Le nom du groupe pourrait faire penser qu’un nombre impressionnant d’artistes va débarquer sur scène, et pourtant, Nous étions une armée est un concept créé et animé par deux musiciens, Léo Nivot et Rémi Le Taillandier.

Une version minimaliste du groupe qui colle avec celle de leur production musicale. Du moins en apparence car si les accords ressortent à la première écoute comme simples et bruts, on ne se lasse pas d’enchaîner les plages.

Dans les magazines spécialisés, ils sont catégorisés comme un duo post-rock / post-punk, mais l’électro occupe une place importante dans leurs morceaux. Est-ce que ces étudiants au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris ont inventé un nouveau style ? Nous n’irons pas jusque-là, mais ils ont une touche particulière qui nous permet presqu’instantanément de reconnaître une de leurs chansons.

Certains les ont comparés à Fauve et Feu!Chatterton, nous dirions plutôt que l’on est dans la veine du groupe namurois Glauque. Cette cassure brutale dans la rythmique pour envoyer un couplet parlé, posé, avant de reprendre par des sons électros qui montent progressivement vers une transition rock à l’énergie animale, on est dans une progression quasi similaire.


Bien que relativement jeune (leurs premières prestations dateraient de fin 2021), le duo a déjà sorti plusieurs EP’s et un premier album « Mais le ciel est sublime » fin 2025. « Jour & Nuit », « J’aimerais que tout s’arrête », « Heureux comme un roi » … vous ne connaissez pas encore ces titres ? C’est logique, le duo ne passe pas (encore) beaucoup en radios. Mais pour découvrir leurs sons, nous vous conseillons « Territoire(s) perdu(s) », c’est imagé, presque poétique, et pourtant engagé comme l’explique Léo en interview « on en a offert aussi une version un peu politique car le territoire perdu, c’est un terme qui a été inventé par l’extrême droite pour stigmatiser les quartiers populaires. C’est presque un terme raciste. On avait envie de se le ré approprier et d’en faire un motif de fierté ».

Nous étions une armée, un duo à écouter, mais aussi à voir sur scène car leur énergie est communicative. Bien que la pluie se soit invitée vendredi soir, elle n’a aucunement pu perturber la prestation de Léo et Rémi qui étaient occupés sur la scène de l’Escale, qui s’est transformée momentanément en une sorte de bulle intemporelle où le public s’est plongé le temps d’un concert.

Beaucoup les ont découverts ce soir-là, nous pas, on l’avoue. Nous avions eu l’occasion de les voir à la Rockhal (Esch) en ouverture du concert de Superbus. Nous avions apprécié, et l’on peut désormais dire que cela n’était pas totalement dû à l’attrait de la nouveauté. Nous étions une armée propose une véritable identité musicale, un jeu scénique impliqué et une écriture qui peut être lue de diverses manières car le groupe n’entend pas imposer ses choix politiques et artistiques mais plutôt faire réfléchir sur les conséquences qui pourraient survenir si certains comportements ne changent pas rapidement. C’est cette notion d’urgence qui est représentée dans leur implication sur les planches.

Leur prestation a été acclamée, mais Namur est loin d’être leur seul terrain de jeu. Le duo est très demandé pour ses propres concerts, pour participer à des festivals mais aussi en tant que première partie pour des concerts de Sam Sauvage notamment (tiens, encore un artiste qui était présent aux Solidarités…). Il leur reste, d’ici la fin de l’année civile, dix-huit prestations, dont une date à la Cigale (Paris), le 28 novembre.

Pour les Belges qui voudraient assister à leur concert, il y a également un passage par Lille, à la Bulle café le 04 novembre.

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.






















