Lucky Trolls, de l’Irish punk à la sauce liégeoise.

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Formé en 2017, le quintet originaire de Seraing (Province de Liège) a vu sa cote monter en flèche ces derniers mois, au point d’être sélectionné pour jouer prochainement au Punk Rock Holiday à Talmin en Slovénie.

Ce 14 mai, c’est à quelques encablures à peine de leur ville d’origine que les membres de ce groupe singulier se produisaient puisque qu’ils faisaient partie du line-up des Anthisnoises 2023. C’est à cette occasion que Romain, l’un des guitaristes de la formation nous a accordé cette interview.

Romain, si un EP de 4 titres était sorti en 2019, c’est bien la première bougie de votre premier album que vous venez de souffler ?

Effectivement. « Raised fist and Rebel Songs » a un an…et quelques jours à peine puisque nous avions fait le pari de sortir notre premier album un vendredi 13. On peut dire que cela nous a réussi car depuis, la vie du groupe a radicalement changé.

Anne-Sophie, violoniste, est la seule membre du groupe à venir de la pop et non du punk.

Vous êtes classés comme un groupe d’Irish punk. Pouvez-vous nous expliquer cette association de genres ?

Il est, à vrai dire, peu aisé de nous « classer » quelque part car nous puisons dans plusieurs influences. On parle de musique celtique car nous avons une très forte inspiration irlandaise en ce compris son folklore. Nous tournons ainsi à plein régime lors de la Saint-Patrick. Mais nos textes engagés et notre énergie sur scène nous rapprochent plus des groupes punks. Ces deux versants de notre identité se retrouvent d’ailleurs dans nos instruments aussi. Le violon, la guitare et le bouzouki irlandais tirent vers notre penchant « Irish » tandis que la basse et la guitare électrique nous rapprochent de l’autre courant évoqué. Cela dit, nous ne sommes pas les premiers à voguer ainsi entre deux eaux, nous ne faisons que nous approcher de ceux qui nous inspirent fortement, The Pogues et les Dropkick Murphys.

On attend avec impatience que vous nous présentiez le groupe.

Nous sommes 5, tous issus d’autres formations à la base. On chante tous, sauf notre batteur, Gilles. Pour faire le tour, puisque je viens d’évoquer Gilles et sa boîte à bruit, Anne-Sophie est violoniste, Fabrice bassiste et Nicolas et moi sommes guitaristes. Je disais donc que nous provenions d’autres formations, et c’est d’ailleurs une particularité de notre groupe, l’idée de base était juste de se rassembler ponctuellement autour d’une thématique particulière. C’est parti comme une blague qui a finalement pris le pas sur le reste puisque The Lucky Trolls est désormais plus connu que nos autres formations respectives. On est ravis, mais sans pouvoir expliquer comment s’est développé cet engouement un peu inattendu. D’autant que nous n’avons pas été gâtés par le calendrier à nos débuts. Le projet a pris forme dès 2017, mais nous étions encore alors aux études et forcément moins impliqués. Nous avions toutefois bouclé un EP en 2019 et étions prêts à entamer une tournée qui fut sans doute la plus courte de toute l’histoire du show business. Nous avons en effet joué un seul concert avant que tout s’arrête à cause du Covid. Notre succès actuel est une belle revanche sur cette foutue pandémie (rire).

Le bouzouki remplace la guitare électrique pour certains morceaux.

Etonnement, votre logo est un trèfle, mais bien à trois et non à quatre feuilles.

Justement, on voulait se démarquer car la 4e feuille est un symbole de chance. Or nous n’en n’avons pas besoin, nous l’avons déjà dans notre nom. Cela dit, nous ne sommes pas contre un petit soutien du public, nous avons une belle gamme merchandising. Je dis ça…

Peut-on considérer qu’en tant que porte-parole vous êtes le leader naturel du groupe ?

Non. J’en suis le fondateur, mais il n’y a aucun lead chez nous. Chacun tient un rôle dans le processus musical, mais aussi dans les tâches annexes.

Chacun a donc participé à l’élaboration de l’album ?

Nous n’avons pas travaillé de manière systématique. Parfois l’idée venait d’une thématique ou d’une mélodie. Nous partions donc du texte vers la musique, mais aussi dans le sens inverse. Et la réflexion se faisait chacun de son côté ou en groupe. C’était vraiment au cas par cas pour chaque morceau, mais in fine, chacun y a mis sa griffe. Et même si ce n’est pas encore officiel, je peux d’ores et déjà vous glisser ainsi entre les lignes que nous planchons sur le deuxième opus. Il commence seulement à sortir de nos doigts, à germer dans nos esprits… mais le processus de création est lancé.

Cela ne veut pas dire que nous allons délaisser la scène pour la cause. Le contact avec le public, c’est notre truc. Nous sommes à environ 100 dates déjà, et ce n’est pas prêt de s’arrêter car nous venons de signer avec l’agence de booking Intersection pour la Belgique et Rage Tour en France (NDLR : un tourneur qui vient d’ailleurs d’ouvrir une section entière dédiée à la musique celtique sous l’appellation KELTIK Live).

Vous ne cachez pas vos affinités avec Celkilt, groupe français, mais c’est pourtant bien plus loin de nos contrées encore que vous comptez aller rallier de nouveaux fans.

C’est vrai que jusqu’ici, nous nous produisions le plus souvent en Belgique, France et Suisse. Mais cette fois nous avons décroché notre passeport pour le temple du punk rock en Slovénie. C’est une véritable reconnaissance pour nous d’autant que ceux qui nous ont influencés, Dropkick Murphys, y joueront aussi. C’est comme un rêve d’enfant qui se réalisera.

Mais aucun trip en Irlande prévu ?

Etonnement, nous n’avons encore jamais passé la manche. Nous n’avons donc pas encore eu l’occasion de jouer en Irlande, mais il est probable que cette occasion ne se présente jamais. Ici, notre style de musique est singulier. Mais en Irlande, vous trouvez des groupes comme nous à chaque coin de rue. Il faut aussi tenir compte du fait que nous avons tous un travail, une famille, des occupations. Tout cela prend du temps. Mais si on nous invite, on peut toujours aviser…

En attendant, c’est bien aux Anthisnoises que vous venez de rencontrer un nouveau succès. C’était là l’un de vos plus courts déplacements (quelques kilomètres à peine à vol d’oiseau).

Oui car nous sommes essentiellement issus de la région sérésienne. On avait déjà joué à Anthisnes il y a un certain temps et nous avions vraiment apprécié l’ambiance qui y régnait. Quand on a eu la confirmation qu’on y retournait, nous étions ravis, même si logistiquement le timing fut serré. On s’est en effet produit à Nantes (France) au Hell’Celt Rock Heaven, la veille. Côté déplacement on a donc finalement bien donné. On a écourté la nuit, roulé de petit matin et on était à l’heure pour notre show. Il faut avouer que c’est clairement la date qui nous chauffait le plus sur notre calendrier.

On a vérifié sur viamichelin, 750 kms pour le chemin le plus court, huit heures de route sans compter les éventuels ralentissements, et malgré cela, les « Trolls chanceux » étaient bel et bien au rendez-vous, avec toute l’énergie qui les caractérise.

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ReMarck (84)

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