14 septembre 2026

Les Solidarités font carton plein… mais pas l’unanimité.

Au moment de présenter le bilan 2026, le dernier jour du festival, les organisateurs des Solidarités étaient assez contents du succès enregistré et de l’absence de souci majeur. On ne peut pas leur donner tort, il y a effectivement de nombreux points positifs et les festivaliers qui ont foulé la pelouse du site le vendredi et/ou le dimanche ont été, pour la plupart, enchantés de leur visite.

30 000 festivaliers samedi, pour Soprano notamment – ReMarck Photos.

Mais le samedi… c’est une autre histoire. Les critiques ne cessent de pleuvoir sur les réseaux sociaux concernant les conditions d’accueil. Les griefs qui reviennent le plus souvent abordent les files au parking, celles aux fontaines à eau et aux foodtrucks, ainsi que l’accès à la scène principale, surtout pour le concert de Soprano. Il faut dire que vous étiez 30 000 sur le site à ce moment ! Un record puisque c’était la première fois que l’organisation avait reçu le feu vert des pompiers pour une telle capacité, et cela suite à l’élargissement du site du côté de la scène P&V.

Beaucoup d’enfants (9000 rien que samedi), avec quelques concerts qui leur étaient dédiés.

De là démarre un débat auquel nous ne participerons pas car il est dans les mains des organisateurs : les Solidarités doivent-elles se recentrer sur les familles, quitte à limiter la capacité d’accueil et donc oublier les « têtes d’affiches » au profit d’artistes moins attractifs ou garder le cap de ces dernières années en oeuvrant comme un festival musical de référence, mais en acceptant une affluence qui génère inexorablement les quelques inconvénients mentionnés ci-dessus. Il est clair qu’avec une telle masse de festivaliers, il est illusoire de croire qu’en venant 5 minutes avant le show d’une vedette il va être possible d’aller se placer dans les premiers rangs avec une vue dégagée sur la scène…

Certains enfants ont dû grimper sur les épaules des parents pour voir leurs artistes préférés.

Pour l’heure, le trio à la direction de l’événement s’est expliqué sur les points positifs et ceux à revoir pour 2027 puisque c’est d’ores et déjà annoncé, il y aura une édition, sur le même site, le premier week-end de septembre 2027.

Quand la scène est prise d’assaut, il reste les activités qui plaisent énormément aux enfants.

La présidente, Hilde, tient à remercier les festivaliers et tous ceux qui ont rendu cet événement possible, car en globalité, le festival a réussi à conserver l’esprit bon enfant qui anime généralement ce rendez-vous namurois.

La tyrolienne, une attraction prisée qui a marqué même les artistes de la scène P&V – ReMarck Photos.

On se focalise souvent sur les deux scènes principales, mais les Solidarités tiennent à préserver une approche plus intimiste avec d’autres scènes, réservées généralement à des artistes découverte ou locaux, ainsi qu’un espace débat (le Phare) où sont abordées de nombreuses thématiques qui préoccupent la population.

Vu le chapeau de cowboy, on reconnait facilement des fans de Miki – ReMarck Photos.

C’est d’ailleurs l’une des pierres angulaires du programme soutenu par Jean-Pascal Labille, le secrétaire général de Solidaris, le support historique et essentiel du festival. « On veut garder cet esprit, malgré l’intégration de nouveaux sponsors. Ce festival doit rester une fête, conviviale, solidaire et familiale. La musique est devenu le cœur battant de l’événement, mais les différents villages (enfants – sports – associations) font partie intégrante du concept. On ne verra sans doute pas 10 000 personnes aux conférences débats (il n’y aura de toute manière pas la place pour autant de monde), mais 250 personnes ont assisté aux échanges avec Salomé Saqué. Ce n’est pas négligeable ».

Après le rush de l’ouverture, le poste des entrées a retrouvé un rythme plus habituel – ReMarck Photos.

Abordons désormais la question des chiffres avec le coordinateur général de l’événement, Denis Gerardy.

« Vendredi, nous avons comptabilisé 16 900 entrées. Samedi, 30 000 et dimanche 21 000. Nous ne sommes pas dans une course aux records, mais il est vrai que nous visons quand même un objectif de 60000 personnes sur le week-end lorsque nous établissons notre feuille de route. C’est la jauge qui nous permet d’être à l’équilibre. »

Les chanceux des premiers rangs étaient ravis du spectacle, même le samedi – ReMarck Photos.

Avec près de 68 000 festivaliers, le cap est largement dépassé. C’est donc une réussite, au niveau économique également.

« Il faudra clôturer les comptes dans les semaines suivant l’événement pour en être sûrs, mais c’est effectivement ce qu’il se dégage, avec une affluence supérieure aux chiffres de l’an dernier. Mais nous sommes conscients que la mobilité et les entrées ont pu causer du tracas à certaines personnes samedi.

Miki était attendue de pied ferme par de très nombreux fans – ReMarck Photos.

« En fait, nous avons été « victimes » (mais en positif en fait) de l’effet TeddyBear qui a vu sa notoriété grimper en flèche en 3 mois. Vu les plages d’ouverture du site, il est impossible de maintenir tout le personnel en alerte durant les 3 jours en continu. Nous établissons donc des grilles horaires avec une « montée en puissance » du nombre de personnes mobilisées en fonction de l’estimation de fréquentation à telle ou telle heure. Je dois reconnaître que l’on s’est planté sur l’estimation du samedi en début de journée. Nous attendions une arrivée progressive du public, comme le vendredi, avec un pic vers 17 ou 18h00. Mais dès l’ouverture, vous étiez plusieurs milliers à vouloir venir sur le site. En fait, 12 000 personnes ont débarqué en 1h30, très tôt dans l’après-midi. »

Le public était déjà au poste pour les premiers concert, comme ici pour Anais MVA – ReMarck Photos.

On en déduit que le personnel engagé à ce moment a fait de son mieux mais n’était pas en nombre suffisant pour drainer un tel afflux, que ce soit au niveau des parkings mais aussi des entrées.

A chacun son astuce pour retrouver ses proches dans une telle foule – ReMarck Photos.

« Nous allons également penser à revoir l’infrastructure d’accueil, pour le food, les bars, les sanitaires … mais à côté de cela, il ne nous a été rapporté aucun incident majeur, malgré une foule importante (30 000 personnes le samedi) comportant près de 9 000 enfants ».

On saluera en effet le travail des bénévoles et des services de sécurité car oui, il y a eu des enfants « égarés » momentanément, mais tous ont rapidement été retrouvés par leurs parents aux points désignés.

Les sourires étaient de sortie ce week-end

Nous apporterons également quelques précisions concernant l’offre food et bars. Il y a effectivement eu des files, parfois assez importantes (des marchands nous ont relatés qu’ils avaient eu des clients qui avaient attendu 1 h), mais encore une fois, ce fut ponctuel et difficilement évitable. Quand plusieurs milliers de personnes veulent manger à la même heure, ça coince vite. Mais à côté de cela, ces mêmes commerçants sont restés de longs moments sans clients devant leur échoppe.

Aux Solidarités, le spectacle ne se limite pas scènes principales – ReMarck Photos.

Trop is te veel disent nos voisins du nord. L’expression est imagée mais claire. On dira que de ce que l’on a vu et vécu, le site en lui-même peut absorber 30 000 personnes, mais pas lorsqu’une majorité de ces festivaliers veulent aller au même endroit, particulièrement lorsque cet endroit est l’espace situé face à la scène principale et que la configuration des lieux en limite structurellement la capacité.

La roue, un élément indémodable du festival qui a (encore) connu un énorme succès – ReMarck Photos.

Prenez vos 30 000 personnes. Si l’on en place 10 000 devant la scène P&V, 10 000 dans les divers villages décrits ci-dessus, et bien les 10 000 restants pourront voir la scène principale. Mais vous imaginez bien que lorsque l’artiste qui se produit se nomme Soprano, deux tiers des festivaliers ne vont pas bouder sa prestation. C’est là que trouve le nœud principal du problème.

Des sourires, de la bonne humeur et des étoiles dans les yeux – ReMarck Photos.

On en arrive à une situation où malgré une concentration digne d’un banc de sardines dans une boite à conserve, des festivaliers tentent de trouver une vue partiellement dégagée vers la scène, quitte à prendre place dans les couloirs de secours qui doivent impérativement rester libre (ici en l’occurrence les escaliers). Là, c’est un carton rouge. Surtout lorsque certains deviennent vraiment imbuvables avec les bénévoles.

Ne serait-on pas venues pour Christophe Maé ? – ReMarck Photos.

On ferra fi de ces quelques personnes pour saluer toutes les autres, vous en somme, qui avez contribué à la réussite globale du festival. On espère que vous avez pu profiter au maximum des artistes pour lesquels vous vous étiez déplacés, et si ce n’est pas le cas, nous tenterons, au fil des reportages photographiques qui ne tarderont pas à paraître, de vous transmettre un peu de la magie qui a été répandue durant toutes les prestations scéniques.

Les frites ont la cote devant le frontstage – ReMarck Photos.

« On partait dans l’inconnu avec cette modification de date » renchérit Denis Gérardy « mais vous avez adhéré. Les retours des artistes sur le lien qui  été créé durant leurs concerts sont extras. Ils sont enchantés de la participation du public. Nous comprenons que certains parents regrettent que leurs enfants n’ont pas eu la place rêvée, mais nous avons étudié différentes pistes et aucune n’apportait une solution réalisable ».

Du monde, mais aucun souci majeur rencontré durant le festival – ReMarck Photos.

Parmi ces solutions envisagées figurait le placement de plateformes surélevées identiques aux espaces PMR mais il n’est pas possible d’en construire suffisamment pour 9000 enfants et comment faire pour empêcher les parents d’y accompagner leurs bambins, tout en s’assurant qu’ils les retrouveront facilement après le concert ?

Cindy a signé les concerts de Superbus et Ben Mazué – ReMarck Photos.

Autre piste, technologique cette fois, qui a été discutée : projeter le concert de la scène principale sur des écrans décentrés (de part et d’autre de la scène P&V, mais pourquoi pas aussi à d’autres endroits sur le site). Cela aurait l’avantage de permettre à ceux qui n’ont pas de vue sur la scène de profiter quand même du spectacle. L’obstacle est financier car il faudrait que tout le câblage soit effectué en filaire et sans une réelle certitude de ne pas avoir de coupure, sans compter le décalage de l’image par rapport au son. La faisabilité sera toutefois à nouveau étudiée.

La Casa et son ambiance « cosy » – ReMarck Photos.

On pourrait par contre s’orienter vers une inversion des scènes. L’emplacement de l’actuelle scène P&V offre en effet un recul beaucoup plus important et pourrait donc permettre à plus de monde d’être dans l’axe du spectacle. Ce projet n’a pas vu le jour dans la version 2026 car le gazon était assez récent et a besoin de se consolider un peu avant de recevoir autant de monde. En cas de pluies abondantes, le sol aurait en effet été fortement endommagé. Ce projet sera étudié pour l’édition 2027 qui sera, cela est officiel, la dernière sur le site Ecolys.

« Notre bail était établi pour 3 ans. Il a été étendu à 5, mais ce sera la dernière limite. Nous savons que nous devons chercher un autre refuge pour 2028 » précise Denis Gérardy.

La nuit tombée, les lumières transforment l’ambiance du site – ReMarck Photos.

Certains verraient d’un bon œil un retour à la Citadelle, vu tous les commentaires mentionnant que « c’était mieux avant, avec le cachet du lieu ».  Mais rien n’est certain à ce moment. La Citadelle ne pourra en effet pas accueillir un tel flux de festivaliers et encore moins de voitures. Pour exemple, on prendra le cas de l’espace situé à l’arrière du bâtiment principal ; celui que l’on nomme le théâtre de Verdure, idéal pour les enfants notamment avec sa configuration en arc de cercle et ses tribunes surélevées. C’est beau mais limité à 1500 personnes, soit 5% du nombre de festivaliers présents à Ecolys le samedi… Et quid des nuisances pour le voisinage ?

Voici la Place des Arts avant l’affluence … – ReMarck Photos.

On comprend évidemment les critiques de certains, mais nous essayons juste d’expliquer que voir tout en noir n’apporte aucune solution. Avec un peu de recul, on se rend compte que près de 68 000 festivaliers ont profité de shows de qualité, et d’autres activités, pour un prix relativement abordable (comparez avec quelques autres festivals du même calibre et vous verrez…), dans une bonne ambiance générale et que cela c’est le plus important.

La pluie s’est invitée le vendredi en début de soirée – ReMarck Photos.

On se retrouve très vite avec les articles consacrés aux prestations de la plupart des artistes (nous sommes dépendants des accords avec ceux-ci et de notre capacité matérielle à pouvoir accéder à certains espaces, traverser le site avec 30 000 personnes est aussi un réel défi pour nous…), et on peut déjà vous dire que TeddyBear, Soprano, Skip The Use, OMD, Superbus, Louane, Diego, Nous étions une armée ou encore Christophe Maé, Sam Sauvage, Dresscode, Gaëtan Roussel, Miki, ML, Suzane et Mentissa sont bien au chaud dans notre ordi.

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ReMarck

Team
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