Etre artiste n’est pas donné à tous. Certains diront qu’il faut du talent, d’autres du travail et de l’apprentissage, tous se rejoindront en accordant que la chance joue également un rôle dans cette production, sous forme d’opportunités, saisies ou non, transformées en essais ou abandonnées comme une lettre morte.

Quand la géopolitique s’en mêle également, cela peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. C’est ce que raconte Noga Erez dans le documentaire « Noga » qui vient d’être projeté au festival de Tribeca aux Etats-Unis.

Quelques mois plus tôt (avril), la chanteuse s’était rendue à Coachella pour y performer en tant que première artiste israélienne à recevoir cet honneur. On comprend dès lors pourquoi les projecteurs sont désormais tournés vers elle et son compagnon, le musicien et producteur Ori Rousso qui occupe une part importante dans ses œuvres.

Noga Erez exprime en effet publiquement, dans le documentaire, mais aussi lors des interviews auxquels elle participe, les difficultés qu’elle peut, et que d’autres issus du même pays, Israël en l’occurrence, peuvent, rencontrer depuis le renforcement des conflits du côté de Gaza.

La jeune maman tient à souligner qu’elle n’a jamais soutenu la guerre et se montre d’ailleurs souvent critique concernant la gestion des événements et de la crise qui en découle par les autorités de son pays, mais elle explique que cela n’empêche pas vraiment d’écarter systématiquement les artistes israéliens de certains événements, culturels ou sportifs.

Cela n’a pas empêché l’artiste de se produire régulièrement aux Etats-Unis ou en Europe entre 2022 et 2026, avec notamment un passage au Cabaret Vert (Charleville-Mézières) le 20 août 2022 sur la scène Illuminations, nantie d’un créneau compris entre les prestations de Madness et Liam Gallagher sur le coup de 22h10.

En Belgique, l’artiste s’est déjà produite à l’Ancienne Belgique (dès 2017), au Botanique (2022), ou plus récemment à la Madeleine (novembre 2025), mais c’est bien chez nos voisins d’Outre-Quiévrain que Noga Erez avait décidé de passer une partie de l’été avec un passage à Rock-en-Seine mais avant cela au Cabaret Vert où cette fois, c’est la scène Zanzibar qui lui déroulait le tapis rouge.

Un retour que la chanteuse n’a pas loupé. Il faut dire que le concert était enregistré pour Arte. Pour l’occasion, Noga avait sorti la veste et noué la cravate… mais avec un short et des hautes chaussettes noires, dont l’une portait une inscription blanche. Et oui, Noga Erez aime marquer les esprits. Son show est à l’instar de son œuvre, insaisissable.

On la présente en effet souvent comme une artiste de la vague électro-pop mais elle est capable de vous sortir un couplet rappé digne des représentants les plus mythiques du style. Et l’influence du jazz se ressent dans certaines compositions, ou lors des transitions. Et que dire de cette ressemblance musicale, comportementale et même physique avec Billie Eilish ?

Cette fois, c’est la scène principale qui lui était dédiée à Charleville-Mézières, mais en ouverture de journée. C’est un pari car le public n’est pas toujours réceptif dès les premières notes. La plaine semblait d’ailleurs bien vide au moment d’entamer « Duck Season ». La personnalité de l’artiste et sa voix envoutante n’ont toutefois mis que l’espace d’un seul morceau pour rameuter les troupes devant la scène. C’est bien devant une foule fournie que Noga Erez présenta « Dumb ».

La voilà partie pour une heure de concert, un tour d’horloge passé bien vite finalement. C’est plutôt bon signe : ne dit-on pas que le temps passe trop vite quand on s’amuse ?

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.

























