Bien qu’étant le pays le plus peuplé d’Amérique du Sud avec 213.5 millions d’habitants (selon les chiffres officiels de 2026), le Brésil demeure une exception parmi ses voisins géographiques, la langue nationale n’y étant pas l’espagnol, qui berce (quasi) tous les pays situés sous la frontière des Etats-Unis, ni même l’anglais haché façon US cher à Donald.
C’est en effet le Portugais qui règne en maître incontesté au pays de la Samba, du carnaval de Rio et des artistes du ballon rond.

Vous imaginez bien qu’avec une telle population, le Brésil recèle de nombreux artistes, notamment en chant, mais combien pourriez-vous en citer sans utiliser une recherche internet ?
Pas évident, n’est-ce pas ? Même si certains sont de véritables stars adulées entre leurs frontières, très peu s’exportent jusqu’en Europe. Ils vont bien de temps en temps chez leurs cousins lusitaniens, mais les territoires situés hors de l’axe Porto-Lisbonne semblent demeurer, pour eux, des terres hostiles peu propices à répercuter leur talent.

Etonnant à l’ère d’internet où les échanges internationaux se multiplient à tous niveaux (sports, commerce, recherche et développement, tourisme…). Mari Froes pourrait (enfin) pousser cette porte invisible et montrer le chemin à suivre à ses compatriotes.
Inexorablement, le Brésil est associé aux genres musicaux Bossa Nova et Samba, et le portugais nous fait dériver vers le fado, mais Mari Froes ne s’arrête pas à ces clichés. Sa « touch », la jeune chanteuse la puise dans un mélange de MPB (musique populaire brésilienne), pop, jazz et folk.

Tout un programme en soi pour une si jeune pousse (23 ans). Et pourtant, derrière ce visage d’adolescente angélique se cache une artiste redoutable qui construit patiemment son succès depuis près de 7 ans.
Vous aurez fait le calcul rapidement, c’est bien à 16 ans que cette auteure-compositrice-interprète née à Anápolis (Goiás, Brésil) sort ses premiers titres. Quelques mois plus tard, c’est au tour du premier EP de pointer le bout du nez.

Nous sommes alors en 2020 et vous imaginez bien qu’avec la pandémie qui fait rage, les artistes doivent trouver des solutions alternatives. Comme beaucoup de jeunes, Mariana va se tourner vers les réseaux sociaux et y constituer une communauté qui accroche rapidement à son timbre de voix chaleureux. Pari gagnant puisque son mini-album atteint les 20 millions d’écoutes.
Le train est lancé et visiblement sur de bons rails puisque l’artiste compte désormais plus de 1,3 million d’abonnés sur Instagram, plus de 6 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify, plus de 2 millions de fans sur TikTok et plus de 935 000 abonnés sur sa chaîne YouTube.

Le Brésil est grand et se met à plat ventre devant Mari Froes, mais ce petit bout de femme voit plus loin, au-delà des océans. Elle décide en effet de conquérir d’autres continents, et dans ses plans figure en haut de liste l’Europe. Avec le Portugal, elle dispose en effet d’un point de départ idéal.
Le succès est au rendez-vous, mais essentiellement auprès d’amateurs avertis de musique sud-américaine, dans un premier temps… car en 2024, la carrière de Mari Froes va prendre un fameux coup de projecteur. Son titre « Gabriela » interprété dans l’émission COLORS la révèle au grand public qui découvre une pétillante jeune fille dont l’univers musical nous emmène au bord des plages ensoleillées de son pays natal.

Cela aurait pu être un « one-shoot » mais la chanteuse a embarqué dans sa valise quelques partitions de qualité qui vont ravir le monde musical international. « Figa de Guiné » et « Colombina » ne sont pas étrangères à ce coup de boost, mais c’est surtout sa collaboration avec le duo électro français Trinix qui va la propulser dans les hits. Ce titre, c’est « Vaitimbora ».
Impossible de passer à côté de cette ode aux vacances (déjà plus de 35 millions d’écoutes). En quelques notes, vous vous imaginez à Cuba, sur les plages de Cancun ou …Copacabana évidemment.

Ce 31 mai, c’est à la Rockhal de Esch-Sur-Alzette que Mari Froes se produisait. Un événement en soi car c’était, malgré le lien qui semble exister entre les deux pays (de nombreux Luxembourgeois s’exilent désormais au Brésil), la première fois qu’elle se produisait au Luxembourg, contrairement à l’Allemagne, la France ou encore la Belgique qui avaient déjà trouvé grâce aux yeux de la belle Mari lors de tournées précédentes.
Et bien, on peut vous assurer que le public qui avait effectué le déplacement n’a pas regretté sa soirée. Mari Froes, tout de blanc vêtue, leur a offert un récital doux comme un léger cocktail rafraichissant servi en bord de plage un jour d’été au moment du coucher de soleil.


Accompagnée de ses musiciens (un guitariste, une claviériste, un batteur, un percussionniste et un trompettiste aussi habile à la flûte), la talentueuse artiste a pris l’assistance par la main pour l’emmener visiter les plus belles mélodies de son pays lointain à travers son répertoire, déjà bien fourni, mais en y glissant également l’un des incontournables faisant presque partie du patrimoine national, Bésame mucho.

Il y avait un peu de Brésil à Esch, mais il y aura certainement beaucoup de Mari Froes sur les ondes prochainement tant cette chanteuse peut se montrer touchante même sans artifice de mise en scène.

Et au rayon des découvertes, nous ne pouvons passer sous silence l’artiste d’ouverture, Luca de Dios (Luca Vaillancourt de Dios en fait), qui fait rimer poésie, mélancolie et … guitare, le tout en espagnol. Là encore, pas de structure démesurée ou de jeux de lumières éblouissants, mais un homme seul avec son tabouret, sa guitare et quelques minutes pour proposer son univers et quelques morceaux de son album « De Amor y Desamor » qui sortira en octobre (Release party le 16 octobre à Dudelange).

D’ici là, le public luxembourgeois pourra le retrouver à la Fête de la Musique à Luxembourg le 12 juin, au Flow Festival (Sanem) le 18 juillet, au Cozy Morning concert (Vianden) le 19 juillet ou encore à l’Echterlive Festival le 26 juillet.

Et pour assister à l’une des prestations de Mari Froes me direz-vous ? Et bien sa seule date encore prévue en Belgique sera le 11 juillet au Gent Jazz Festival, sinon il vous faudra vous rendre en Allemagne, Suisse, Italie ou au Portugal.
Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

























