Les Francofolies de Esch-sur-Alzette ont une place privilégiée dans le calendrier puisqu’elles ne sont pas loin de pouvoir sonner les cloches du début de la saison estivale des festivals.
Il est donc très attendu par les amateurs de musique, mais aussi par les fêtards qui trouvent là l’occasion de pouvoir retrouver des amis et les familles puisque les activités proposées s’adressent à tous les âges et que l’événement se déroule, principalement (même si désormais des activités Hors-murs sont mises en place), au sein d’un superbe parc arboré, celui du Gaalgebierg, sur les hauteurs d’Esch.
Comme expliqué dans nos articles précédents, le public cible n’était toutefois pas vraiment le même les trois jours durant. Le style résolument urbain du samedi convenait en effet plus aux adolescents adeptes de rap et le dimanche a attiré de nombreux jeunes plus orientés musique française avec les participations attendues d’Helena, de Christophe Maé et du maître incontesté du top 50, Gims.
Reste le vendredi me direz-vous. Et vous avez raison. Et ce jour d’ouverture est inclassable vu la diversité des profils artistiques proposés. Du rap pop US de Macklemore au rock de Marcy, en passant par la folie scénique de Sam Sauvage ou encore les sons technos de Mosimann, difficile de cerner une ligne directrice, et donc un public cible. Du coup, c’est un melting pot indéfinissable qui a pris place devant la Bat Stage, nom donné depuis cette édition à la scène principale, pour le show d’ouverture de ce lieu programmé vendredi à 19h05.

Pourquoi parler de l’heure de programmation, parce que le spectacle va prendre un peu de retard. En cause, semble-t-il, un souci technique, qu’Arthur Teboul définira comme une absence totale de retour sur scène.
Finalement, Arthur et ses comparses de Feu!Chatterton décident de se lancer dans le bain sans leurs bouées, ou ici en l’occurrence sans retour plateau, ce qui peut être particulièrement dérangeant.
Qu’à cela ne tienne ! Le groupe est suffisamment rôdé pour assurer malgré ce bug technologique. Il faut dire que si les textes sont poétiques et les musiques mélodieuses, voire même berçantes par moment, le quintet regorge lui d’énergie lorsqu’il est au contact du public.
Cette date ne fera pas exception à la règle, Arthur Teboul, Sébastien Wolf, Clément Doumic, Antoine Wilson et Raphaël de Pressigny sont en forme pour défendre leur nouvel album, le 4e du groupe, intitulé Labyrinthe, et porté par le déjà célèbre « Allons voir » qui rentre sans aucun heurt dans le moule Feu!Chatterton.

Avec ce problème technique et une assistance pas nécessairement venue spécialement pour eux, les membres du groupe devaient relever un double défi, comme une sorte de montagne gonflable, mais qui s’est dégonflée d’elle-même en quelques instants à peine tant l’assistance s’est retrouvée dans l’engouement d’Arthur et dans la justesse de ses textes.
Comparaison n’est pas raison dit l’adage, et c’est vrai que chacun trouvera son parallélisme ou non avec d’autres artistes, mais l’œuvre générale du groupe nous fait étrangement penser au regretté Alain Bashung. Les textes mettent en avant la langue française dans sa meilleure composition (c’est sûr qu’à ce niveau, on aurait difficile de le rapprocher d’Aya Nakamura), les mélodies sont planantes et les chansons sont construites comme des scénettes avec des toboggans d’intensité qui permettent à Arthur de se lancer dans des performances remarquées.
Le public était sans doute venu voir Macklemore, Mosimann et Miki, il a pu profiter de l’ambiance poétique qu’à répandu au sein du parc Feu!Chatterton. Et si vous ne connaissez pas la plume de monsieur Teboul, en voici un tout petit extrait sorti au hasard des compositions du nouvel album :
« Un soir où je broyais du noir
J’étais seul au milieu d’une ombre
Je me noyais sur les boulevards
Quand elle a surgi dans mon ombre
Elle m’a dit « la rumeur court »
Que la mort nous suit aux semelles
Elle m’a dit « la rumeur court »
« Et toi, tu devrais faire comme elle » (extrait de « Baisse les armes »)

Et pour l’engouement, nous vous conseillons un titre que vous avez certainement déjà entendu, « Monde Nouveau » dont le premier couplet colle étrangement aux conditions climatiques actuelles :
Un vent, un grand vent nouveau
Soufflait sur le pays très chaudement
Dans un bain, un bain de foule dévot
À moitié ébahi, on se mouillait mollement
La glace fondait dans les Spritzs, c’était à n’y comprendre rien
Tout le monde se plaignait en ville du climat subsaharien
On n’avait pas le moral mais l’on répondait bien
À tous les mots, les traits d’esprit du serveur central
Retrouvez Feu!Chatterton au Cabaret Vert (Charleville-Mézières) le 21 août ou dans les bacs et streamings avec l’album « Labyrinthe » (et ses trois prédécesseurs).
Les clichés du festival sont disponibles sur la page FB – ReMarck Photos.

























