Une cure de jouvence signée Les Gens d’Ere.

« Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé » chantait Matmatah en 1998. Depuis, 26 ans se sont écoulés, on a changé de siècle, et même de millénaire, mais cette chanson procure toujours autant de joie dans l’assistance. Il faut dire que si le groupe a pris de l’âge en même temps que son titre phare, on est loin d’avoir en face de nous de vieux grabataires proches de rejoindre une maison de repos. Cela ne se passe pas non plus à Lambé, ni à Brest, d’où est originaire le groupe, mais bien à Ere, une commune rurale de la région tournaisienne habituellement fréquentée par 750 habitants. Ici, plusieurs milliers de festivaliers sont encore présents pour le dernier jour de l’événement qui a fait « prairie » comble la veille. On commence à voir sur les visages de certains que les heures de sommeil ne suffisent plus à combler l’énergie dépensée à se mouvoir sur les titres de tous les artistes, mais qu’à cela ne tienne, on est là pour profiter encore comme il se doit de ce rush final festif. Ce ne sont, vous vous en doutez, pas les Bretons qui ouvrent le bal dominical mais bien Nicolas Dieu, le chanteur de Mister Cover, qui a désormais ses habitudes à l’endroit. Il était en effet encore là l’an dernier, mais aussi ce vendredi pour le premier jour de festival. Cette fois, point de band spécialisé dans les reprises, mais bien des chansons en français produites dans le concept de « Oh mon Dieu », un nom évocateur évidemment en référence à l’identité de sa personnalité forte. Le groupe suivant en comporte quelques-unes, des personnalités, avec Sébastien Préaud (basse), Massimo Panza (guitare), Hervé Tricot (batterie) et Cendrine Ketels (chant) facilement reconnaissable à la frange de couleur qui trône en front d’une chevelure noir corbeau. At Night est un groupe assez jeune (formé en 2022), originaire de Mons, qui se distingue par la voix puissante et marquée de sa chanteuse. Groupe nous étions, groupe nous restons avec Space Alligators, un quatuor tout droit venu du nord de la France. Ils ne se prennent pas vraiment au sérieux dans leurs clips, que l’on vous invite d’ailleurs à regarder, comme celui de « London Tropical » ou encore « Les Amours de Vacances », mais sur scène ils n’ont rien à envier à la plupart des plus vieux briscards qui oeuvrent encore sur les planches. On traverse l’océan pour se donner rendez-vous au Québec avec Clay and Friends, un quintet construit pour la scène aux accents soul, hip-hop et funk. Le show est assuré par Mike Clay qui glisse quelques références à la région et au festival dans ses improvisations rappées, mais aussi par le duo de cordes composé par Clément Langlois-Légaré et Pascal Boisseau. Quand ces deux-là se lâchent, ça part en live… Une autre louve qui acère ses crocs actuellement se nomme Doria D. Son premier album « Dépendance » avait fait mouche, son nouvel opus, « Je cherche encore… », est tout aussi précis et intéressant. Son quotidien y semble toujours aussi tourmenté (certains titres portent les noms révélateurs de « Questions » ou encore « Colère ») et pourtant ses prestations scéniques sont gaies et rafraichissantes. La Louvaniste (24 ans) n’était donc pas encore née au moment de la sortie de l’album « La Ouache ». De retour sur les planches, Tristan Nihouarn (chant/guitare) et ses potes musiciens montrent que les « papys » font une belle résistance, surtout lorsqu’ils se reposent sur le jeu scénique assez déjanté du petit jeune fraîchement débarqué dans la troupe, Léopold « Léo » Riou. Il rend 20 ans à ses collègues de scène, mais c’est bien lui qui dicte le rythme et fait le show, rendant presqu’une nouvelle jeunesse au rock « folklorique » de Matmatah. Un rapide détour par le chapiteau où le groupe au logo moustache, les pétillants « Deluxe », en profite pour tester quelques nouveaux morceaux et l’on reprend une bouffée de jeunesse éternelle avec l’entrée en scène de Kyo. Ben est particulièrement en voix et en jambes. Il frappe fort dès les premières notes avec le titre qui a servi de base au succès du groupe, « Le Chemin », de l’album du même nom sorti en … 2003. Et oui, nous voici encore à rivaliser avec Marty McFly. Pas besoin d’une DeLorean trafiquée quand on a un juke-box magique. « Je cours », « Dernière danse », « le Graal », la discographie de Kyo est telle que le concert file à une allure non mesurable, un peu comme Léon Marchand dans un bassin de natation. Mais une bonne nouvelle se profile à l’horizon puisque le groupe devrait retourner au studio d’enregistrement en septembre ! Un nouvel album est en effet en préparation. Pas question toutefois de se quitter ainsi, sans un bouquet final. L’an dernier c’était Kid Noize aux platines. Cette année, c’est… Kid Noize qui remet le couvert. On ne change pas une équipe qui gagne. Ceci signera notre clap de fin sur cette édition 2024 de Les Gens d’Ere, une année riche en émotions, mais aussi en nombre de festivaliers puisque l’on devrait être proche d’un record. RDV en 2025 ? Retrouvez les photos du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Médaille d’or pour Les Gens d’Ere samedi.

La journée de vendredi avait déjà été une réussite en termes d’ambiance et de fréquentation avec plus de 7000 festivaliers. Mais celle de samedi a (presque) battu des records. Vous étiez près de 10 000 sur le site, soit le nombre maximum autorisé au niveau des normes de sécurité. C’est ce que l’on appelle communément un sold-out. Si c’est la situation rêvée pour les finances de l’organisation et des commerçants installés sur l’événement, c’est aussi une grosse responsabilité et des points d’attention supplémentaires notamment sur le plan de la mobilité. Parkings affichant complets, longues files aux échoppes, pas facile de trouver une place au plus près des scènes… oui, il y a inexorablement des inconvénients pour le public, mais mis à part ces quelques perturbations incontournables, on peut parler d’un succès de masse, et d’une bonne humeur généralisée, même si un artiste a un peu bousculé le planning, provoquant un stress momentané de quelques fans quand le présentateur a annoncé qu’il n’était pas encore arrivé sur place à l’heure du début supposé de son concert. Car ce « retardataire » n’était autre que Black M, l’une des têtes d’affiche du festival. Tout rentrera finalement dans l’ordre, si ce n’est un léger décalage d’une trentaine de minutes. L’ancien membre de Sexion d’Assaut attaque direct avec « Sur ma route » comme un clin d’œil à ce petit contretemps vu qu’il était, semble-t-il, bloqué dans des embouteillages. Les tubes s’enchaînent alors comme un juke-box, avec notamment l’incontournable tacle à cette conseillère d’orientation devenue désormais si célèbre (mais non réelle), madame Pavoshko. Un titre sorti voici… 10 ans mais qui n’a pris une ride. Mais effectuons un petit retour en arrière de quelques heures. Il est 14h30, les portes sont sur le point d’ouvrir. Quelques personnes sont déjà là, à trépigner d’impatience. Dès que le signal leur est donné, certaines piquent un sprint vers les deux scènes. Et oui, vu le monde annoncé, impossible d’alterner les deux espaces en restant aux premiers rangs. Voir son / ses artiste(s) préféré(s), cela se mérite. De telles conditions permettent du coup aux artistes « d’ouverture » de bénéficier d’un coup de pub supplémentaire avec, qui sait, un nouveau public à conquérir. La première à hériter du flambeau est Zoé Joséphine, jeune liégeoise que nous avions déjà vue au Baudet’stival. A 5 ans, elle débute le solfège, suivent le piano et l’écriture de ses premiers textes (10 ans). A 13 ans, elle prête déjà sa voix à un projet de sensibilisation de l’autisme, et quelques saisons plus tard, c’est à The Voice kids France qu’elle met la sienne en exergue. Après avoir assuré la première partie des concerts de Jean-Baptiste Guégan dans les Zéniths, c’est pour défendre son premier EP, « Regarde dehors » (sorti sur son propre label ZJ records) que Zoé arpente les routes belges. Après Bertrix et Ere, prochain arrêt musical à Namur pour les Solidarités dans la seconde moitié du mois d’août. Pour rester dans la good vibe, on retrouve White Corbeau, un artiste bruxellois aux influences rap, hip-hop et soul. Alexis Zounguere-Sokambi de son vrai nom est diplômé en architecture mais c’est le chant, sa réelle, passion, qui anime ses journées. Son crédo, défendre le « Release mode », un état d’euphorie, de confiance en soi et de hautes vibrations. Si nous étions dans une move « cool » avec White Corbeau, on passe à la version énergique avec Doowy qui aurait pu postuler pour remplacer le lapin dans la pub d’une célèbre marque des piles. L’interprète de « Coule encore » n’est pas un novice dans le milieu car il était, avant de se lancer en solo, musicien pour Mustii et Lost Frequencies. De « L’eau du bain » aux « Soirées Tropicales », Thibaud travaille sa voix, son image, mais aussi son cardio. On retrouve en lui une implication similaire à celle de Thomas Mustin et une gestuelle qui laisse parfois penser à Freddie Mercury. Et non, il n’est pas le frère caché d’Alice Dutoit, mais juste un cousin capillaire appréciant les touches de rose. C’est toutefois bien à Alice On the Roof qu’il cède le témoin. La Montoise revient aux Les Gens d’Ere mais pour un seul en scène (ou presque…) cette fois, une approche que d’autres artistes du week-end, comme Louane, expérimentent aussi. Un piano, une boîte à rythme servant de loop notamment et c’est quasiment tout. Oh, j’allais oublier, Alice aura besoin momentanément d’un jeu de clés emprunté au public, et ce pour créer l’ambiance musicale d’un morceau. On vous rassure, la propriétaire a récupéré son porte-clés et Alice a livré une très belle prestation. Nous voici revenus au créneau prévu pour le show Black M, et donc quelques instants de relâche pour nous, en attente de l’arrivée de l’artiste. Nous en profitons pour jeter un coup d’œil sur les résultats des Jeux Olympiques et découvrons que nos cyclistes ont fait coup double, Remco Evenepoel décrochant l’or et Wout Van Aert le bronze. Une belle performance mais nous ne resterons pas longtemps devant nos voisins français au tableau des médailles, le rugby à 7 décroche lui-aussi les étoiles, lançant ainsi la moisson dorée des Hexagonaux. Pourquoi parler des Français ? Et bien parce que l’artiste suivante vient de chez nos voisins (elle est en réalité Franco-Américaine) et va nous offrir un concert dont elle détient les secrets : dynamique, touchant, sensible et divertissant. Entrée de scène avec un fumigène allumé (artifice que l’artiste n’utilisera peut-être plus … et oui, cela comporte des dangers), voix envoutante, alternance de chansons et d’interventions avec l’assistance, Santa, seule, reste la Santa d’Hyphen Hyphen, et c’est d’ailleurs celle qui nous plaît autant. Humaine sur et hors des planches. Côté apartés, Samanta revient sur son lien particulier avec notre plat pays en déclarant vouloir se faire adopter par la Belgique (si ce n’est encore le cas administrativement parlant, nul doute qu’elle l’est dans les cœurs de nos compatriotes) et sur cette expérience marquante de jouer du piano au-dessus de Bruxelles. Une vidéo a été tournée ce jour-là, c’est en fait le clip de « Popcorn salé » le premier single de Santa que vous avez
Coup d’envoi de Les Gens d’Ere : des étincelles au fond des yeux.

C’est désormais une (bonne) habitude, le dernier week-end de juillet, le petit village d’Ere s’étoffe de quelques milliers de festivaliers qui viennent y trouver de la musique de qualité, des artistes conviviaux, une ambiance festive et des infrastructures accueillantes. Les puristes diront que les hostilités ont déjà été lancées jeudi, avec une soirée sous le chapitô (et oui, cela s’écrit ainsi, ici), mais le coup d’envoi officiel a été donné ce vendredi. Le premier à se lancer dans le grand bain se nomme Maleck. Il provient de la ville la plus proche, Tournai, comme un certain Youssef Swatt’s, dont il est assez proche. Sur la plaine, nous découvrons une véritable horde sur scène. Gustave Brass Band se compose en effet de onze musiciens, du moins dans sa composition du jour car cela varie en fonction des occupations de chacun. A Ere, ce sont donc sept cuivres, un bassiste, un batteur, un percussionniste et un chanteur qui occupent, vous l’imaginez bien, toute la largeur de l’espace disponible. Certains morceaux sont instrumentaux, d’autres sont rappés, les membres proviennent d’un peu tous les coins de la Wallonie, même si le camp de base, et de répétition officiel est à Gembloux, la plupart des fondateurs de l’ensemble étant inscrits, à l’époque, à la faculté universitaire d’agronomie. C’est festif et finalement bien balancé, même dans le jeu scénique avec des « battles » de cuivres, des chorégraphies pas si improvisées et des moments de franche déconnade. Après cet interlude façon Bandas (pour ceux qui connaissent), retour au chapitô qui commence à afficher complet, déjà. Il faut dire que c’est le local de l’étape qui est attendu, Youssef Swatt’s. Déjà venu il y a deux ans, le Tournaisien connait la maison, mais c’est avec une aura bien plus développée qu’il revient sur ses terres. Entretemps, il s’est en effet produit en première partie du mythique groupe marseillais I AM et vient de remporter la 3e saison de la Nouvelle école, l’émission de découverte de talents Rap diffusée sur Netflix. Avec « Azero » et « Le rap est mort », Youssef frappe d’emblée de grands coups. Sa diction est propre, posée et bien compréhensible. Ses textes sont une force indéniable, et l’artiste manager sait en jouer. Un petit aparté avec le public, histoire de glisser l’intro de « Je sais pas faire de refrains » composé durant l’émission, et c’est dans la poche, tout le public est acquis à sa cause. Cerise sur le gâteau, le garçon n’est jamais contraire quand on le sollicite pour une interview ou même des selfies, pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Sur la lancée, on retrouve Ykons sur la plaine. Départ tonitruant, comme d’habitude puis… Renaud se retrouve aphone. Enfin, pas vraiment. C’est plutôt son micro ou le retour son qui fait des siennes. Avec un tel contexte, certains auraient paniqués, voire même claqué la porte, mais avec le métier et le recul nécessaire qu’on leur connait, les membres du groupe liégeois ne se démontent pas, entamant une partie du tour de chant a cappella. « Je pensais vous offrir le meilleur concert de notre carrière… la technique en a décidé autrement, mais on a hérité du meilleur public » lance entre deux coupures le chanteur. Et c’est vrai que vous étiez particulièrement en forme. Certains connaissant les morceaux d’Ykons sur le bout des doigts (ou des cordes…vocales), la chorale d’Ere est née ! Puis le concert a repris son cours, cela fera de belles histoires à raconter. La voix bien chauffée, c’est dans un chapiteau rempli à ras bord que l’on se glisse pour prendre part au début du show de Mister Cover. Nicolas Dieu et ses acolytes sont des tauliers ici. Ils apprécient le festival et la réciproque est tout aussi vraie. Titres actuels ou anciens, du rock conventionnel au rap, avec ou sans danseurs, Mister Cover surfe sur toutes les vagues avec la même dextérité. Deux heures trente de spectacle complet, pyrotechnie et fumigène compris, c’est du sport ! Le cardio est en forme… et bien poussons encore un soupçon le curseur pour la prestation de Quentin Mosimann, un artiste aux talents multiples et à la gentillesse inégalable. Habillé tout en noir, mais avec des bords argentés, Quentin ne passe pas inaperçu, surtout avec ses cheveux désormais teints en blond très clair. Mais il n’est pas là pour se cacher, de toute manière. Non, son truc, c’est de mettre une ambiance de feu. Il est tard (déjà plus de minuit) mais le public reste et s’amuse car Mosimann est un entertainer comme on n’en fait plus beaucoup. Assurément une très belle clôture de première journée. Psssss, ne le dites pas trop fort mais ça continue tout le week-end donc si vous voulez faire la fête, vous savez où aller. Retrouvez les clichés sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Près de 30 000 entrées pour le Beach Festival.

Soleil, espaces verts, bord de mer, port de plaisance et programmation de qualité, tout était réuni pour un week-end de fête national parfait à Nieuport. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque ce sont près de 30 000 festivaliers qui sont venus apprécier les prestations d’artistes comme Clouseau, Fantastic Negrito, OYESONO, Loreen, Keane, Dave Stewart, Oscar and the Wolf ou encore Sting dont le show a rassemblé 14 000 fans sur le seul vendredi. Le concert de l’ex leader du groupe The Police était le point d’attention musical, assurément, mais quelques autres prestations valaient le détour. Nous vous avons présenté voici peu les artistes qui partageaient l’affiche du vendredi avec l’interprète de « Desert Rose », et le concert de monsieur Sting fait, lui aussi, l’objet d’un reportage à retrouver sur notre site. D’ici peu, vous aurez l’occasion de voir des clichés de la performance visuelle proposée par Max Colombie, alias Oscar and the Wolf, ainsi que ceux du retour sur les planches de Dave Stewart. Reste à vous proposer, ici, quatre artistes qui ont participé à ce succès de foule, Attention Attention, Jokke, Keane et Loreen. Attention Attention est un groupe local (tous ses membres sont issus de Koksijde et Nieuport) qui se définit lui-même comme « un orchestre de bal qui aime les chansons pop. Nick Herweyers au chant et guitare, Ellen Vanneste au violon, Arne Demoen à la batterie, Tim Duyck au clavier et Kris Demets à la basse. Jokke est le surnom de Jonas Van Langendonck. Un sacré numéro digne des troubadours du Moyen-âge. Vêtu d’une chemise et une cravate, mais pieds nus, Jokke aime jouer les amuseurs publics, échangeant sans cesse quelques mots et gestes avec l’assistance. « Pour moi, la narration est l’essence même de la musique. Votre propre histoire se confond avec celle de votre environnement et avec l’inspiration que vous voyez dans les films et les séries » commente-t-il en interview. Les problèmes de sociétés, la vie courante, ou des soucis plus graves… tout est sujet à l’écriture d’un morceau pour ce chanteur aux multiples facettes. Le fait que toutes ses compositions soient rédigées dans la langue de Vondel l’empêche toutefois de pouvoir transmettre sa bonne humeur au sud du pays. Keane. Là, on passe au calibre international avec le band britannique aux plus de 12 millions d’albums vendus. Leur chanson « Somewhere Only We Know », sortie en 2004 est terriblement efficace. Vingt ans après sa création, elle reste dans la mémoire collective, toujours aussi reposante et agréable à écouter. Un constat qui vaut également pour « This Is The Last Time ». Mais le groupe ne s’est pas arrêté à un seul album évidemment, même s’il a effectué une pause de quelques années avant de se reformer en 2019 (pour la sortie du 5e album studio). Trois des membres originaux sont toujours présents à savoir Richard Hughes à la batterie, Tim Rice-Oxley au piano, basse et chœurs, ainsi que Tom Chaplin évidemment, le chanteur attitré mais aussi guitariste et pianiste de la bande. Cette tournée fête les 20 ans de la sortie de « Hopes and Fears », le premier opus du groupe, mais n’occultons pas le fait que l’actualité du groupe comprend également un EP sorti en janvier … Et pour une fois, nous terminerons avec une représentante de la gente féminine, mais quelle femme ! En remportant le concours eurovision à deux reprises, Loreen est rentrée dans la légende. Certes, Johnny Logan a encore fait mieux en remportant le trophée à trois reprises (deux en tant que chanteur, un comme compositeur) pour l’Irlande, mais Loreen est la première interprète féminine à réussir le doublé. Avec Euphoria (2012) et Tatoo (2023), elle a aussi su ramener un peu de modernité et de qualité dans une compétition qui est connue pour s’être plus jouée au niveau des relations politiques que de l’âme artistique à plusieurs reprises ces dernières années. Une voix cristalline, puissante, un sens aiguisé du show, un personnage travaillé jusqu’au bout des ongles, voilà les pièces maîtresses du jeu de cette artiste qui ne laisse personne indifférent. Avec Maneskin, groupe italien de rock adorant la provocation, elle est aussi la seule à avoir pu tirer un réel profit médiatique de ses succès, s’exportant par-delà les frontières de sa Suède natale et surfant ainsi sur la vague créée. « Forever » et « Is It Love » sont les preuves que Loreen peut exister et se développer hors de l’enveloppe eurovision. La prestation proposée à Nieuport en est une autre, tout aussi réelle, car Loreen a montré qu’en plus de ses talents vocaux hors du commun, elle reste une artiste sensible capable de faire passer énormément d’émotions. Merci madame. Au rayon bonnes nouvelles, le festival a d’ores et déjà annoncé une édition 2025 qui se déroulera les 18, 19 et 20 juillet 2025. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Pluie d’artistes pour la clôture des Francos.

Bien que jour de fête nationale, ce n’était point relâche ce dimanche 21 juillet aux Francofolies de Spa. Le programme était encore copieux et les conditions climatiques orageuses. Nous avons d’ailleurs eu droit à notre célèbre « drache » nationale, pendant quelques minutes à peine, et ce durant le show d’Eddy de Pretto. Nous vous renvoyons d’ailleurs à notre article dédié à cet artiste, ainsi qu’à celui consacré aux concerts gratuits dans le piétonnier et les bars « en folie » pour nous consacrer ici aux autres prestations effectuées au Parc de 7 heures. En nous limitant ainsi, on doit tout de même vous parler de dix concerts. Enfin, on aurait dû mais n’ayant jamais reçu la validation des photos de l’un d’entre eux, il nous en reste neuf à vous présenter en images. Une fois n’est pas coutume, la chronologie va être bousculée. Ne cherchez donc pas de suite logique dans le programme de cette journée, sinon celle, géographique, des espaces scéniques. Avant toute chose, soulignons que cette édition 2024 fut une réussite tant au niveau qualitatif que quantitatif, et là je parle du nombre de festivaliers vu que l’événement a affiché deux sold-out, celui des pass 4 jours, mais aussi celui de la journée de vendredi. Ajoutez-y les nombreuses personnes venues spécifiquement les autres jours et c’est un grand ouf de soulagement côté organisation. Et oui, l’édition 2023 n’avait pas donné entière satisfaction au niveau ticketing. Cette parenthèse refermée, nous débutons notre visite du parc par la scène de la fontaine. Cet espace assez cosy accueille généralement des DJ, ce pourquoi il est un peu à l’écart de la dorsale des concerts. Besoin d’un petit coin détente hors de la foule ? Vous avez trouvé « the place to be » et lors de notre passage, c’était THDS aux manettes. Seul devant sa console, mais avec des instruments quand même car le personnage possède plusieurs cordes à son arc. Mélange de musiques ethniques et électroniques, saupoudré de touches de flûte par exemple, tout est possible avec le belgo-portugais. C’est inhabituel et agréable. A un jet de pierre de là, la scène Baloise offre quatre concerts ce jour. Nous n’en verrons que trois, et encore, partiellement, vu notre timing serré, dont un sans cliché validé à l’heure de rédaction du présent. Votre niveau en mathématique vous permet donc de comprendre que ce sont deux prestations que nous vous imageons sur cet espace. Débutons par le groupe namurois Glauque qui présente son album « Les gens passent, le temps reste ». Un débit et des punchlines empruntés au rap sur des musiques électros, cela reste de la trempe habituelle du groupe personnalisé par son porte micro, Louis Lemage. L’autre artiste se présentant sur ce podium est l’interprète d’ « Abdo », Morgan. Morgan Van der Ghinst, de son nom complet n’est pas un novice dans le showbiz puisqu’il était le beatmaker du collectif bruxellois 77. Début juin, il s’était produit seul à l’OM (Seraing) à l’occasion du showcase de Tipik, et nous n’avions pas vraiment été convaincus. La donne a fondamentalement changé depuis lors, semble-t-il. Est-ce la modification de l’ordre de sa set-list, le fait de se produire accompagné de musiciens ou tout simplement un jour sans en juin ? On n’aura pas le fin mot de l’histoire ce jour, mais la prestation des Francos était nettement plus intéressante. En débutant par son titre phare, Morgan s’est donné la pêche et a gardé un rythme élevé tout le long du spectacle. On n’a pas vu le temps passer, ce qui est toujours signe d’efficacité. On reprend notre sac, nos boitiers et notre gobelet réutilisable pour rejoindre la scène Proximus. Quatre artistes y sont programmés ce dimanche, mais vous avez déjà eu droit au compte-rendu du show très prenant offert par Eddy de Pretto. On remonte donc un peu dans le temps avec l’entrée en scène de David Numwami. Né au Rwanda à l’époque du génocide, David et sa famille fuient leur terre natale pour trouver refuge à Louvain-la-Neuve, ville universitaire où il va prendre goût pour la musique, et plus particulièrement le maniement de la guitare, dès l’âge de 5 ans. Son parcours va alors prendre forme, lentement, via quelques méandres comme le groupe Le Colisée dont il est le fondateur, ou l’accompagnement de Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier. En 2020, il franchit le pas, sortant un titre en solo, « Le Fisc de l’amour ». L’aventure débute… En ce jour de fête nationale, c’est bien seul que David se produit. Sa voix douce rassure, ses textes sont des histoires bien travaillées. On y retrouverait presque des petits airs de Laurent Voulzy. A 15h00, le parc est loin d’être rempli, et comme le soleil tape du poing sur le crâne des festivaliers déjà présents, ceux-ci cherchent un peu d’ombre où ils peuvent, parfois à l’écart des scènes. Si le public ne vient pas à toi… vas au public. C’est ce que fait David Numwami en descendant de son estrade. Un beau moment de partage. Celui qui reprend le flambeau se nomme Noé Preszow (prononcez Prèchof, comme le nom de son deuxième album). Auteur – compositeur – interprète et musicien bruxellois, Noé connait une ascension fulgurante depuis 2020, moment où son premier single « A Nous » marque déjà les esprits. Depuis, il enchaîne les titres et les récompenses, tant en France que dans notre plat pays. Homme d’écriture, mais aussi de scène, vous risquez d’encore le voir sur les planches tout prochainement. Il se produira en effet aux Solidarités (Namur, le 23 août), au Cirque Royal (05/11/24), à la ferme du Biéreau (18/01/25) mais aussi à l’Elysée Montmartre et à l’Olympia. Et pour ceux qui étaient à Forest National pour le concert de Shaka Ponk, et bien oui, c’était Noé qui assurait la première partie du spectacle. Après tant de testostérone, il est temps de laisser place à une demoiselle. D’autant qu’elle a effectué un long voyage pour venir nous voir. Charlotte Cardin est en effet Québécoise (mais sa sphère de vie est désormais à Paris, c’est déjà un peu plus près). Avec son titre
Nieuport vibre sous la basse de maître Sting.

C’est un véritable coup de maître que les organisateurs du Beach Festival ont réalisé pour cette édition 2024 en offrant à leur public le show, unique en Belgique cette année, de l’ancien leader emblématique du groupe Police, Gordon Matthew Thomas Sumner, alias Sting. Auteur-compositeur-interprète, musicien, producteur et acteur britannique, né le 2 octobre 1951 à Wallsend (Newcastle), Sting est l’une des références vivantes de la musique rock. Pour ne citer que quelques chiffres, ce sont 3 albums enregistrés avec Last Exit, 5 albums avec The Police, 10 pour l’artiste en solo. Plus de 100 millions de copies vendues, un catalogue de titres estimé à plus de 300 000 000 de dollars ; 18 Grammy Awards, 4 Brit Awards, 1 Golden Globe, 5 Emmy’s et 3 nominations aux Oscars. Côté collaborations, Shaggy, Mylène Farmer ou encore Mary J.Blige ont partagé un duo avec lui. Et je ne parle pas de sa carrière cinématographique au sein de laquelle ses apparitions sont toujours remarquées (comme dans Dune, ou Zoolander 2). C’est donc face au port de plaisance de Nieuport que l’artiste engagé (pour la sauvegarde de la forêt amazonienne notamment, mais aussi contre la guerre froide, à l’époque, ou encore Amnesty International) a déposé son baluchon pour une soirée, celle dédiée à son Sting 3.0 tour, car oui, il y a bien eu d’autres artistes durant la première journée de festival, ce 19 juillet, comme vous avez pu le lire dans notre article consacré à l’événement, mais aucun du calibre de Sting, véritable tête d’affiche sans concurrence aucune. Et pourtant certains ont dû être un peu déstabilisés par la configuration du plateau. L’artiste se présente en effet sur scène accompagné des seuls Dominique Miller (à la guitare) et Chris Maas (batterie) pour une version épurée de ses titres. 3.0 correspondrait-il à trio ? C’est ainsi que nous le comprenons. Pas de synthés chers à The Police, pas de cuivres habillant certains titres les plus remarquables de la carrière solo du chanteur (Englishman in New-York par exemple). Qu’à cela ne tienne, le charisme de l’artiste est toujours omniprésent. En quelques accords, il rallie l’assistance (14 000 personnes) à sa cause. Il faut dire qu’en entamant son tour de chant par l’incontournable « Message in the Bottle », il ne pouvait que faire mouche (NDLR : les anglophones comprendront). Suivent « If I Ever Lose My Faith in You » et « Englishman in New York ». Au total, ce sont 17 morceaux réarrangés qui seront offerts aux festivaliers dans cette configuration intimiste dont 8 issus du groupe The Police. Et l’homme me direz-vous ? On peut raisonnablement dire qu’il est très bien conservé et qu’il ne fait pas son âge (72 ans). Tee-shirt troué, jeans noir moulant, une basse présentant des traces d’usure en mains, c’est du Sting tout craché. Sobre mais efficace. Pour ceux qui ont manqué cette unique occasion, il vous reste une petite chance d’apercevoir l’artiste en Allemagne (Stuttgart au Jazzopen) ou en France (Festival de Carcassonne) puis il vous faudra traverser l’Atlantique puisque c’est aux Etats-Unis et au Canada que la tournée prendra fin. NB: exceptionnellement, ces clichés ne seront pas publiés sur notre page photos, en raison d’accords commerciaux. Vous êtes en effet des privilégiés car nous étions très peu à pouvoir immortaliser ce moment.
Les Francos du jeudi en mode baroudeur.

Treize, le chiffre porte-bonheur… ou malheur selon vos affinités. Pour nous, pas question de superstition ici mais plutôt du nombre de prestations scéniques auxquelles nous avons pu participer, en tant que festivalier particulier. Particulier car nous avons, en tant que journaliste accrédité, le droit d’arpenter les allées des sites avec nos boîtiers (ce pourquoi nous pouvons, d’ailleurs, vous présenter des clichés de certains de ces concerts). Notre première « prise » sera un duo sur la scène Baloise, Lisette Lombé et Cloé du Trèfle. C’est assez particulier car la prestation part d’un slam à la diction appuyée de Lisette, que l’on confondrait presqu’avec un commentateur sportif lors de son introduction sur la « Remontada » tant son discours est descriptif. Puis vient un fond sonore sur lequel un minimum de paroles est répété inlassablement. C’est … particulier. Mais ce concept ne couvre pas tout le show, la dance va entrer en ligne de compte. Trop tard pour nous toutefois qui filons dans le piétonnier. Et oui, les Francos ce sont 4 scènes établies dans un parc, mais aussi une multitude de concerts hors du périmètre payant. A notre arrivée, c’est Zaïmoon qui débute sa prestation. Entre slam et rap, musique traditionnelle des pays de l’est et pop, dans des langues souvent incomprises (le Yiddish notamment), Zaïmoon et son acolyte surprennent l’assemblée. Le duo ne fait sans doute pas l’unanimité à la vue des têtes de certains, mais cela ne nous déplaît pas du tout. Nous retournons alors sur nos pas, car notre prochaine cible se produit sur la scène Proximus, soit dans l’enceinte du site. Cette chanteuse se nomme Solann. Fille de deux artistes aguerris, elle a su capter l’âme de ses origines arméniennes pour proposer un univers tout en douceur. Ayant sorti son premier single en mars 2023, elle est évidemment l’une des nouvelles du line-up. En sortant du site, nous longeons la terrasse d’un café où se produisent les membres du groupe Paradis Blanc. Le duo s’est spécialisé dans les reprises de Michel Berger et le concept plaît visiblement beaucoup car il n’y a plus une place disponible devant le commerce. Après une courte pause en salle de presse, nous prenons la direction de la scène Pierre Rapsat, située juste face à l’entrée de l’hôtel Van Der Valk. Quelques chambres ont d’ailleurs vue sur cet espace qui est considéré comme la mainstage du festival. La scène est très haute, ce qui ne nous facilite pas la tâche pour la prise de photos et n’agrée pas vraiment les spectateurs des premiers rangs. Mais un tel dispositif permet par contre aux visiteurs plus éloignés d’eux aussi pouvoir apprécier le spectacle dans sa quasi intégralité. Les premiers à inaugurer cette scène pour l’édition des 30 ans forment un duo qui a actuellement le vent en poupe puisqu’il s’agit de Coline et Antoine, alias Colt, qui se produiront en février à la Cigale, célèbre salle parisienne. C’est dynamique, rythmé, pétillant et c’est en français. Insomnies, Ramenez-moi, Esquive… chaque titre se laisse écouter avec délectation. C’est aussi le premier des six concerts signés des Francos, grâce à la participation de Muzic’ En Signes. Nous serions bien restés à profiter du spectacle tout le concert mais les Francos sont en perpétuelle ébullition et nous ne voudrions en perdre aucune miette (ou bulle, c’est selon). Notre petite escapade en ville nous amène devant la performance de Cactus et Mammuth. Disons que nous sommes un peu interloqués par les morceaux proposés. Cela parle de toilettes d’autoroute notamment. Personnellement, nous n’accrochons pas vraiment au style ni à la présentation donc nous en profitons pour grignoter un bout avant d’entamer la deuxième partie de journée, une soirée qui promet d’être bien remplie car toutes les scènes vont, désormais, tourner en continu. Nous débutons donc la fin d’après-midi avec une artiste à l’univers très très particulier, An Pierlé. Née à Deurne, près d’Anvers, An chante pourtant en anglais et en français. Elle a notamment repris « Il est 5h, Paris s’éveille » début des années 2000. Comme à son habitude, l’artiste aime se faire remarquer dès son entrée de scène, et c’est encore bien joué puisque son chapeau lampadaire attire d’office le regard et laisse toute l’assistance médusée. Cela mis à part, An Pierlé est solaire et très expressive dans sa gestuelle. Quelques ténors de la chanson française sont annoncés en gare de Spa, mais il nous reste encore quelques minutes pour faire un crochet par ce piétonnier qui réserve parfois de belles surprises. Cette fois, pas de réelle découvertes car nous connaissions déjà les deux derniers artistes du jour à s’y produire, et vous aussi certainement, mais une joie non dissimulée de retrouver d’abord Alice, alias Essyla, finaliste de The Voice Belgique en 2021, et le roi du lapsteel, Thomas Frank Hopper. Pour ces artistes, nous vous renvoyons à notre article paru précédemment évoquant les bienfaits des concerts gratuits. Si vous faites le compte, nous en sommes à 9. C’est bien, mais cela ne fait qu’environ 70% du chiffre annoncé en début de texte. Il nous reste en effet quatre concerts au programme. Et quel programme : Françis Cabrel, Puggy, Alain Chamfort et Christophe Maé. Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez déjà pris connaissance de nos articles liés aux prestations des deux derniers cités, Alain Chamfort et Christophe Maé (à retrouver sur notre site, onglet festival, rubrique Francos de Spa ou cliquez simplement sur le nom de l’artiste ci dessus, le lien étant interactif). On débute donc notre sprint final avec l’une des références de la chanson française, Francis Cabrel. Poète des temps modernes, capable de déclarer sa flamme en musique, mais aussi de dénoncer une situation qu’il juge intolérable, l’ancien conseiller municipal d’Astaffort est l’une des références du paysage audio-visuel français. Dix-sept albums studio recelant notamment « Petite Marie », « Les Murs de poussière », « Je l’aime à mourir », « A l’encre de tes yeux », « la dame de Haute-Savoie », « Il faudra leur dire », « Sarbacane », « Corrida », « C’est écrit » ou encore « Octobre » … ce n’est pas rien. Il en ferait rougir des auteurs / compositeurs /
Eddy de Pretto signe un sans-faute aux Francos.

L’affiche était si fournie pour cette 30e année des Francofolies de Spa qu’il n’y avait pas assez place pour toutes les « grosses » pointures sur la scène Pierre Rapsat. Ainsi, des artistes confirmés comme Alain Chamfort ou Zazie se sont retrouvés sur des podiums « annexes », à savoir les scènes Baloise et Proximus. C’est justement sur cette scène du nom d’un célèbre opérateur téléphonique que nous avons assisté au meilleur show du week-end, celui d’un chanteur attachant et ô combien talentueux, Eddy de Pretto. Ne vous méprenez pas, nous ne sous-entendons aucunement que les autres artistes n’ont pas livré une prestation de qualité. Nous disons juste que cette performance de l’auteur – compositeur – interprète et acteur natif de Créteil était mémorable par sa mise en scène (une passerelle surélevée, projection d’images en fond, jeux de lumières saturées), le déferlement de dame nature (c’est le seul moment du festival durant lequel une pluie diluvienne s’est abattue sur le public), mais surtout l’implication de son acteur principal, visiblement ému par l’accueil qui lui a été réservé par l’assistance fournie. Et oui, malgré ces conditions climatiques épouvantables, difficile de trouver un petit espace donnant vue sur cette scène. Il faut dire que depuis la sortie de « La fête de trop », Eddy a gagné en confiance. Lui qui paraissait un peu réservé lors de ses premières sorties en festival a désormais dompté la scène et le public. Il est devenu un véritable chanteur populaire dont les titres sont connus et chantés à tue-tête par de nombreux inconditionnels qui n’auraient manqué son passage dans la cité thermale pour rien au monde. Son dernier album, Crash cœur, est, il vrai, un bijou qui se laisse écouter en boucle. C’est d’ailleurs sur un titre phare de ce dernier opus, Love’n’tendresse, qu’Eddy se retrouve désarmé face à tant d’amour de son public. Il se contiendra finalement, mais son côté humain est là, bien visible. Le « star système » ne l’a pas (encore) englouti. Et puis, cerise sur le gâteau, c’est l’un des artistes du festival les moins contraignants pour nous, photographes et journalistes, qui semblons être devenus un mal (nécessaire ?) pour beaucoup. Cela peut paraître ridicule, mais c’est aussi révélateur du personnage. Sa préoccupation principale est d’apporter un peu de joie et de détente à son public plutôt que de soigner son image de marque. Cela valait bien un petit clin d’œil particulier, n’est-ce pas ? Retrouvez les clichés sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Les concerts gratuits en ville et la traduction en langue des signes, les vraies bonnes idées des Francos.

Chaque année, pendant quelques jours, le centre-ville de Spa vibre aux sons des artistes invités par les Francofolies, l’un des festivals les plus remarquables du royaume, par sa longévité d’abord (le festival fête ses 30 ans d’existence), la qualité de sa programmation (avec Charles Gardier aux manettes, on n’en doutait pas), mais aussi ses astuces inclusives. La traduction de certains spectacles en langues des signes en est un exemple parfait. Pour la 21e édition consécutive, le festival a en effet proposé au public malentendant ou sourd de pouvoir lui aussi profiter des concerts dans les meilleures conditions possibles. Cette année, six prestations étaient accompagnées par des chansigneuses, et pas des moindres puisque l’on parle des shows de Colt, Christophe Maé, Zazie, Ykons, Hoshi et Louise Attaque. Cette fois, elles étaient quatre de l’association « Muzik’ en Signes » à se relayer pour cette tâche qui est tout de même éprouvante physiquement, vu le débit de certains morceaux. L’autre très bonne idée est d’avoir, depuis 2023, réintroduit les concerts gratuits en ville (concept qui avait été temporairement supprimé à une époque) car c’est un plus pour les artistes, pour les commerçants, mais aussi pour le public et on vous explique pourquoi. Les plus impactés par cette décision sont évidemment les commerçants du centre qui étaient pénalisés par l’implémentation complète des spectacles à l’intérieur du site. Le public ayant payé son accès restait sur place et quel était l’intérêt pour d’autres de venir en ville ? Avec les concerts gratuits du piétonnier et des bars en folies, une partie du public « festival » peut trouver une alternative à l’option stand-by au parc (pour manger en terrasse, flâner devant les boutiques ou simplement assister à un concert moins médiatique mais parfois tout aussi intéressant) et voilà une bonne raison pour des personnes qui seraient de passage ou qui n’auraient pas réussi à obtenir un pass (et oui, il y a eu du sold-out cette année) de venir également. Les commerçants et le public s’y retrouvent donc, comme les artistes finalement car plus de scènes découlent sur plus d’opportunités de se produire. Or c’est bien ce que recherchent la plupart des artistes moins (re)connus, une occasion de se mettre en lumière, de pouvoir proposer leur vision de leur art et de gagner, qui sait, quelques fans ou followers au passage. D’autant que dans ces artistes qui se sont produits lors de ces concerts gratuits, il y avait du très bon niveau. Le planning des scènes étant assez serré, nous n’avons pas pu prendre part à toutes les prestations, mais nos quelques excursions en ville nous ont valu de belles surprises comme le groupe Paradis Blanc qui, comme son nom le laisse présager, reprend les titres de Michel Berger Justwo, un duo à la ville comme à la scène qui reprend les hits du moment, Essyla, qui n’est pas vraiment une inconnue puisqu’il s’agit de l’une des finalistes de The Voice Belgique 2021 qui depuis déploie ses ailes en proposant notamment les titres « Let you go » et « Alone tonight », et Zaïmoon qui mélange slam, rap et chant avec un acolyte affublé d’une contrebasse. Il y a du français, des langues slaves et du yiddish. C’est détonant, étonnant et très spécial. L’une de nos plus belles découvertes reste toutefois Bleuroise. Seule en scène, la jeune demoiselle (25 ans) propose des textes qu’elle a elle-même écrits et qui touchent à ses sentiments et son vécu, nous dévoilant au fil des titres son hypersensibilité. Elle semble d’ailleurs assez émue lorsqu’elle dédicace « Cocktail Paradise » à cette personne, disparue, qui l’a encouragée à découvrir la scène pour combattre sa timidité. Ensuite, Bleuroise descend de l’estrade pour venir à la rencontre du public. Et oui, c’est cela aussi le piétonnier musical, un espace de rencontre où les barrières tombent. Mais celui qui a véritablement enflammé l’endroit est un spécialiste du jeu endiablé de guitares puisqu’il s’agit de Thomas Frank Hopper. Et oui, c’est étonnant de retrouver un tel artiste dans le piétonnier, mais qu’à cela ne tienne, le Brugeois se donne toujours au maximum lors de ses prestations, que ce soit devant 8000 personnes ou une assistance plus restreinte. Une vraie aubaine pour ceux qui étaient de passage à ce moment ou qui avaient coché l’endroit sur leur plan. En concurrence avec Puggy et Alain Chamfort (dans le parc), on redoutait une assistance clairsemée pour le sympathique et très expressif joueur de lapsteel, mais au contraire, le public était nombreux et enthousiaste. Il faut dire que Thomas et ses musiciens n’ont pas ménagé leurs efforts. Preuve que les concerts gratuits en ville et le festival « version parc » peuvent coexister pour le bien de tous. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Le charme façon « dandy » d’Alain Chamfort.

D’un naturel discret, Alain Le Govic, alias Chamfort, traverse les époques en y laissant des traces musicales remarquables. Né en 1949, il est de cette génération des dandys dont font partie Alain Souchon, Christophe ou encore Jacques Dutronc, qui est, en fait, le premier parrain artistique de l’interprète de « Bambou ». Repéré dans son groupe de l’époque, Alain Chamfort, qui ne porte pas encore ce nom de scène, intègre en effet le cercle fermé de Jacques Dutronc en participant notamment à l’enregistrement de son premier album publié en 1966. Alain y joue du piano pour les introductions de certains tubes intergénérationnels comme Les Play-boys, J’aime les filles, la fille du Père-Noël et même les Cactus. En 1968, il décide de tenter sa chance seul mais ses premiers 45 tours ne font pas recette. Il reprend alors ses collaborations en retournant temporairement à l’ombre d’autres comme la chanteuse Séverine qu’il accompagne comme choriste lorsqu’elle remporte l’Eurovision pour Monaco en 1971. Sa rencontre avec Claude François change un peu la donne. Avec le label Flèche, il devient Alain Chamfort et matérialise ses premiers succès commerciaux, ce qui va d’ailleurs, en raison d’une jalousie un peu marquée de l’artiste fétiche du label, provoquer la dégradation de leurs rapports. Il signe alors chez CBS tout en continuant à œuvrer en tant que choriste, notamment pour Véronique Sanson. Pour ses propres chansons, Alain Chamfort s’entoure de musiciens de qualité (qui formeront plus tard le groupe Toto) et d’un parolier non moins qualitatif, Serge Gainsbourg, qui ne sera pourtant pas l’auteur de son plus gros succès, Manureva. Le percutant Serge en a bien proposé une version, mais Alain Chamfort n’était pas convaincu par le texte et décide d’en réécrire les paroles sur le thème de la disparition en mer du navigateur Alain Colas et de son voilier Manureva. A partir de ce moment, la carrière de cet artiste qui a toujours marché entre ombres et lumières va prendre un élan significatif. Les titres Chasseur d’ivoire, Paradis, Bons baisers d’ici, Rendez-vous, Traces de toi, La Fièvre dans le sang, Souris puisque c’est grave, sont autant de succès, mais j’avoue que ma préférée reste Géant. On y retrouve toute la classe et l’humilité de cet homme qui ne fait jamais de vagues. Les albums s’empilent (L’Impermanence, sorti en 2024, est le 16e) alors qu’il combat pourtant depuis 2015 un cancer des os. Ce n’est qu’en 2019 qu’il révèle l’information sur son état de santé. Désormais, il est guéri complètement, annonce-t-il, et a pu reprendre ses tournées. Ce vendredi, c’est aux Francos de Spa que l’on a pu retrouver cet immense monsieur de la chanson française. Toujours aussi classe et distingué, il a livré un show à son image, intimiste mais convainquant. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Soleil, stars internationales et restauration de qualité, le Beach festival est au top.

Ce vendredi 19 juillet, le Beach festival lançait son week-end fou avec une programmation anglo-saxonne qui a visiblement plu au public puisque ce sont 14 000 festivaliers qui ont arpenté le site pour cette journée inaugurale. Il faut dire que le soleil était de la partie, ce qui est évidemment un plus. Même si ces températures torrides peuvent incommoder. Mais le site est ainsi dessiné qu’il existe de nombreux coins ombragés. Et oui, c’est l’une des spécificités du Beach Festival, le client est servi comme un prince. Le site est vaste, propre et dispose de beaucoup d’infrastructures (toilettes, foodtrucks, tables, bancs et même des jeux d’enfants). Ici, si il y a de files, elles seront limitées et inutile de vous ruer vers la scène et d’attendre 5h sans bouger. Certains le font, évidemment, mais une grosse majorité des festivaliers optent pour une version « chill », couchés sur l’herbe, un verre en main. Bières (pils ou spéciales), vins, cocktails mais aussi champagne. Et côté cuisines, les frites sont évidemment présentes, mais à certains endroits vous trouverez des huitres. Les gastronomes ne sont en effet pas perdus au NBF. Ce petit coin de paradis (musical) présenté, attaquons nous aux artistes du jour. La circulation sur l’autoroute des vacances étant toujours aussi fluide (euh, c’est du second dégré, nous avons mis plus de 4h pour rejoindre Nieuport depuis la région liégeoise), nous avons manqué Dagny. Notre menu débutera donc avec OYESONO, composé, à la base d’un duo, Jasper Maekelberg et Billie Leyers, cette dernière étant la fille de l’un des membres du groupe Soulsister (1986-1995). Découverte pour nous, et belle surprise. C’est très agréable à écouter, et Billie est un showwoman comme on les aime. Autre ambiance mais avec un personnage haut en couleurs aussi, Fantastic Negrito. Tout droit débarqué des States, Xavier Amin Dphrepaulezz arpente la scène dans tous les sens, armé d’une gestuelle très expressive. Vous ne connaissez pas ? Il a pourtant remporté 3 Grammy awards dans la catégorie du meilleur album de blues contemporain. Nous ne sommes pas face à un novice, cela se voit et s’entend. Huitième enfant d’une famille de 15, il quitte le foyer dès ses douze ans, jugeant l’éducation de son père trop sévère. Pour survivre, il va se rendre coupable de nombreuses infractions en lien notamment avec la drogue. Il connait les foyers et la prison puis se remet en question à 18 ans, en appréciant l’album Dirty Mind de Prince. De là débute une existence parallèle au sein de laquelle il apprend, en autodidacte, à jouer de plusieurs instruments. Il est repéré, sort un album (X-Factor sous le nom de Xavier), puis est victime d’un grave accident, source de nouvelle remise en question et de décrochage temporaire du monde artistique pendant 5 ans. Il reviendra sous le pseudonyme de Fantastic Negrito voici 10 ans. Depuis, les opus se suivent (6) et la consécration avec. On reste aux Etats-Unis avec Seasick Steve, un musicien et chanteur de blues né en 1951 à Oackland (Californie). Point commun avec son compatriote passé sur scène juste avant, il part seul à 13 ans, histoire de découvrir le monde. Rapidement, il rencontre Janis Joplin avec qui il se lie d’amitiés. Ses voyages le mènent en Norvège où il va rencontrer son épouse mais aussi trouver son surnom, des amis remarquant qu’il ne peut pas monter sur un bateau sans être victime d’un sérieux mal de mer. Il revient toutefois aux Etats-Unis, à Seattle, où un certain Kurt Cobain devient son ami. Sa carrière se poursuit « underground », son premier album ne sortant qu’en 2004. Depuis, il est sorti de l’anonymat avec plus de 2 millions de disques vendus et 3 albums classés dans le top 10 du UK album chart. Chemise de bucheron, grosses bottines, barbe à la ZZtop, Steve s’assied dans son coin avec une guitare faite maison, et une planche lui permettant de donner le rythme au pied. En quelques secondes, nous voici transportés en Louisiane ou même dans le Bayou, et le public adore. Bien (ré)chauffée, l’assistance est prête pour le clou du spectacle, le chanteur emblématique du groupe Police, désormais aussi prolifique en solo sous le nom de Sting, mais cela, ce sera pour un autre épisode. Retrouvez les photos du festival (sauf celles de Sting, contrat oblige) sur la page facebook – ReMarck Photos.
Les Francos de Spa débutent sous les meilleurs auspices.

Ce jeudi marquait l’entame des festivités dans le centre de la cité spadoise pour les désormais incontournables Francofolies. Soleil radieux, public venu en masse, commerçants sur les charbons ardents, stocks gonflés à blocs, déviations et autres panneaux de signalisation en place… Et oui, si vous êtes incommodés par les événements culturels ou que vous deviez vous rendre dans le centre, il est clair que vous serez inexorablement impactés, mais prenez votre mal en patience, cela ne dure que 4 jours. Quatre jours de folie à vrai dire car il y en a pour tous les goûts, à l’intérieur du parc, mais aussi dans les rues adjacentes, des spectacles, de la nourriture, des boissons à gogo … c’est période de fiesta à Spa. Nous vous disions donc que de nombreux festivaliers étaient déjà sur le pied de guerre dès ce jeudi, et pour cause, les artistes proposés sont, pour certains, d’un calibre international, et pour d’autres des étoiles montantes qui ne demandent qu’à être découvertes pour briller de mille feux. Nous reviendrons un peu plus tard sur le descriptif de certains shows suivis particulièrement, mais vous imaginez bien que le rythme est soutenu et nos nuits bien courtes. Et encore, nous ne participons pas aux soirées DJs qui s’improvisent aux terrasses des commerces ou encore au Casino (celles-ci étant plus formelles). Mais nous profitons de quelques minutes dans notre emploi du temps pour vous partager un peu de l’ambiance de ce jeudi soir, le service de communication de Christophe Maé étant, à l’instar de son artiste, rempli d’énergie et très disponible. Du coup, nous avons obtenu l’autorisation de vous proposer trois clichés. Mais histoire de vous donner encore un peu plus l’eau à la bouche, nous pouvons vous dire que tous les chanteurs/chanteuses que nous avons eu la chance de pouvoir apercevoir en ce jour inaugural avaient la pêche. Christophe Maé fait évidemment partie du lot. Toujours souriant et habillé classe décontracté, il a tenu la foule dans sa main durant toute la prestation. Il faut dire que son répertoire est connu et retenu par beaucoup d’entre nous. Si vous voulez voir des artistes en action, vous savez donc où vous rendre. C’est dans le centre de Spa, cela s’appelle les Francofolies, et c’est jusqu’au 21 juillet inclus, avec des artistes comme Hoshi, Zazie, Pascal Obispo, Patrick Bruel, Gims… La liste serait trop longue à vous énumérer ici, mais vous trouverez tous les renseignements pratiques sur le site officiel du festival. A très bientôt.