Le métal sous toutes ses formes au Graspop.

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La Belgique est (re)connue à travers le monde comme l’un des pays les plus festifs de la planète. La jovialité de nos concitoyens n’est certes pas étrangère à cette allégation, mais disons que ce n’est probablement pas le facteur le plus déterminant.

Jusqu’au début des années 2000, notre territoire pullulait véritablement d’endroits où la musique résonnait régulièrement, les week-ends évidemment, mais aussi en semaine. On appelait ces boîtes à musique des discothèques. Il en reste, mais beaucoup moins qu’à l’époque. Devrions-nous alors perdre ce titre non officiel de pays « festif » ? Non, car nous avons beau nous prendre la tête à chaque élection pour composer une coalition politique viable, notre territoire est bien divisé en trois régions et autant de communautés, nous ressentons autant que nos voisins les contrecoups des diverses pandémies et heurts internationaux, cela ne nous empêche aucunement de toujours garder dans la tête un espace libre pour la culture musicale partagée.

Wolfmother au Cabaret Vert en 2023.

Et quoi de mieux pour unir ce besoin de musique et cet esprit de communion que de fréquenter les festivals ? Et disons que dans ce domaine, la Belgique reste vraie une référence. De part le nombre, mais aussi la qualité et l’éclectisme des événements mis sur pieds.

Tomorrowland est la référence mondiale en termes de musiques électroniques, les Ardentes se sont, au fil des ans, constitué une carte de visite plutôt fournie qui les glisse parmi les meilleurs réunions liées à l’urbain, la musique française est défendue sur scène par des festivals aussi renommés que les Francofolies (de Spa, ici), les Solidarités, Les Gens d’Ere, le Feelgood … En fait tous les styles musicaux trouvent leur place dans nos contrées.

Et dans ces styles, l’un des plus représentatifs est assurément le rock, qui n’est évidemment pas effacé de notre paysage vous vous en doutez. Le terme rock fait immédiatement penser à Werchter, où les stars mondiales se bousculent au portillon chaque année.

Basse, guitare, batterie… le rock va encore se la jouer en musique au Graspop.

Mais on va cette fois évoquer la version « métal » du genre. La France a le Hellfest, la Belgique le Graspop.

Quatre jours (du 20 au 23 juin), cinq scènes, plus de 130 concerts … ça va chauffer à Dessel avec cette nouvelle édition du Graspop Metal Meeting qui va sans aucun doute ravir une nouvelle fois les amateurs du genre… ou plutôt de ces genres car à voir l’affiche proposée, on va surfer sur toute la gamme que cette appellation peut recouvrir.

A ceux qui pensent qu’on a vite fait le tour de la question et que cela implique un nombre limité de formations, sachez que la moitié du line-up, soit 66 formations, n’ont encore jamais foulé la scène du Graspop jusqu’ici.

Parmi ceux-ci les Brothers of Metal, un groupe suédois qui aime jouer sur son côté visuel viking tout en se rapprochant, musicalement parlant, d’Evanescence ou Within Temptation. Dans le beaucoup plus local, on retrouvera Brutus, un trio louvaniste de post hardcore soutenu par la voix envoutante de Stefanie Mannaerts

DeathbyRomy – photo promo du Graspop.

Autre style, autre continent avec DeathbyRomy, l’appellation du concept de Romy Flores, cette américaine de 25 ans dont la musique ne dénote aucunement avec son style remarquable. On reste aux States, à Boston plus précisément, avec une formation dont le nom doit parler aux plus anciens, Extreme. Et oui, formé en 1985, le groupe a connu un succès non négligeable avec sa ballade « More than words » avant de se dissoudre. Recomposée depuis quelques années, la bande à Gary Cherone viendra donc rendre visite au public de Dessel pour la première fois.

Mais pour ceux qui aiment les lignes de guitares énergiques et les voix caverneuses, c’est plutôt vers I AM Morbid, la formation de David Vincent, qu’il faudra vous tourner.

Skynd – photo promo du Graspop.

Dans un tout autre concept, pourquoi pas découvrir Skynd ? Une chanteuse australienne et son multi instrumentiste surnommé Father intronisent l’électronique dans des compositions dont le thème principal est la mort et les plus particulièrement les meurtres sanglants. Pour rester dans l’atmosphère un peu glauque, n’hésitez pas non plus à faire un petit crochet par la scène où se produira Wargasm. C’est anglais, c’est punk, c’est dark.

Si votre kiff c’est la guitare, ne louper pas non plus Wolfmother. Le groupe n’est pas jeune (formé en 2004), certes, mais pour les avoir vus au Cabaret Vert l’an dernier, je peux vous assurer que le guitariste est loin d’être un manchot.

Les Australiens de Wolfmother, de retour aux affaires.

Vous imaginez bien que nous n’allons pas décortiquer ici les 66 formations néophytes du Graspop, mais ce petit éventail vous montre la diversité et la qualité de ce qui pourrait vous attendre à Dessel, d’autant que nous avons gardé pour la fin deux groupes asiatiques qui ne manquent pas de fans. Avec Hanabie vous serez au cœur du metalcore distillé à Tokyo. Ne vous fiez pas à leur physique de petites starlettes sortie d’un manga, vous seriez étonnés de ce qu’elles peuvent fournir comme énergie. Et qui parle métal féminin à Tokyo pense évidemment à Babymetal. Et oui, les reines du kawai métal seront, elles aussi, de la partie.

Et bam, la bombe a explosé, ça y est, vous voulez en être. Et bien dépêchez-vous car il ne reste quasiment plus aucune place disponible. Le Graspop est en effet une référence qui fait recette, et les ingrédients de cette année sont tels que la sauce devrait encore bien prendre.

Wolfmother, un guitariste hors pair.

Ah oui, dernière petite chose, on vous a mis l’eau à la bouche, mais n’oubliez pas qu’à côté de ces « novices » du Graspop se produiront également des formations qui ont déjà foulé la scène de Dessel comme Biohazard, Body Count ft Ice-T (et oui avec le rappeur acteur), Judas Priest, Machine Head, Megadeth, Pain … et ces légendes que sont Alice Cooper, Deep Purple ou encore Scorpions.

En résumé, vous ne saurez même peut-être pas où donner des oreilles tant le programme est fourni et alléchant. Pour notre part, on vous concède qu’une prestation est attendue plus que les autres encore, celle de Tarja. Soprano finlandaise, Tarja Turunen n’est autre que la chanteuse de Nightwish dont les capacités vocales sont impressionnantes. Pour situer un peu à ceux qui ont difficile de s’imaginer ce que le classique peut apporter au métal, Tarja est souvent comparée à Sharon Den Adel (Within Temptation) et Amy Lee (Evanescence).

ReMarck (94)

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