11 février 2026

Du classic au métal, Hel(l)mut connait ses gammes.

Avec un grand-père chef d’orchestre de l’opéra de Gand, il était logique qu’Helmut Lotti se tourne vers le classique, branche musicale dans laquelle il a multiplié les récompenses et fait chavirer le cœurs du nord du pays. Mais c’est bien avec des reprises du King, Elvis Presley, que le Gantois aux multiples distinctions (notamment Grand Officier de l’Ordre de la Couronne) s’est aiguisé la voix. Il en sortira d’ailleurs un album en 2002, My Tribute to the King. Helmut (avec un seul L) avait donc déjà prouvé qu’il pouvait temporairement s’extraire de sa cage dorée lyrique pour explorer d’autres contrées musicales, plus « sauvages ». Mais de là à effectuer un virage à 90 degrés vers le métal, il y avait tout de même encore de la marge. Le chanteur expliquera que cette idée lui est venue suite à une demande d’une radio flamande pour laquelle il s’était engagé à interpréter une reprise dans ce registre. Helmut Lotti choisit « Run to the Hills » de Iron Maiden et ce qui n’était à la base qu’un pari ou une blague devient un phénomène car il est rapidement contacté par le festival Graspop Metal Meeting (2023). L’aventure Helmut Lotti Goes Metal est lancée. Avec juste une petite adaptation visuelle que certains auront remarquée, Helmut devient HeLLmut (en référence à Hell, les enfers). Son public est des plus hétéroclites, de ses fans des premières heures aux métalleux pure souche, on touche là à toutes les catégories d’âges également. A Namur, plusieurs amateurs étaient d’ailleurs venus de l’étranger, et notamment d’Allemagne, pour assister à la prestation de ce caméléon musical. Mais est-ce finalement si étonnant de voir un chanteur à la formation lyrique se tourner vers le rock ? Les chanteuses de Within Temptation et Evanescence ont, elles aussi, des voix d’opéra. Et que dire de Tarja Turunen qui est à la base une soprano jonglant avec 3 octaves ! Pantalon en cuir moulant, petite veste cintrée, Hel(l)mut Lotti rentre sur scène sans passer inaperçu. Des musiciens hors pairs, un jeu de lumières remarquable, tout est réuni pour que le public adhère au concept. D’autant que l’homme connait son sujet et ses limites. Il a choisi avec soin les morceaux de sa set-list. De « Holy Diver » (Dio) à « Highway to Hell » (AC/DC), il balaye quelques titres phares du répertoire métal mais en restant tout de même dans un certain cadre.  Le morceau qui est à la base de cette tournée « Run to the Hills »  fait évidemment partie du show, tout comme un morceau emblématique d’un groupe qui ne laisse pas Helmut indifférent, ZZ Top, le chanteur ayant déclaré sur le plateau du « Grand Cactus » (RTBF) qu’il rêverait d’interpréter un titre avec ce groupe. Ici c’est l’incontournable « Gimme All your lovin’ » qui a la préséance. Pari une nouvelle fois réussi pour Helmut Lotti, et pour les programmateurs du festival, les Solidarités ont vibré aux sons « Metal » de la star gantoise dont la tessiture colle particulièrement à « Still Loving You » des Scorpions. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.  

Une claque musicale nommée Talisco.

Le dernier jour des Solidarités débute dès 14h00 pour nous, dans cet espace restreint mais très chaleureux qu’est le Magic Mirrors. De nombreuses familles sont déjà présentes sur le site car les activités non musicales ont débuté depuis midi. C’est justement à ces familles que s’adresse le spectacle « Jamais Contents ! Carrément Souchon ». Ben Ricour, Jean-Pierre Bottiau dit Cheveu et François Guernier s’attaquent au répertoire riche et subtil de l’homme aux multiples hits, mais surtout à la plume d’argent. « J’ai dix ans », « Poulailler’s song », « Allo maman bobo » et même le sublime « Et si en plus y a personne » sont réinterprétés dans une histoire qui nous conte la vision pas toujours idyllique (malbouffe, chasse, disputes entre humains…) de ce monde par ce poète toujours délicat qu’est Alain Souchon. La mise en scène est simple mais efficace. Point fort de la prestation : elle s’adresse à tous ! Les jeunes découvrent ce répertoire et assistent à des scénettes entre les morceaux, les moins jeunes peuvent apprécier la puissance des mots dans leur contexte. Si vous adhérez au concept et que vous en voulez plus encore, sachez qu’il existe un album du spectacle et que nos trois amis se sont également attaqués, précédemment, aux répertoires du provocant Serge et du gentleman Joe dans Gainsbourg for kids (qui tournera encore en 2025) et Wanted Joe Dassin. En arpentant les allées du site, nous entendons quelques notes de musiques qui nous font penser que le village Urban n’est peut-être pas désert. Et nous avons raison. Quelques danseurs s’échauffent avant les battles de la journée. Un régal pour nous car d’habitude, le monde massé autour des compétiteurs nous empêche de prendre des clichés. Retour de l’autre côté de l’esplanade pour l’entrée en lice d’OK Panda, un quintet d’électro pop rock Bruxellois fondé en décembre 2020 par Aurélien Genot (basse), Vincent De Puydt (lead guitar), Alexis André (synthé et guitare), Sander Villers (batterie) et Till De Saeger (chant et guitare rythmique). A voir la date, vous comprenez bien que les pauvres ont vite dû modifier leurs plans à cause de la pandémie, travaillant exclusivement en mode visio, chacun chez soi. Mais au bout de quelques mois, ils peuvent enfin se rendre ensemble au studio et leur appétit de musique semble intact. Ok Panda sort un premier EP en 2022, « Perspectives », et voici qu’un deuxième vient de voir le jour en 2024 intitulé « Chasing Home ». A découvrir. Un peu plus loin, sur la scène P&V, nous allons à la rencontre de Jérôme Amandi. Ce nom ne vous dit rien ? A vrai dire, à nous non plus. Mais c’est normal, son nom de scène est Talisco. Certains ont la paupière légèrement plissée, mode interrogatif activé. Oui, ce nom ne m’est pas totalement inconnu, mais comme ça, je ne situe pas trop … Jérôme est chanteur et auteur-compositeur-interprète français. Il est à la base de plusieurs succès dont les titres « Your Wish » et « The Keys » extraits de son premier album Run. Toujours pas sur la voie ? Pourtant, vous avez tous déjà entendu un voire deux morceaux de l’artiste, et ce assez souvent. « The Keys » est en effet la bande sonore d’une publicité pour Bouygues Télécom, quant à « Sun », sorti en 2019, il n’est autre que le générique d’une célébrissime série quotidienne française (Un si grand soleil). Si son nom ne vous marque pas, ses chansons oui. Et bien après ce concert, nous retiendrons son nom (de scène tout du moins) car Talisco nous a proposé un concert comme on aurait aimé en voir plus. Son énergie, son dynamisme… sa voix. Probablement l’une des plus belles découvertes de cette édition, du moins pour nous car l’homme est dans le monde musical depuis 2011 (NDR : premier EP sorti en 2013) mais se fait assez discret dans nos contrées. Dommage car son univers, changeant au fil des époques (ses dernières compos sont en français), même si un fil conducteur est décelable, est une belle bulle d’air musicale. D’une bulle, nous passons à un océan de bien être avec Jain. Française d’origine malgache, Jain a exploré de nombreux pays, de nombreuses cultures musicales donc et n’en n’a retiré que le meilleur pour nous proposer quelques-uns des airs les plus entraînants de ces dernières années avec « Come », « Makeba », « Alright » ou plus récemment « The Fool ». Artiste multifacettes (Auteure – compositrice – interprète et musicienne, elle dessine également, notamment la décoration de ses instruments de musique voire même de ses chaussures), Jain est une acrobate de la musique qui sait nous tenir en haleine par ses rythmes lancinants et répétitifs qui sonnent inexorablement dans la tête. Nous sommes presque dans l’opposé viscéral du slam avec ces gimmicks qui font inexorable mouche. Un air de Jain vous trotte dans l’esprit et y reste un bon bout de temps, mais n’est-ce pas là l’effet escompté justement ? Notre dernier arrêt de cet article se fera à la gare Puggy vu que les autres prestations de la journée font l’objet d’articles séparés (Soviet Suprem, Helmut Lotti et Shaka Ponk). Qu’à cela ne tienne, il y a pire comme terminus. La bande chère à Matthew Irons est un effet une référence de notre univers musical, même si aucun de ses membres n’est Belge. Et oui, c’est un peu particulier mais un Britannique, un Français et un Suédois composent en effet ce trio qui porte haut les couleurs de notre plat pays. Difficile de vous faire visiter la discographie de Puggy, tant elle est riche, et pourtant le groupe a cessé temporairement ses activités créatrices pendant quelques années (de 2016 à 2023). Mais pour notre plus grand bonheur, il est de retour à l’avant-scène avec des titres qui fracassent déjà les ondes et notre esprit comme ce percutant « Never give up » que je ne me lasse décidément pas d’écouter. Puggy a collectionné les récompenses (5 Octaves de la musique et 1 D6Bels Music Awards) jusqu’en 2017… gageons que la récolte va reprendre dès 2024 car ces nouveaux morceaux sont de la trempe des meilleurs pièces confectionnées jusqu’ici par ce sympathique groupe de pop rock qui

La découverte Nsangu, les confirmations Doria D et Pierre de Maere.

Les Solidarités nous ont réservés trois journées particulièrement riches en prestations scéniques et en activités en tous genres. Au point d’en être ressortis…lessivés, au propre comme au figuré. Au premier degré car nous avons essuyé quelques averses les vendredi et samedi, et au second car trois jours de festival en mode reporter, ce n’est pas de tout repos. Après la journée « normale », il nous faut en effet encore nous occuper des appareils (les batteries doivent être rechargées, les cartes mémoires…déchargées et les boîtiers photos séchés le cas échéant), des clichés photographiques (les trier, en préparer quelques-uns pour validation ou parution directe…) et des textes de présentation pour ceux qui cumulent les deux fonctions. Vous imaginiez que nous avions un job de rêve où nous assistons juste aux concerts qui nous intéressent puis que l’on restait dans un transat les doigts de pieds en éventail le reste du temps ? Ce n’est pas vraiment le cas. Nous tentons, par exemple, toujours d’arriver dès l’ouverture du site afin de pouvoir rencontrer les artistes « de présentation », ceux qui ne sont pas encore connus ou qui sont censés drainer moins de public. Et heureusement, d’un côté, car si nous agissions en mode festivalier sélectif, certains d’entre nous seraient sans doute arrivés tardivement ce samedi pour juste shooter Etienne Daho et Mika. Disons, en espérant leurs tirer le portrait car nous apprendrons très tardivement (quelques minutes à peine avant leur concert) que ni l’un ni l’autre ne nous autorise à prendre des clichés, ce privilège étant réservé à 4 photographes qui disposent d’autres prérogatives. Ces mêmes collègues auraient donc effectué le déplacement pour rien. Vous l’aurez compris donc, pas de photos de ces deux personnes ici. Etant un peu bougon suite à la tournure des événements et pas au top de ma forme, j’ai laissé le soin à mon collègue de suivre la prestation de Ridsa qui, lui, heureusement, ne nous a mis aucun bâton dans les molettes des appareils. Pour moi, la journée s’est clôturée finalement assez tôt, mais elle était, jusque-là assez intéressante. La première artiste du samedi que nous découvrons est Anne Deville qui se produit à la Casa avec un accordéon, un instrument que l’on utilisait beaucoup à une certaine époque, moins désormais, hormis dans les prestations de Claudio Capéo. Seule sur son podium, elle ne se démonte pas, un peu à la manière d’Edith Piaf. Mais nous ne pouvons nous éterniser car Fugu Mango entre lui aussi en scène, sur l’esplanade intitulée Place des Arts. Etonnamment peu connu du grand public, ce groupe belge est un morceau de papaye (ou d’ananas, c’est selon vos goûts) qui se déguste au bord de l’océan, les pieds dans le sable, une légère brise dans les cheveux. Avec Fugu Mango, vous voyagez dans Caraïbes. Entre compositions originales et reprises personnelles de titres phares comme « King of my castle » ou « Golden Brown », l’ensemble vocal (ils peuvent être jusque sept sur scène) vous propose une échappée temporaire hors des tracas du quotidien. Le métissage, Fugu Mango l’affiche dans le choix de ses mélodies, et parfois des paroles, mais aussi dans la composition même du groupe. Un beau message pour l’entame de cette deuxième journée des Solidarités. Restons dans le mélange des cultures avec Nsangu, une jeune artiste liégeoise qui vit désormais à Bruxelles. D’origine congolaise, Nsangu a été bercée aux sons de la pop, mais aussi d’une musique française qui aurait pu se jouer dans les guinguettes (elle pourrait peut-être se rapprocher d’Anne Deville pour un duo…). Maquillage des yeux très marqué, longues tresses, pantalon rappelant des motifs africains, Nsangu aime afficher ses origines, qu’elle ne renie aucunement. Au contraire, elle se sert de ses racines pour sa musique, cela fait partie de son univers. Mais elle est accompagnée de deux choristes, d’un batteur et d’un … violoniste. Et oui, Nsangu casse les codes, même dans les titres, l’un d’eux s’appelant 00h43. C’est précis comme horaire. Mais nous pouvons vous dire qu’Nsangu était bien au rendez-vous ce samedi. Beaucoup, dont nous, l’ont découverte, et elle en a sans doute conquis quelques-uns car son concert était très intéressant. Impliquée, voire presque habitée par moments, elle propose une pop à la diction accélérée qui se laisse apprécier. Si vous voulez la (re)découvrir, elle sera au Francofaune (au Brass) le 04/10. Des influences congolaises, nous passons au marocaines avec Nej, une Toulousaine tout juste trentenaire qui a la particularité d’avoir partagé une chanson avec Yannick Noah pour l’une de ses premières scènes. Et oui, à 16 ans, elle a interprété « Métisse » avec l’ancien vainqueur de Roland-Garros au Zénith de Toulouse. Mais ce n’est pas son seul fait d’armes, ce n’était que le début en fait, depuis, Nej a sorti deux albums, Enchantée en 2019 et Athéna en 2023, ce dernier opus ayant notamment bénéficié des participations de Bigflo et Oli, Tayc ou encore Slimane. Voilà un beau tableau de chasse, mais qui ne serait pas complet sans le record mondial sur You Tube Shorts de streams pour Paro. En cumulant les deux versions sorties (Paro et Paro – speed up), on dépasse les 110 millions ! Nous poursuivons notre petite aventure « solidarienne » avec le concert d’une artiste qui, par sa générosité, sa complicité avec le public et le talent qu’elle dégage, fait l’unanimité partout où elle passe. Cette artiste se nomme Doria D. On l’a vue un peu partout cet été, et pourtant on ne s’en lasse aucunement. Il faut dire qu’en trois ou quatre ans, la jeune artiste (24 ans) a multiplié les titres aux paroles noires mais qui font fureur. C’est d’ailleurs l’une des particularités de la chanteuse, qui se définit comme extrêmement anxieuse, avec des doutes et de la colère enfouis, mais qui est extrêmement disponible et souriante à chaque apparition, sur ou hors de scène. C’est, cela dit, l’une des seules artistes ayant ce niveau de reconnaissance (NB : avec Ykons et Thomas Frank Hopper) qui vient encore régulièrement à la rencontre de ses fans hors de l’encadrement des concerts, comme lorsqu’elle vient signer des autographes

L’univers complètement décalé de Soviet Suprem aux Solidarités.

John Lénine et Sylvester Staline vous honorent de leur présence. L’URSS a remporté haut la main la guerre froide et c’est désormais la culture musicale des pays de l’Est qui règne en maître sur le dancefloor… Non, vous ne rêvez pas. Enfin si, un peu, si vous croyez à ce scénario qui colle plus aux images de Rambo III et Rocky IV qu’à la réalité actuelle. Mais c’est le concept avancé par ce duo de la banlieue Est parisienne créé en 2013 par R.wan et Toma Feterman. L’humour est de mise, mais les références vestimentaires, musicales et textuelles sont pointues. Avec Soviet Suprem, pas besoin de kvass, de bortsch ou de pirojkis pour goûter aux spécialités russes. Vos yeux et vos oreilles sont les seuls vecteurs nécessaires à ce trip dans les terres les plus reculées de l’ancienne union des républiques. Les mélodies rappellent bien les meilleurs airs du chœur de l’Armée rouge, mais les textes sont déclamés en version rap dans un français bien trempé. Et cela envoie au niveau du flow. Essayez de tenir la cadence de Rongrakatikatong. Les plus pointilleux soulèveront que le groupe n’a sorti que deux albums, L’Internationale en 2014 et Marx Attack en 2018, mais de nouveaux titres viennent de voir le jour en 2024 comme « Qui complote ?» ou « Made in China » qui sonne comme un appel à l’autre pays qui voit tout en rouge… et jaune. « Nous on va faire beaucoup mieux, on va conquérir l’Empire du milieu » répètent les paroles sur un air entraînant. Décidément, Soviet Suprem ne doute de rien et se balade toujours là où l’on ne l’attend pas, et même au dessus du public! Pour exemple, nous vous invitons à regarder le clip de leur reprise particulière de « T’as le look coco » avec l’artiste original comme invité, Laroche Valmont. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.

Du soleil signé Magic system.

La journée du samedi 24 août fut assez marquante aux Solidarités car nous avons eu droit à une mini bourrasque, heureusement sans conséquence, si ce n’est le report d’une trentaine de minutes d’un concert qui s’avérera finalement très festif et ambiancé, celui du groupe ivoirien Magic System. Remettons-nous dans les conditions du moment. Nous sommes peu avant 19h00, le vent s’est levé assez fortement et le ciel est chargé à souhait. Du côté prévisions météo, ce n’est pas la joie. On annonce deux salves dérangeantes, l’une accompagnée d’un vent soutenu, vers 19h00, l’autre un peu plus tard dans la soirée, constituée normalement essentiellement de pluie. Le K’way sur les épaules et les appareils habillés également de leur protection de plastique, nous nous dirigeons vers la scène P&V où est annoncé le concert des ambianceurs issus d’Abidjan, les rois du Zouglou, vous aurez reconnu évidemment Magic System. Quelle n’est pas notre surprise de voir que la plaine devant la scène est vide. Enfin, disons plutôt qu’une certaine distance sépare les barrières du public. Le responsable du service de sécurité nous explique de suite qu’ils ont dû faire reculer l’assistance pour raison de … sécurité car cette scène pourrait avoir une prise au vent. Juste le temps de prendre quelques clichés de cette situation, certes rocambolesque mais ô combien nécessaire car on ne badine pas avec la santé du public, que nous sommes également invités à quitter la zone dangereuse. Quelques minutes passent puis l’on nous fait signe que tout est ok. Nous revenons en place, devant la scène, juste à temps pour voir que le public est lui aussi invité à reprendre place devant la scène, et ce de manière calme et organisée. Les personnes placées devant avant l’incident ont gardé leurs prérogatives, aucun blessé n’est à déplorer, et les deux enfants temporairement séparés de leurs parents ont été récupérés par leurs géniteurs. Autant dire que les services de secours et de sécurité ont œuvré en vrais professionnels. C’est désormais au tour d’autres pros, de la musique et de la danse cette fois, de revêtir leurs costumes de super héros de l’ambiance. Voici qu’arrive Magic System sur le podium. Vingt-sept ans de carrière et toujours autant d’énergie, de bonnes ondes et de leçons de Zouglou à offrir au public. « C’est ça notre plus belle victoire » déclare le groupe en interview. « C’est cette longévité. On voit des enfants de 3 ans s’amuser à nos concerts alors que leurs parents en faisaient de même à leur âge à nos débuts. Les ventes de disques ou chiffres de téléchargements c’est bien, mais garder un contact pareil avec les gens, c’est encore plus révélateur ». Pleuvait-il encore ou le soleil était-il revenu temporairement ? Nous saurions le dire car nous étions, photographes, mais festivaliers aussi, absorbés par le show proposé par cette bande de joyeux lurons. Avec Magic System, de toute manière, c’est toujours ensoleillé …. Même sous les nuages. « C’est typique chez vous, en Belgique, il y a toujours un accueil chaleureux et des bonnes vibes. Et comme nous venons toujours pour ensoleiller votre coeur, ça marche entre nous ». On lève les mains bien haut, paumes vers le ciel, puis on se décale à gauche… Et oui, c’est le début du cours de Zouglou. Mais attention, la gauche du public n’est pas celle de Magic System ! Vous l’aurez compris, tout est prétexte aux rires et à la détente avec Magic System. Ceux qui étaient à leur concert ne me démentiront pas. Et comme dirait Jean-Marc Généreux dans une émission où la danse a aussi sa place, « ça, j’achète ». Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.  

Calogero fait vibrer les Solidarités.

Pour clôturer la première journée des Solidarités 2024, les festivaliers ont eu droit au show de Calogero, l’ancien membre des Charts qui tourne en solo depuis un quart de siècle. C’est avec un large sourire que le bassiste d’exception se présente sur scène pour entamer A.M.O.U.R. le morceau phare de son album éponyme, le dernier sorti (le 9e opus studio en tant que Calogero), son instrument de prédilection à la main, évidemment. Le chanteur, compositeur et musicien franco-italien n’hésite pas à s’adresser à l’assemblée qu’il transforme d’un coup de baguette magique en chorale géante grâce à « Face à la mer » un titre entraînant qu’il partage habituellement avec Passi. Et oui, le charme opère encore. La plaine du site Ecolys est rapidement sous la coupe de Calogero dont la playlist est, il est vrai, indémodable. C’est un karaoké à 20 000 voix qui prend place le long de l’autoroute. De « c’était mieux avant » à « En apesanteur », le chanteur envoie 15 succès dans les oreilles de festivaliers ravis. Chaque morceau raconte une histoire; celle de l’artiste, parfois, mais aussi celle qui s’étale dans les journaux ou à la télévision, celle qui nourrit les passions, en bien … ou en mal. Calo est en effet un conteur de renom qui parle autant au cerveau qu’à nos nerfs auditifs. Le portrait, Aussi libre que moi, Si je pouvais lui manquer, Yalla, 1987, Je joue de la musique, Un jour au mauvais endroit… Alors, avouez, vous en avez fredonnées combien rien qu’en énumérant cette liste ? A Namur, ou plutôt Suarlée, toutes ont été reprises chœur par une assistance qui n’a pas eu peur d’affronter une météo plus automnale qu’estivale, faisant de ce premier jour des Solidarités un succès populaire. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.

La recette des Solidarités fait toujours fureur.

Ce vendredi 23 août, le désormais célèbre festival namurois ouvrait les portes de sa dixième édition. Ayant été obligés de quitter l’emblématique site de la Citadelle, c’est dans le zoning de Suarlée que les organisateurs ont décidé de poser leurs valises depuis l’édition 2023. Les spectateurs avaient globalement été satisfaits de ce nouvel emplacement, si l’on excepte quelques soucis pour se rendre d’une scène à l’autre, plusieurs foodtrucks étant victimes de leur succès. Ayant tenus compte de ces remarques, les responsables ont donc repensé l’organisation du site. Encore une fois, cela semble avoir porté ses fruits. Mais les Solidarités, c’est tout un concept. Outre les concerts, on y retrouve des activités pour toute la famille, des démonstrations d’arts urbains (danse, tag…), des conférences/débats et des stands associatifs. Tout cela, on le garde donc. Nous voici partis pour trois jours de festival. Chaussures confortables, veste de pluie (et oui, la météo est capricieuse par chez nous), bouchons d’oreilles (on en distribuait gratuitement sur place, et vous pouviez aussi obtenir en prêt des casques pour les plus petits) … et appareils photo, histoire de vous ramener quelques clichés, même si, nous y reviendrons plus tard, le public a parfois plus l’occasion que nous de pouvoir immortaliser certains moments.  A l’ouverture des portes, ce n’est pas encore la grande foule, alors que l’on annonce pourtant un sold-out (plus de 20 000 personnes) pour cette journée inaugurale. Nous comprendrons un peu plus tard que beaucoup se sont donnés rendez-vous à l’heure du souper.  Le vendredi est en effet un jour habituel de travail et certains pensaient sans doute pouvoir enchaîner boulot et plaisir, mais comme vous étiez très nombreux à agir de la sorte, des bouchons se sont formés aux parkings, mais aussi à l’entrée. Une situation embêtante autant pour les bénévoles que pour les festivaliers qui y ont été confrontés, mais que l’on connait aussi dans d’autres domaines comme l’horeca. Pas de tel tracas pour nous qui sommes déjà sur place pour l’inauguration musicale du site, à savoir la prestation de La Valise, un duo féminin, sous la tente de l’espace dénommé La Casa. Et oui, nous sommes comme vous, curieux de découvrir le nouvel aménagement du site, ce pourquoi nous allons enchaîner les prestations des groupes / artistes débutant sur chaque scène. Ainsi, sur la scène P&V, glissée du fond du site dans un espace non utilisé l’an dernier, nous rencontrons Orlane (Willems). Finaliste de l’édition 2020/2021 de The Voice Belgique, elle continue à tracer son chemin dans l’univers musical (son premier EP « Prisme » est sorti en 2023) malgré un diplôme en médecine dans la poche. Sur scène, c’est dynamique et enjoué alors que ses textes sont pourtant souvent mélancoliques. Le style : de la pop francophone. Un titre à écouter absolument ? Nous, on vous recommande « Jeux dangereux » car tout y est, c’est l’univers Orlane, des paroles travaillées, une mélodie lancinante et un clip qui ne dénote aucunement. Le temps de traverser l’allée principale que nous voici au Magic Mirrors, une sorte de yourte géante, circulaire, avec un plancher en bois. C’est cosy (trop même, certains concerts étant remplis bien avant notre arrivée) et c’est surtout l’une des nouveautés de cette édition anniversaire. C’est à Coline BLF que l’on a confié la mission de réveiller cet espace. Pour connaître un peu mieux son univers, nous vous renvoyons à son interview réalisée sur le site du festival mais disponible sur notre plateforme. Notre petit périple à travers le site du festival nous mène à la Place des Arts, un nom bien sympathique pour la scène principale devant laquelle l’assistance est cette fois bien fournie. Il faut dire que le groupe qui est attendu en début de soirée est l’une des révélations de la saison. On ne parle pas d’un nouvel arrivé sur la scène médiatique belge, mais le mot révélation s’adresse plus au niveau de la reconnaissance vers le grand public. 2024 est en effet l’année Colt. Coline et Antoine sont partout depuis quelques mois, et on ne s’en lasse pas. Festivals, concerts en salles mais aussi sur les ondes, les prestations autant que les titres du duo s’enchaînent à un rythme effréné. Chaque nouvelle chanson est une pépite qui s’écoute avec le sourire. C’est en effet l’une des caractéristiques de Colt, ils ont toujours la banane comme on dit. Energiques, dynamiques, souriants, attentionnés et disponibles. Leur joie, ils la partagent avec un public qui ne cesse de voir ses membres se multiplier au fil des prestations. Rares sont en effet les personnes qui repartent déçues de ce concert. Comme souvent, la maman de Coline est dans l’assistance. Mais cette fois, elle ne passera pas inaperçue car sa fille lui dédie un morceau. C’est touchant, mais encore une fois, à l’image de ce groupe resté naturellement humain. Un autre électron est phase ascendante se présente sur la scène P&V, Noé Preszow. (Re)connu grâce au titre « Que tout s’danse », le Bruxellois a pris du galon depuis la sortie de « A nous ». Son nouvel album « Prèchof », son nom en phonétique, fait un tabac. Ses textes sont toujours aussi percutants, mettant en scène une actualité qui ne présente pas que de bons plans. Pour exemple, nous nous renvoyons vers le très bon « Du manque d’amour », mais chacun trouvera certainement écho à sa situation dans le répertoire de cet artiste contemporain. Nous terminerons ici ce premier volet du festival car Calogero aura droit à son article dédié et nous attendons toujours l’autorisation de vous présenter des clichés de la prestation de Raphaël. Certains d’entre vous auront remarqué que nous n’avons pas abordé une artiste qui a pourtant produit une prestation mémorable. Et bien j’espère que vous avez pris des clichés ou filmé avec vos gsm ou appareils car nous ne pourrons vous poster ici les clichés pris à cette occasion. Rendez-vous très bientôt pour la suite de nos aventures aux Solidarités. Retrouvez les clichés autorisés sur la page Facebook – ReMarck Photos.    

Hervé défie la mode, les clichés … et les conditions climatiques.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Hervé (tout simplement, pas Hervé Vilard ni Renard) est un artiste hors du commun. Il semble défier les codes mais aussi les temps. Celui qui court telle la trotteuse de votre montre, mais aussi celui qui dépend des conditions climatiques. Et oui, la langue française est tellement riche qu’elle offre de nombreuses possibilités avec ses doubles voire même triples sens, dont le chanteur se sert d’ailleurs particulièrement bien. Petit flash-back de quelques années, Hervé Le Sourd, avouez que cela commence déjà fort au niveau image avec un tel nom de famille pour un chanteur, rêve de devenir footballeur pro. Il entame toutefois, en parallèle à ses entraînements sportifs, l’apprentissage du piano et se passionne pour l’informatique, deux activités qui vont prendre finalement le pas sur le sport de haut niveau. Hervé n’en demeurera pas moins un supporter du FC Lorient, le club phare de la région natale de ses parents, mais il fait une croix sur ses aspirations de jouer en ligue 1 pour se consacrer à la musique. Après un passage dans le groupe Postaal (si le nom est à consonance néerlandophone, c’est bien avec un anglais qu’il composait le duo), il franchit la marche le menant au mode solo. Encore une singularité pour lui qui s’imaginait briller dans un sport collectif.   Comme Hervé ne fait rien vraiment comme les autres, c’est juste à l’aube de la pandémie du Covid qu’il prend son envol. Manque de bol pourrait-on dire, mais l’artiste a de la ressource et ne baisse pas les bras. Il s’enregistre dans son appartement en mode confinement pour un clip maison de la chanson « Si bien du mal ». Et c’est top. Hervé y apparait décontracté, style je croque la vie comme elle vient. Heureusement que le garçon dispose d’une bonne dose d’humour, de résilience et d’auto dérision car ses mésaventures sont, disons, régulières. Pour exemple, c’est lui qui a eu cette surprise de découvrir que son album CD avait été livré avec les chansons de Luis Fonsi, l’interprète de Despacito. Certains auraient déprimé, d’autres se seraient énervés sur les personnes en charge de la fabrication des albums. Il l’a peut-être fait, nous n’avons aucune information là-dessus, mais il a surtout tourné une petite vidéo dans sa voiture, en mode selfie, pour expliquer la situation à ses fans. Tout ceci pour en arriver à sa performance au Cabaret Vert. Que pourrait-il lui arriver dans un festival d’une telle ampleur, dans le nord de la France, au troisième jour de l’événement ? C’est là qu’entre en scène une invitée que peu d’organisateurs apprécient, la pluie. Et je ne vous parle pas d’une petite douche de fines gouttelettes, non, mais plutôt de la bonne drache nationale belge et ce sans discontinuer de longues heures durant. De telles conditions ont évidemment un impact sur les festivaliers, directement exposés à l’humidité, mais aussi à la boue qui remplace progressivement la bonne terre ferme et l’herbe qui couvraient les plaines du site, mais les déplacements des artistes sont aussi, la plupart du temps, limités, ceux-ci préférant rester sous le couvert du toit, évitant du coup de s’aventurer sur les avancées qui, elles, sortent du champ de protection de l’infrastructure. Je vous le donne en mille, Hervé n’est pas de cette trempe-là. Si le public se mouille, lui aussi ! Mais un sol humide devient… glissant, comme l’a appris le chanteur, qui a toutefois évité la chute au prix d’un beau rééquilibrage de dernière minute. L’histoire ne se termine pas là, car dans son entrain, Hervé perd une pièce de son micro. On lui en apporte un deuxième, puis un troisième car la technique semble elle aussi prendre l’eau. Il faut dire que nous sommes à ce moment confrontés à des conditions climatiques particulièrement peu propices au déroulement d’un show en plein air. Mais comme d’habitude, Hervé trouve une parade pour occuper le public, se saisissant d’une raclette et débutant le nettoyage des extrémités les plus exposées de la scène. L’image deviendra virale (on voit rarement l’artiste se charger d’une telle tâche en plein milieu du spectacle) et le public s’en amuse, improvisant une holà à chaque coup de raclette. Et oui, Hervé est un artiste d’un autre temps, celui où l’on n’avait pas besoin d’un staff de douze gardes du corps pour remplir la scène ni d’un assistant pour chaque tâche. Même sans ces « évolutions », Hervé est un artiste, un vrai mec de scène, proche de son public, capable de nouer un lien avec lui et de s’adapter à beaucoup de situations. Chapeau l’artiste. Bonne nouvelle pour les Belges, Hervé nous rendra visite le 27 octobre prochain. Cela se passera à l’Orangerie (Botanique) (places disponibles sur le site de la salle). Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.  

Le rap belge n’est pas mort!

Journée particulièrement orientée vers l’urbain le vendredi (16 août) au Cabaret Vert, même si l’on conserve l’espace Razorback pour les « métalleux ». Au Greenfloor, on ne va pas changer les bonnes habitudes évidemment, mais les rappeurs s’invitent aujourd’hui aussi sur les deux scènes principales que sont Illuminations et Zanzibar. J’espère que vous y étiez si vous êtes un inconditionnel de ce genre, car c’est aussi la branche musicale où les photographes sont confrontés aux restrictions les plus contraignantes. Six concerts, et pas des moindres, ne nous étaient en effet pas ouverts au niveau du sacro-saint « frontstage » appelé aussi crash-barrière. Six prestations que vous n’aurez donc pas en clichés ni même en reportage car si un personnage qui vit de son image ne l’assume pas ou réserve ses faveurs à certains médias spécialisés, grand bien lui fasse. Cela nous permet, qui plus est, de nous concentrer sur d’autres prestations, parfois même beaucoup plus intéressantes. Il faut dire que les concerts sur lesquels nous nous sommes focalisés nous ont réservé parfois quelques surprises. Bonnes… ou étonnantes. Nous allons vous décortiquer, en images, ces quelques prestations du jour 2 dans un autre article mais ce qui nous a marqué, c’est la présence scénique de deux artistes belges qui n’ont pas froids aux yeux lorsqu’il est question de venir faire un petit clin d’œil en France. Ces artistes sont Youssef Swatt’s et Shay, deux références urbaines chez nous que nos voisins ont découvert grâce à leurs rôles respectifs (l’une comme membre du jury, l’autre comme élève) dans l’émission de Netflix, « La Nouvelle école ». Le premier à ouvrir les hostilités est le jeune Tournaisien. Invité de dernière minute, à l’instar de Kaaris, il était annoncé sur la scène Zanzibar avant de glisser dans la forêt, sur une Greenfloor un peu plus cosy, mais où le public a rapidement rempli l’espace. « Vous savez que ma situation actuelle me permet de participer à beaucoup de festivals en cette période, mais souvent en ouverture, dans l’après-midi, comme aujourd’hui. J’ai rarement vu autant de personnes pour un concert aussi tôt, merci » lance d’entrée de jeu Youssef, marqué par cet accueil mais qui ne se démonte pas pour la cause. Une veste à l’effigie d’une marque belge (Paradox Brussels) sur les épaules, le récent vainqueur de l’émission arrive en conquérant. « J’ai ramené la coupe à la maison » lance-t-il petit sourire en coin, comme un tacle aux footeux qui aiment rappeler que la France a éliminé par deux fois les Diables Rouges dans des compétitions majeures. On connait le phrasé et la plume de Youssef, qui se définit comme un rappeur « Old school », sorte de fils spirituel d’IAM dont il a d’ailleurs déjà assuré la première partie. Son morceau « Le rap est mort » était un vrai bijou d’écriture, l’Hexagone l’a désormais découvert encore plus percutant dans « Générique de fin ». Son contre-courant a fait mouche à la Tv, sa persévérance l’a érigé en star émergente mais comme il le dit lui-même, à quoi bon briller si le public t’a oublié l’été prochain ? Histoire de marquer les esprits, Youssef en rajoute donc une petite couche avec « Je sais pas faire de refrain » et ce dernier couplet « Ma famille et mes potes disent que je rappe trop à l’ancienne pour faire Nouvelle Ecole, mais j’irai leur montrer sur Netflix que le meilleur rappeur de France vient probablement de Belgique ». Quelques sifflets sortent de l’assistance, mais s’en suivent des salves d’applaudissements, Youssef Swatt’s a frappé fort, avec les mots, encore… Autre représentante du plat pays à être invitée à Charleville-Mézières ce vendredi, Shay. Et cette fois, c’est bel et bien sur la scène Zanzibar, l’énorme espace scénique qui trône désormais dans la prairie du festival. Le public est aussi là en masse. Il faut dire que les shows de l’artiste sont visuellement marquants. Et ce sera encore le cas ce vendredi. Une structure imposante impliquant des échafaudages, une moto, des écrans géants… tout est réuni pour attirer l’attention. Et pourtant, c’est bien sur la chanteuse que tous les regards vont se focaliser. Toute de noir (dé)vêtue, Shay soigne son entrée sur scène. Quatre danseuses muées en portes drapeaux lui faisant une haie d’honneur. Et bam, c’est parti, la princesse est dans la place. « Pendant la prochaine heure (50 minutes en réalité), vous m’appartenez » lance Shay, bien décidée à se mettre ce public dans la poche (accessoire dont elle ne dispose toutefois pas sur cette tenue). En fait, le public lui est déjà tout dévoué, mais qu’à cela ne tienne, Shay veut y mettre les formes. Son show est tonitruant, bien ficelé et … aguichant. La chanteuse sait jouer de ses charmes et veut s’ériger en femme fatale mais pas n’importe laquelle, non, celle qui dirige les débats, qui décide, qui oriente les décisions. Avec ses danseuses, elle fait corps, au propre comme au figuré. La chorégraphie est provocante à souhait, ce qui ne semble pas déranger les plus jeunes. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je vous invite à regarder les clips de « Sans Cœur » (avec Niska) et « Santa Fe », deux ambiances, deux styles mais qui peuvent aider à cerner l’univers actuel de l’artiste. Plutôt Youssef ou Shay ? Rien ne vous oblige à choisir, ils ont tous deux marqué les esprits et prouvé que le rap se porte bien de ce côté de la frontière aussi. Retrouvez les clichés du festival (ceux autorisés exclusivement) sur la page FB – ReMarck Photos. 

Escapade verte au Cabaret

Tic toc… l’heure approche à grands pas. Ce jeudi, ce sera en effet l’ouverture de l’édition 2024 du Cabaret Vert, le festival musical de Charleville-Mézières mais aussi un événement incontournable des Ardennes pour la palette d’activités proposées (110 concerts, 70 auteurs de BD, des représentations cinématographiques …) et surtout son engagement dans l’écologie moderne. Alors que l’écologie peine à trouver sa place dans un climat politique tendu, le Cabaret Vert réaffirme sa vocation : semer des graines dans l’esprit des festivaliers. Pour Camille Muller, qui rejoint l’équipe cette année en tant que responsable développement durable, c’est un cadre idéal pour mobiliser de nouveaux publics sur ces sujets. La décarbonation au Cabaret Vert en 2024, c’est d’abord du concret avec un focus sur la mobilité, qui représente plus de 50% de l’empreinte globale.  Mobilité : voyager ensemble, le nouveau cool !Objectif prioritaire ? Limiter au maximum l’utilisation de la voiture individuelle dans un territoire à dimension rurale. Pour Camille Muller, « le défi est là : créer un déclic pour faire évoluer les pratiques ». Comment ? En proposant un large éventail d’alternatives durables et collectives.  Déjà, le réaménagement du site a permis de caler l’entrée public rue Voltaire, à 8 minutes à pied de la gare SNCF : de quoi faire préférer le train à nombre de festivaliers. Pas d’embouteillage, pas de voiture à garer, Cabaret Vert à pied c’est le pied ! Côté trains, dès la fermeture du site, deux lignes omnibus de nuit ramènent les festivaliers en direction de Reims et Givet. À Cabaret Vert, le car c’est le nouveau cool ! 5 lignes desservent une vingtaine de villes et villages alentours, avec pose des bracelets dès la sortie du car : un traitement VIP qui permet d’entrer directement sur le festival. La fête sans prise de tête ! La mobilité douce pendant Cabaret Vert en résumé :– Offre TER retour à 1€ à destination d’une gare de la Région Grand Est et de Paris Gare de l’est, pour l’achat d’un billet aller– Des parkings vélo gratuits et sécurisés, avec animation gonflage de pneus et petites réparations– Le covoiturage sans commission avec Mobicoop.fr– Des navettes de bus vers les grandes villes (Paris, Lille, Nancy, Bruxelles) à 50€ l’aller/retour– 3 stations éphémères de vélos électriques partagés– Navettes gratuites parking-camping et gare-camping– Offres TGV Paris-Charleville à 25€ le trajetCes dispositifs sont mis en place en étroite collaboration avec la Région Grand Est et l’agglomération Ardenne Métropole. LA GRANDE VELORUTION le vendredi 16 août ! Avec Diffuz (La Macif) et Ma Ville A Velo 08, est organisée cette année « La Grande Vélorution » : > RDV sur la place de l’Hôtel de Ville de Mézières le vendredi 16 août à 16h. > Parade à vélo dans les rues de Charleville-Mézières avec DJ embarqué. > Ouvert à toutes et à tous, parcours de 7km à rythme doux (1h environ), festif, familial et neutre en carbone ! Prendre ses quartiers au campingUn camping offrant des prestations de qualité permet de limiter les allers-retours en voiture. La team Cabaret Vert chouchoute ses campeurs : tout est fait pour rendre leur séjour inoubliable. Ouvert dès le mercredi pour prendre ses marques, il permet aussi de récupérer son bracelet sans faire la queue et d’en profiter pour visiter la ville.Comment rendre le séjour toujours plus agréable ? En proposant un accès direct depuis le camping 1 (Dormeur du val) pour les fêtards, avec possibilité de louer une tente ou même, et ça c’est nouveau, un cottage en bois équipé de prises et de lits superposés. Autre possibilité pour les campeurs qui privilégient la tranquillité pour leur tribu : le camping 2 situé au Square de la Vieille Meuse, à proximité du parking. On peut y réserver des tipis top confort tout équipés, jusqu’à 20m2. Manger plus durable sur le festivalPoser des briques pour bâtir de meilleurs lendemains passe forcément par la case Food, 2e poste d’émission de gaz à effet de serre après les transports. En phase avec sa charte de restauration durable, Cabaret Vert prône une offre locale, de saison et diversifiée. Comme l’an dernier, le score carbone de chaque stand est affiché, afin de favoriser les options veggie. Coup de cœur de la team : le stand de bokits jamaïcains devrait mettre tout le monde d’accord : on prend les paris ?Afin d’optimiser le tri des déchets, Cabaret Vert expérimente cette année la vaisselle réutilisable sur les 5 stands gérés en direct par ses bénévoles. Si le test s’avère concluant, le dispositif sera élargi par la suite à l’ensemble du festival. Passer à l’action dans l’IDealLe DO Tank du festival mobilise spécialistes, activistes, artistes et festivaliers pour construire ensemble le monde de demain. Un espace qui fait le plein avec une jauge adaptée (200 personnes max). Du choix des thématiques abordées aux invités présents, tout est mis en œuvre pour attirer les curieux aux tables rondes et ateliers. Nul doute que la présence de Frah de Shaka Ponk, du producteur/dj Molécule ou du YouTubeur Vinz Kanté en incitera plus d’un à passer une tête…On y parle écologie mais pas que, on aborde aussi des questions sociétales, du genre aux minorités. Au programme : comment la génération climat transforme la démocratie, genre/climat même combat, la révolution de l’alimentation… et aussi un thème peu abordé en festival, autour du rap et de l’écologie. La dynamique reste la même : réfléchir ensemble en gardant l’esprit de fête. Adaptation, enjeu numéro 1 pour la filière Faire un premier bilan carbone l’an dernier a permis de poser les bases pour une transformation en profondeur. Un sujet commun à tous les grands rassemblements. « C’est un enjeu de filière, de secteur, un sujet qu’il va falloir adresser en collectif. C’est notre prochaine étape. » souligne Camille Muller.Au niveau local déjà, Cabaret Vert fait sa révolution énergétique en lançant à l’automne de grands travaux pour relier le site à la haute et basse tension. Une décarbonation accélérée grâce à une subvention du CNM (Centre National de la Musique) qui accompagne les festivals dans leur démarche de responsabilité sociale. Concrètement, quasiment tous les groupes électrogènes (50% de la consommation électrique totale) seront supprimés dès l’année prochaine.Impressionnant et ce n’est que

Pour le show, Oscar and the Wolf est toujours partant.

Voici quelques jours à peine, Justin Timberlake a proposé un concert qui a ravi ses fans au Sportpaleis d’Anvers. Le  14 juillet, c’était une autre star connue pour son sens du spectacle qui marquait le coup en remplissant le stade Roi Baudouin, la pétillante Pink. Si ces deux concerts ont marqué les esprits pour leurs chorégraphies et mises en scènes, un artiste belge s’est également fait remarquer durant l’été pour les mêmes raisons. Cet artiste porte le nom d’Oscar and The Wolf. Un patronyme aux consonances anglophones et un style musical très électro pour un artiste qui, s’il est une vraie tête d’affiche chez nos voisins du nord, tarde à émerger hors de Flandres. Pourtant, la musique est intéressante, et régulièrement diffusée sur les ondes de la RTBF notamment, quant au show proposé, il est simplement bluffant. Si vous n’avez pas pu assister à sa prestation à Nieuport (Beach Festival), Dour ou au Suikkerrock, il ne vous reste plus qu’une opportunité, ce 11 août aux Lokerse Feesten.   Car c’est effectivement un vrai show qui est proposé par Max Colombie, le chanteur qui « se cache » derrière ce nom de scène. Je mets des guillemets car Max n’est pas l’artiste le plus discret. Il a d’ailleurs publié lui-même des clichés de ses excès (alcool et drogue) et s’en est expliqué devant les médias en compagnie de sa maman grâce à qui il a pu s’écarter de ce chemin plus que sinueux et sombre. Revenons à la performance scénique de cette saison. Les premières notes de « Warrior » résonnent alors que rien n’est allumé sur le podium. Une silhouette se faufile sur scène, vêtue d’une combinaison ample semblant être recouverte de milliers de morceaux de miroirs (en fait c’est la matière qui donne cette impression). Ce détail est important car il va jouer un rôle dans la mise en scène, au moment de l’implication de lasers notamment. On suppose que cette silhouette est celle de Max Colombie, mais il a la tête baissée et recouverte d’une grande capuche qui dépasse largement la forme du visage. Au fil de la chanson, la silhouette se découvre, grâce au jeu de lumière, mais aussi par le « déshabillage » partiel de la tenue initiale. Max joue sur les expressions de visage, la gestuelle, les jeux de lumière, l’arrivée des lasers… puis des danseurs. Tout est pensé pour proposer un spectacle de qualité. Des tenues aux chorégraphies, en passant par l’échange avec le public. Assurément l’un des shows à voir à cet été. Et, chanceux que vous êtes, nous vous avons rapporté quelques clichés de cette prestation, pris lors du Beach Festival de Nieuport. Bon visionnage. Retrouvez ces clichés et ceux des festivals couverts sur la page FB – ReMarck Photos.

Dave et ses drôles de dames.

David Allan Stewart n’est pas le musicien le plus cité lorsque l’on demande aux festivaliers qui ils viennent ou voudraient venir voir et écouter sur leurs événements préférés. Et pourtant, l’homme est une sacrée pointure, impliquée dans de nombreux tubes que vous fredonnez encore régulièrement. Et la remarque est encore plus frappante lorsque l’on jette un coup d’œil sur les artistes avec lesquels il a collaboré : Bob Dylan, Mick Jagger, Aretha Franklin, Nina Hagen, Sinead O’Connor, Jon Bon Jovi, Bryan Ferry, Anastacia, Cathy Perry, Ringo Starr, Joss Stone ou encore Geri Halliwell. Mais ses tubes les plus marquants, c’est avec Candy Dulfer (Lily was here – 1989) et surtout Annie Lennox qu’il les a sortis. Dave Stewart est en effet l’un des membres du binôme marquant des eigthies, Eurythmics. A plus de 70 ans, l’ancien sportif (sans une sérieuse blessure à 13 ans, il aurait pu s’orienter vers le sport de haut niveau en football ou en natation) se porte encore comme un charme. Costume gris argenté, lunettes de soleil fixées sur le visage, chapeau gris assez classique, Dave Stewart se présente sur scène avec sa compagne de toujours, sa guitare. Il n’a jamais été très volubile, laissant volontairement la lumière à ses comparses de musique, et cela n’a pas changé. Ses interventions durant le concert seront brèves et juste explicatives, mais à l’instar de Sting qui le précédait sur cette même scène du Beach Festival de Nieuport la veille, son charisme emporte tout. Nous ne l’avions plus vu depuis un certain temps, et ce qui nous frappe directement, c’est ce nombre impressionnant de tatouages sur des parties visibles du corps. Le long de l’œil droit, dans le cou (même côté), les avant-bras et sur les doigts. Il avait bien exhibé deux tatoos un peu plus discrets en 1993, mais là, cela ne passe pas inaperçu. Changement de look, et de partenaires de chant puisque Annie Lennox, qui est aussi son ex-femme, ne participe pas à la tournée. On ne remplace évidemment pas facilement une telle icone, mais Dave semble avoir trouvé une remplaçante tout à fait correcte en la personne de Vanessa Amorosi, une chanteuse Australienne née en 1981, année de sortie du premier album d’Eurythmics. Exit les cheveux roux ou blonds teintés  d’Annie, Vanessa les a longs en châtain foncé. Mais elle s’accorde bien avec monsieur Stewart côté tatouages, le ventre et les jambes en étant fournis. Validé donc, mais pas seule. Tel Bosley dans la série Charlie’s Angels (on reste dans la période début 80, mais la référence devrait aussi parler aux plus jeunes avec les films qui en ont découlé), Dave s’est entouré d’une véritable équipe de choc féminine avec Yasmin Ogilvie (Saxo) – Indiara Sfair (harmonica) – Julia Lamb (basse et guitare)- Ellie East (batterie) et Hannah Koppenburg (clavier). Du beau, mais surtout du bon musicalement car toutes sont des références dans leur domaine. Dave reste avant tout un musicien exigeant et on n’aurait pas imaginé qu’il abaisse ses critères sonores au détriment du visuel. Le show peut donc débuter. Ici, pas de jeux de lumières marquants (le concert se déroule durant l’après-midi, sous un soleil torride), pas de flammes ni laser, mais des hits en cascade, remis au goût du jour avec quelques accords modernes. Les premières notes sont celles de Missionary Man, sorte de clin d’œil au retour sur scène de Dave, mais aussi une superbe occasion d’entendre d’entrée de jeu l’habilité d’Indiara Sfair à l’harmonica (en lieu et place de Jimmy Zavala, soliste sur l’original). A vrai dire, chaque musicienne va avoir son moment de gloire durant la set-list, mais difficile d’occulter la performance de Yasmin Ogilvie sur le titre initialement composé avec Candy Dulfer (Lily was here – B.O. du film De Kassière). Un véritable plaisir auditif donc, mais aussi un karaoké géant car le public connait ses classiques, de « Here comes the rain again » à « The Miracle of Love » en passant par « Love is a Stranger », « There Must Be an Angel (Playing With My Heart) » ou encore « Who’s that girl », le catalogue des titres impliquant Dave Stewart est un trésor pour les radios. Mais le clou du spectacle sera, inévitablement, le titre culte par excellence d’Eurythmics, « Sweet Dreams (Are Made of This) », un morceau que l’on reconnait en quatre notes et je ne parle pas que des quadras et quinquas mais de toutes les générations car ce titre passe encore en soirée, et avec un succès toujours aussi impressionnant. Retrouvez les clichés de vos festivals et concerts sur la page FB – ReMarck Photos.