8 février 2026

LE CABARET VERT DÉVOILE SON PREMIER BILAN DECARB-ON!

Ce mercredi, à Charleville-Mézières, Chef-lieu des Ardennes françaises et porte sud de l’Ardenne, débute un festival assez remarquable à plusieurs points de vue. Tout d’abord par le nombre d’artistes invités (plus de 125 groupes/chanteu(r(se)s), mais aussi par la diversités de ceux-ci (plusieurs styles de musiques, mais aussi des dessinateurs de BD, puisque qu’en parallèle sont organisées de nombreuses activités comme des forums ou tables rondes sur des sujets d’actualités, des projections cinématographiques, et un festival BD intégrant 70 acteurs de ce secteur). Et, comme certains le savent déjà, le nom n’ayant pas été choisi par hasard, cet événement se veut écoresponsable, déployant une énergie non négligeable à réduire au maximum son impact sur la planète. A l’aube de cette édition 2023, voici un rapport des actions d’ores et déjà entreprises par l’équipe d’organisation. Depuis sa première édition en 2005, le Cabaret Vert est un “Éco-Festival” qui concilie la protection de l’environnement, le développement économique ainsi que l’épanouissement social dans le souci des générations futures. Après avoir fixé en 2019 une feuille de route établissant 12 actions et objectifs ambitieux à respecter d’ici 2025, puis complété dès 2022 nos engagements RSE d’une stratégie bas carbone, nous avons entamé entre juillet 2022 et juin 2023 la première étape de la transformation du festival par un ensemble d’actions et d’expérimentations en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble de nos activités. Avec le soutien de Music Moves Europe et de Musicaire (An Initiative Recovery For Europe), le programme DECARB-ON! a permis d’expérimenter et de partager des pistes concrètes pour la décarbonation des grands festivals, avec des temps de sensibilisation, des rencontres professionnelles, une enquête de mobilité et un bilan carbone. Cette année de mesure de nos émissions de GES, de diagnostics et de sensibilisation nous a non seulement permis de confirmer l’impact vertueux des décisions prises depuis la première édition mais aussi de tracer une nouvelle trajectoire pour notre festival. Cet engagement de la première heure pour un événement durable, indépendant et au service du développement de son territoire, nous permet aujourd’hui d’aborder solidement la nécessaire adaptation et transformation écologique de notre secteur culturel. Un nouveau récit qui devra dépasser les oppositions souvent stériles entre responsabilité et liberté, ancrage territorial et rayonnement international et initier des pas de côté vers davantage de sobriété et de solidarité sans renoncer à l’imaginaire créatif du Cabaret Vert. Avec cette nouvelle mise en mouvement, le festival souhaite être l’acteur de sa transformation tout en insufflant autour de lui, de ses équipes, de son public, de ses partenaires une dynamique d’alliance, de mobilisation et d’innovation. Ces changements s’annoncent profonds et viendront sans nul doute questionner plusieurs de nos représentations sociales et culturelles. Nous ne sous-estimons pas l’ampleur de la tâche mais devant les nombreuses urgences de notre époque, le Cabaret Vert ne compte pas fuir ses responsabilités et ne craint pas d’engager son projet sur de nouveaux chemins. Cela nécessite la mise en place d’une stratégie globale qui fixera des objectifs opérationnels concrets, les actions prioritaires à mener et leur planification, les besoins humains et financiers à solliciter ainsi que les indicateurs de suivi de performance.Nous donnerons rendez-vous dans les prochains mois pour dévoiler les premières étapes de ce nouveau chemin d’adaptation et de transformation de notre festival. LES PREMIÈRES ACTIONS MISES EN PLACE En 2023, les premières pistes explorées concernent en priorité les transports, l’alimentation et l’énergie : · mise en place de lignes de bus desservant les grandes villes, de navettes quotidiennes sur le territoire, de lignes de nuit en bus (avec l’aide des TAC d’Ardenne Métropole) ou en train (avec la Région Grand Est et les TER);· établissement d’un score carbone sur les stands de restauration;· conduction d’une étude d’opportunité énergétique (avec le soutien du Centre National de la Musique);· poursuite du travail de collecte de données de consommations énergétiques des stands et installations sur site (avec le soutien de la Région Grand Est);· analyse de la consommation énergétique des 5 scènes du festival avec le projet Sowatt (avec le soutien du Centre National de la Musique et de la Région Grand Est).  LE PREMIER BILAN CARBONE DU FESTIVAL Le cumul des émissions de gaz à effet de serre de l’édition 2022 du festival s’élève à 3287 tonnes eqCO2, soit l’empreinte carbone annuelle de 357 Français moyens. Lien vers le bilan : https://cabaretvert.com/wp-content/uploads/2023/08/cabaretvert-livret-decarbon.pdf Retrouvez les comptes-rendus et clichés du festival très prochainement, car oui, Confestmag sera présent, pas les 5 jours malheureusement, mais 3 tout de même, avec quelques belles prestations à vous décortiquer, nous n’en doutons pas.

Sea, Music and sun.

Ce n’est pas le titre du célèbre morceau de Serge Gainsbourg, sorti en 1978, mais presque… C’est surtout le résumé de notre passage au Beach Festival Nieuwpoort, un événement auquel nous ne pensons pas nécessairement, vu que le déplacement vers la côte est parfois annoncé comme chronophage (on ne compte plus les zones de travaux et autres ralentissements sur les grands axes durant les vacances scolaires). Et bien, c’est un tort car l’organisation, sous l’égide de radio Nostalgie, en ferait rougir plus d’un et l’affiche, souvent méconnue du public francophone, n’est pas dénuée d’intérêt. Tout d’abord, parlons de la date. Le festival fait calendrier commun avec Ronquières. C’est une sacrée concurrence donc. Mais le NBF, comme il s’expose sur son logo, dispose de quelques atouts majeurs pour attirer les amateurs de musique. Et l’un de ses points forts et assurément son cadre. Le site est effectivement implanté le long du vieux port de la cité balnéaire. Vous avez donc vue sur les voiliers, mais aussi sur une partie de la jetée et sur quelques phoques qui aiment se prélasser dans le sable. Deuxième atout, votre déplacement peut être amorti par un séjour en bord de mer. Le festival se déroule en effet sur deux jours, vendredi et samedi, vous laissant ainsi encore le dimanche pour l’une ou l’autre excursion, les activités ne manquant pas à quelques encablures à peine du spot festivalier. Côté parking, notons que nous n’avons pas rencontré de problème, mais l’organisation nous avait, il est vrai, donné l’accès à un espace réservé. Et oui, on sait recevoir à Nieuport. Rentrons donc sur le site, qui est installé sur un espace herbeux plat (ou presque) compris entre le bras de mer (entrée de la marina) et un petit coin arboré longeant les premiers appartements du quartier. Les plus attentifs auront donc vite compris qu’en cas d’omniprésence du soleil, il est possible de se dégoter un petit coin à l’ombre, et qu’au contraire si les pluies devaient être diluviennes, ce qui n’a nullement été le cas lors de notre passage, le risque de chute est très limité, voire presque nul, vu l’absence de déclivité du sol. Sur ce terrain est évidemment installée la scène où se produisent tous les artistes à l’affiche, l’organisation ayant opté pour un seul podium, mais aussi de nombreux bars, certains dédiés à une marque en particulier, plusieurs foodtrucks avec des plats très variés, deux zones de toilettes (une pour chaque sexe), l’espace lounge VIP, un coin « Dj », une plateforme PMR et des appareils de gym en plein air. C’est particulier direz-vous. Et bien pas tant que cela car en temps normaux, cet espace sert de parc et ces appareils y restent à demeure toute l’année. Dernier petit détail, et pas des moindres, nous retrouvons aussi un immense container servant de studio radio, le sponsor principal étant, rappelons-le, Nostalgie, l’une des rares stations encore présente des deux côtés de la frontière linguistique. Pourquoi précise-je cette particularité ? Simplement parce que des animateurs de l’aile francophone étaient, cette année, dépêchés sur place pour couvrir également l’événement. Le décor étant planté, il est grand temps d’accueillir le premier groupe, totalement inconnu dans nos contrées puisque CLEYMANS & VAN GEEL est un duo s’exprimant exclusivement en néerlandais. Mais chez nos compatriotes maniant la langue de Vondel, Jelle Cleymans et Jonas Van Geel sont des références. Amis de longue date, ils ont débuté leur carrière en 2003  sous le patronyme de Mannen op de Baan. Ils étaient alors spécialisés dans les reprises (cover) de chansons pop et rock. Ce n’est qu’en 2012 qu’ils se présentent sur scène avec leur nom actuel, un premier changement qui en annonce un plus prononcé en 2020 avec la sortie de leur premier album, cette fois composé de chansons inédites de leur composition. Et le succès est directement au rendez-vous puisqu’ils grimpent à la 1er place du palmarès flamand des albums. La deuxième à se présenter devant le public est Emmy D’Arc, un petit bout de jeune femme de 26 ans qui se plante seule sur les planches, guitare à la main. Comme son nom l’indique, Emmy, ou plutôt Ineke (de son vrai prénom) voue une passion à Jeanne d’Arc. Sa musique est catégorisée Indie, alors que son style fait plus penser au country, mais une chose est sûre, sa prestation ne laisse pas indifférent. La plupart des morceaux débutent calmement puis subitement le rythme des doigts de l’artiste s’accélère, sa posture se fixe au sol et sa voix prend de l’ampleur. Ce n’est pas pour rien qu’elle écoutait, dès sa plus tendre enfance, Bruce Springsteen, la regrettée Sinead O’Connor ou encore Johnny Cash. Et pourtant, personnellement, c’est plus à Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries, qu’Ine la Limbourgeoise, nous fait penser. On reste chez les jeunes pousses avec Berre Vandenbussche alias Berre qui, à 21 ans, peut déjà se targuer d’avoir cumulé plus de 10 millions de vues avec ses covers de morceaux actuels (en fait, ce chiffre était déjà atteint rien qu’avec « Lost without you »). A l’instar de l’artiste précédente, Berre chante en anglais et a été repéré par Universal Music, label sous lequel il a notamment sorti « Say my name », un premier single qui a directement fait mouche auprès du public. On enchaine avec un duo des Pays-Bas cette fois, Suzan & Freek. Formé voici près de 10 ans par Suzan Stortelder et Freek Rikkerink, ce groupe, qui est aussi un couple à la vie, s’est fait connaître avec sa reprise de « Don’t Let Me Down » des Chainsmokers, les artistes originaux ayant « validé » le cover. Depuis lors, Suzan & Freek ont sorti deux albums, avec des titres personnels dans leur langue maternelle comme « Als het avond is ». Avec Arsenal, on change de style, de langue et de vitesse. Créé en 2003 par John Roan et Hendrik Willemyns, le band s’est élargi et diversifié dès 2005. Ouvert à toutes les cultures, l’ancien duo propose désormais des compositions en portugais, anglais, néerlandais, français… Sur scène, ça pétille de partout car on retrouve un

Un autel rue de la Paix.

Certains d’entre vous fredonnent sans doute un air bien connu de Zazie en lisant ce titre. C’est un peu, avouons-le, le but recherché. Mais les paroles de la chanson évoquent un hôtel et non un autel. Ce n’est pas une erreur… ou plutôt si, mais volontaire, et vous comprendrez pourquoi en vous plongeant dans cet article. Maintenant que votre curiosité a été piquée au vif. Plongeons nous ensemble dans cette troisième (et dernière) journée de l’édition 2023 du Les Gens d’Ere, un festival qui prend de l’ampleur au fil des ans, mais qui a le bon goût de grandir progressivement, à pas feutrés. Le premier à prendre le micro ce dimanche est Antoine Armedan. Auteur compositeur interprète belge, amoureux des mots et des mélodies, celui qui représente visuellement le beau-fils idéal, a entamé voici quelques mois une tournée particulière uniquement en train et à vélo, baptisée « Zéro carbone sous les comètes« . Au total, plus de 150 concerts sont prévus, devant environ 8000 personnes. Soit l’équivalent de Forest National. A quelques dates de son objectif (son pari prendra fin le 22 septembre), celui qui défend son nouvel album, Des plumes sous les comètes, tient toujours la forme, comme l’atteste sa prestation, dans laquelle s’est glissé un titre de circonstance « Danser sous la pluie », même si ce premier concert de la journée se déroule, lui, sous chapiteau. On quitte le cocon de douceur tissé par l’artiste vert (surnom donné pour son implication dans la protection de la planète) pour aller se confronter au rock pur de Goodbye Fortune Tellers. Les guitares électriques sont de sortie pour le trio bruxellois. Laura et ses Simon (l’un étant chanteur et guitariste, l’autre batteur) prennent véritablement possession de la scène pour faire monter le thermomètre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, nous vous renvoyons notamment au clip de City Lights qui synthétise assez bien le style affiché par le groupe. Mais en live, c’est encore mieux. Même confrontés à quelques soucis techniques (très passagers, rassurez-vous), les musiciens/chanteurs ne se démontent jamais, assurant quoi qu’il arrive un show percutant. Et pourtant, une reprise de France Gall est programmée au line-up. Cela vous étonne ? Non, c’est une version rock, évidemment, plus proche de celle de Arcade Fire, de « Poupée de cire, poupée de son« . Pour ceux qui sont près à effectuer un grand écart, musical et culturel, voire générationnel, la suite non logique du programme se compose d’un groupe apprécié des plus petits, je parle des Déménageurs. J’avoue que là, nous sommes un peu dans l’inconnu, mais les enfants, parents, et enseignants connaissent paroles et chorégraphies imagées. C’est frais, et c’est un signe très visible qu’à Ere, toutes les tranches d’âges sont les bienvenues. Lili (Marie-Rose Mayele) au chant et aux danses, Nelson (Perry Rose) à la guitare (et au tuba), Stoul (Thierry Hercod) à la vielle à roue, flûtes et banjo et Georges (Jonathan De Neck) à l’accordéon diatonique vous invitent à leur toute dernière tournée, avec toujours la même énergie et le même enthousiasme, car oui, le groupe formé voici déjà une vingtaine d’années par Yves Barbieux remplit ses dernières salles (ici un chapiteau en l’occurrence). Si les plus jeunes sont bien au sec, c’est sur la scène « plein Ere » qu’arrive Colt, accompagné des premières gouttes de la journée. Le duo formé par Coline et Antoine s’est entouré pour cette tournée de musiciens et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça sonne bien. Le français remplace progressivement l’anglais dans le répertoire du jeune groupe dont les notes pop folk sont portées par la superbe voix puissante, mais toute en nuances, d’une chanteuse chez qui l’on décèle de nombreuses années de pratique vocale intensive (Coline a pratiqué le chant lyrique et joué dans plusieurs comédies musicales). Pour ceux qui n’auraient pas encore eu le privilège de les voir en live, jetez un coup d’œil (et tendez l’oreille) sur les clips de Insomnies et Ramenez-moi. Retour sous la protection de la bâche du chapitô pour les rythmes tropicaux de Fugu Mango. Créé à Bruxelles en 2013, le groupe FùGù Mango est un concentré d’indie pop, de beats afro et de dance music. Habitué des scènes de festivals, le band de Vincent Lontie apporte toujours ce rayon de soleil qui nous transporte au bord d’un lagon aux eaux cristallines. Et oui, vous en conviendrez, on en a bien besoin ces derniers jours (rires). Quoi qu’il en soit, j’adhère à ces percussions enivrantes, cette « soul » chaloupée afro caribéenne et ces harmonies posées qui en un clignement d’œil nous font traverser l’atlantique comme sur Blue Sunrise ou Mango Chicks. On revient un peu plus près, dans l’Hexagone, et plus précisément dans les Yvelines, pour retrouver les 47 Ter, un trio de rap formé en 2017 par Pierre-Paul, Blaise et Lopes. Si leur développement fut un peu retardé par une pandémie sanitaire (oui, ce covid qui nous a privés de tant de concerts), la sortie de leur titre « On avait dit » leur donne accès aux ondes radios. Leur style mêlant funk et rap, en français, sans agressivité ni termes orduriers gratuits, est désormais reconnu par une belle communauté de fans. Il faut dire que le groupe sait utiliser les supports mis à sa disposition. Un logo reconnaissable, une ligne de merchandising complète, un jeu scénique travaillé… Les adeptes sont soignés aux petits oignons. Et la communauté répond présente puisque la date de l’Olympia (le 06/10/23) affiche complet depuis plus de deux mois déjà. Leur concert à Ere était donc attendu de pied ferme. Avec comme cerise sur le gâteau, une demande en mariage ! Et oui, une vraie demande, en live, sur scène, durant la prestation du groupe. Et madame a répondu oui (d’où le terme autel du titre, pour ceux qui suivent). Après tant d’émotions, retrouvons un géant au grand cœur avec le passage tout aussi attendu de Saule. Sans en avoir l’air, Baptiste, de son prénom à l’état civil, est une machine à hits. Qui n’a jamais entendu Dusty Men ?  Ce duo en franglais avec Charlie Winston

Danse tes idées !

La deuxième journée du festival Les Gens d’Ere était probablement la plus attendue des aficionados de musiques actuelles avec les prestations tant attendues de Hyphen Hyphen et Loic Nottet, deux artistes/formations qui proposent de vrais shows complets tout en arrivant à communiquer leurs émotions au public. Mais avant ce dilemme presque manichéen, l’un étant programmé sous le chapitô, l’autre en plein Ere, retrouvons tous les autres chanteurs annoncés dans un line-up certes très éclectique, mais qui rejoint une ligne directrice commune : chaque artiste de ce samedi incarne un message qu’il tient à transmettre à tout son auditoire. Et le premier à ouvrir le bal est Nceka. Sur son site, il est présenté comme « un auteur-compositeur, parfait autodidacte et multi-instrumentiste. Parmi ses instruments de prédilection, on trouve la guitare, le piano et la batterie. Il peut chanter en français, anglais, espagnol et d’autres langues… Ce qui rend NCéka si attachant, c’est son grand cœur et sa proximité avec ses fans. Lors de ses showcases, il crée un véritable moment de partage avec son public et laisse son empreinte dans le cœur et l’esprit de chacun, lors des rencontres après ses concerts. Sa passion est de faire chanter le public avec lui ! Grâce à sa voix puissante et son côté performer, il sait parfaitement comment le captiver et l’ambiancer. » On retiendra encore qu’il fait partie de ces artistes du coin (il est né à Mouscron) que le festival aime mettre en avant, car c’est aussi l’une des missions d’un tel événement, qu’il vient de sortir son deuxième album « Atemporel » et que sa reprise de Zombie des Cranberries lui colle à la peau. On reste dans la région avec le rappeur tournaisien Minno qui dynamite la scène du chapitô à l’aide de titres aussi entraînants que « La Bombonera », mais aussi « Adjal » un hymne à sa ville natale car le chanteur est fier de ses origines et ose le crier haut et fort. Minno pense ses spectacles pour le public, et ça se (res)sent. Juste le temps de passer chercher un rafraichissement au bar que l’on retrouve Saskia, une artiste dont la sensibilité à fleur de peau permet à ses textes, réalistes et basés sur des situations liées à l’actualité comme les violences de couple (C’est la règle), les ruptures amoureuses douloureuses (Dans ma tête) ou la société de surconsommation (Toujours plus) de prendre vie.  Chaque opus est un roman acoustique qui livre un morceau de la personnalité de la chanteuse, qui est aussi auteure et compositrice de la plupart de ses morceaux. Avec Sharko, on plonge vers le rock cher à David Bartholomé, cet Ardennais issu d’Arlon dont la biographie disponible sur le site officiel résume assez bien le projet actuel du groupe. « We Love You David« : nouvel album pour Sharko, en forme de retour aux sources; le rock, simple et élémentaire, dans la formule trio (Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie).Une volonté forte de tout enregistrer dans les conditions du live, à trois, ensemble, avec une authentique capture d’énergie.Une volonté forte de proposer du son sans chichis, non sans caractère. Après plusieurs détours (acoustiques avec le « Hometour », electro-pop avec « Glucose »), Sharko revient à la base. Le thème principalement abordé, tel un fil rouge:Narcisse, sous l’angle mythologique;la réflexion (dans les deux sens du terme), la connaissance de soi, la rencontre avec l’autre, le refus de l’amour mais la volonté d’être aimé et l’exposition de sa propre singularité. « Ne sommes-nous pas tous actuellement, tous, dans le mythe de Narcisse ? L’obsession des selfies et de l’image, les bavardages vides, etc. ?» « Never Alone When I’m Lonely », je ne suis jamais seul quand je suis seul.« The End of the F***ing World » ou quand on se doit de tout perdre pour gagner (à se retrouver) ? Et sur scène, c’est évidemment «Excellent » comme ce titre extrait de l’album Sharko III, sorti voici 20 ans déjà… A ce moment, Rori (Camille de son vrai prénom) avait 5 ans. L’histoire ne dit pas si elle se destinait alors déjà à arpenter les planches micro en main, mais depuis quelques mois, la jeune Hannutoise multiplie les prestations, et prend du galon. Ou plutôt de l’assurance, dirons-nous. Assez timide lors de ses premières sorties publiques, la demoiselle s’épanouit au fil des concerts, occupant désormais l’espace scénique dans sa plénitude, comme une vraie pro, et n’hésitant plus à fixer son auditoire du regard. Avec son premier album, « Une saison en enfer », Rori partage ses émotions personnelles, dans des textes parfois lourds de sens, mais dont l’approche musicale festive lui permet de créer un lien très fort avec son public. Il faut dire que personne n’a pu passer à côté de « Docteur », le titre étant diffusé par toutes les radios du sud, mais aussi du nord du pays car grâce à Camille, le français s’impose aussi de l’autre côté du périph… euh, de Bruxelles. Et quand on lui demande comment elle en est arrivée à aborder les thèmes de la déprime et de l’anxiété, la jeune femme répond simplement que c’est son histoire. « Je ne suis pas en mode « il faut en parler absolument ». Je dis que j’ai eu ces problèmes et qu’au final on peut surmonter ça, même si c’est très dur. Mais rien n’est facile dans la vie ». Et elle persiste et signe avec « Ma place », un autre petit bijou d’écriture qui vous fait danser malgré vous, l’air étant entraînant, voire envoutant. En français ou en anglais (« C’est la vie » en est un parfait exemple), sans agressivité ni vulgarité, Rori ramène l’électro-pop sur le devant d’une scène où les rappeurs ont souvent plus de facilité à dévoiler à la société leur mal-être. On ne voit pas les minutes s’égrainer, mais il est temps, toutefois, de courir au chapitô, où certains campent d’ailleurs depuis l’ouverture des portes afin d’être au plus près de l’espace de chant de Santa et ses acolytes de Hyphen Hyphen, un groupe qui est assurément l’un des porte-drapeaux, au propre comme au figuré, du mouvement  LGBTQIA2S+

De l’expérience comme s’il en pleuvait…

La pluie, omniprésente sur notre pays depuis quelques jours, a laissé planer un sérieux doute sur sa présence au festival ce vendredi, mais finalement il semblerait bien que Ere jouit d’un microclimat. Il était pourtant tombé des cordes la veille, rendant le parking un peu…boueux, mais les organisateurs avaient prévu le coup en préservant un second espace de stationnement et en permettant aux festivaliers invités (et oui, le jeudi, c’était gratuit) d’entamer la fête sous le chapiteau. Les signaux étaient donc tous au vert pour que Zidkan puisse ouvrir officiellement Les Gens d’Ere. Ce Mouscronnois natif de Lyon est un passionné de rap, style musical qu’il pratique depuis plus d’une quinzaine d’années même s’il débute à peine sa carrière sur scène. Une entame de festival qu’il a partagée avec … son fils, Kilane. A 8 ans, le benjamin de l’événement (du moins côté chanteurs) ne s’est pas démonté, balançant quelques phrasés aux côtés de son papa. Après la nouveauté et la jeunesse, place aux expérimentés de la scène car, tous ceux qui se sont ensuite présentés au public avaient en effet au minimum 20 ans de planches derrière eux. Si vous pensez évidemment à Machiavel, qui fêtera ses 50 ans d’existence en 2024 et à Sttellla, qui lui grillera la politesse du demi-siècle quelques mois plus tôt, n’oubliez pas que Daddy K a débuté avec Benny B (Vous êtes fous est sorti en 1990), que Mister Cover vient de souffler sur vingt bougies à Forest National et que Skarbone 14 s’est formé il a plus de deux décennies aussi ! Ce sont d’ailleurs les Tournaisiens, pratiquants assidus du Ska, comme leur nom le laisser présager, qui mettent les premiers le feu aux poudres sur la plaine. Des cuivres percutants, un chanteur…percuté, des chorégraphies déjantées, il y a comme un petit air de Madness dans l’air, à Ere. Pour vous rendre compte du grand écart musical dont ces braves garçons peuvent faire preuve, je vous renvoie aux clips de « La Loi du ballon » et « Des souvenirs à la pelle ». L’un de ces morceaux est très typé Ska, l’autre nettement moins, mais les paroles sont intéressantes des deux côtés, avec la particularité que ce dernier opus raconte de manière imagée l’histoire complète du band. Assurément une belle découverte pour nous (oui, j’imagine que certains d’entre vous connaissaient déjà, mais perso, c’était mon premier concert du groupe). Juste le temps de se remettre de ses émotions que se présente au chapitô (tout est question de jeux de mots à Ere, vous l’aurez remarqué) l’incontournable Machiavel, un des premiers groupes belges à s’être fait connaître mondialement, et qui peut se targuer d’être toujours en activité, même si le groupe a fait une pause studio de 1987 à 1999 et que le line-up de la formation a évolué au fil du temps. L’actuel chanteur Kévin Cools, n’a d’ailleurs rejoint Machiavel qu’en 2022, mais à contrario, Roland De Greef et Marc Ysaye étaient déjà là en 1974. C’est placé, c’est du rock « old school », mais ça marche tellement bien. Il n’y a qu’à voir l’engouement du public sur le prenant « Rope Dancer », qui a vu naître des nombreuses idylles, et sur le planant « Fly » qui ne dénotait nullement à côté des Pet Shop Boys (qui se formera en 1981), de Dépêche Mode ou des Buggles, à l’époque et maintenant encore. En quelques pas à peine, nous nous retrouvons au plein Ere, où l’autre quinqua du soir (et je ne parle que des années d’artistes), Jean-Luc Fonck, et ses comparses de Sttellla, revisitent un répertoire kitch qui fait aussi toujours recette. Des Tartines à Torremolinos, le groupe a livré sa version actuelle de morceaux qui traversent les époques, ce dernier morceau, bien que sorti en 1992, étant d’ailleurs connu de bout’choux qui ont 25 ans de moins que la partition. L’ambiance est au top, et pourtant le thermomètre va encore grimper d’un cran avec l’arrivée de Mister Cover en mode double décade. Et oui, le groupe va, à quelques morceaux près, reproduire sa prestation de Forest National, avec 3 heures de show, vocal, mais aussi scénique puisque la pyrotechnie est au rendez-vous, tout comme les danseuses dont le crew issu de l’école 2Mad de Charleroi. « Et tu chantes, danses jusqu’au bout de la nuit. Tes flashs en musique funky. Y a la basse qui frappe et la guitare qui choque. Il y a le batteur qui s’éclate et toi qui tient le choc… » Euh, j’ai déjà entendu cela quelque part. Et oui, ce sont les paroles d’une chanson bien connue, « Nuit de folie » car c’est un peu ce qui s’est passé à Ere ce vendredi, la bande à Dieu cédant encore le micro à un autre monstre de l’animation, Daddy K. NDLR: retrouvez les photos du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos. Nous apprendrons toutefois ce samedi une terrible nouvelle puisqu’un adolescent de 15 ans, Malone, étudiant au Collège de Kain, est décédé durant la nuit, victime d’un malaise cardiaque. Les services de secours, intervenus rapidement sur place n’ont rien pu faire pour réanimer le jeune garçon. Nous adressons nos plus sincères condoléances aux parents et amis de Malone.

Vous ne serez pas privés de concerts pour la cause…

Comme vous l’aurez remarqué ces derniers jours, nous n’étions pas présents aux Francofolies de Spa cette année. Fabian vous a expliqué pourquoi. Et n’attendez pas plus de clichés ou reportages issus de Ronquières puisque là aussi nos appareils ne sont pas les bienvenus. En fait, c’est assez simple, nous dépendons du bon vouloir des organisateurs et/ou responsable(s) communication. Ceux-ci reçoivent, nous en sommes persuadés, une multitude de demandes, rendant impossible l’acceptation de toutes. Ils doivent donc effectuer des choix, délivrant un sésame (qui peut encore être soumis à diverses contraintes) à certains, rendant une réponse négative à d’autres. Nous faisons partie de ce second wagon, malheureusement pour nous… et pour vous. Et c’est cela qui nous attriste le plus, car nous tentons toujours de vous présenter au mieux une palette exhaustive des artistes se produisant sur scène, voire dans d’autres lieux parfois insolites, comme une allée bordant un parc. Fabian et moi partageons en effet la même vision concernant ces festivals, et la culture en général, chacun a droit à être, à un moment ou un autre, mis en avant. Nous n’avons visiblement pas été entendus, ou compris, par les instances décisionnelles des Francofolies de Spa et de Ronquières, qui préfèrent miser exclusivement sur les groupes de presse dits conventionnels (presse écrite et tv). Et quand je dis « nous », je ne me limite pas à Confestmag mais je l’étends à de nombreux webzines/chroniqueurs qui chaque semaine se démènent pour fournir des reportages attractifs et les plus complets possibles. Telle est leur décision, à laquelle nous nous plions car c’est, il faut bien en avoir conscience aussi, leur droit, évidemment. J’espère pour vous que vous trouverez votre bonheur dans les nombreux reportages qui vous seront proposés par les médias sélectionnés, que vous découvrirez tous les artistes émergents qu’ils mettront en lumière, et que vous pourrez récupérer les innombrables clichés des bénévoles et du public qui seront publiés… De notre côté, nous ne resterons pas les bras ballants puisque dès ce vendredi c’est du côté du village d’Ere, dans la périphérie tournaisienne, que irons collecter la matière qui servira à vous faire vivre au plus près le Festival Les Gens d’Ere qui ne cesse de prendre de l’essor au fil des saisons, tout en réussissant à garder ce petit côté bucolique qui fait aussi une partie de son charme. Au programme, les indémodables de Machiavel, l’exubérant Loïc Nottet, la pétillante Rori, les piles électriques d’Hyphen Hyphen, mais aussi les rappeurs de 47 Ter, Saskia dont les textes sonnent toujours juste, le rock ardennais de Sharko… Et quelques découvertes et/ou confirmations nous l’espérons, comme les Goodbye Fortune Tellers qui avaient marqué les esprits sur la plaine du Feelgood voici un mois déjà. Et n’oublions pas, cerise sur le gâteau pour ceux qui seront présents, l’auteure d’Allumer le Feu et de tellement d’autres tubes (pour Maëlle, Christophe Willem, Calogero et j’en passe), Zazie, évidemment. Un mois de juillet qui aura donc été bien illustré, vous en conviendrez, malgré notre non sélection à … zut, j’ai dit que je n’en parlais plus. Concentrons-nous alors sur août qui verra cette fois le festival des Solidarités déménager. Exit la Citadelle pour le site Ecolys tout proche de l’autoroute. Avec notamment Big Flo et Oli, Camille Lellouche, Mentissa, Stephan Eicher… Mais avant cela, nous ferons une petite excursion chez nos voisins français puisque le Cabaret Vert a rendu un avis positif à notre demande. Situé au cœur de Charleville-Mézières, soit vraiment tout près de la frontière, ce festival multiculturel (musique – bd – écologie/société) s’étale sur 5 jours, du 16 au 20 août avec une affiche démente. Il faut dire qu’en 5 journées, sur 5 scènes, on peut caser du people. Rap, électro, hip-hop, pop anglaise ou française, punk alternatif ou hard-core… il y en a vraiment pour tout le monde. On ne pourra pas être présent sur place pour l’intégralité du festival, mais vous aurez tout de même droit à 3 jours d’envolées lyriques et shows scéniques. Non, les webzines ne rendent pas les armes car vouloir proposer du contenu accessible à tous (chez nous, pas d’abonnement, c’est gratuit) et mettre chaque acteur de la culture en avant (de la star mondiale au chanteur débutant, du bénévole au … public, car sans vous, pas de festival) est un devoir, la culture n’existant que si elle est partagée.

Ykons à l’assaut de l’Hexagone.

Depuis quelques jours, les titres du groupe liégeois passent sur Mona Fm, une radio indé(pendante) française émettant dans le Nord-Pas-de-Calais. Cela peut paraître anecdotique mais c’est une avancée immense dans le plan de déploiement d’Ykons qui, étonnement, va seulement pouvoir se faire connaître chez nos voisins suite à des accords récents avec quelques radios de ce genre. A l’occasion de leur passage au Feelgood Festival, Renaud et David, deux des membres les plus emblématiques du groupe se sont livrés à une prestation acoustique de leur dernier titre « New State of Mind » avant de répondre à quelques questions sur leur actualité notamment. Voici le compte-rendu de cette interview. Renaud : « La grosse nouvelle, c’est évidemment que l’on vient d’être programmés sur pas mal de radios « indés » en France. Il y a Fossa Fm du côté de Marseille, mais aussi Mona Fm, dans le Nord et RTS. Il faut savoir qu’il y a plus de 120 radios indé(pendantes) en France, ce qui représente un gros panel d’écoute donc c’est super cool, cela ne fait que démarrer là car on a prochainement des dates chez les Tricolores ». Comment s’est créé le groupe ? Renaud : « en fait, on était une équipe faisant tous du stop  et on a eu la chance de monter tous sur la même trottinette. Non, évidemment, c’est une histoire inventée car on essaye toujours de trouver une excuse à cette formation vu qu’il n’y a rien de mirobolant. On était des musiciens presque d’un même patelin (NDLR : village), mais embarqués dans des projets différents. On a donc roulé notre bosse de notre côté avant de se mettre ensemble et de sortir un premier album en 2019. Là, cela fait donc 3 ans que nous sommes dans cette configuration à cinq. Mais c’est juste parce que l’on vient quasi du même endroit, que l’on écoute les mêmes choses, qu’on a les mêmes influences et que chez nous, quand tu ne fais pas du foot, tu fais de la musique… » Quelles sont ces influences justement ? « Ah, en fait, nous n’avons pas tous vraiment les mêmes influences (rires), ce qui apporte une petite touche magique vu que chacun défend ce qui lui tient à cœur, ça crée une nouvelle entité. Mais dans les groupes communs, il a clairement Coldplay, avec lequel nous avons grandi dans les années 90, Imagine Dragons, et côté sonorités, U2 et Bastille qui sont des formations avec une vraie énergie pop, et qui défendent une véritable ambiance sur scène tout en véhiculant un message derrière. Cet aspect est important car nous voulons désormais que chaque chanson s’adresse à une ou plusieurs personnes en particulier et que cela apporte quelque chose dans la vie des gens ». Comment fonctionnez-vous, y-a-t’il un lead et des suiveurs ou chacun apporte-t-il sa pierre à l’édifice ? « Au départ, on fonctionnait vraiment comme une démocratie. On répétait beaucoup en groupe et on créait ensemble. C’était une très bonne chose, mais trop chronophage et énergivore. Sans oublier que nous n’avions alors pas encore cette pression de devoir apporter des titres avec des deadline bien définies comme le veut l’industrie de la musique à l’heure actuelle. Il faut savoir que nous avons encore tous un boulot à côté. Se produire comme groupe n’est pas notre full time job, contrairement à d’autres qui foulent les mêmes scènes que nous. C’est un peu notre fierté, je l’avoue. Mais on a dû changer notre fusil d’épaule dans la manière de créer. Pour le dernier album, Color and Lines, on a progressé en triangle avec Dave et Yann où l’on était à la composition des titres, Yann et moi nous occupant toujours de la partie auteurs. Pour cet album ci, c’est vraiment fonction de qui a l’inspiration. On travaille avec les moyens que nous offre la technologie actuelle, c’est-à-dire qu’on peut véritablement s’échanger nos idées à distance en temps réel. J’ai une idée, par exemple, je l’envoie à Dave qui met une ligne de guitare dessus et à partir de là le morceau explose. C’est toujours une collaboration donc. C’est très rare que l’on arrive, l’un ou l’autre, avec un projet qui est l’idée finale. C’est arrivé deux fois. L’un de ces morceaux est « Colors and Lines » que Dave nous a livré clé sur porte. Mais en général, on a toujours besoin de ce travail en groupe pour que cela sonne vraiment Ykons au final » Qu’appréciez-vous le plus dans l’ambiance des festivals ? « Il y a moyen de répondre à cette question-là avec 10 points. Mais le premier, c’est la rencontre. Ici, on connait un peu, même si cela a changé de lieu, l’empreinte Feelgood est là, j’ai l’impression d’être toujours sur le site de Remouchamps. Et d’ailleurs chapeau aux organisateurs car c’est fou d’en arriver à un tel point de mimétisme. Mais à chaque fois, c’est la rencontre non pas avec un, mais plusieurs publics, dont certains ne viennent pas nécessairement pour toi. C’est un cadeau d’avoir la possibilité de rencontrer ces gens-là. Ils n’ont pas d’attente vis-à-vis de toi. Après nous jouera Christophe Maé, et bien on sait que beaucoup de personnes sont venues pour lui. Ceux qui nous ferons le cadeau de venir un peu plus tôt, et qui nous verrons, je vous garantis qu’on va en mettre 70 à 80 pourcents dans notre poche parce qu’on est comme çà.  Je le sais, et je n’ai pas de honte à dire que nous sommes un groupe de scène. On va tous perdre 2 litres de flotte et on va peut-être pleurer car on est là pour vivre à fond le moment présent et rencontrer les gens en vrai. Un festival, c’est ça, la vérité du moment présent que l’on vit tous ensemble. Parfois, nous demandons aux gens d’éteindre leur téléphone pour profiter pleinement de ce moment en vrai, dans la réalité du moment présent. C’est génial de pouvoir se regarder en face, sans écran interposé ». « En 2021, on s’est battus pour que la culture revive. On faisait des concerts de proximité avec une tente. Les jauges allaient de 150 à 300

Ouf, les festivaliers bertrigeois sont passés à travers les gouttes… 

Le succès de foule du samedi (voir nos articles précédents) annonçait un dimanche particulièrement attendu au Baudet’stival, surtout par les fans d’Amir et de Matt Pokora, deux artistes qui n’ont pas leur pareil pour enflammer les scènes, l’un par sa jovialité et ses textes poignants, l’autre grâce notamment à des scénographies remarquables. Il faut dire que l’homme est un excellent danseur qui n’hésite pas à s’entourer des meilleurs pour ses chorégraphies. Mais peu avant midi, une nouvelle inquiétante est annoncée sur les ondes, le festival des Ardentes, du côté de Liège, annule sa dernière journée à cause des conditions climatiques précaires. La pluie, le vent, mais surtout les orages remettent en question la tenue des événements en plein air. Ainsi, les parcs bruxellois sont interdits au public. Il n’en faut pas plus pour que les organisateurs et instances administratives aux quatre coins du pays ne se réunissent pour envisager divers scénarios (ou scénarii pour les adeptes du français appliqué). C’est aussi le cas, vous l’imaginez, à Bertrix, où la jeune Marion Duplicy vient d’entamer sa performance sur la scène annexe devant un parterre déjà garni. Il faut dire que la toute jeune demoiselle ne met pas une note à côté lors de ses reprises de grands standards. La pluie s’invite toutefois au concert, et avec elle le personnel de sécurité du site, mais aussi la police. Il faut évacuer la place. La décision est en effet tombée, le festival est …postposé à 18h00. Une décision similaire sera d’ailleurs prise à LaSemo. Si quelques spectateurs se montrent réticents, ne comprenant pas de suite l’information, tout se passe finalement dans le calme car il y a tout de même du positif dans cette annonce : sauf retournement de situation (climatique), les artistes les plus attendus pourront bien se produire ce dimanche sur la Place des Trois Fers. Commence alors une attente qui parait longue pour les personnes qui cherchent à s’abriter des averses qui s’abattent désormais sur la région mais sans s’éloigner trop de l’entrée car l’objectif de certain(e)s est évidemment de se retrouver au plus près de leur(s) artiste(s) préféré. Et quoi de mieux que le très prisé premier rang pour cela ? C’est finalement sur le coup de 16h45 que les premiers festivaliers peuvent réintégrer le site, permettant ainsi au public de ne pas avoir à se presser inutilement devant l’entrée et aux plus impatients de (re)venir s’installer aux avant-postes. Opération réussie de ce côté donc. Mais ce que vous n’imaginez peut-être pas, c’est tout le travail de coordination qui doit être réalisé pendant ce temps par l’équipe d’organisation et les équipes techniques du festival. En effet, près de quatre heures se sont envolées et l’on conçoit difficilement de pouvoir simplement déplacer tout le line-up de cette période. Cela voudrait dire d’entamer la dernière performance vers 04 heures du matin, lundi ! Le voisinage, le personnel engagé et/ou volontaire, et les artistes ne pourraient accepter cela. C’est donc là que Mathieu Rossignol et son équipe entrent en scène. Enfin, c’est juste pour l’expression car, en fait, il y a une multitude de détails à régler au fil des heures sur un tel festival donc on ne vient pas subitement les réveiller d’un long sommeil. Mais là, il faut prendre des décisions radicales, souvent en concertation avec les différents intervenants, certes, en très peu de temps, et surtout en imaginant les répercussions qu’elles pourraient avoir. Et l’un de ces décisions porte sur le nouveau planning des concerts. Passent ainsi à la trappe Pierre Lizée (qui était déjà sur le site avant l’évacuation), Fily Leela, Minor Minor et Marion Duplicy, qui n’était pas dans des conditions optimales lors de sa première apparition pré-tempête. Ces artistes auront toutefois un accès prioritaire pour performer sur l’édition 2024, s’ils le désirent. Tout comme Suasion qui aurait dû se produire sur la scène principale après avoir remporté le vote du jury pour le concours « découvertes ». Autre petite particularité : pour permettre aux équipes techniques de pouvoir enchaîner les plateaux, ML, alias Maria-Laetitia, la chanteuse du groupe Sonnfjord, a accepté de « glisser » de la scène principale à la scène annexe. Ces détails relationnels et techniques réglés, il est grand temps d’ouvrir officiellement le bal… euh, le dernier jour du festival, avec une artiste très touchante et extrêmement sympathique, Mentissa. Propulsée par le programme tv The Voice France, la jeune demoiselle a une voix exceptionnelle qui s’unit à merveille aux paroles des chansons composées pour elle notamment par son ex-coach, Vianney. Son album « La vingtaine » cartonne et elle aussi puisqu’en quelques mois à peine, elle a déjà remporté la Victoire de la révélation féminine de l’année et l’NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année. Avec Pierre De Maere, Angèle et Stromae, elle fait partie de cette génération belge qui s’exporte brillamment outre-quiévrain. Balance, Mama Mia, Et Bam, Paris-Bruxelles… les titres s’enchaînent, le public chante, le soleil est de retour, que demander de plus. On en viendrait presqu’à oublier toutes les péripéties des heures précédentes, mais c’est ça aussi la force d’un(e) artiste, nous emmener loin de nos tracas. Filons vers cette scène B où la chanteuse de Sonnfjord se produit sous le patronyme de ML, les initiales de son prénom en fait, pour un projet en français cette fois. Sa voix se pose sur des morceaux calmes comme « Un peu plus haut », mais personnellement, j’opte toujours pour « Nuit noire » et son refrain entraînant qui mériterait peut-être un peu plus de visibilité sur certaines radios… On reste dans des textes touchants en français avec le pétillant Amir qui fait exploser une bulle d’énergie dès son entrée sur les planches. « Viens on fait la fête ce soir, ça vaut la peine, juste pour voir… ». C’est de circonstance, mais c’est surtout la chanson de l’année 2023 sur TF1. Un trophée dont Amir est le double tenant du titre puisqu’il y une saison, c’était « Rétine » qui trustait le fauteuil rouge. Toujours aussi cool/apprêté dans ses tenues, un peu à la Christophe Maé, le franco-israélien ravit toute l’assemblée, comme à son habitude devrait-on dire.

Un samedi placé sous le signe du rap.

Avec Eusep, Oster, Robin, Fresh, Naps et le duo tant attendu des frérots Gims/Dadju, les amateurs de musique urbaine étaient aux anges. Et les organisateurs aussi puisque la place des Trois Fers était noire de monde dès 17h00, et ce malgré un climat presque tropical, le soleil omniprésent poussant des pointes proches des 30 degrés celsius. Il fallait donc bien penser à s’hydrater, s’enduire de crème solaire et se résoudre à s’équiper de lunettes solaires et d’un couvre-chef si l’on voulait garder une place de choix pour le clou du spectacle, le show (car ce fut un véritable spectacle, avec des effets pyrotechniques) rarissime des deux stars issues de la même famille (ils se produiront encore fin août à Scène-Sur-Sambre, mais ces deux dates étaient les seules dans nos contrées pour cet été). Heureusement, l’expérience de l’équipe gérant le festival (on lui souffle quand même sa dixième bougie cette année) a parlé. Des lunettes et des chapeaux aux couleurs de divers partenaires étaient distribués aux abords de la place forte de l’événement, et trois bars étaient installés face aux deux scènes. Ce n’était pas trop compte-tenu du développement démographique temporaire de la commune, habituellement fréquentée par 8000 habitants. Ici, sur les abords immédiats de la seule place centrale du village, on dépassait déjà ce nombre (8000 entrées étaient déjà réservées en début de journée, mais quelques centaines ont encore été vendues aux caisses, faisant passer la jauge près du sold-out complet puisque la capacité maximale du site est de 9000 places). Comme la veille, c’est la scène B qui débute les hostilités avec Filo, venu avec quelques amis pour l’occasion (ils se sont finalement retrouvés à six sur le podium). On file ensuite vers la scène principale sur laquelle débarquent Oster, ses danseuses et ses featurings. Short kaki style militaire, tee-shirt uni et bob de circonstance, le garçon apparaît en toute décontraction, mais son set est déjà bien rodé avec des tableaux chorégraphiés, et les apparitions de deux autres artistes invités. Avec Eusep, on rentre dans le dynamisme de la jeunesse. Lui non plus n’est pas venu seul et c’est finalement à deux qu’ils égaient la petite scène. A cette heure, il est encore possible de voyager entre les deux espaces musicaux et de trouver un coin d’ombre, mais le public commence à arriver en masse. Ils sont donc déjà nombreux à pouvoir admirer Robin, un autre représentant de la scène urbaine émergente. Petit plus de ce jeune homme, ses pas de danse font parfois penser à un certain Michaël et il joue de la trompette. Un peu plus loin se produit, sur le coup de 17h25 le groupe Suasion. Surprise pour ceux qui ont fait le court déplacement vers le centre culturel, ce n’est pas du rap, mais plutôt une sorte de rock fusion qui est au programme. Les riffs de guitares s’enchaînent tandis que le chanteur, ganté d’une seule main, se donne corps et âme dans une prestation haute en couleur. Il saute, virevolte, tournoie, grimpe sur le retour son… c’est dynamique et visiblement cela plaît au jury de la compétition découverte puisque c’est Suasion qui a gagné le droit d’ouvrir le bal de la grande scène le dimanche. Après cette brève incursion dans le rock, retour au rap pur jus avec le deuxième Liégeois de la bande, l’impressionnant Fresh. Impressionnant par sa carrure, son entrée son scène (bandanas noir sur le crâne, gilet pare-balle, pantalon à poches noir) et son occupation de la scène. Il est vrai qu’il est bien aidé par ses danseurs et par son complice de joutes vocales. On est déjà là dans du (re)connu des amateurs du genre. C’est solide. A quelques encablures à peine, c’est Olive qui va entrer sur scène. Mais qu’est-elle venue faire dans cette galère ? Sans paraphraser Molière (les plus érudits auront reconnus une célèbre réplique de l’auteur français), il faut bien dire que ce petit bout de femme qui déclame ses mélodies en français dénote avec nos grands gaillards rappeurs. C’est d’ailleurs son entrée en matière, ou plutôt l’intro de son show. Mais point de tomates ou de sifflets à l’horizon, au contraire, sa fraîcheur ravit l’assistance qui trouve là un registre différent mais pas moins intéressant pour la cause. Certains ont toutefois campé devant la scène principale car c’est l’une des révélations de l’été dernier qui pointe le bout du nez, Naps et sa « kiffance ». Avec des titres aussi connus, le public se régale. De notre côté, nous ne tardons pas à retourner sur la scène annexe car on y trouve souvent de bonne surprises, comme At Night, que personnellement nous n’avions pas encore pu voir en live. Formé autour d’une chanteuse charistmatique (sa coupe de cheveux, avec notamment sa mèche blonde, mais également son piercing nasal et ses tatouages ne lui permettent pas de passer inaperçu), ce groupe balance du très bon son, et se permet même de reprendre un titre des Communards à la sauce perso. Ce n’est pas tout ça, mais il est grand temps pour nous de fendre la foule pour aller retrouver nos compères tant attendus. Mais diantre, il est impossible d’approcher la scène. La foule est telle qu’il ne reste plus un mètre de libre sur la Place des Trois Fers. Heureusement pour nous (et pour vous, sinon, les photos passaient aussi à la trappe), un membre de l’organisation nous guide par un chemin détourné vers le frontstage. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, c’est ce petit espace compris entre la scène et le public, qui sert de zone tampon pour les artistes, la sécurité, les services de secours, mais aussi, pour quelques chansons, de zone de travail pour les photographes accrédités. Juste le temps de prendre connaissance des consignes de sécurité (et oui, le spectacle est accompagné de flammes, donc il faut éviter certains endroits, sous peine de se voir prendre un fameux coup de chaleur), que Dadju se présente face au public en entonnant son très emballant Bob Marley.  En deux secondes, le public est conquis,

Les Baudets sont dans la place…

Et oui, un baudet, c’est un âne. Mais ne le prenez pas mal. On ne dit pas que les festivaliers sont des ignares ou des gens têtus plus que de nature. Non, le Baudet est simplement le symbole, ou plus exactement la mascotte du festival qui se déroule annuellement à Bertrix, sur la Place des Trois Fers. Un festival qui fête cette saison son dixième anniversaire, même si sa naissance est un peu plus ancienne encore (deux éditions n’ont pu se dérouler pendant la période de pandémie). Au programme, une multitude d’artistes évidemment, d’univers divers puisqu’on y retrouve le rock de Kyo, le rap de Gims, la pop de Matt Pokora, l’envolée électronique des Juicy, la poésie de Bérode et … la kiffance de Naps. Sans oublier les deux chroniqueurs de Confestmag. Deux visions, deux approches et donc, pour vous, double dose de reportages et de clichés. Mais les premières notes qui retentissent dans le centre de la commune luxembourgeoise sont celles de Karma Phénix, un groupe local qui participe au tremplin découverte. Comme les années précédentes, la seconde scène sert en effet à occuper le public pendant les changements de plateaux et mises au point techniques pour le son et les lumières des shows de la scène principale, mais elle est également le théâtre de la formule de « promotion » des artistes émergents locaux, avec comme récompense pour le talent qui sort du lot un passage sur la « grande » scène en ouverture de la journée du dimanche. On file toutefois sur la Place, où le public commence, il est vrai, à peine à arriver, afin de se laisser bercer par les mélodies posées de Bérode qui a troqué son bonnet hivernal pour une casquette plus adaptée à ces conditions estivales. Retour sur la scène B, puisque l’alternance est de mise, et c’est The Flints qui s’y colle. Disons plutôt qui se produit car la performance est appréciée et appréciable. Rien à voir toutefois avec Thomas Frank Hopper qui va véritablement enflammer le centre-ville. Souriant et engagé, ce virtuose des instruments à cordes, mêmes vocales, se lance dans un show entraînant qui ne laisse personne indifférent. Vous le connaissez un peu si vous nous suivez depuis un certain temps car nous vous l’avions présenté lors de son passage à Namur en juin 2022, mais beaucoup de personnes, en France et même dans le sud de notre pays, n’ont pas encore eu la chance de le voir performer. Et bien tous ceux qui l’ont découvert ce vendredi sont ravis, public et presse sont unanimes, c’est un vrai showman. Et pour le croiser à quelques occasions, un garçon très sympathique et disponible qui sait rester les pieds sur terre. En face, c’est Enid qui reprend le flambeau, ou plutôt le micro, en l’occurrence histoire de garder le public bien motivé pour la jeune Rori, dont le jeu de scène prend du galon au fil des prestations et dont le répertoire s’étoffe également. En effet, celle dont le « docteur » a fait décoller la carrière peut désormais compter sur les reprises en chœur du public de titres comme « Ma place » ou « C’est la vie ». Là, le rythme de croisière des festivaliers va déjà bon train. C’est donc un habitué du festival que les organisateurs laissent la barre temporairement avec l’incontournable Vincent B et ses acolytes. C’est rock, simple mais accrocheur, et la sauce prend… comme on dit en cuisine. Du rock, on passe à l’électro-pop planante de Juicy, un duo de jeunes filles bien sympathiques originaires de Bruxelles. Déjà présentes le week-end précédent au Feelgood, les demoiselles n’hésitent pas à faire des kilomètres pour proposer leur vision de la musique. Leurs tenues chatoyantes, leurs mimiques très marquées sur certains morceaux et leur univers très particulier emmènent les spectateurs dans une sorte d’univers parallèle où le temps n’est plus un repère. Et pourtant, il faut respecter un certain timing car Talkeys est fin prêt aussi sur la scène B et le public a cette fois rempli la place car il faut le dire, cette première journée du Baudet’stival est une réussite, musicale, mais aussi festive et organisationnelle. Roulement de tambours car on arrive au clou du spectacle, du moins pour beaucoup de personnes vu les logos strippés sur la plupart des tee-shirts massés dans les premiers rangs. Et oui, c’est bien Kyo qui débarque, pour une tournée spéciale des 20 ans de l’album qui les a propulsé au sommet des charts avec notamment « Le chemin » partagé à l’époque avec Sita ;  cet album du même nom à l’histoire incroyable et aux chiffres records (1,5M d’albums vendus, 4 NRJ Music Awards, 3 Victoires de la Musique, 1 MTV Europe Music Awards,1 World Music Award et 1 Prix de la Sacem…) qui nous permet de retrouver un chanteur (Benoit) particulièrement marqué par l’accueil que lui a réservé le public. Et oui, on peut être une référence de la musique depuis deux décennies, multiplier les concerts, et malgré tout garder une petite porte qui laisse transparaître par moments des émotions poignantes. Et sans en dévoiler trop, vu que beaucoup d’entre vous iront sans doute suivre leurs aventures à Bruxelles ou Paris fin d’année, on peut vous dire que ça en vaut la peine. A Bertrix, nous avons sans doute vu l’une des plus belles prestations du groupe de ces dix dernières années. De très bon augure pour la prochaine tournée des salles. Après un tel show, il fallait pouvoir garder la cadence, et c’est Dj Pops qui a réussi cette mission en balançant du son très dansant, mêlant titres actuels et remixes de tubes plus anciens. Une formule qu’applique également Mister Cover, mais en live cette fois, et avec des prestations vocales qui sont toujours attendues par les plus courageux. J’entends par là que le groupe a débuté sa prestation à 00h40, après une multitude d’autres artistes, et que les jambes et la voix de certains deviennent, à cette heure, moins assurées qu’en début d’après-midi. Qu’à cela ne tienne, Mister Cover est toujours un produit gagnant. NDLR: retrouvez les

L’apothéose Totalement 80

Pas évident de tenir le tempo après trois jours déjà bien remplis en émotions, surtout après le carton plein du samedi. Et pourtant, le dimanche ne va nullement décevoir les nombreux quadras présents, car il faut bien l’avouer, si les plus jeunes ont bien fait la fête jeudi et samedi, le vendredi, et encore plus ce dernier jour du Feelgood, dimanche, étaient dédiés à la génération précédente. C’est en effet l’un des attraits de ce « jeune » festival comme le mentionnent les organisateurs dans leur débriefing. «L’édition2023  marque les esprits tant par  le changement de date (de début septembre à fin juin), de lieu, le nouveau logo que par le line-up haut en couleur qui se voulait varié et intergénérationnel…Un bilan plus que positif! » «Depuis le lancement du Feel Good festival, nous n’avions jamais connu un tel engouement. Cette  nouvelle édition a su séduire les festivaliers. Nous ne pouvons  que nous en réjouir. Le bilan est extrêmement positif et nous donne envie de nous surpasser l’année prochaine. Bien entendu, le festival repose sur le travail de toute une équipe qui s’est impliquée jour après jour pour faire de ce dernier un véritable succès. Nous souhaitons remercier toutes les personnes (bénévoles, partenaires, sponsors…), qui de près ou de loin, nous ont permis de faire du festival ce  qu’il  est aujourd’hui. Sans  eux, cela n’aurait pas eu la même saveur ni le même bilan» « Plus de 500 bénévoles ont été nécessaires au bon déroulement du festival afin d’assurer tant l’accueil des festivaliers et des artistes que les  bars,  les VIP,  la sécurité,  les animations….Le FeelGood  festival est aussi ancré  dans une démarche  écologique et locale notamment en utilisant des gobelets recyclables, en nouant des partenariats avec des entreprises locales…. En matière de santé et de sécurité, si quelques petites blessures superficielles ont été soignées par les services de secours présents sur le site, aucun départ en ambulance n’est à déplorer ni aucun recours au service des forces de l’ordre ». Sur ces bonnes paroles, revenons à notre journée de clôture, qui débute avec « Demain peut-être » et « Six No More », deux groupes de covers qui lancent les hostilités avant que les détonants pirates de « Barbar ô Rhum » ne se jettent à l’abordage des planches. Décors de circonstance, costumes, accessoires et mise en scène, ce groupe toulousain de Rock’n’rum (mélange de pirate métal et de Celtic punk) qui était attendu depuis 3 ans, mais qui avait dû postposer sa venue à cause de la pandémie, a bien mis le feu aux poudres. Juste le temps d’adapter quelques réglages que les moussaillons de la plaine accostent cette fois dans un karaoké géant aux allures d’énorme piste de danse digne des discothèques qui fleurissaient au bord de chaque route digne de ce nom dans les eighties. Et oui, vous l’avez compris, nul besoin d’une DeLorean conduite par Marty McFly ou doc Emmet Brown pour voyager dans le temps, à Aywaille on compte sur un public d’enfer qui reprend tous les titres emblématiques de la troupe Totalement 80 comme si ces ritournelles passaient encore quotidiennement sur les ondes. Au point même de tirer une petite larme au coin de l’œil de Bibie, visiblement très touchée par l’accueil et l’engouement des Liégeois. Et vous, seriez-vous capables de reconnaître les artistes, leur(s) titre(s) et de les reprendre sans avoir de prompteur à portée de la main ? On va faire le test. Chiche ! Quelques paroles d’un de ces morceaux, un ou deux clichés actuels du chanteur /de la chanteuse, et à vous voir si le reste suit… En tous cas, du côté du FeelGood, c’était terrible. Des fins de soirées pareilles, on en redemande. Morceau 1. Tout l’mondeRépète en chœur que les hommes préfèrent les blondesQu’ils fondentPour une décolorée en moins d’une seconde Alors, c’était facile ? Vous aurez évidemment reconnu Lio qui outre ce « les Brunes comptent pas pour des prunes » (1986), nous a remis en tête son célèbre « Banana split » (1980). Morceau 2. Cinq heures du mat’ j’ai des frissonsJe claque des dents et je monte le sonSeul sur le lit dans mes draps bleus froissésC’est l’insomnie, sommeil casséJe perds la tête et mes cigarettes sont toutes fuméesDans le cendrierC’est plein d’Kleenex et d’bouteilles videsJ’suis tout seul, tout seul, tout seul Yes ! « Chacun fait (c’qui lui plaît)  » avec Chagrin d’amour (1981), représenté par Valli. Morceau 3. Humidity is rising (uh rising), barometer’s getting low (how low girl?)According to all sources (what sources now?), the street’s the place to go (we better hurry up)‘Cause tonight for the first time (first time)Just about half-past ten (half past ten)For the first time in historyIt’s gonna start raining men (start raining men) Plus difficile, je vous l’accorde, surtout en anglais. Mais les plus subtils auront reconnu « It’s raining men » (1983) des Weather Girls, qui ont également fait bouger les « people » sur « I’m so excited » (1982), un morceau aux paroles assez explicites… Morceau 4. Mais aimez-moiÀ genouxJ’en suis fouMais de vous à moi je vous avoue que je peux vivre sans vousAimez-moiÀ genouxJ’en suis fouEt si ça vous fait peurDites-vous que sans moi vous n’êtes rien du tout Là, je suis sûr que vous l’avez tous en tête ce « Confidence pour confidence » (1981) de Jean Schulteis car il est intemporel, inaltérable, inclassable… Morceau 5. Juste une mise au pointSur les plus belles images de ma vieSur les clichés trop pâles d’une love storySur l’état d’âme d’une femme sans alibiQui rêve toutes ses nuits Celle-là, c’était cadeau, le titre est dans l’extrait. « Juste une mise au point »  (1983) de Jakie Quartz. Morceau 6. Met you by surpriseI didn’t realizeThat my life would change for everSaw you standing thereI didn’t know I’d careThere was something special in the air Les grands romantiques et les fans de Sophie Marceau n’ont pas pu passer à côté du slow de l’été 1981, « Reality » de Richard Sanderson car c’était, et oui, la B.O. du film la Boum (le 1 car pour le 2 c’était Cook Da Books avec « Your Eyes »). Morceau 7. Mais quand il rentre saoul et qu’il devient méchantÉnervantEt qu’il

Il y en a eu pour tous les membres de la famille…

Ce samedi, le Feelgood festival a activé la case familiale. Il y en a eu effectivement pour tous les âges, et presque tous les genres musicaux. C’est peut-être ce métissage de styles qui a fait recette, ou alors tout simplement la venue des deux machines à hits que sont Matt Pokora et Jenifer, mais le constat est clair : le festival a réalisé ce jour un carton plein. Numériquement tout d’abord, puisque les caisses affichaient un sold-out qui a sans doute déçu ceux qui avaient voulu se décider en dernière minute vu les conditions climatiques annoncées ces derniers jours (je me doute que vous n’étiez pas dans ce cas de figure vu que l’on vous avait prévenu depuis quelques jours déjà J) . Mais aussi humainement car bien que la plaine était remplie à ras-bord, aucun débordement majeur n’a été recensé. Au contraire, adultes et enfants semblaient aux anges. Vous vous en doutez, ce ne sont pas les deux méga stars citées ci-dessus qui avaient hérité des clés pour ouvrir le bal. Non, mais ceux qui trépignaient d’impatience devant les grilles et qui ont investi très tôt l’avant-scène n’ont pas été déçus d’être venus pour cette mise en bouche nommé Goodbye Fortune Tellers. Un batteur, un guitariste assez expressif et une chanteuse charistmatique forment ce trio bruxellois haut en couleurs. Selon nos confrères plus pointus dans le domaine, leur musique s’apparentrait à du rock aux accents garage transmettant une vision défaitiste proche du post-punk… Tout un programme. Pas nécessairement jovial, vu ainsi, mais sur scène, ça ne rend pas mal du tout. Assurément à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas encore (NDLR : ils se produiront le 30 juillet aux Les Gens d’Ere). Après cette escapade musicale aux antipodes des rythmes festifs des Musclés ou du regretté Bezu, retrouvons Colt. Retrouver est un mot qui incarne ici tout son sens premier puisque les deux acteurs principaux de Colt étaient autrefois connus sous l’appellation de « Coline et Toitoine » et qu’ils se sont déjà produits dans de nombreux festivals belges et au Botanique. Antoine (Jorissen), qui se cache régulièrement derrière son clavier, joue du piano depuis qu’il a 5 ans. Coline (Debry) a, elle, fait du chant lyrique et a participé à beaucoup de comédies musicales dès son plus jeune âge. En septembre 2022, le duo formé en 2018 décide de se rebaptiser Colt. Et les voilà en premier partie de la révélation musicale de l’année en France, notre Pierre De Maere national. Et non, peut-être, fieu, il a passé toute son enfance à Walhain, hein ! Mais je m’égare, alors revenons à nos canards. Les compositions sont bien ficelées. Pour l’occasion le duo s’était étoffé avec trois musiciens supplémentaires, et la voix de Coline est impressionnante. On comprend pourquoi Pierre De Maere a misé sur eux. Tant qu’on y est, pour éviter les bouchons, restons un peu à Bruxelles, pour un autre duo, mais féminin cette fois avec Juicy. On reste aussi dans de l’électro-pop, mais plus planant. Pour paraphraser un mes collègues « elles semblent assez haut perchées par moment ». Et oui, les deux jeunes filles semblent vivre leur set tel un voyage au-delà du sol terrestre. Face à face sur leurs claviers/consoles, elles se répondent tel un écho divin qui ne trouverait pas son chemin dans le dédale d’un labyrinthe céleste. Et, cerise sur le gâteau, leurs tenues sont toujours particulièrement soignées et coordonnées. Ce n’est pas tout ça, mais les plus jeunes sont désormais impatients de retrouver celle pour qui ils sont venus en nombre, Jenifer herself. Et oui, il en est tombé de l’eau du ciel depuis son entraînant « Au soleil », mais Jenifer semble pourfendre le voile du temps sans se laisser rattraper par l’ombre de celle-ci. Chaque single fait recette, et chacune de ses sorties fait salle comble. Du coup, pas étonnant que l’assemblée connaisse chaque syllabe des partitions et reprenne en chœur (et en cœurs aussi d’ailleurs, certains laissant couler une petite larme sur « Donne-moi le temps ») les morceaux de la pétillante artiste venue du Sud. Et si les enfants sont enfin rassasiés grâce au show de leur idole, ce n’est encore le cas des mamans de ces petites bouilles qui, elles, attendent de pied ferme mister Matt. Euh, non, pas celui de The Voice. Enfin, pas l’ancien candidat, mais plutôt l’ex coach… vous me suivez toujours. On parle bien de Matt Pokora, qui avait dû annuler son Pyramide tour à cause de la pandémie du covid. Son retour était donc trèèèèèèèèèès attendu. On ne va pas trop vous en dévoiler ici, vu que certains iront prochainement le voir en concert, mais Pokora, c’est Pokora. La danse est bien présente dans son show, au même titre que les moments plus calmes où il peut alors s’adresser à vous, mesdames, et oui, pour quelques paroles douces. Et qui dit danse, dit danseurs/danseuses. Or, deux des accompagnants de Matt sont Belges. Et l’un d’eux est même liégeois. Armel Ngungunanga est en effet un habituel des spectacles de Matt Pokora, au point d’en être devenu le chorégraphe attitré pour ses tournées à travers la France et la francophonie. Cocorico… pour passer du coq au Diable, seul Henri PFR pouvait tenir la cadence après une telle brochette d’artistes. Mission accomplie et cap désormais sur le dernier jour du disco. Ah, non, il me semblait bien que Juliette n’était pas de la partie cette fois. Le dernier jour du festival, oups ! Avec à l’affiche notamment les membres du film Totalement 80. Et comme d’habitude, vous pouvez retrouver les clichés de cet article notamment sur la page facebook ReMarck Photos.