Une soirée à fleur de peau avec Lovelace & Anaïs MVA

Ce samedi 5 avril 2025, l’Orangerie du Botanique s’est transformée en écrin émotionnel. Le public, réuni sous la grande salle de la verrière bruxelloise, a vécu un moment suspendu entre deux générations d’artistes qui ont en commun une même intensité : celle de chanter la vie, dans ses hauts comme dans ses failles. Première étincelle : Lovelace, l’alchimiste pop En ouverture, c’est une artiste locale qui prend la scène avec assurance : Lovelace, nouvelle voix de la pop alternative bruxelloise. Derrière ce pseudonyme, une jeune femme qui compose depuis son « labo-chambre », une fabrique intime où elle mêle sons électroniques, textures saturées et mélodies douces-amères. Son univers, à la fois sombre et vibrant, évoque l’école américaine d’artistes comme Billie Eilish ou FKA twigs, sans pour autant perdre sa patte bien belge : un brin de folie, beaucoup de sensibilité, et une dose d’auto-dérision presque nécessaire pour survivre au chaos. Sa collaboration récente avec Saule « Petite Gueule » l’a mise en lumière, mais sur scène, seule avec ses machines, Lovelace prouve qu’elle peut très bien capter l’attention sans artifices. Son énergie, quasi compulsive, est le reflet d’une relation intense à l’existence. Elle le dit elle-même : vivre est une forme d’addiction, et parfois ça déborde. Mais c’est aussi cette intensité qui rend ses morceaux si habités. Une belle entrée en matière pour cette soirée, où elle a parfaitement rempli sa mission : réchauffer la salle et faire monter la tension pour la tête d’affiche. Anaïs MVA, la claque douce La suite appartient à Anaïs MVA, et dès les premières notes, l’atmosphère change. Elle est accompagnée d’ un batteur et d’un guitariste claviériste, s’emploi pour un titre avec le clavier, mais c’est tout un monde intérieur qui s’ouvre. À 22 ans, cette autrice-compositrice-interprète est déjà suivie par une large communauté sur les réseaux, notamment TikTok, où elle partage ses chansons « en chantier », comme des éclats de journal intime musical. Formée au conservatoire, Anaïs a pourtant suivi un parcours peu conventionnel. Elle raconte dans une interview à Antonym Magazine :« Je viens d’une famille de profs. La musique, c’était un rêve un peu flou. J’avais mis ça de côté, mais ça m’a rattrapée. J’ai commencé à poster ce que j’écrivais début 2022… et ça a pris. » Depuis, elle enchaîne les scènes avec une aisance désarmante, portée par son premier EP Métastases, où elle aborde sans détour les sujets lourds qu’elle transforme en chansons pop poignantes : dépendances, troubles alimentaires, amours cabossés… mais toujours avec une lumière au bout du tunnel. Elle avoue :« En studio, j’ai tout lâché. J’ai mis plein d’effets, j’ai suivi mon cœur, j’ai pris les chansons qui me tenaient le plus à cœur. C’était comme poser des mots sur des choses qu’on garde en soi trop longtemps. » Et si elle garde un lien fort avec son public, c’est parce qu’elle n’oublie rien de ses débuts :« Je me souviens quand une vidéo avait un seul like, un seul commentaire. Aujourd’hui encore, j’essaie de répondre au maximum. C’est une reconnaissance que je n’ai pas envie de perdre. » Sur scène, cette sincérité transpire à chaque note. Elle partage la scène pour un titre avec le talentueux rappeur Bruxellois CRC et un autre titre avec l …Anaïs ne fait pas que chanter : elle partage, elle confie, elle expose ses fêlures, et c’est précisément ce qui touche. Son nouveau morceau « 24 février », récemment dévoilé, en est la parfaite illustration : une ballade mélancolique qui prend des airs légers, presque ironiques, et qui laisse en tête une image douce-amère… comme un vieux film qu’on aurait envie de revoir.
Pierre Garnier au Forest National : un show à marquer d’une « Pierre » blanche !

Il est des concerts qui marquent. Et puis il y a ceux qui impriment une empreinte indélébile dans le cœur des spectateurs, comme une chanson qu’on fredonne encore longtemps (je n’ai gardé….!) après la dernière note. Les 3 & 4 avril 2025, au Forest National de Bruxelles, Pierre Garnier a offert l’un de ces moments rares. Un concert tout simplement « chaque seconde » magique. Déjà, 8400 fans chauffés à blanc par Daysy (Daisy Berthenet), écrivaine plutôt que chanteuse, mais qui reçoit la chance d’accompagner et d’ assurer la première partie de la tournée de Pierre Garnier durant 43 dates. . Et ce, deux soirs d’affilée. Soit un total de 16 800 cordes vocales en fusion (sans compter les GSM levés plus haut que l’Atomium pour filmer la moindre mèche rebelle de Pierre). Après avoir conquis la France entière (et bien au-delà) grâce à sa voix puissante et ce charme désarmant qui donne envie de l’adopter comme cousin préféré, Pierre a enfin posé ses valises en Belgique. Et le public belge, toujours aussi affûté, ne s’y est pas trompé : c’est un artiste entier qui s’est présenté sur scène, généreux, touchant, ultra pro… et accompagné de celle que beaucoup surnomment déjà la grâce incarnée : Héléna. Une soirée cousue d’or et de lumière Pas besoin d’artifices disproportionnés quand tout est là : des musiciens affutés, une mise en scène léchée, des écrans géants immersifs, une lumière millimétrée, un son à réveiller les murs du Forest National, et surtout… un public en osmose totale. Et puis, il y a eu ce moment suspendu : Pierre, au piano, se frayant un chemin au cœur de la fosse, façon troubadour des temps modernes. On aurait dit une scène tout droit sortie d’un film. Sauf qu’ici, pas de doublure : juste l’émotion brute. L’artiste au milieu de ses fans, à portée de selfie et de larmes contenues. Les GSM ? En mode torche émotionnelle. Les cœurs ? En mode guimauve fondue. 2025 : l’envol en solo Après le raz-de-marée Star Academy, Pierre Garnier avait annoncé que 2025 serait l’année du grand saut. Avec son tout premier album « Chaque Seconde », le désormais incontournable Pierre trace sa route en solo. Fini les chœurs collés serrés de la promo, place à une proposition artistique plus personnelle, plus intime, mais tout aussi percutante. Il n’a pas fallu longtemps pour que les chiffres s’affolent : single de diamant pour « Ceux qu’on était » (50 millions de streams, rien que ça), un public conquis et un « Chaque Seconde Tour » qui affiche complet dans toute la francophonie. Et le concert de Bruxelles ? Clairement l’un des points d’orgue de cette tournée. Une salle mythique, une ambiance électrique, et un Pierre qui a littéralement embrasé la scène comme un pyromane de l’émotion. Et Héléna dans tout ça ? On ne saurait passer sous silence la présence d’Héléna, qui elle a aussi su séduire elle aussi un public déjà conquis. Elle ne faisait que « passer dire bonjour » très discrète dans les tribunes du vendredi. Le mot de la fin ? Bruxelles n’a pas juste accueilli un concert. Elle a vécu une communion musicale. Une parenthèse enchantée. Un moment suspendu. Et vu l’accueil réservé à Pierre, on peut déjà parier sur le même raz-de-marée émotionnel pour les concerts à venir d’Héléna. Une soirée inoubliable, à marquer, c’est le cas de le dire… d’une Pierre blanche.
Roch Voisine nous revient avec Hélène 35.

Comme son nom le laisse présager, cette tournée célèbre (déjà) les trente-cinq années de la sortie du méga tube planétaire « Hélène », cette balade qui a permis à Roch Voisine, un beau canadien qui était destiné à devenir hockeyeur professionnel mais qu’une blessure en fin d’adolescence va finalement conduire sur scène, de se frayer une belle place au hit-parade. Avec Hélène, Roch Voisine devient en effet le premier Canadien à atteindre le sommet du Top 50 (qu’il maintiendra durant 9 semaines), juste avant la déferlante des amateurs de sirop d’érable que sont Bryan Adams, Céline Dion ou encore Garou. Restait à savoir si le brun ténébreux allait tenir le cap avec d’autres titres, car à cette époque, il n’était pas rare d’entendre un artiste cartonner avec une chanson estivale, puis disparaître tout aussi vite quelques mois plus tard. Avec Roch Voisine, rien de tel. Les morceaux et les albums vont se succéder. Selon l’artiste, ce sont près de 300 chansons qui figurent sur sa liste, dont 250 ont été publiées. Il n’est donc pas étonnant de le voir encore remplir les salles plus de trois décennies plus tard. Certes, le public a pris quelques rides, mais il est toujours composé principalement de dames, fans de la première heure (NDLR : certaines avaient ressorti le tee-shirt de la tournée originale) qui n’ont jamais tourné le dos à cet homme qui « reste bien de sa personne » (dixit certaines des plus acharnées). Petit gilet sans manches noir, tee-shirt noir, jeans…noir. Le chanteur reste sobre. En fait, il ne change presque pas. Vous vous doutez bien que le titre tant attendu sera servi en dessert. Mais avant cela, de nombreux airs vont égayer la soirée du public. Pour l’occasion, l’auteur-compositeur-interprète, acteur et animateur de télévision canadien d’origine brayonne n’est pas venu seul. Deux guitaristes (Jeff Smallwood et Jason Lang), un bassiste (Jean-Sébastien Baciu), deux choristes, une batteuse (Emmanuelle Caplette) et un claviériste (Gabriel Betrand-Gagnon) ont fait le voyage pour proposer un show du meilleur acabit. Après trente minutes énergiques, Roch s’assied sur l’avant-scène, guitare à la main, pour un solo repris en chœur par l’assistance. Et oui, c’est l’une des nombreuses balades du spectacle, l’un de ces airs romantiques qui caractérisent le chanteur. Pendant qu’il s’installe, la salle entonne un « Joyeux anniversaire » un peu tardif. Et oui, c’était le 26 mars. Qu’à cela ne tienne, l’artiste semble apprécier, lançant en boutade « Merci de me rappeler ». Jason Lang et Jeff Smallwood viennent rejoindre leur boss pour une adaptation rythmée de « Ton idole » ; puis c’est Gabriel Betrand-Gagnon qui vient lui aussi participer au rassemblement sur cette avancée, histoire d’accompagner musicalement, à l’accordéon, « La promesse », un morceau que Roch Voisine a adapté pour cette date en mentionnant qu’il l’attendra… à Liège. Exit B-G au profit de Jean-Sébastien Baciu et de sa basse pour l’un des autres grands standards de l’ex hockeyeur, « Tant pis ». Le forum se mue alors en karaoké géant. On se croirait presque à un concert de Patriiiiiiick (Bruel), l’assistance couvrant la voix du chanteur. Finalement, les trois dames du groupe (deux choristes et une batteuse) se joignent à la troupe pour une ultime chanson sur cette avant-scène avant que Roch ne livre une anecdote aux accents bien québécois. Il va en effet raconter quel fut le moment où il a eu « la plus grosse chienne ». Ne vous offusquez pas, il s’agit là d’une expression d’outre atlantique signifiant juste qu’on a un immense trac. Comme ce jour où il a dû chanter une chanson de la diva devant Céline Dion herself. Le morceau choisi, « Et je t’aime encore » (paroles de JJ Goldman quand même) permet à Roch Voisine de prouver qu’il a encore un bel organe, et je parle ici de sa voix évidemment mesdames. Après « L’homme du nord », tout le monde se lève. Et oui, ça y est, elles craquent. Les voilà obligées de danser tout en reprenant telle une chorale les refrains de tous les airs proposés. Certaines sont même capables de chanter les couplets sans accrocs. Si « N’oubliez pas les paroles » était réservé aux chansons de Roch, on aurait là de fameuses candidates. On va un peu lever le pied côté récit de notre côté, laissant les fans découvrir le spectacle, d’autant que pour les retardataires, Roch Voisine organise une séance de rattrapage à Charleroi (le 09 avril au Palais des Beaux-Arts) et à Lille (le 10 avril au Grand Palais). Au programme, tous les titres décrit ci-dessus, plus Kissing Rain, Oochigeas, Tout me ramène à toi, Jean Johny Jean, Avant de partir, Darling et bien d’autres dont l’incontournable Hélène évidemment.
30 ans après, Richard « Gonzague » Ruben kiffe son retour à Forest.

Le 24 mars 1995, Richard Ruben remplissait Forest National, devenant le premier humoriste belge à fouler cette scène mythique bruxelloise. Depuis, l’enfant du pays (il est souvent assimilé à son personnage de Gonzague, l’archétype du BCBG des beaux quartiers d’Uccle) n’était plus revenu dans cette salle, lui préférant le Cirque Royal. Mais un tel anniversaire demandait un acte fort pour marquer les esprits. Richard Ruben a donc décidé de remettre le couvert dans son plus beau restaurant étoilé, le Forest National qui a vu tant d’artistes y mettre le feu. Le pari était osé car le stand-up n’est pas monnaie courante à cet endroit, mais Richard Ruben possède tellement d’atouts en poche qu’il pouvait se permettre de « faire tapis » avec un public fidèle qui le suit depuis désormais 35 saisons. En tournée depuis quelques temps déjà avec son spectacle « En Chanté », l’imitateur humoriste a donc décidé de s’offrir une parenthèse qui aurait pu se matérialiser par un panaché de ses sketches les plus marquants et ses parodies les plus mordantes, mais l’homme aime surfer sur l’actualité et verser quelques gouttes d’acide sur les personnages qui n’œuvrent pas vraiment pour le bien de l’humanité. C’est donc un spectacle inédit à 60% qui fut présenté ce 27 mars 2025 aux spectateurs avertis qui ne voulaient pas manquer cette représentation unique. La trame de ce show, Richard Ruben l’a mise en place avec son comparse habituel, Sam Touzani. Et oui, pour les connaisseurs, voici un duo qui prouve que la collaboration, et même l’amitié, sont bel et bien possibles entre deux peuples que tout oppose dans certaines régions du globe car si Richard Ruben incarne à merveille ce Gonzague qui semble lui aller comme une seconde peau, le personnage est bien plus complexe qu’il n’y parait. C’est d’ailleurs la base de l’une de ses réflexions scéniques. On ne peut plus se moquer que de sa communauté, sinon on s’expose à la vindicte populaire voire même à des poursuites judiciaires, mais quand l’on est le fruit d’un panaché aussi riche que le sieur Ruben, on a de quoi voir venir puisqu’il a un pied dans une vingtaine de communautés au moins. « Sur scène, je raconte l’histoire de ma grand-mère égyptienne, de mes arrière-grands-parents qui sont d’Alep. On est très loin de Gonzague. Je suis né à Cavell, je suis un vrai Belge mais mes racines viennent de partout ailleurs. Ma mère, en 1939, est née au Salvador d’une famille qui a fui l’Alsace pour ne pas être déportée. Quand ils sont revenus, toute la famille de mon grand-père était déportée. Ils ont eu tellement peur qu’ils sont allés… en 1947, en Suisse. J’ai de la famille à Milan, aux Etats-Unis, en Egypte… Mon côté juif, je le tiens par mon père séfarade et ma mère ashkénaze. Mon lien avec le judaïsme est plus de tradition que de croyance. Je suis agnostique » Cette histoire, Richard la raconte, en partie, sur scène, mais il n’hésite évidemment pas à égratigner les dirigeants mégalomanes qui mettent le monde en péril (inutile de vous faire une photo) et revient sur certaines pratiques « déshumanisantes » comme les anniversaires préprogrammés version FB. Richard Ruben humoriste et sociologue, c’est l’une des faces de la pièce, mais son don pour la chanson et l’imitation ne pouvait être occulté pour l’occasion. Tous les plus grands y passent, chanteurs et chanteuses, et même des fils cachés de… sorte de mix entre deux personnalités connues. A chacun ses préférences, mais nous avons été bluffés par les « grandes voix », celles de Maurane, Pavarotti ou encore Slimane, que Richard Ruben maîtrise à merveille. Sans oublier The Muscles of Bruxelles, JCVD, que Richard peut pasticher comme s’il était son jumeau. Et pour les plus jeunes, Zaho de Sagazan ou encore Pierre Garnier sont venus garnir cette galerie des stars depuis peu. Côté pratique, un humoriste, même imitateur à ses heures, seul sur l’immense scène de Forest, qu’est-ce que cela donne ? Du très bon, mais comme on vous le disait, l’artiste ne partait pas les mains vides. Il a tout d’abord invité un autre ket de Bruxelles bien connu et apprécié de tous pour chauffer la salle, le scratcheur fou, Daddy K. Et puis Richard Ruben ne monte désormais plus sur scène sans le multi instrumentistes Thom Dewatt, qui s’occupe de la partie musicale du spectacle (celui-ci, mais aussi « En Chanté »). Cela peut paraître anecdotique, mais il est une pièce essentielle du puzzle dont le point d’orgue est sans doute cette « compilation » de 49 extraits du grand Brel en 1m20 sec (NDLR : j’en ai relevé environ la moitié, mais je ne suis pas un spécialiste). Et puis le jeu de lumières était au niveau de l’événement, comme vous pouvez le voir sur les clichés. Nous n’étions pas sur un concert de Mylène Farmer ou Coldplay, mais certains chanteurs adulés des ados pourraient rougir en voyant la mise en scène de ce one shoot. Et oui, c’est loupé pour cette occasion unique, mais Richard Ruben continue de se produire avec ses spectacles « En Chanté » et « 80 min avec Richard Ruben » (dont une date, le 23 avril, au Fridge Comedy Club). Retrouvez les clichez du spectacle sur la page FB – ReMarck Photos.
Chimène Badi nous emmène dans un voyage musical teinté de blues, de soul et de gospel.

Ce 01 mars, le Cirque Royal accueillait l’une des plus belles voix de la scène française, Chimène Badi. Propulsée sur de devant de la scène il y a (déjà) 23 ans grâce à l’émission télévisée Popstars (M6). Pour être précis, elle ne doit pas vraiment sa reconnaissance à l’émission même, puisqu’elle n’avait pas été retenue pour la formation du groupe, qui était alors le but recherché de l’émission (où l’on a également vu se révéler un certain M.Pokora), mais bien au flair de l’un des membres du jury, Valery Zeitoun, qui repère en elle une future artiste solo. Cela dit, le succès est bel et bien au rendez-vous dès son premier single, l’inoubliable « Entre nous ». Relativement discrète dans ce monde où strass et paillettes font de plus en plus bon ménage, Chimène va s’imposer sur la durée, démontrant à chaque sortie que sa voix peut se frayer un chemin dans presque tous les répertoires. Il faut dire qu’elle a de suite été à bonne école puisqu’elle a été invitée à effectuer la tournée des zénith avec le taulier himself, Johnny, qui lui apprendra l’une des clés du succès, le respect du public. Lors de sa dernière tournée, Chimène Badi avait repris le répertoire d’une autre artiste intemporelle, aussi emblématique que Johnny Hallyday, Edith Piaf. Cette fois, ce n’est un homme ou une femme que Chimène veut mettre en exergue mais plus un courant musical. « Gospel & Soul : La voix et l’âme », le nom est révélateur, le vivier de programmation sans fond et la surprise finalement très belle car outre ses performances vocales, attendues, il est vrai, Chimène Badi va nous livrer des éléments de son histoire, son vécu, sa relation au public, entamant un dialogue improbable avec l’assistance. Flash-back sur la soirée… Quelques notes flottent dans le Cirque royal avant que six choristes entament la mélodie d’Amazing Grace, l’un des airs les plus populaires de ces deux derniers siècles (le texte date de la fin du 18e et la chanson a été reprise plus de 7000 fois par notamment Aretha Franklin , Andrea Bocelli, Whitney Houston, Aerosmith, U2, Johnny Cash…). Chimène arrive presque sur la pointe des pieds pour se joindre à eux. Elle enchaîne avec une artiste francophone à laquelle peu de chanteuses actuelles osent se frotter, Nicole Croisille, pour un « Parlez-moi de lui » poignant. Vient alors un grand écart que seule Chimène Badi peut envisager avec le roi de la pop, Michaël Jackson et son « Man in the mirror ». Déjà venue au Cirque Royal lors de précédentes tournées, la chanteuse va nous offrir une petite parenthèse afin de remercier ce public qui lui reste fidèle depuis près de 24 ans. « Ces moments sont comme des parenthèses enchantées » lance-t-elle, faisant référence à ces concerts qui peuvent être source de stress parfois mais qui découlent toujours sur des moments magiques de partage. Puis vient le moment d’aborder l’un des moments les plus marquants pour l’artiste, sa rencontre avec Billy Paul pour l’enregistrement de leur duo sur « Ain’t No Mountain High Enough ». Billy est depuis lors passé dans l’autre monde, mais l’un des choristes, Julien, va endosser le rôle du chanteur anglophone pour cet hommage. Au fait, le choeur est composé de six membres, quatre dames et deux hommes, tous issus de Sankofa Unit, la chorale urbaine créée en 2006 par David Smite et Joby Smith (présente au Cirque Royal) et qui s’est désormais imposée comme le support incontournable des voix soul, RNB et gospel. Ce nom vous parle! Vous faites alors partie des téléspectateurs qui suivent The Voice France, Sankofa Unit accompagnant régulièrement des candidats du célèbre télécrochet lors de prestations en live. Six choristes donc, mais également un pianiste, Cyril Barbessol (également directeur musical de la tournée) et un batteur, Jeff Ludovicus, pour entourer Chimène Badi qui semble s’amuser comme aux premières heures de sa carrière sur cette scène. Et le comble pour nous, c’est qu’elle le maîtrise son sujet. Nous avons là l’une des plus belles voix françaises, et c’est encore plus restreint dans ce domaine musical précis où Chimène tire véritablement les marrons du feu. Sa set-list, Chimène l’a pensée, construite même, avec des morceaux qui lui parlent, qui ont une histoire. Ce chemin, elle l’a vraiment entamé dans sa chambre d’adolescente déjà, et c’est d’ailleurs de cette époque que date la chanson suivante, « Le Ballet » de Céline Dion. Sa voix chaude et ensoleillée, chargée d’émotions rend chaque morceau vivant, planant, enivrant. Pour ne pas gâcher votre plaisir, et la découverte du spectacle, le récit chronologique s’arrêtera ici, à vous de découvrir la suite ou tout du moins son habillage du moment car on ne va, par contre, pas se priver de vous mettre l’eau à la bouche. Le spectacle est en effet vraiment bien balancé et l’artiste très touchante. Elle qui, jeune, détonnait par ses connaissances et sa maîtrise de répertoires pas nécessairement dédiés aux adolescentes, semble avoir gardé encore maintenant, à contrario, son âme d’enfant, comme si elle remontait le temps, tel Benjamin Button. Comme vous l’aurez noté, toutes les chansons présentées précédemment étaient des reprises, des covers comme on dit maintenant. Mais le répertoire propre de l’artiste n’est pas oublié. Ne vous inquiétez pas, « Entre nous » sera bien au rendez-vous. Il ne pouvait en être autrement. Vous aurez également « Le Sud », version Chimène Badi, et même peut-être un passage a cappella de « Le Jour d’après », Chimène ayant ravi un spectateur qui voulait absolument entendre ce morceau en improvisant un couplet. Mais il y a surtout trois titres récents, poignants, plein de sens, qui rappellent que Chimène est bien une chanteuse actuelle et non une interprète de reprises. Le premier fut écrit, voici peu, par Antoine Délie, un talent belge que Chimène avait coaché à The Voice Belgique. Ils sont toujours restés en contact et cette fois, c’est une chanson forte, « Au nom de qui », qui vient sceller leur collaboration, le titre figurant sur le nouvel album de Chimène. Le deuxième est une véritable mise en lumière de la relation qui lie Chimène
Keo & Nieva Ella démonstration au Museum

Keo est un groupe de rock alternatif formé par les frères Keogh, Finn et Conor, originaires du Devon. Animés par l’envie de donner une nouvelle dimension à leur musique, ils s’installent à Londres, où ils rencontrent Oli Spackman et Jimmy Lanwern. Ensemble, ils affinent un son post-grunge qui puise autant dans l’héritage de Jeff Buckley et Radiohead que dans l’énergie brute des années 90, avec des influences marquées par The Smashing Pumpkins. Entre nostalgie et modernité, leur univers musical s’inspire aussi de formations contemporaines telles que Wunderhorse et Fontaines D.C.Les quatre compères nous ont offert un moment de rock digne des plus grands de la scène. Des riffs de guitare puissants, des lignes de basse enivrantes et une batterie déchaînée ont transformé ce début de soirée en un véritable séisme sonore, provoquant l’hystérie d’un public majoritairement composé d’adolescentes survoltées. Mission réussie pour ces frères, dont on risque fort de recroiser la route sur l’une de nos scènes belges. Retenez bien leur nom : Kao. Petit interlude de quelques minutes avec la chorale et la chorégraphie sur les sons du DJ (« Hot to Go » de Chappell Roan, « Deeply Still in Love » de Role Model, « Your House » d’Inhaler, « Taste » de Sabrina Carpenter ou encore « Let Her Go » de Passenger). Une ambiance électrisante pour accueillir, à 21 heures précises, la star de la soirée : Nieva Ella. Assurément, ces groupes et artistes sont très prisés du côté flamand, et je veillerai désormais à y prêter plus d’attention. Originaire des West Midlands, Nieve Ella s’impose comme l’une des nouvelles voix prometteuses de l’indie-rock britannique. À seulement 22 ans, elle capture les émotions tumultueuses des transformations de la vie avec son nouvel EP Watch It Ache and Bleed, une oeuvre où se mêlent énergie brute et introspection sincère. Autodidacte à la guitare et dotée d’un instinct inné pour les mélodies percutantes, Nieve Ella livre des textes authentiques qui explorent les douleurs de la croissance, les premières ruptures et les désirs instinctifs, rappelant la plume de Sam Fender. En deux ans à peine, elle a conquis un public fidèle grâce à une présence scénique captivante et une écriture d’une sincérité désarmante. Le public a pu savourer une setlist bien fournie : Anything, TTWS, Blue Shirt Boy, Sweet Nothings, Good Grace, Look At That Woman, The Reason, Glasshouses, Stop Me, Alternate, Car Park, Ganni Top, Meet You in the Middle, Girlfriend, His Sofa, Sugarcoated. Une belle découverte pour un francophone qui était votre humble serviteur ce soir-là et qui vous encourage vivement à suivre ces deux artistes prometteurs.
Louise Barreau et Coline BLF envoûtent le Museum du Botanique

Mardi 12 février 2025, le Museum du Botanique a accueilli une soirée placée sous le signe de la poésie et de l’émotion. Dans cette salle intimiste, propice aux atmosphères les plus envoûtantes, un public nombreux s’est réuni, attirant autant de curieux que d’habitués, ainsi que quelques figures bien connues de la scène belge comme Audrey (batteuse de Lou K) et les membres de Colt Réunis. Louise Barreau : un univers lunaire et poignant Dès son entrée sur scène, Louise Barreau impose son aura singulière. Autrice-compositrice-interprète belge, elle nous ouvre les portes d’un univers onirique, où les émotions s’entrelacent entre éclats de lumière et sombres abysses. Son style, qui flirte avec la pop et le jazz, propose une approche musicale immersive et intense. Entre ballades mélancoliques et envolées plus énergiques, Louise percute son public en plein cœur. On ne peut s’empêcher de penser à Indochine en écoutant certaines de ses envolées lyriques – une référence qui, bien que subjective, semble résonner avec son esthétique musicale. À travers ses textes, elle chante l’amour, les drames et la poésie de la vie avec une sincérité rare, transformant chaque chanson en un miroir d’âmes. Coline BLF : la pop solaire d’une artiste engagée Après une courte pause pour se restaurer, les lumières s’éteignent de nouveau pour accueillir Coline BLF, venue célébrer la sortie imminente de son album. Un léger contretemps logistique empêche la présence physique du disque, mais les fans présents peuvent déjà le précommander sur place. Coline BLF, 25 ans, originaire de Namur, s’inscrit dans un courant musical oscillant entre la Bedroom Pop et la French Pop. Son physique et son charisme rappellent à certains une Sophie Marceau façon « La Boum », teintée d’influences à la Clara Luciani – une comparaison qui, loin d’être réductrice, souligne son élégance et sa puissance scénique. Dès son adolescence, Coline forge son univers en s’inspirant de la scène indépendante anglophone et francophone. Ses compositions, empreintes d’une nostalgie lumineuse, sont marquées par des influences aussi variées que King Krule, Clairo, Mac DeMarco, Lewis OfMan et Claire Laffut. En parallèle de sa carrière musicale, elle se démarque en tant que vidéaste, sublimant les petites choses du quotidien dans des créations mêlant photographie, lecture et engagement environnemental. Très investie dans la justice sociale et écologique, elle s’attache à promouvoir des valeurs fortes à travers sa musique et son art. Son premier EP, Blue Nostalgia, sorti en 2022, posait déjà les bases de son identité musicale. En janvier 2025, elle dévoilera un deuxième opus, ancré dans ses convictions et teinté d’un son toujours plus affirmé. Une soirée entre rêverie et engagement Cette soirée du 12 février fut un voyage sensoriel, porté par deux artistes aux univers contrastés mais complémentaires. D’un côté, la profondeur et la poésie de Louise Barreau, de l’autre, la chaleur et la modernité de Coline BLF. Deux voix, deux sensibilités, mais une même sincérité qui aura conquis le cœur du public du Museum. Une date qui restera sans doute gravée dans les mémoires de ceux qui y ont assisté.
Tina Turner … ou presque.

Il existe de nombreux covers d’artistes connus, décédés ou non. Et la reine du Rock and roll, Tina Turner, n’échappe évidemment pas à cette mode ce qui est un peu normal vu qu’elle est l’artiste rock à avoir vendu le plus de disques (200 millions) et le plus de places de concerts pour une artiste solo. Ce samedi 15 février, lendemain de Saint-Valentin, c’est la formation « This is Tina », portée par Maureen Alberg, qui présentait son show en l’honneur de l’ex mamy du rock, au Trixxo Hasselt. Maureen, ex-finaliste du programme Starstruck sur VTM, n’est pas venue seule sur scène puisqu’elle est accompagnée de deux autres chanteuses et de six musiciens. Composition du band : Maureen Alberg (chant) – Myrthe Robijns & Anouk van Grunsven (chœurs) – Mike Schellekens et Dirk Michielse (guitares) – Arjan Kok (basse) – Wim van Deuren (claviers) – Tim Peters (batterie & percussions) – Mathieu Dierckx (saxophone). Ajoutez à cette mise en scène copieuse une similitude physique étonnante avec l’artiste originale et vous voilà (re)plongés dans l’univers d’Anna Mae Bullock (le vrai nom de Tina), la chanteuse qui a aussi marqué les esprits pour son apparition dans le film Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985) en tant que tante Entity et surtout interprète de la bande originale. Avec Proud Mary (1970), The Best (1989), We don’t need another hero (1985), What’s love got to do with it (1984), Goldeneye (1995), Private dancer (1984) et son duo improbable mais tellement réussi avec Eros Ramazzotti, Cosas de la Vida (Can’t Stop Thinking of You), il y a de quoi faire niveau répertoire, d’autant que la grande Tina a aussi œuvré dans les dessins animés, soutenant les B.O. de Frère de Ours et Le Roi Lion 2. Maureen, aussi connue sous le pseudonyme de Mo’reen, n’est pas une jeune première dans le métier, dès 1993 elle fut en effet la voix féminine du groupe « The Radios » qui connut un succès non négligeable notamment avec le titre « She goes Nana » mais aussi ses reprises de titres ancrés des années 80 et 90. Après, elle accompagnera des artistes renommés comme Johnny Logan ou les Gibson Brothers. On peut donc dire que madame a, à 54 ans, de la bouteille. Et cela se ressent directement sur scène. Telle la tigresse qu’elle incarne, Maureen va s’accaparer le public, jouant de ses traits physiques proches de ceux de la star, jusqu’à porter des tenues de scène identiques à celles de la reine Turner, mais aussi, et surtout, de son énergie et de ses impressionnantes capacités vocales. Alors, certes, il manque un peu de graves et cette voix si particulièrement usée par la vie dans les moments posés, mais lorsque la musique s’emballe et que le rock enfile sa plus belle robe, Maureen sort de sa tanière et devient la louve que pouvait représenter l’ex épouse d’Ike Turner. En résumé, c’est du cover, oui, mais du bon, de haut niveau, travaillé jusque dans les moindres détails. Un spectacle à voir assurément pour les nostalgiques de la reine du rock and roll. Retrouvez les photos du concert sur la page FB – ReMarck Photos.
Cory Wong « L’autre kid de Minneapolis » en concert à « De Roma »-« Winter Tour 2025 »
Rédaction : Ru’Jol & Photos : « De Roma » /Ru’Jol … Après un passage à l’Ancienne Belgique en 2023, le maestro revient à nouveau chez nous … Un concert de Cory Wong qui ne vous laisserait pas de marbre, ni aucun des 1300 aficionados lors de sa prestation à la salle « De Roma » à Anvers ce lundi 10.02.2025… Musicien talentueux, aimant le funk, le jazz et le rock, idéal pour danser et se faire bouger les pieds et les mains … caractérise ce guitariste hors-pair, auteur-compositeur et producteur génial. Cory Wong est à considérer comme … l’autre « kid de Minneapolis », il est connu en tant que membre essentiel de groupes tels que Vulfpeck et The Fearless Flyers ainsi qu’à travers ses vidéos hilarantes sur YouTube. Il a été nommé à plusieurs reprises aux Grammy Awards… En tant qu’artiste solo, il s’est constitué un répertoire impressionnant et est connu comme l’un des visages de Fender. Car en 2021, la légendaire marque de guitares lui a offert son propre modèle de Stratocaster…une référence donc! Avec sa touche, guitaristiquement parlant, il a perfectionné la rythmique funky et possède un groove avec une dextérité quasi extra-terrestre … Si vous avez ne fusse qu’une seule fois tenu le manche d’une guitare à 6 cordes … Vous risquez d’être dégouté de jouer de cet instrument à tout jamais, après avoir vu et écouté Cory Wong. Garanti ! Un talent « XXL » également pour l’ensemble de ses musiciens, par un enchainement des morceaux, sans réelle coupure entre eux et 2 heures de spectacle sans failles ! Cory Wong est reconnu pour sa présence scénique captivante et son approche novatrice de la musique instrumentale, cherchant à transmettre de la joie à son public … Et là, son pari est réussi ! Ces 2 heures de concert ont enflammé la salle « De Roma » et les « smiles » sur les visages, à la sortie de son concert le confirment… En conclusion …. Cory ! … Encore? … oui !
Un petit air de 1981 …

Comme nous vous l’avons décrit récemment dans l’article qui lui est consacré (retrouvez le ici), le groupe Toto fait actuellement salles combles en Europe. Le public est ravi, d’autant qu’il peut profiter non pas d’un seul, mais bien de deux concerts de qualité puisque la première partie du band californien est assurée par un autre artiste dont les titres résonnent toujours dans nos têtes autant que dans les juke-box vintages qui étaient encore très en vogue dans les eighties. Cet artiste est Christopher Cross. Ce nom ne parle peut-être pas de prime abord à tous, surtout aux plus jeunes, le chanteur musicien ayant connu ses plus belles heures de gloire entre 1979 et 1982. Mais sachez qu’en 1981, il fut le premier à récolter 5 Grammy Award, dont 4 des plus représentatifs à savoir celui de l’enregistrement de l’année, celui de la chanson de l’année (tous deux pour Sailing), celui de l’album de l’année et celui du meilleur nouvel artiste. Le Grammy Award de l’album de l’année lui attribue d’ailleurs un point commun avec Toto, qui obtiendra cette même récompense en 1983 pour Toto IV. Mais revenons à notre tournée. Christopher Cross est accompagné sur scène de son instrument fétiche, la guitare, évidemment, mais pour l’occasion il a mis les petits plats dans les grands en emmenant avec lui un pianiste, un saxophoniste, un bassiste, un batteur et trois choristes. Au menu, l’ensemble des balades qui ont été les plus marquantes dans son répertoire et notamment All Right – Never be the same – Sailing – Arthur’s theme mais aussi Ride Like The Wind, son tout premier single, classé 2e aux Etats-Unis lors de sa sortie, derrière l’excellent Call Me de Blondie. Retrouvez ici (et sur la page FB – ReMarck Photos) quelques clichés de la prestation de Christopher Cross, considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de soft rock.
Toto fait (encore) recette.

Depuis quelques jours, les membres du groupe rock iconique TOTO ont débarqué en Europe dans le cadre de leur nouvelle tournée « Dogz of Oz ». Parmi les premières dates figuraient une apparition à Bruxelles (Forest National) et à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette (Luxembourg) juste avant de descendre vers l’Hexagone. Suivront la Suisse, l’Allemagne, le Danemark, la Norvège, la Suède et la Finlande, avant de prendre la direction d’un autre continent, l’Océanien qui précèdera un retour sur leur terre natale américaine où la Floride sera évidemment le premier état visité. Point commun à toutes ces dates ? Le sold-out. S’il n’a plus sorti d’album depuis 2018 (Old is New), le groupe n’en demeure pas moins une référence du rock des 80’s et 90’s, fort de 15 plaquettes studios. Et on ne parle pas ici de petites productions locales, les ventes cumulées de ces albums dépassant désormais les 50 MILLIONS de pièces. TOTO, un groupe de vieux ? S’il est vrai que le groupe fêtera prochainement ses cinquante ans d’existence (il a été créé en 1976), et que ses titres les plus emblématiques sont extraits de l’album Toto IV sorti en 1982, le band de Los Angeles est loin de tomber aux oubliettes. Il connaît même une seconde jeunesse grâce aux réseaux sociaux. Dans le monde du streaming, le répertoire du groupe est écouté plus de TROIS MILLIONS de fois par jour sur Spotify uniquement, par un public qui rajeunit de mois en mois. En juillet, 52 % des écoutes en continu provenaient de personnes âgées de 34 ans ou moins. Avec des titres phares comme Africa, pourtant très décrié lors de sa sortie, même par plusieurs membres du groupe, pour ses paroles parfois un peu tirées par les cheveux, mais qui s’est malgré tout imposé comme l’une des chansons les plus appréciées de cette époque, l’entraînant Hold The Line ou l’inusable Rosanna (considéré par certains comme le morceau le plus abouti du groupe), on ne peut que valider le répertoire de ce groupe devenu l’une des références mondiales du rock, même si les influences et courants musicaux rencontrés au fil des albums sont multiples (jazz, jazz-fusion, rock progressif…). Restait à savoir si les « vieux briscards » que sont Steve Lukather (67 ans) et Joseph Williams (64 ans), seuls piliers du groupe encore en activité (et encore, Joseph Williams n’avait tourné que 4 ans avec TOTO avant 2010), allaient tenir le gouvernail avec assez de punch pour ravir les fans des premières heures. Alors certes, les puristes diront que ce n’est plus exactement TOTO, les frères Porcaro étant décédés et certains autres membres représentatifs comme Simon Philips n’étant pas de la partie, mais sur scène, on n’y voit que du feu, ou plutôt de la fumée. L’énergie est là, et quand les musiciens s’emballent dans des impros appuyées ou des solos majestueux, c’est toute l’âme du rock qui ressurgit et s’empare de la salle. Steve Lukather semble même rajeunir à vue d’œil de prestation en prestation. Sa tignasse grise rappelle bien qu’il a un peu plus d’expérience que d’autres, mais il affiche un tel sourire et une telle joie de se produire sur les planches qu’on le confondrait pour peu avec un jeune premier ravi d’être devant un public pour la première fois. Sa discrète atèle de soutien au genou, présente en Belgique, avait même disparu pour le show luxembourgeois. Cette cure de jeunesse lui réussit semble-t-il assez bien. Steve est donc bien là, au sommet de son art, manoeuvrant ses guitares comme de vraies œuvres dignes de prouesses sonores, mais il faut dire qu’il est bien entouré. Chaque musicien/chanteur est une pointure dans sa discipline, et cela s’entend ! Car, avouons-le, si l’on vient au concert d’un groupe de rock, ce n’est pas pour écouter note par note les compositions des albums. Non, la musique doit vivre, prendre forme et s’embraser, ce que réussit à faire Toto avec certains morceaux qui durent finalement plus de sept minutes. Cela pourrait paraître long, mais pas ici, pas dans ces conditions, pas avec ce niveau de maîtrise… Rendons donc à César ce qui lui appartient et tirons notre chapeau à ces artistes qui font de la tournée 2025 de Toto une prestation de tous les instants. On retrouve donc au chant Joseph Williams, mais aussi Greg Phillinganes (clavier/chant), Shannon Forrest (batterie), John Pierce (basse), Warren Ham (cuivres/percussions/chant) et Dennis Atlas (clavier/chant). Pour votre information, sachez quand même que Steve Lukather a joué sur les albums d’artistes aussi renommés que Paul McCartney, Michael Jackson, Joe Cocker, Lionel Richie, Cher, Elton John, Eric Clapton, George Benson … et même Michel Berger. C’était le guitariste de référence, et le seul membre fondateur permanent, finalement, de TOTO. Greg Phillinganes a lui joué pour Stevie Wonder, The Jacksons, Paul McCartney, Eric Clapton et Michael Jackson, notamment sur l’album Thriller (au total, 4 albums et deux tournées avec le Roi de Pop). Shannon Forrest n’est pas en reste puisqu’il a notamment travaillé avec Kenny Rogers, Tom Walker, Sheryl Crow ou encore Taylor Swift. John Pierce, bassiste qui en impose par son style et ses postures, est un ancien membre du groupe Huey Lewis and the News, mais il a aussi collaboré avec Kim Wilde, Céline Dion et la légende himself, Mick Jagger. Warren Ham est peut-être le plus discret de tous, mais il n’en demeure pas moins une valeur sûre notamment pour son jeu au saxophone. Il est aussi le plus âgé des membres du band actuel (73 ans). Le petit dernier ferait presque tâche dans le tableau avec sa face de jeune poupon, d’autant que c’était, initialement, Steve Maggiora qui était annoncé (c’est lui qui figure sur les photos promo diffusées lors de l’annonce de la tournée début 2024). Mais ne vous fiez pas aux apparences, Dennis Atlas n’est pas là pour rester dans l’ombre de ses aînés. Le benjamin de la troupe s’offre un solo remarqué au clavier et surtout une performance vocale qui ne passe pas inaperçue. Il pourrait aisément rendre la pareille dans la plupart des formations de métal vu ses
Tabarnak…quel concert dame Guylaine Tanguay!

Rédaction : Ru’Jol – Photos : Fabian Braeckman … Ce mardi 05.02.2025 , votre équipe ConFestMag, a eu l’immense plaisir de découvrir pour vous, le premier concert de la tournée européenne de Guylaine Tanguay et de son band de musiciens talentueux. Guylaine est une interprète canadienne née en 1972 à Girardville au Québec…dite « La Belle Province » et a grandi dans une famille où la musique occupe une place de choix. Elle évolue dans l’univers de la musique country depuis 1988, et a déjà publié de nombreux albums ( voir discographie ci-dessous)… Guylaine Tanguay, figure emblématique de la musique country au Québec , est venue envoûter le public du Centre Culturel d’Auderghem avec son tout premier spectacle en Belgique, intitulé « The Country Voice ». Reconnue pour sa voix puissante et son charisme indéniable, Guylaine a su captiver les cœurs de milliers de fans à travers le Canada….et est bien en passe de pouvoir se faire une nouvelle audience, au vu de l’accueil de près de 300 personnes présentes hier soir, lors de sa prestation bruxelloise. Car, à travers ses chansons empreintes d’authenticité et de passion, tout en rendant hommage à Ginette Reno ( « Un peu plus haut »), Paul Daraîche (« Je pars à l’autre bout du Monde ») et Patrick Norman ( « Quand on est en Amour »), illustres auteurs-interprètes de la scène francophone québécoise , elle invite son public à plonger dans l’univers de la country, où tradition et modernité se rencontrent. Sur scène, elle nous a emmené avec elle et « sa gang » (traduction : son band) à travers son parcours tant professionnel que personnel, puisque plusieurs chansons sont des compositions originales. Elle y parle des bons moments de sa jeunesse, de sa vie de femme d’hier et d’aujourd’hui… Guylaine nous raconte ses histoires parfois drôles (un sens de l’humour au sujet des expressions typiquement québécoises et ayant un sens tellement différent sous notre latitude comme le verbe : « turlut(t)er » qui se traduit par « chanter »), parfois touchantes, tout en gardant son énergie contagieuse qui a fait sa renommée. En plus de quelques chansons originales, elle nous offre également des incontournables de la musique country, mais pas que : une version de « La Bohème » de Monsieur Aznavour, qui a fait vibrer le public à l’unisson… Des chansons qui la suivent depuis longtemps et qui ont influencé sa vie et sans aucun doute, celle du public. Toujours entourée de ses fidèles musiciens, sa deuxième famille comme aime le dire Guylaine… Et performance à mettre justement à l’actif des musiciens et ce presque à la fin du concert , un medley de titres joués pour le plaisir de toutes les personnes debout et tapant dans les mains au devant de la scène : « Eye of the Tiger » de Survivor, « Thriller » de Michael Jackson, … En conclusion … avec 2 rappels plein d’amour pour le public…nous sortons d’une soirée garantie « inoubliable », où la chaleur, la bonne humeur, le « yodeling », la convivialité du Québec et de la country étaient à l’honneur. Merci à Guylaine et son band… Discographie : ANNEE ALBUM 1988 Perte de contrôle 1998 Sur ce parchemin 2003 À l’autre bout du vent 2005 Naturelle 2006 Pour un Noël Country 2010 Passion Country 2012 Le Livre vert 2014 Le Livre vert (la suite) 2015 Inspiration Country 2015 Party des fêtes de chez nous! 2016 Classique Country 2017 Mon livre vert 2018 3764 Elvis Presley Blvd 2018 Que les fêtes commencent! 2019 Session Nashville (album numérique) 2020 Guylaine Tanguay Country 2022 Ginette À ma façon 2022 Céline À ma façon 2022 Vos coups de cœur À ma façon