un peu plus loin, pas de panique, de nombreux bus, navettes voire même trains (et oui, il y a même une ligne desservant Bruxelles via Charleroi) ont adapté leurs horaires à ceux du festival. L’entrée de certains événements pose aussi parfois soucis, des files interminables s’accumulant devant les accès. Là, on ne peut pas dire que tout fut rose le mercredi, soit le jour de l’ouverture du site, mais c’était dû essentiellement à des coupures de réseaux internet bloquant donc le contrôle de certains tickets. Le vendredi, par contre, jour de notre arrivée, c’est passé comme une lettre à la poste, selon l’expression consacrée. Nous pénétrons donc sans avoir rencontré le moindre souci majeur au sein du site même de ce Cabaret Vert qui, au fil des ans, ne cesse de signer de nouvelles lettres de noblesse. Le premier sentiment qui s’impose à nous est de constater que c’est très grand, et assez bien organisé. Le festival dispose en effet de certaines structures fixes sur le site même qui restent l’année à demeure. Mais ce qui vous intéressera sans doute plus, ce sont les points alimentation/boissons, qui sont en nombre, et facilement accessibles car disposées tout autour des cinq espaces musicaux. Et oui, il y a bien 5. Trois que nous décrirons comme assez thématiques, et deux plus diversifiés, pouvant accueillir plus de monde et donc dédiés aux artistes attendus par le plus grand nombre. Le Zionclub, est un espace en lisière de bois, accueillant des DJs dont la plupart sont accompagnés de chanteurs au style parfois décalé. Pour exemple, prenez de la musique assez électro, mais avec un bonhomme de plus de 50 balais, au look rasta, qui slame version reggae. C’est détonnant, surprenant, mais très festif. Vous traversez une passerelle surplombant le lac et vous voilà au Greenfloor, un petit coin cosy niché entre les arbres, où le rap est à la fête. Revenez sur vos pas, et juste derrière une palissade se terre Razorback, le domaine des métalleux, où rockeurs à la voix éraillée et rifts de guitare s’en donnent à cœur joie. C’est animal, bestial, brutal … et tout ceci dans un village qui n’est pas sans rappeler certaines scènes de la saga Mad Max. Ames sensibles s’abstenir, d’autant que de ce village sortent parfois les flammes de l’enfer. Les deux autres scènes, plus neutres, accueillent donc elles les « têtes d’affiches ». Ah, j’oubliais, pour les gourmands qui voudraient tenter le pari fou de goûter un peu de tout, c’est mal barré. Il peut arriver que deux, voire trois prestations se déroulent… de concert. Voici le menu que nous avons à vous proposer pour le vendredi, troisième jour de fête là, mais premier pour nous. En amuse-bouche, Leak, littéralement fuite en anglais, peut aussi signifier plus particulièrement un transfert non autorisé de données informatiques, ou plus généralement un piratage. Mais ici, point de complot contre une multi nationale ou un état, mais juste un duo de jeunes rappeurs strasbourgeois arpentant la scène. Grim Bee et Sigma travaillent désormais depuis plus d’un an sur la réalisation de leur premier projet et pour cette apparition sur la scène du Cabaret Vert, ils sont venus accompagnés par DJ Koon, afin de créer un univers associant musiques énergiques et plus posées. Comme exemple de leur travail, on vous renverra vers Shark. Kiplan : est un groupe assez jeune, formé en 2019 à Reims, Kiplan est la fusion de deux styles opposés. Alternant entre puissance et fragilité, la voix de Laure sert de guide pour un voyage au fil des nombreux thèmes introspectifs abordés par le groupe. On est passé dans l’univers rock/pop un peu planant comme l’illustre When I die. Aloïse Sauvage : comédienne, chanteuse, mais aussi danseuse, l’artiste propose un show dynamique lors duquel elle n’hésite pas à donner de sa personne. Deux ans après « Dévorantes », son premier album, Aloïse Sauvage revient cet automne avec un nouvel album : « Sauvage » qu’elle défend sur scène avec une énergie toujours débordante et des chorégraphies maîtrisées comme dans le clip de Joli Danger. The Selecter, c’est un groupe britannique de ska formé à Coventry en 1979 (et oui, tout de même), et qui participa à la renaissance de ce genre au tout début des années 1980 à travers le mouvement « 2 tone », au même titre que The Specials, Madness ou The Beat. Côté compo, le groupe s’articule autour d’une chanteuse emblématique, Pauline Black, la seule d’ailleurs a toujours faire partie de la formation depuis ses débuts, et de cuivres de circonstance, évidemment. Vous ne connaissez pas ? Le Ska est un genre qui n’est peut-être plus vraiment « à la mode », mais c’est festif. Et là, on revient aux fondamentaux avec le groupe qui a notamment sorti « On my radio » en novembre 1979. Benefits : Ceux qui ont assisté aux concerts de Benefits au cours des deux dernières années comprendront que le groupe a de nombreuses cordes à son arc. Sur scène, Kingsley Hall utilise sa présence intense pour exprimer non seulement sa rage, mais aussi sa vulnérabilité. Il assume sa propre nervosité et sa maladresse, et fait preuve d’un sens de l’humour effacé. Pour ceux, comme moi, qui n’avaient encore jamais vu ou entendu même parler de cet obus sonore, on parle ici d’un hard rocker anglais qui donne tout sur chaque montée vocale. Au bout de deux morceaux, il était déjà trempé de transpiration, mais cela ne l’a pas empêché de livrer un show complet duquel il est ressorti avec, probablement, un kilo et des
(S)he’s still elusive.

Attention, cet article contient des photos qui pourraient choquer certaines personnes.
Les tatoués au pouvoir.

On ne connaissait pas avant de se rendre au Cabaret Vert. Et bien, nous ne sommes pas prêt de les oublier, ces Viagra Boys. Il y a d’abord ce nom, évidemment, qui fait référence à une petite pilule bleue qui a défrayé les chroniques voici quelques années. Mais il y a surtout une dégaine que l’on ne s’attend pas nécessairement à voir apparaître sur scène. A vrai dire, aucun membre du groupe ne paye de mine au premier regard, mais quelle énergie ! Le chanteur débarque torse nu, une bière à portée de main, et sa paire de lunettes de soleil bien fixée sur le nez. Dès les premières notes de musique, il se dandine sans porter attention au public qui lui fait face. C’est parfois disgracieux, l’artiste n’ayant pas vraiment le physique d’un danseur étoile de l’opéra, mais il se donne à 110 %, et ça, les festivaliers apprécient. Mais, en fait, quelle musique jouent-ils? Viagra Boys est un groupe de post-punk suédois formé en 2015 à Stockholm par Sebastian Murphy (chanteur) et Henrik Höckert (bassiste). L’idée du groupe aurait germé lors d’une soirée karaoké organisée dans le salon de tatouage où les deux sont employés à l’époque (le torse du chanteur donne effectivement à lui seul une sérieuse indication). En 2016 et 2017, ils publient les deux EP Consistency of Energy et Call of the Wild, sur le label suédois Push My Buttons. Pour leur premier album, Street Worms en 2018, ils signent un contrat avec Year0001 Records, les mettant sur le même label que le rappeur suédois Yung Lean. L’album reçoit des critiques enthousiastes et figure notamment dans le classement de fin d’année du magazine britannique NME. Les morceaux Sports et Just Like You gagnent suffisamment de lectures en streaming et de vues vidéo pour élever leur public au-delà de l’underground. Par la suite, Elias Jungqvist remplace Martin Ehrencrona aux claviers. En avril 2020, les Viagra Boys publient un EP de quatre chansons intitulé Common Sense. Sur scène, on vous l’a dit, c’est assez déjanté car Sebastian part un peu dans tous les sens, s’aspergeant même de bière en pleine prestation, mais le concept plaît visiblement puisque nos joyeux Suédois ont notamment été invités à Rock Werchter et Rock en Seine lors de cette saison alors qu’en 2022, ils étaient déjà repérés au Botanique. Retrouvez les photos de ce concert et de nombreuses autres performances du Cabaret Vert sur la page FaceBook – ReMarck Photos.
Au Cabaret Vert, on pense en termes de festivaliers et de bilan carbone.

Comme vous avez pu le remarquer dernièrement, Confestmag s’exporte désormais hors des frontières belges car si nous sommes habituellement connus pour être de bons vivants amateurs d’art, et de musique en particulier, dans notre plat pays, nous n’avons aucunement le privilège des organisations de qualité en termes de festivals. Nos voisins hexagonaux ne sont en effet pas en reste. Beaucoup d’entre vous ont déjà entendus parler (ou se sont même rendus sur place) des Francofolies de La Rochelle, des Vieilles Charrues ou encore du Lollapalooza qui se décline aussi à Paris. Début septembre, nous vous avons également présenté Essonne en Scène, un festival certes moins connu et qui draine un peu moins de public que ceux cités précédemment, mais qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Ici, nous replongeons un petit peu plus en arrière dans la saison, pour revenir mi-août, sur le site d’un événement d’un certain standing quand même puisqu’on parle de 5 jours de festival, plus de 125 artistes musicaux (vous verrez qu’il y a aussi des auteurs / scénaristes / dessinateurs en plus), avec une assistance totale de 127000 personnes. Cet événement, c’est le Cabaret Vert qui a pour atout d’être un Festival associatif (= tous les revenus éventuels de l’événement sont réinvestis dans le festival, ce qui leur a permis d’être reconnu comme étant d’intérêt collectif) et, pour nous, de se situer à proximité immédiate de la frontière puisque c’est à Charleville-Mézière, en Ardenne, qu’est implanté le site du festival. Nous avons profité de notre visite sur place pour Interviewer Cédric Cheminaud, l’un des organisateurs adjoints. D’où vient cette appellation de Cabaret Vert qui ferait plus penser à une salle de spectacle qu’à un festival en plein air ? Elle vient d’un poème de Rimbaud, ce poète originaire de Charleville-Mézière, la ville dans laquelle se déroule ce festival. C’est donc un clin d’œil au premier punk de Charleville-Mézière car il fut, on peut le dire, punk avant l’heure. On approche d’un anniversaire un peu spécial. En fait, cette année célèbre déjà les vingt bougies de l’association, mais nous en sommes à 17 éditions puisque le Covid nous a privés de deux années de festival. Remontons à cette double décade précédente et nous retrouverons déjà dans les grandes lignes ce combat écologique qui est désormais votre fer de lance. C’est devenu un leitmotiv un peu partout sur la planète, mais à l’époque, vous deviez être parmi les premiers à évoquer ces préceptes. Oui car si nous nous replaçons dans le contexte, la première édition a vu le jour en 2005. Mais l’idée n’était pas nécessairement conscientisée de défendre ainsi l’écologie. Les personnes qui se sont investies à ce moment voulaient monter un événement utile au territoire sans y laisser un impact trop fort, certains étant sensibles à la biodiversité car travaillant dans des branches qui étaient en rapport avec ce domaine. Ils voulaient donc ne travailler, notamment, qu’avec des artisans du coin, et faire en sorte qu’en quittant le site après les trois jours de festival de l’époque, ils laissaient le moins de traces possibles de leur passage. Cette manière réfléchie d’aborder l’organisation de l’événement leur permettait aussi de montrer une certaine responsabilisation, malgré leur jeune âge, la plupart des personnes impliquées ayant à ce moment une vingtaine d’années à peine. Ils ont donc planché directement sur la problématique des déchets notamment, en ramassant évidemment ceux qui allaient être retrouvés sur l’espace du festival et ses alentours, mais en réfléchissant aussi à un véritable plan pour limiter leur impact, comme l’utilisation de toilettes sèches. A ce moment, on devait être à 10 000 festivaliers pour la première édition. Aujourd’hui, 16 éditions plus tard, on accueille plus de 125 000 personnes. Ce n’est plus la même mayonnaise. Mais au fil du développement du festival, nous avons posé des actes concrets s’inscrivant dans un plan plus réfléchi autour de cet impact écologique. La question bateau, c’est un peu : comment pourrait-on se montrer exemplaires ? Pour cela, il faut d’abord pouvoir sensibiliser les gens en leur expliquant quel peut-être le résultat de leur(s) décision(s) sur l’avenir de la planète. Vous avez, dans cette optique, lancé voici peu une étude dont la première réelle matérialisation vient de sortir et l’on constate que plus de 50 % du bilan carbone provient des déplacements. Oui, et je dirais même que cela concerne presqu’exclusivement ceux des festivaliers car ceux liés aux artistes ne génèrent qu’un seul pourcent de cette quantité de rejets. Nous sommes dans un milieu rural, Charleville est une ville moyenne et tout de suite, pour voyager dans la région, on utilise une voiture. L’offre des transports en communs est en effet très (trop) limitée, surtout de nuit, ce qui renforce encore cette habitude de se mouvoir en voiture. Dès 2005, nous avons pu nous attaquer à de nombreux critères influençant la « décarbonation » du festival, mais la mobilité du public reste un créneau où il y a des choses à faire. Une meilleure offre des transports en commun, au niveau de buses mais aussi des trains, ainsi que l’utilisation plus assidue de bicyclettes sont des pistes. Mais nous sommes un peu seuls dans ce processus actuellement. Nous devons par exemple prendre en charge les frais liés à la mise en place de bus à partir de Lille, Nancy, Metz mais aussi Bruxelles (via Charleroi). Ces lignes n’existaient pas et nous avons donc payé le prestataire pour les mettre en place, avec les risques financiers que cela comporte si les bus ne se remplissent pas. En pratique, comment cela fonctionne-t-il pour le festivalier ? Comme pour son accès au site, il doit commander son ticket, qui équivaut ici à sa place dans le bus, via la plateforme du festival. Il y a des trains aussi, dans les transports régionaux. Là, nous avons un soutien de la région Grand-Est qui nous permet d’offrir le retour à 1 euro. Concrètement, vous payez le prix normal pour l’aller, mais le retour est à un euro. Nous avions tenté l’expérience en 2022 et là nous avons plus que
le 50 Nancy Jazz Pulsations
Pour tous les amateurs de Jazz, voici un festival incontournable téléchargez le dossier de presse et contempler la qualité des artistes présents. Ou cliquez sur l’image dans la rubrique Festivals vous serez redirigé vers le site officiel. Nancy Jazz Pulsations : du 07 au 21 octobre 2023
Imparfait marque les esprits et les oreilles.
Après une journée inaugurale assez intéressante, c’est plein de motivation et d’entrain que nous rejoignons le domaine de Chamarande le samedi après-midi, pour cette seconde journée du festival RTL2 Essonne en scène. Il faut dire que nous trépignons déjà d’impatience d’enfin découvrir ce Final Fucked up Tour que Shaka Ponk n’a pu présenter à Ronquières. Si Shaka ne vient pas à toi, et bien tu iras à Shaka… Nous ne serons absolument pas déçu de la prestation de ce groupe emblématique, mais nous vous renvoyons vers notre article dédié à ce concert en particulier pour vous mettre l’eau à bouche (ici) Concentrons-nous donc sur les autres artistes à l’affiche de ce samedi avec en amuse-bouche, le rock indie/pop en français de La Veine. Formé à la base par 4 frères, le groupe avait choisi son nom en lien avec le sang commun qui les liait. Depuis peu, deux membres de la famille ont quitté la formation de base, qui reste toutefois à quatre éléments. Thibault au chant et à la guitare, Maxime à la guitare, Matthieu à la basse et Axel à la batterie. « Il y a beaucoup de nostalgie dans notre musique, dans les textes surtout et même dans la façon de composer, les accords. J’adore ce ressenti de nostalgie, en gardant ce truc authentique, analogique, rock » (dixit Thibault Cunsolo, l’un des membres fondateurs). Habitués à la débrouille pour leurs concerts (ils ne sont pas avares d’anecdotes à ce propos), les membres de La Veine ont kiffé jouer dans des conditions professionnelles, et cela s’est vu. Le groupe était ravi, et le public aussi. L’artiste suivante est présentée comme la plus Essonnienne des Estoniennes. Mais l’inverse est vrai aussi. Triinu provient en effet de ce pays un peu lointain duquel elle a gardé un attrait pour les chansons poétiques ancestrales. Seule sur scène, avec sa guitare, Triinu ne se démonte pas. « Je suis seule en scène, mais il y a l’énergie rock. J’essaye d’utiliser le moins de notes possible pour aller à l’essentiel ». On se dirige tout doucement vers le set de notre compatriote, Pierre De Maere, mais nous apprendrons quelques minutes avant son show que nous ne faisons pas partie des rares médias autorisés à prendre des clichés. Nous n’avons donc aucune photo de l’artiste à vous proposer, mais il y aura tout de même un peu de Belgitude dans ce compte-rendu avec Marine et Morane, probablement les deux plus fidèles et volontaires fans de l’interprète brabançon. En 13 mois, elles comptabilisent en effet 57 concerts de Pierre De Maere, en Belgique et France, mais aussi en Suisse et en Allemagne où elles faisaient partie des 4 seules francophones à connaître les paroles des morceaux. Tout est parti d’une rencontre fortuite après les Francofolies de Spa en juillet 2022. Les deux demoiselles se trouvent rapidement des affinités et surtout une passion commune pour celui qui devrait marier un ange. Désormais, elles sont (re)connues dans les allées des festivals et salles de concert, au point d’être elles aussi interviewées. Après cette petite pause imposée, nous retrouvons le devant de la scène avec Adé, que nous avions quitté sur le parking du site Ecolys de Suarlée voici quelques jours à peine. Pour ceux qui auraient loupé le paragraphe lié à cette artiste attachante, nous vous renvoyons à notre article précédent (ici). Et pour les autres, rappelez-vous, Adé est l’ex chanteuse du groupe Thérapie Taxi qui avait notamment marqué les esprits (checkez les paroles et vous comprendrez. Lol) et les conduits auditifs avec son « Hit sale ». Ici, l’artiste a gardé le français comme langue principale mais les sonorités sont plus orientées vers la country qui s’allie au style habituel de la chanteuse, la pop. Et qui dit country dit USA. Ce premier album solo a donc été une bonne occasion pour Adélaïde Chabannes de Balsac d’enfin découvrir une partie de ces contrées qui l’ont toujours inspirée. Mais c’est bien devant le public français qu’elle livre son spectacle. Et là encore, ça marche. Comme annoncé ci-dessus, la prestation de Shaka Ponk fait l’objet d’un autre article. Mais il reste une prestation à disséquer, ou plutôt à vous présenter car nous n’avons pas la prétention de nous instituer critique musical. Nous l’avions gardé sous le coude car c’est véritablement notre découverte du week-end. Une vraie claque artistique cet IMPARFAIT ! Il faut dire que le groupe s’est déjà produit à plus de 200 reprises en live, mais pas encore sur ce genre de gros événement. Une chanteuse black très charistmatique, qui pousse une gueulante sans crier gare de temps à autre, ce n’est pas sans rappeler d’autres groupes marquants comme Skunk Anansie, au sein duquel Deborah Dyer s’impose naturellement, ou encore … Shaka Ponk, cher à Samaha Sam. Il est difficile de classer le groupe dans une catégorie car ce condensé d’énergie part dans tous les sens. Ils se définissent comme représentants du rock fusion métal car on y met un peu de tout dans cette appellation (rires). Mais en fait, on s’en fout un peu des cases à cocher. Ce qui compte, c’est la presta. Et là, on en prend plein les yeux, les oreilles et la peau car ce rock est assez organique. Alors oui, la chanteuse est là, arpentant la scène de long en large, venant aussi à la rencontre du public, mais le support acoustique des musiciens ne doit pas être passé sous silence. C’est assuré, pro, entraînant. Sorti voici un peu plus d’un an, leur premier album, TELEMA, est un support idéal pour leur set cadencé, mais même l’écoute du CD ne peut pas rendre toutes les émotions produites sur scène. Imparfait est un vrai groupe rock qui se bonifie encore au contact de la population. Prisca KALENGAY au chant, Bruno VERON à la basse, Léo LOUVIGNÉ à la batterie et Loïc GEISER à la Guitare. Retenez bien ces noms car avec un marketing bien ciblé et quelques petits détails à affiner, Imparfait pourrait bien se glisser prochainement dans un créneau que Shaka Ponk va très bientôt
Chamarande, nouvelle place forte de la rentrée ?

Alors que les étudiants belges ont retrouvé les bancs de l’école dès fin août, nos voisins d’Outre-Quiévrain disposaient encore de quelques jours de « libre » avant leur rentrée officielle, celle-ci étant programmée le 4 septembre. C’est ce week-end particulier coincé entre vacances et rentrée qui a été choisi par les édiles départementaux de l’Essonne pour proposer au sein du magnifique domaine de Chamarande, le festival RTL2 Essonne en Scène. Peu connu dans nos contrées, ce nouveau venu dans le calendrier (sa première édition s’est déroulée en 2019) se fait toutefois, au fil des saisons, une place de choix dans la liste des activités de la région. Son succès est tel que tous les billets pour les deux jours de l’événement étaient écoulés en dix jours à peine. Avec des pointures comme Juliette Armanet, M et Shaka Ponk, pas étonnant me direz-vous. Et oui, l’affiche est alléchante. L’arrivée du groupe RTL, via sa radio RTL2 notamment, et de l’équipe artistique des Francofolies de la Rochelle n’est sans doute pas étrangère à ce coup de boost…modéré. Modéré car les organisateurs veulent prendre le temps de voir grandir leur bébé. Vu le succès rapide rencontré par la billetterie, il était en effet encore possible d’élargir un peu l’offre, le domaine étant très vaste et l’espace dédié aux festivaliers assez aéré, mais cela aurait sans doute grignoté un peu du confort que cet événement peut encore fournir dans sa configuration actuelle, et cela ni les membres du conseil départemental, ni les organisateurs ne l’entendaient de cette oreille. Ce sont donc les 20 000 spectateurs attendus (10 000 chaque jour), et pas un de plus, qui fouleront finalement les allées de ce rassemblement musical « champêtre ». Ne voyez pas de connotation négative dans le terme ici employé entre guillemets, il est juste là pour souligner, comme le précise le représentant du département, que la périphérie peut rivaliser, à un certain niveau, avec la ville lumière. Ah oui, j’avais oublié, pour ceux qui ne maîtrisent pas la géographie de l’Hexagone, de vous préciser que l’Essonne, et plus particulièrement ici Chamarande, se trouve au sud de Paris. De Liège, comptez entre 4h30 et 5h15 en évitant les péages, un peu moins si vous tracez sur l’autoroute. On vous conseille donc de trouver une chambre ou un camping à proximité (il y en avait encore, à des prix très décents, lors de mon trip) et de rester sur place deux ou même trois jours. La région est belle et les espaces verts nombreux. Maintenant que vous situez un peu l’endroit, pénétrons dans ce superbe domaine arboré de Chamarande. Inutile de vous dire que vous n’y rentrerez pas avec votre véhicule. Les parkings sont situés en bordure du site, parfois un peu loin, mais cela n’est pas nécessairement un inconvénient. Le festival a en effet prévu plusieurs parkings (6) dispersés en fonction de votre itinéraire d’arrivée… et de départ. Spliter ainsi le public permet en effet de limiter l’effet bouchon des départs simultanés en fin de soirée. J’ai bien dit limiter et non éviter ! Vous aurez inexorablement des ralentissements, comme dans tout rassemblement. Mais là, personne n’a encore trouvé de solution miracle si ce n’est interdire purement et simplement les moyens de déplacements privés (et ne me faites pas ça hein. Lol) Après un fouille minutieuse de votre sac (et pas un trop gros, sinon il restera à la consigne), vous pouvez découvrir le site. Petit conseil supplémentaire au cas où, seules les gourdes molles sont autorisées (donc pas de verre ni de plastique dur). Nous disons donc que la visite débute par l’allée des foodtrucks et le bar. Le festival a en effet opté pour placer les points nourriture/boissons de part et d’autre de la scène, un peu à l’écart. Certains s’en plaindront sans doute, mais cela offre aussi ses avantages. Il y a du choix et les prix sont de l’ordre de ceux rencontrés dans les festivals en Belgique. Durant les concerts et avant 20h, c’est relativement fluide et vous serez servi en quelques minutes, mais si vous manquez le créneau et que vous décidez finalement de calmer votre estomac entre deux têtes d’affiches, armez-vous de patience. Mais là encore, c’est logique, attendu, prévisible… Pour nous, pas encore d’arrêt au pit stop car nous apercevons, juste là, sur l’allée principale, un jeune garçon habillé tout de blanc dont la tête ne nous est pas inconnue. Et pour cause, il s’agit de Durel, le tout récent vainqueur de The Voice Kids, couronné il y a moins de soixante-douze heures. Accompagné de quelques membres de sa famille, il pose pour quelques clichés rapides avant d’entamer, lui aussi la visite des lieux. On le retrouvera sur scène durant la soirée, pour un court extrait a capella d’un morceau qui lui a porté chance durant l’émission télévisée car en fait, cette graine de star provient du département, à l’instar d’un autre petit bout d’homme qui a aussi brillé lors du programme de TF1. Le décor étant planté, il est grand temps de s’attaquer à votre menu préféré, celui de la scène musicale. A Essonne en Scène, comme le titre le laisse grammaticalement deviner, on opte pour une seule scène car on veut que les talents essonniens puissent profiter de la même visibilité que les grandes stars qui se produisent un peu plus tard en soirée. Le public ne doit donc pas faire de choix, parfois manichéen, entre deux espaces, loupant ci et là des prestations parfois intéressantes. Non, le festivalier essonnien voit et entend tout…s’il le désire. Cela dit, les premières notes à retentir, hors balance, sont celles du groupe Kriill, un trio formé par Klaar, chanteur franco-brésilien formé aux USA, Richard, batteur franco-catalan et Eliott, l’ingénieur du son parisien multi-intrumentiste. Ce groupe connaissait, cela dit, déjà bien le domaine puisque cette performance est leur troisième à cet endroit, mais a aussi connu les planches de The Voice. Et oui, et si vous cherchez ce qu’est un krill, il n’y a pas un mais bien des krills. Ce sont de petits organismes
Shaka Ponk, le kif total sur scène.

Formé en 2002 autour de l’image de Goz, un singe en images de synthèse, qui était initialement prévu pour incarner la voix du groupe, Shaka Ponk est un band difficilement cernable. -Par son style musical tout d’abord, il utilise des éléments de différents courants musicaux tels que le rock alternatif, le heavy metal, l’électro, le hard rock, le punk rock, le hip-hop et le funk ; proposant des compositions essentiellement en anglais, mais aussi occasionnellement en espagnol et français. -Par sa composition humaine, seuls trois membres du groupe originel en faisant encore partie, Frah (François Charon) au chant, CC (prononcer sissi, Cyril Roger) à la guitare et l’indétrônable Goz (Gustave Orlando Zimbana) [Singe virtuel] à la batterie virtuelle et au chant. Les autres ayant rejoint le navire en cours de croisière comme le « staff 2007 » formé par Mandris (Mandris Da Cruz) : basse (depuis 2007), Ion (Yohan Meunier) : batterie (depuis 2007) et Steve (Steve Desgarceaux) : clavier et samples (depuis 2007). Ou encore Sam (Sofia Samaha Achoun), qui bien qu’elle soit la petite dernière arrivée dans la bande, représente depuis 2011 l’une des figures emblématiques de celui-ci. Et, bien évidemment, par son calendrier programmé. Le groupe a en effet annoncé depuis un certain temps déjà qu’il allait se dissoudre en 2024, au terme de cette tournée appelée pour l’occasion THE FINAL FUCKED UP TOUR ! Leur venue à Ronquières le 06 août dernier était donc l’ultime opportunité de les voir en festival chez nous, en Belgique, mais leur show est passé tardivement à la trappe. On ne va pas refaire l’histoire mais cet épisode un peu particulier a visiblement marqué une partie du staff, pas vraiment contente de s’être rendue sur place pour rien. Car oui, il nous a été confirmé que le groupe était bien là, prêt à affronter les éléments climatiques. Dommage donc pour les spectateurs car nous pouvons vous assurer que cette prestation est en tous points exceptionnelle. Nous avons en effet pu assister à ce show lors du festival Essonne en Scène RTL2 qui vient de se clôturer sur le domaine de Chamarande, chez nos voisins du sud, et les clichés que nous vous proposons ici ont été validés par l’équipe du groupe. Régalez-vous car ce n’est pas loin d’être une exclu pour la Belgique. Le band est connu pour son dynamisme sur scène, Frah ne ménageant jamais ses efforts, même après sa rupture des ligaments du genou en 2012 (ce pourquoi il porte une genouillère en permanence) et Sam n’étant généralement pas en reste. Du connu donc, voire de l’attendu. Mais Shaka Ponk (que l’on pourrait presque traduire par le prêtre punk) aime utiliser au mieux tout l’espace dont il dispose. Ainsi, la scène devient pour eux un énorme terrain de jeu sur plusieurs niveaux, leur permettant ainsi de grimper au-dessus du niveau du public à diverses reprises. A contrario, pour venir au contact de ses fans, Frah exécute l’une de ses postures les plus représentatives, venir se cambrer face aux chanceux du premier rang. Debout sur une caisse lui servant de support, il défie les lois de la gravité grâce à l’aide musclée de son garde du corps, lequel le retenant dans le vide par sa ceinture. Et oui, une prestation de rock alternatif, c’est physique. Il suffit d’ailleurs de voir le taux de sudation du chanteur au bout de quelques minutes de concert pour comprendre que Shaka Ponk se donne à 110 pourcents en live. Et je ne parle ici que de Frah car c’est lui qui vient le plus souvent au contact du public, mais nul doute que les autres membres du groupe s’investissent autant lors de chaque sortie. On ne va pas tout vous dévoiler, car si la version festivalière de cette tournée d’adieu est prête à être rangée au placard, son pendant grandeur nature pour les salles est déjà en cours de montage. Avec un passage au Luxembourg (Rockhal d’Esch-Sur-Alzette) le 15 mars, et la veille, enfin un crochet par Bruxelles. Ce sera donc la seule et unique date du groupe en Belgique (et la dernière probablement). A ne pas rater ! A l’heure d’écrire ces lignes, il ne restait déjà plus que quelques places en tribunes, donc hurry up girls and guys, si vous voulez être de la partie le 14 mars à Forest National. Retrouvez les clichés de ce concert exceptionnel et ceux du festival Essonne en Scène sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Un dimanche familial aux accents français.

Si le samedi avait fait place à une parenthèse plutôt urbaine, destinée essentiellement aux adolescents, le dimanche a retrouvé l’essence même du festival, à savoir son ancrage familial et multi culturel avec une artiste belge émergente, une chanteuse qui a connu une première carrière en duo mais qui a décidé de s’émanciper, un concept entier proposé par une artiste solo à l’univers particulier, un rocker lover venu du nord du pays, l’indémodable interprète de « Déjeuner en paix » et, en apothéose, le concert événement signant le grand retour des comparses de Gaëtan Roussel. Tout ceci accompagné de quelques battles et démos de breakdance/hip-hop, de nombreuses activités pour les petits et grands enfants, de quelques débats sur des thèmes de société … Premier constat du jour, le soleil a décidé de faire son grand retour, lui qui s’était éclipsé samedi pour l’arrivée des rappeurs. Deuxième élément marquant, le public arrive tôt pour ce dernier jour de festival. Tous ceux qui désiraient profiter au plus près de la prestation de Stephan Eicher ne trouveront d’ailleurs pas place devant la scène. Le Suisse étant victime de son succès et, peut-être aussi, du fait qu’il est rare de pouvoir le rencontrer dans nos contrées. Mais reprenons la journée dans son déroulement chronologique. Si les plus petits sont mis à l’honneur dès 14h00 avec le spectacle de Monsieur Nicolas, c’est bien Elia Rose qui sera la première à réveiller les conduits auditifs des festivaliers adultes. Tournaisienne d’origine, née d’un père italien et d’une mère anglaise, Elia Rose explose véritablement cette saison avec la sortie de son album, I love it, et ses premières grosses scènes, alors qu’en 2001 elle était déjà en finale de Pour la gloire, cette émission télévisée de la Rtbf et qu’en 2011 c’est dans The Voice Belgique qu’elle tentait sa chance. Adepte du kitsch qui inondait nos téléviseurs durant les eighties, la jeune femme propose un show rempli de légèreté et de sourires communicatifs. C’est juste ce dont nous avions besoin pour entamer sous les meilleurs auspices cette journée finale des Solidarités. On reste dans le rayon féminin avec la deuxième artiste de la journée, Adé. Ex membre de Thérapie Taxi, Adélaïde Chabannes de Balsac a laissé de côté son comparse et son « Hit sale » un peu provocateur pour les mélodies tantôt planantes, tantôt emballantes de Sunset, Insomnies et Tout savoir. Un concert qui est, et c’est devenu une habitude que l’on aime souligner aux Solidarités, traduit en live en langage des signes. Comme la célèbre maxime nous relate qu’on ne s’arrête jamais à deux, voici une troisième dame sur les planches, Emilie Simon. Là, c’est particulier. Seule en scène, l’artiste alterne les instruments, parfois aux sonorités électroniques et nous emmène dans un univers parallèle, le sien. Active dans le monde de la musique depuis 2003, elle a remporté plusieurs victoires de la musique dans des catégories différentes. Elle est en effet inclassable et indéfinissable. C’est d’ailleurs elle qui a réalisé la BO de la Marche de l’Empereur. De l’univers très végéto-animal d’Emilie Simon à celui assez dark de Tamino, il n’y a, à Suarlée, que quelques pas. Petit-fils de l’acteur et chanteur égyptien Moharram Fouad, Tamino est un véritable petit prodige de la musique adoré de l’autre côté de Bruxelles. Doté de l’oreille absolue et d’une tessiture de quatre octaves, il est habitué à chanter en quart de ton, car il a « écouté de la musique arabe toute sa vie » et l’a « chantée dès le début ». Auteur, compositeur, interprète, musicien et mannequin, ce grand gaillard d’1m98 vient de sortir son deuxième album Sahar (« juste avant l’aurore » en arabe) contenant dix titres dont un duo avec Angèle (Sunflower) qu’il défend avec conviction. Ses prestations sont investies et impliquées. Le second homme de la soirée nous vient de Suisse comme le laisse deviner son petit accent reconnaissable. Il faut dire que l’interprète originaire de Münchenbuchsee est à la base germanophone d’expression, mais il chante aussi en italien, en romanche, en anglais et … en français. C’est d’ailleurs dans la langue de Molières que Stephan Eicher a connu ses plus grands succès dans nos contrées avec « Combien de temps » « Pas d’ami comme toi » ou encore « Déjeuner en paix ». Plus discret ces dernières années, l’ex membre du groupe Eisbär n’a toutefois pas perdu son pouvoir d’attraction sur le public francophone, comme l’atteste le succès de foule devant la scène sur laquelle il prend place. Malheur aux retardataires, ils ne pourront plus approcher cette « plage » un peu étroite pour permettre à tous les festivaliers intéressés par la performance de Stephan et son band. Assurément l’un des moments forts de cette édition. Mais le meilleur reste toutefois à venir avec les ambianceurs intemporels de Louise Attaque, mais pour cette prestation, nous vous renvoyons à notre article particulier dédié au quatuor parisien (cliquez ici) Nous quitterons donc ce nouveau site Ecolys avec un sentiment mitigé car nous n’y retrouvons pas encore le charme que la Citadelle offrait grâce à son cadre imposant et historique, mais compte-tenu des impératifs de déménagement forcé, cet endroit propose une belle alternative. Avec quelques ajustements, gageons que la prochaine édition se rapprochera des meilleurs souvenirs forgés sur les hauteurs de la capitale wallonne. Retrouvez les clichés de cette journée et des autres sur la page FB – ReMarck Photos.
Ce n’était pas une erreur d’accepter ton invitation… Louise.

Avec 2,7 millions d’exemplaires physiques vendus rien qu’en France, le premier album du groupe Louise Attaque est l’un des albums francophones les plus marquants de ces 30 dernières années. Il faut dire que quasi chaque morceau de cet opus, devenu rapidement mythique, a fait un carton, au point que tout le monde, ou presque, en ce compris de jeunes pousses nées après la sortie de cet album, est capable de chanter les paroles des deux ou trois morceaux qui ont été les plus médiatisés. Les titres sont même plus connus que le nom du groupe ou de ses membres. Louise Attaque, cela parle aux quadras et cinquantenaires, voire à quelques trentenaires probablement, mais pour le reste… Par contre, il suffit de chantonner quelques notes ou phrasés de Ton invitation, Léa ou encore J’t’emmène au vent pour qu’une chorale s’improvise en deux secondes à peine. S’il s’est formé officiellement en 1994, le groupe Louise Attaque a connu quelques « coupures ». On a même cru, lorsque Gaëtan Roussel a entamé une carrière solo, que la belle expérience était déjà derrière eux. Mais, sans être pour autant prolixe en termes de titres, le groupe renaît régulièrement de ses cendres, sortant ci et là un album. Voici quelques mois est apparu sur les ondes, et dans les bacs, Planète Terre, le 5e album studio de quatuor parisien. Une belle surprise pour les fans. Mais c’est bien pour fêter le quart de siècle de ce premier opus éponyme que l’invitation leur a été lancée par les organisateurs des Solidarités. Une clôture de festival qui s’annonçait donc … festive. Et ce fut le cas. Le violon d’Arnaud Samuel, la basse de Robin Feix, la guitare de Nicolas Musset et la combinaison guitare/voix de Gaëtan Roussel font visiblement toujours mouche. Des prestations de ce genre, nous en redemandons. C’est rythmé, plaisant, chantant et dansant, comme une sorte de karaoké géant où les artistes originaux viennent donner la cadence, et le public adhère. Quel succès! Retrouvez les clichés de ce concert et des trois jours du festival sur la page Facebook ReMarck Photos.
Suzane vole la vedette aux têtes d’affiche.

Les nuages du vendredi ont disparu du paysage, laissant la place libre à un soleil omniprésent qui a le double avantage d’assécher la plaine et de réchauffer les cœurs. Côté public, on a cisaillé un peu la pyramide des âges. Ce sont en effet essentiellement des adolescents qui se pressent devant les scènes et l’espace de musique urbaine qui rencontre, encore plus que les autres jours, un succès franc et massif. Il faut dire que la programmation a de quoi rencontrer les attentes des 15-30 ans avec des artistes qui s’exportent aussi bien sur les réseaux sociaux que sur les ondes radios. Et la première à prendre le micro n’est d’ailleurs pas une inconnue puisque ses titres « Docteur », « C’est la vie » ou encore « Ma place » ne cessent de tourner en boucle sur toutes les stations contemporaines. Il n’est encore que 15 h quand le premières notes de son succès le plus connu résonnent sur le site Ecolys, et pourtant on se bouscule déjà devant la scène pour apprécier la prestation de Rori. La jeune Hannutoise a beau avoir écumé de nombreux festivals cet été, on ne s’en lasse décidément pas. A vrai dire, on prend même plaisir à la voir apprendre, au fil de ses représentations, à appréhender l’espace scénique. Elle qui s’excusait presque de venir derrière le micro voici moins d’une année prend de l’assurance. Cela se voit dans ses déplacements, sa posture, et cela s’entend lors de ses transitions. L’enfant prodige, mais renfermée, a digéré sa chrysalide vers l’âge adulte… ou plutôt artiste confirmée. A la plage, nous retrouvons un autre papillon puisque Leo Fifty Five (55 étant son numéro de maillot au hockey sur glace) a débuté comme beatmaker avant de se lancer en tant qu’auteur, compositeur et interprète. Annoncé comme la révélation du RnB belge, ce jeune Belgo-Indonésien aime jouer avec les mots, en français, racontant ses morceaux comme des histoires romancées… mais sa basse n’est jamais très loin. Nous allons volontairement mettre, temporairement, Suzane de côté, vous comprendrez pourquoi un peu plus tard, et nous retrouvons ainsi Chilla, une chanteuse et rappeuse suisse qui propose des thèmes d’actualité résolument tournés vers la défense de la cause féministe. Du mélodieux « Si j’étais un homme » au ton plus agressif de « Sale chienne », Maréva Ranarivelo décoche des flèches qui font mouches aux oreilles de ses nombreux admirateurs et admiratrices. A quelques encablures à peine, du moins si nous pouvons nous frayer un chemin dans cette foule qui s’est agglutinée entre les deux scènes principales, nous rejoignons le sympathique trio des 47 Ter. Originaire de Bailly, dans les Yvelines, le groupe de pop/rap français n’en n’est pas à son coup d’essai dans nos contrées. Il s’était d’ailleurs fait remarquer de la meilleure des manières lors du festival Les Gens d’Ere en juillet puisqu’une demande en mariage avait été filmée en direct pendant sa prestation. Et pour la petite histoire, mademoiselle (plus pour bien longtemps semble-t-il) avait dit oui. Cette fois, l’attraction est bel et bien le soleil puisque c’est la première fois, selon Pierre-Paul et ses condisciples, qu’il ne pleut pas pendant leur show de ce côté du Quiévrain. Qu’il pleuve, vente ou que le thermomètre s’emballe, une chose reste ancrée dans cette prestation, tout le monde adhère et chante en chœur « On avait dit ». Tout le monde ou presque… Certains sont en effet venus, parfois de loin, pour un autre phénomène urbain en provenance de chez nos voisins du sud, Lujipeka, qui se produit juste après, mais sur un autre podium. Ex membre du groupe de rap Columbine, Lucas de son vrai prénom cartonne désormais en solo avec son opus « Montagnes russes ». Là encore, les amateurs du genre sont aux anges, l’artiste ne ménageant pas sa débauche d’énergie. Les fadas de rap et autres tendances urbaines en ont donc eu plein la caboche et les yeux. Mais c’est peut-être l’artiste la plus improbable dans cette programmation assez ciblée qui a tiré la plus belle épingle de son jeu. Je veux bien entendu parler de Suzane, qui malgré un horaire de passage en fin d’après-midi, a marqué les esprits de tous. Et dire qu’il y a quelques saisons, c’est une jeune femme en salopette bleue qui se cachait presque derrière son clavier pour l’une de ses premières sorties dans notre pays. Depuis lors, beaucoup, mais vraiment beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Ses textes si parlant sont toujours là. La rythmique répétitive est toujours au rendez-vous. Suzane se présente encore seule sur scène. Mais c’est désormais une artiste assumée et assurée qui effectue avec brio le job. Short de boxe, chaussures baskets noires, débardeur sportif noir… Suzane n’a besoin d’aucun artifice car le show c’est elle qui s’en occupe. Elle bouge, danse, court et n’oublie pas de venir retrouver un public que certains semblent fuir tellement ils essayent de prendre de la distance avec tout ce que le show business comporte de contraintes. Ici, rien de cela, il suffit d’écouter son titre éponyme, « Suzane », pour y retrouver dans les paroles le pourquoi de sa joie d’être arrivée exactement là où elle le voulait. L’insatisfait, Génération désenchantée, il est où le SAV… chaque partition pourrait faire l’objet d’un reportage au JT. Avec une telle artiste, on a le son, l’image, et la conscience en éveil. Retrouvez ces clichés et quelques autres sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Solidarités 2023

Nouveau Lieu, Mêmes Vibrations Les Solidarités, festival emblématique organisé habituellement à la citadelle de Namur, ont amorcé un chapitre captivant en investissant le site Ecolys de Suarlée, en raison des travaux en cours à la citadelle. Malgré ce changement d’emplacement, plus de 57 000 festivaliers ont répondu à l’appel pour vivre trois jours de célébrations enjouées. Un festival mémorable ponctué de découvertes musicales, de moments intenses et de réjouissances avant la rentrée scolaire. Lorsque le festival Solidarités a dû quitter son habitat traditionnel à la citadelle de Namur en raison des travaux de rénovation, une nouvelle aventure a commencé au site Ecolys de Suarlée. Un nouveau chapitre s’est ouvert pour ce festival bien-aimé, qui a réussi à captiver les cœurs et à créer des souvenirs indélébiles malgré ce changement de décor. Pendant trois jours, les festivaliers ont été plongés dans un univers où la musique, la convivialité et la joie de vivre ensemble ont été les maîtres-mots. Côté musical, le festival a rassemblé une constellation d’artistes qui ont illuminé les scènes de leur talent. Des noms tels qu’Onha, Rive, Gabrielle Verleyen, Benjamin Vndredi, Mentissa, Bérode, Aloise Sauvage, Camille Lellouche, Juyci, Zazie, The Magician, Rori, Léo Fifty Five, Suzane, Chilla, 47TER, Lujipeka, Big Flo et Oli, Kid Francescoli, Elia Rose, Adé, Emilie Simon, Tamino, Alice Martin, Stephan Eicher et Louise Attaque ont créé des instants de pure magie musicale. Le public a été transporté par des performances vibrantes et généreuses, où la symbiose entre les artistes et leurs fans a créé une atmosphère unique de partage et de connexion. Vous pouvez retrouver les articles de Remark sous l’onglet Solidarités https://test.confestmag.be/category/festivals/solidarites/ En parallèle des prestations musicales, le nouvel espace « LA CASA » s’est avéré être le point de convergence des retrouvailles, de la camaraderie et de l’expression citoyenne. Le festival a su maintenir sa réputation de proposer une programmation diversifiée en proposant une myriade d’activités : conférences enrichissantes, spectacles pour les plus jeunes, activités ludiques et même des plongées captivantes dans la culture urbaine en plein essor. La mise en avant du monde associatif a également été une partie intégrante de l’événement, illustrant l’engagement profond des Solidarités envers les causes sociales. Un autre aspect qui a marqué cette édition a été le choix exceptionnel de Food Trucks, offrant une variété de choix culinaires. Cependant, la disposition de ces stands a parfois créé des encombrements entre les scènes, soulignant ainsi la nécessité d’une meilleure organisation pour l’avenir. Bien sûr, tout changement apporte son lot de défis. La mobilité et l’accessibilité ont été des enjeux, mais ces problèmes sont loin d’être uniques aux Solidarités. Des efforts sont nécessaires pour gérer efficacement les flux de personnes et assurer une expérience fluide pour tous. L’équipe des Solidarités n’a pas manqué de noter les points à améliorer en vue de la prochaine édition. Ils tiennent à exprimer leur gratitude envers le public pour sa présence, sa patience et sa compréhension face aux défis rencontrés. En clôturant cette édition mémorable, les Solidarités ont déjà annoncé les dates de leur 10e édition, fixées aux 23, 24 et 25 août 2024. Ce festival iconique continuera d’inspirer, de divertir et de rassembler, avec l’engagement de créer encore de nombreux moments magiques et inoubliables pour les festivaliers à venir. retrouvez ici les artistes