« Jeune artiste à la bouille d’ange, propulsée sur le devant la scène en quelques semaines grâce à l’appui des médias, sortant son premier album, composé essentiellement par l’IA et quelques participations externes ». Voici grosso modo ce qui circule ou a circulé sur les réseaux en 2025, et début 2026, soit dès qu’elle a entamé la promotion de son EP, Graou.

Des critiques acerbes qui ont, même si elle explique arriver à prendre un peu de recul sur les événements comme si elle vivait dans l’espace laissé entre les doubles vitrages, touché l’artiste au point d’en retrouver deux fameuses références dans son premier album sorti en octobre 2025.
La première est évidemment le nom même de cet album : Industry plant. Sorte de tacle assorti d’autodérision « plantant » le décor. « Gainsbourg l’a fait avec son Homme à la tête de chou » explique Miki, « et bien si l’on m’accuse d’être une plante, je joue le jeu. Que pourrons encore écrire ces détracteurs après cela ? ».
Et comme la peinture tient toujours mieux avec deux couches, elle remet le couvert en réglant « gentiment » ses comptes dans l’intro de cet album, intitulé YES, en écrivant notamment : « J’vomis tous les mots qu’on dit de moi sur internet. Ils s’impriment sur ma peau du coup j’y crois, ça me fait mal à la tête ».
Cette plage n’existait pas lors de la conception même de l’album. Il est venu en dernier, en réponse à beaucoup de critiques, car Miki ne ressemble pas vraiment au portrait décrit en intro dans le présent article. Et oui, il ne faut pas s’arrêter aux apparences. On vous explique pourquoi.

Parlons d’abord du contenu de cet opus. « Tout est vrai à 99% » commente l’intéressée en interview. « C’est biographique, ou tout du moins c’est ce qu’ai ressenti, ce que j’ai vécu » relance-t-elle. Exemple concret : Hajima. Ce terme est utilisé en Coréen pour mettre en garde, verbalement, or la maman de Miki est Coréenne. L’artiste est en effet un délicieux mélange issu de multiples cultures puisque si sa maman est Coréenne, son papa est Français et Miki a passé la plus grande partie de son enfance au Luxembourg avant de terminer ses études à Londres. « Hajima est sans doute le mot que j’ai le plus entendu dans mon enfance. Il retentit encore dans mon esprit comme un reproche car il est généralement exprimé avec un ton sec. En fait cela signifie « ne fais pas ça ».
Miki s’est déjà expliquée sur la plupart des morceaux, donc on va passer au point suivant, d’autant qu’en réalité, tant que cela plaît et que c’est dansant ou chantant, on ne va pas s’en priver. Le plus bel exemple est « Particule » qui cartonne véritablement en Belgique. Et oui, le plat pays n’a pas attendu pour reconnaître le talent de Miki. Pourtant, s’il est « bon public », celui de Belgique n’en demeure pas moins sélectif, appréciant autant la qualité que ses homologues voisins.

Et quid de cette jeune fille propulsée directement sous les projecteurs par sa maison de disque ? Elle a beau avoir un visage de poupon, Miki a 28 ans. Elle a débuté dans la musique en 2020 après avoir suivi notamment 10 ans d’académie de musique (où elle se perfectionne notamment en violon et piano). Or ce n’est qu’en 2025, après avoir tâtonné un peu pour se forger le style qui lui correspond le mieux qu’elle perce enfin. On est assez loin des produits fabriqués par la télé-réalité semble-t-il.
On peut toutefois reconnaître que les médias sociaux ont joué un rôle prépondérant dans l’ascension de Miki, mais c’est le cas de la plupart des artistes d’aujourd’hui. Désormais, Tik Tok, Spotify et les autres plateformes sont devenues un moteur incontournable de l’industrie musicale.
L’étape ultime est donc la confrontation à ce public qui en demande toujours plus, ce qui est logique puisque l’offre est désormais gargantuesque, de nouveaux artistes apparaissant à chaque seconde sur ces « médias ».
Là, encore une fois, Miki a coché les bonnes cases en « upgradant » graduellement ses prestations, débutant calmement dans des salles assez cossues (comme au Botanique) avant de s’attaquer aux espaces plus grandioses.

Sa venue aux Francos de Esch signe encore un « step » supplémentaire car cette fois on parle d’un festival aux accents internationaux, mais surtout Miki a passé son enfance non loin de là. C’est presqu’une locale, en fait. Chaussette blanches hautes, petit short, tee-shirt aux relents de métal et casquette vissée à l’envers, Miki ne déroge pas à son style habituel, la mixité, comme dans sa musique qui recense des élans de pop, rock, rap et électro.
Pas de faux pas à l’horizon. Au contraire. Miki rassemble sur la scène annexe, pourtant assez écartée de la Bat Stage où se produisaient Macklemore et Mosimann. On aurait pu s’inquiéter d’un planning de cet ordre, calée entre ces deux stars attendues par le public, mais Miki a également fait « clairière » pleine, démontrant que son succès est loin d’être virtuel.

Cap désormais sur un été torride, car l’artiste est l’une des plus bookées pour la saison 2026 des festivals (25 apparitions prévues), nouvelle preuve de son essor actuel. On vous renverra sur les sites concernés pour de plus amples informations, mais on pointera toutefois sa participation :
aux Ardentes (Liège) le 5 juillet,
au Cabaret Vert (Charleville-Mézières) le 22 août,
aux Solidarités (Namur) le 05 septembre
et au Nancy Jazz Pulsations le 13 octobre avant une date en salle,
à l’Ancienne Belgique, le 22 octobre, qui nous concerne plus particulièrement.
Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
























