8 février 2026

FESTIVAL NUITS WEEKENDER

Découvrez la version automnale de notre festival printanier emblématique Les Nuits Weekender au Botanique, du 1er au 3 novembre !Un Festival à part entière : Les Nuits Weekender, c’est un festival et le site du Botanique intégrera tout ce qui fait un festival, pour garantir votre confort et votre plaisir sur place. Des espaces pour se poser et prendre un café en toute quiétude ou déguster un cocktail sont aménagés pour l’occasion. Une installation en arts plastiques et un travail sur l’ambiance lumineuse égayeront les serres. La terrasse sera elle aussi aménagée et illuminée, afin de prolonger en extérieur l’ambiance des salles et des serres. Côté plaisir de bouche, notre belle offre en boissons s’enrichira de nouvelles propositions : carte de cocktails, cidre et Pommeau artisanaux, vin chaud et bière bio au fût du côté des boissons. Du côté des cuisines, de bons petits plats faits maison et servis en mode street food : sandwiches falafel, burgers V, dahl de lentilles et accompagnements, frites et sauces de nos cuisiniers… Une boutique de vêtements de seconde main et un stand de tatouage vous permettront même d’emmener un souvenir durable de votre participation à ce beau et nouveau festival… Aux Nuits Weekender, vous découvrirez le Bota comme vous ne l’avez jamais connu ! POUR PREPARER VOTRE VENUE,PLONGEZ-VOUS DANS LA  PLAYLIST DU FESTIVAL !   ET JETEZ UN OEIL AUX HORAIRES DU JOUR :

Hervé, la qualité, la sueur, les Moules et des Gaufres…

Des Mélodies de l’Ouest Parisien aux Victoires de la Musique en passant par la rotonde du Bota… Né en 1991 à Saint-Cyr-l’École et élevé par sa mère à Fontenay-le-Fleury, Hervé rêve d’abord de devenir footballeur, avant de découvrir sa passion pour la musique en grandissant avec Bashung, Higelin, et les Daft Punk. Il fait ses débuts en 2015 avec le duo franco-britannique Postaal, se faisant remarquer avec le titre « Freedom ». Après un premier album en 2018 et des premières parties pour Eddy de Pretto, Hervé prend son envol en solo. En 2020, son premier album Hyper fait l’effet d’un « upercut générationnel » selon Télérama, et lui vaut le trophée de Révélation Masculine aux Victoires de la Musique en 2021. En 2023, il sort Adrénaline, un album taquiné par une drôle de mésaventure : tous ses CD contenaient par erreur les morceaux de « Despacito » ! Loin de se démonter, Hervé en rit et continue sa route, revisitant ses premières amours britpop avec une créativité sans bornes. Entre deux concerts, il plaisante sur les réseaux et compose toujours avec l’énergie frénétique d’un « Mister Duracell ». Son public ? Un mélange éclectique, aussi chaleureux qu’un Breton en terre belge ! Tout cela pour vous raconter une soirée inoubliable, autant pour le spectacle que pour l’ambiance magique de la salle « La Rotonde » du Botanique. J’étais entouré de gens venus de tous horizons : d’Arlon, de Liège, de Bruxelles, mais aussi de Bretagne et qui avait même amené une amie avec elle, une Française presque plus Parisienne que les Parisiens, puisqu’elle venait de Bastille, bien que travaillant également dans notre capitale. Hervé était programmé à 20h00, mais c’est à 20h40 qu’il est apparu, débordant d’énergie. Pourtant, le temps a filé à toute vitesse, rythmé par des anecdotes de concerts et des souvenirs partagés. Une soirée qui s’annonçait bien… Tel un Mister Duracell, Hervé virevoltait de gauche à droite dès « Encore », évoquant fièrement ses racines bretonnes, ce qui a ravi mes voisines. La mise en jambe n’était même pas terminée que la première serviette servait déjà à essuyer les premières gouttes de sueur. « Comme tout le monde » a été repris en chœur par un public soit déjà conquis, soit en pleine découverte de cet artiste encore trop méconnu. Hervé, c’est un perfectionniste qui se donne à fond et qui vous sert sur un plateau le fruit d’un travail soigné. Pas avare de bavardages entre les morceaux, il a testé les recettes belges, même si c’était dommage de rester sur les moules, un plat, et la gaufre, qui fait un parfait en-cas, goûter ou dessert… tout comme une délicieuse crêpe bretonne ! Avec « Cœur Poids Plume » de 2019, on a fait un saut dans le passé, pas si lointain, mais assez pour démontrer la pérennité de ses compositions. « Tout ira mieux demain » n’était certainement pas un message destiné aux techniciens, qui ont dû gérer tant bien que mal une panne imprévue… Il faut savoir qu’en Belgique, le public vient pour voir l’artiste et profiter du spectacle : si une corde casse ou que le clavier tombe, on en rigole. Et si l’artiste se tord la cheville, on l’applaudit quand même ! C’est la raison pour laquelle les artistes aiment le public belge, un public de vrais connaisseurs. (sic) Pour moi, « Sémaphore » rappelle beaucoup les mélodies de Raphaël, un véritable coup de cœur parmi d’autres cette soirée-là. Puis, place à « Clashhh », titre de son nouvel album fraîchement sorti, et « Trésor », où l’énergie était celle d’un joueur de foot qui remporte un Classico, avec des paroles immédiatement reprises par un public, définitivement conquis. Avec « Addenda », on plonge à nouveau dans le passé, le temps pour lui de jeter une serviette trempée (qui, par hasard, atterrit dans les mains d’une autre chanteuse « Emy Sakura » présente dans ce public éclectique). Nos cœurs battaient à cent à l’heure, et personnellement, j’aurais souhaité que le temps s’étire pour prolonger encore un peu ce moment magique. Un concert avec Hervé sans qu’il prenne la température de la foule ? Impossible ! Il a inondé la salle de son énergie positive, littéralement. « Si bien du mal » suivi de « Ultrachelou » ont permis d’entamer une nouvelle serviette, avant qu’Hervé ne se promène avec un drapeau belge (eh oui, nous t’aimons beaucoup ! Et cela semble réciproque…). Avec « D’où je viens », il donne une leçon de vie à la jeunesse, et « Odeur » nous replonge dans son dernier album qu’il défend avec brio. Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, on se quitte avec « Bel Air ». Pour les heureux qui ont patienté à peine dix minutes au stand de merchandising, Hervé est apparu tout sourire, sympathique et à l’écoute des anecdotes de chacun. J’en faisais partie, et je soutiens ce petit Breton « toujours à l’aise Breizh », aussi fou sur scène que Cantona l’était sur un terrain de foot. C’est comme ça qu’on aime les artistes. À très vite pour une nouvelle aventure… Et si vous ne connaissez pas, découvrez le… Encore Tout ira mieux demain Monde Meilleur vous aimez ? son album est une tuerie…commandez le ici

Impossible de rester de marbre à un concert de Caravan Palace.

Voici quelques jours, la salle de l’OM à Seraing a eu la chance d’accueillir un groupe mondialement connu comme étant le pionnier et représentant emblématique de l’électroswing. Il est vrai que les premiers sons du collectif datent de 2005, au moment où trois compositeurs électro ont été contactés pour un projet un peu particulier, produire une bande sonore pour un film muet des années 20 un peu osé. Le projet n’aboutira finalement pas, mais Arnaud Vial, Charles Delaporte et Hugues Payen se découvrent des affinités et notamment leur attrait commun pour le jazz manouche. Ils composent donc quelques morceaux, essentiellement instrumentaux au départ, mais remarquent qu’il manque une voix pour passer un step dans la conception du projet. Alors que des essais avaient déjà été entamés avec une chanteuse, Zoé Colotis les contacte par My Space. Là, Hugues qui jouait dans un groupe de jazz manouche sur Paris l’invite à venir voir le concert et Zoé se met à jouer en improvisant avec le groupe. Le loup est entré dans la bergerie ! Zoé ne quittera en effet plus Caravan Palace, même si elle ne se définit pas comme l’un des membres à part entière du band. Elle préfère se présenter comme le featuring vocal, même si elle reconnait qu’au fil des années, Caravan Palace est devenu une véritable famille de cœur. Dès 2007, Caravan Palace entame une tournée qui va découler sur la sortie de leur premier album éponyme en 2008. Vu que seul Parov Stelar propose un tel choc culturel à ce moment, les deux formations sont présentées comme les initiateurs, ou tout du moins les groupes tremplin de l’électro swing. Mais ne dites surtout plus maintenant aux membres de Caravan Palace qu’ils font de l’électro swing, cela les vexerait sérieusement. Ce terme bateau est en effet trop réducteur pour l’étendue du spectre musical affiné au fil des années, albums et tournées. « Le premier album était vraiment basé Jazz Manouche avec des inspirations issues de Django REINHARDT qu’on aimait vraiment beaucoup, mais très vite on avait peur de tourner en rond donc on a décidé de changer de registre. Après ça on s’est tourné vers le swing américain des années 20-30 sur le deuxième album Panic, sur le troisième on avait envie de pousser un peu le truc en allant vers les années 50-60 avec des petites influences rock-à-Billy, limite soul. Et je crois que le quatrième album est dans la même veine que le troisième mais en un peu plus pop, on avait envie de faire des chansons donc on a invité différents artistes qui amènent une autre couleur en termes de voix. On n’a pas eu envie de répéter les mêmes choses sans forcément s’éloigner de notre style de base » commentait en prélude de la tournée accompagnant le 4e album l’un des membres fondateurs du groupe. Caravan Palace est donc un projet complexe qui ne cesse d’évoluer, au point de devenir la référence dans son domaine. Cinq albums studios, dont le petit dernier, Gangbusters Melody Club, vient de sortir en 2024, une reconnaissance planétaire (« C’est dingue, remarque Zoé, parce qu’on vend plus d’albums en Grande-Bretagne et aux États-Unis qu’en France. » Caravan Palace, c’est en effet beaucoup d’énormes festivals comme Glastonbury au Royaume-Uni ou encore Coachella aux États-Unis), une énergie de dingue sur scène et des clips qui font mouche.  Ce succès, Caravan Palace le doit évidemment à ce concept novateur (mélanger ancien et moderne, clavier électronique et cuivres, adapter chaque album à une « veine » particulière), au talent de ses compositeurs et musiciens, mais aussi à la personnalité bien trempée de sa voix féminine, jamais en reste pour mettre l’ambiance sur les planches, et ce dans le domaine musical évidemment, mais pas que…  En plus d’être la voix de Caravan Palace, Zoé est comédienne, mais sous un autre pseudonyme. Et oui, Zoé n’est pas sa vraie identité, c’est un personnage musical créé pour bien séparer ses univers artistiques. Son nom officiel est Sonia Fernandez Velasco. A Tours, avec sa compagnie Les 3 Sœurs ou avec La Clef où elle fait de l’impro, la comédienne, et metteure en scène est sur de nombreuses scènes, en création, en représentation, donne des cours, et tourne dans des séries. Mais au fait, saviez-vous que Colotis zoe est aussi le nom d’une espèce de papillons (de la famille des Pieridae) endémique de Madagascar ? Inutile de vous dire que pour l’événement, le public s’était déplacé en nombre en bords de Meuse. Le show affichait salle comble, pour le plus grand bonheur des artistes, des organisateurs, mais aussi du public car un concert de cette trempe, cela se partage. On le vit en groupe, dans le partage et bonne humeur. Au programme, tous les plus grands standards du band évidemment comme l’incontournable Lone Digger qui a fait connaître le groupe parisien de l’autre côté de l’Atlantique, des morceaux extraits du dernier album comme MAD ou encore l’entraînant Black Betty dont l’original était interprété par Ram Jam. Du son prenant qui vous entraîne inexorablement à faire bouger au moins quelques muscles de votre corps. Impossible de rester statique avec une telle ambiance. Encore une fois, Caravan Palace a shooté juste, renforçant encore un petit peu plus son leadership dans cette branche musicale somme toute inqualifiable. Désormais, cap sur la Suisse, avant un petit retour en France histoire de se ressourcer durant les fêtes car en 2025 Caravan Palace repart à l’assaut des States, du Canada et … du Mexique avec 24 dates outre Atlantique. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Sakou : L’éclosion d’une voix singulière sur la scène pop francophone

Parfois, les trajectoires les plus inspirantes se dessinent à travers les détours et les remises en question. C’est exactement ce que nous raconte le parcours de Sakou, une jeune artiste dont le cheminement intérieur est aussi captivant que sa musique. À l’image d’une étoile qui vacille avant de briller pleinement, son histoire est celle d’une quête d’authenticité, entre doutes, lutte contre les normes et soif de création. Dès son plus jeune âge, Sakou, de son vrai nom Kazou, se sentait en décalage avec son entourage. Elle voyait et ressentait des choses que d’autres ne comprenaient pas, et cette hypersensibilité lui a longtemps causé du tort. Ses émotions jugées « trop intenses » étaient mal perçues, et on l’accusait de vouloir attirer l’attention. En réponse, elle a choisi de dissimuler ses sentiments, tout comme ses rêves, jugés « imprudents », d’une carrière de chanteuse. Alors qu’elle cherchait l’approbation de son entourage, son adolescence fut marquée par une course à la perfection. À 18 ans, Sakou entre à Sciences Po, puis enchaîne avec des études en journalisme. Pourtant, bien que tout semblait en apparence fonctionner, une profonde déconnexion s’installe en elle. Ses aspirations artistiques, étouffées, finissent par refaire surface. Malgré une formation solide au solfège, au violon, au chant et à l’art dramatique, Sakou ne se sentait pas « à la hauteur » pour envisager une carrière dans la musique. Mais ce sentiment de vide, cette impression que son chemin était dénué de sens, la pousse finalement à tout quitter. Sa réinvention commence à Anvers, où elle intègre le Jazz Studio et compose ses premières chansons. Si Sakou explore des genres comme le RnB, la Neo Soul ou encore le rap, elle ne s’y retrouve pas entièrement. Au fil de ses collaborations avec divers producteurs de renom tels que Simon LeSaint, Jérémy Dumont et Thierry Plas, elle cherche encore sa véritable identité musicale. C’est finalement en 2022 que la rencontre avec Gary Celnik marque un tournant. Ensemble, ils trouvent la formule qui résonne avec l’essence de Sakou : une musique pop riche en influences, à la fois sincère et complexe, à l’image de l’artiste elle-même. Des résidences en France avec des artistes comme Leo Fifty Five et Aprile lui permettent de peaufiner son projet. Sa plume, inspirée du rap, manie une technique soignée tout en puisant dans ses émotions les plus profondes. Que ce soit sur l’amour, comme dans ses titres « Bb dis-moi » et « Toxique », ou sur des thématiques plus sombres liées à la santé mentale (« Ombre », « Cours »), Sakou parvient à transformer ses expériences personnelles en œuvres universelles. Aujourd’hui, Sakou est déterminée à se faire une place sur la scène pop francophone. Artiste indépendante, elle s’est entourée d’une équipe solide, ayant déjà collaboré avec des grands noms comme Charles, Eva Queen, Roméo Elvis, et Doria D. Après plusieurs années de travail acharné et de perfectionnement, elle semble prête à s’imposer comme une incontournable de la musique pop. Jeudi soir, sur la scène du Witlove du Botanique, Sakou a livré une performance qui a su captiver le public avec des titres comme : « Beau, Encore, 911, Deuxième vie, Ombre, BB dis moi & Toxique « . Son show, bien que court, était rempli d’une énergie vibrante et d’une sincérité palpable. Elle nous a offert un véritable voyage à travers ses émotions, et nous promettons de suivre son parcours de près chez Confestmag. Sakou est sans aucun doute une artiste à surveiller. Après cette belle découverte, il nous tarde de voir où cette aventure la mènera. À très vite, Sakou !

Des Primeurs qui ont souvent du nez…

Vous pensiez en avoir terminé avec les festivals pour cette année ? Rassurez-vous, le monde de la musique n’entend pas hiberner jusqu’au printemps.   Les températures se la jouent en chute libre, la pluie n’est jamais bien éloignée… Certes. Mais nous disposons de quelques bonnes pioches pour vous rendre le moral comme par exemple un festival de Primeurs qui se décline en double. « Rien de tel pour ne pas déprimer que des Primeurs non ? Si  on  peut  aisément  se  trouver  quelques  raisons  de  déprimer  ces  temps-ci,  et plus particulièrement depuis le début de l’été, il y a mille et une façons de lutter  contre  cette  passion  triste.  Libre  à  chacun  de  trouver  la  sienne  mais  pour  nous,  l’art,  la  culture,  le  collectif,  l’être  ensemble  en  font  plus  que  jamais  partie.  Rassembler  des  gens  sous  le  prétexte  un  peu  fou  de  leur  faire  découvrir  de  jeunes  artistes,  à  l’orée  de  leurs  carrières,  croiser  les  styles,  les sons, les genres dans des soirées apparemment sans queue ni tête (d’affiche),  voilà  l’idée  originelle  de  ce  festival  qui  parle  depuis  1998  le  langage  de  la  diversité,  de  la  curiosité,  de  l’inventivité,  de  l’ouverture  aux  autres.  Loin de nous l’arrogance de penser qu’on va révolutionner le monde avec ces quatre soirées automnales… On  espère  simplement  contribuer  à  l’embellir,  en  ouvrant  nos  scènes  à  des  artistes  qui  nous  aident  à  lui  donner  du  sens  et  de  la  beauté,  et  en  créant  un  espace  de  rencontre,  de  discussion,  un  temps  collectif  et  partagé.  On  est  persuadé  que  la  beauté,  celle  d’une  note  en  suspension,  d’une  rencontre  au  bar  du  festival,  d’un  refrain  repris  en  chœur,  d’un  couplet  à  la  poésie  renversante,  d’un  éclat  de  rire,  que  cette  beauté  contribue  à  nous  faire vivre mieux, et nous éloigne ainsi de ces passions tristes que sont l’isolement,  le  repli  sur  soi,  la  peur  ou  la  haine  de  l’autre,  ces  passions  tristes  qui  nous  conduisent  vers  un  triste  monde  dont  nous  ne  voulons  pas. Alors haut les cœurs, c’est l’heure des Primeurs ! » explique François Beaudenon dans son édito. Le      festival      des      Primeurs      de      Massy,      dédié      aux      premiers      albums,  existe  depuis  1998.  En  2015,  une  édition  miroir  est  créée  à  Castres.  Depuis  10  ans,  le  festival  des  Primeurs  de  Massy  et  de  Castres  est  donc  organisé  conjointement  et  simultanément  par  les  équipes  de  Paul  B,  scène  de  musiques  actuelles  à  Massy  et  Lo  Bolegason,  scène  de musiques actuelles à Castres. Vous ne connaissez pas ces artistes? C’est un peu normal vu que le principe est justement de faire découvrir des nouvelles productions. Disons même leur première réalisation concrète. Mais il y a souvent de vraies promesses à rencontrer. Les Primeurs ont en effet vu passer les stars de demain comme le groupe Tryo, qui a aiguisé ses armes vocales sur la première édition en 1998, mais le festival a aussi vu passer Juliette Armanet, Clara Luciani et l’année dernière Zaho de Sagazan. Serez-vous parmi les premiers à découvrir la pépite de demain? Pour vous orienter dans votre choix, voici un petit manuel fourni par l’organisation. Comme vous l’aurez remarqué, il y en aura pour tout le monde. Mais en pratique, cela donne quoi? Et bien ceci. Vous n’avez plus aucune excuse désormais. D’autant que pour répondre à vos dernières interrogations, deux sites sont à votre disposition: www.lesprimeursdemassy.fr et www.lesprimeursdecastres.fr

Tout tourne rond avec Chinese Man.

Samedi 12 octobre, il y avait comme un petit air de Provence, un pincement de blues et une grande envolée de jazz en bords de Meuse. La salle de l’OM accueillait en effet un collectif de renommée internationale, Chinese Man. Vingt ans de carrière, dix EP’s et autant d’albums, dont le petit dernier, We’ve Been Here Before, est sorti des presses il n’y a pas si longtemps, on peut dire que tout tourne rond pour ces experts de la composition musicale (et encore, nous n’abordons ici que les concrétisations du groupe et non tous les projets solos de ces tous-terrains du mix). Rond dans les chiffres donc, mais aussi dans leurs personnages puisque le concept fait recette. La salle sérésienne était en effet bien garnie. Pourtant, de prime abord, à voir trois discobars ainsi disposés en retrait sur la scène, on ne miserait pas gros sur un pari lié à l’ambiance, mais c’est sans compter sur toutes les surprises préparées par Matteo, High Ku et SLY. Il faut dire que le trio originaire du Sud (le groupe a été créé à Aix-en-Provence mais le label éponyme est désormais basé à Marseille)  voit du, euh pardon, des pays. Il a en effet plus de 600 dates à son compteur, en France, évidemment, mais aussi en Espagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Belgique, of course, mais aussi bien plus loin. La tournée 2019 avait en effet salué dix-neuf drapeaux différents, dont celui de la Lituanie. Il n’y manque que le buffet de fromages pour faire un clin d’œil à une pub d’un autre temps. Cet aparté de côté, reprenons nos pérégrinations musicales avec quelques informations non négligeables.  Sur scène trônent trois consoles, une pour chacun des membres du trio de base, mais nos compères sont rapidement rejoints sur les planches par un autre trio, féminin celui-là, composé de cuivres. Une trompette, un saxophone et un trombone à coulisse accompagnent en effet la musique en live avec trois dames à la baguette, où plutôt au souffle car il en faut pour suivre la cadence. L’idée n’est certes pas neuve, mais elle plait toujours comme l’a démontré Apashe lors de sa dernière tournée, avec, excusez du peu, un véritable orchestre à son service, mais exclusivement réservé aux instruments cuivrés. Je vous sens déjà un peu plus enclin à vous rendre au show de Chinese Man, car, oui, on peut parler d’un spectacle si l’on ajoute à ces premiers ingrédients un jeu de lumière adapté, des fumigènes en suffisance et des featuring sortis comme par enchantement des coulisses. Au programme des rappeurs, mais aussi une voix féminine qui se démarque admirablement, celle d’Isadora De Booseré, couvée elle aussi, désormais, par le label Chinese Man Records. Nous vous présenterons dans un autre article Isadora, qui assura déjà l’amuse-oreille en prélude au trio tant attendu, mais notons surtout qu’elle revint sur scène avec tout ce joyeux band pour une version enjouée de We’ve Been Here Before, le single qui met si bien en valeur ses bases de jazz et qu’elle interprète avec Stogie T et Miscellaneous. Vous n’y étiez pas et vous le regrettez ? Comme je vous comprends. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts en espérant un nouveau crochet de Chinese Man par nos contrées pour vous rendre enfin heureux. Retrouvez les clichés validés de ce concert sur la page FB – ReMarck Photos.  

Delilah Bon, reine de la provoc à la voix d’or.

Surnommée Rage Queen, Delilah Bon est une artiste vocale britannique née en 1997 dans le West Yorkshire (Barnsley). Si elle a peiné à trouver sa place à l’école, étant assez effrontée et montrant son caractère déjà bien trempé face à l’autorité, Lauren Tate n’en demeure pas moins une compositrice remarquable, utilisant justement toutes les frustrations encaissées à l’époque de son adolescence pour nourrir ses textes de piques même pas dissimulées envers les symboles les plus représentatifs de ce qu’elle ne supporte pas, l’injustice, la discrimination et l’impunité de certains.  C’est tout d’abord au sein de la formation « Hands Off Gretel » que Lauren affûte ses premières armes, mais son besoin de reconnaissance nécessite plus de mise en lumière, ce pourquoi elle décide de se lancer dans une carrière solo dès 2020. En 2021 sort son premier album, intitulé simplement « Delilah Bon ». Elle y écorche déjà bien certains pans de la société, mais sa deuxième création, « Evil, Hate Filled Female’ » n’a rien à envier à son prédécesseur. Il faut dire qu’avec des titres comme « Dead men don’t rape » (les hommes morts ne violent pas), le ton est donné. Les hommes, la police, la justice en prennent effectivement pour leur grade, ce qui pourrait donner une image assez négative de Delilah Bon mais elle explique dans ses interviews que ce n’est qu’une image grossie et déformée dans le but de faire réagir. Sur son site, on précise d’ailleurs que « Sa musique sert d’hymne féroce pour les communautés marginalisées, en particulier les femmes, les non-binaires et la communauté LGBTQ » mais on incendie aucunement les personnes non citées dans ces catégories. Ce que Delilah dénonce, c’est ce qu’elle a ressenti en se rendant dans des concerts rock en tant qu’adolescente, souvent victime de mains baladeuses, ou encore ce qui ressort des textes de certains rappeurs qui ne cessent de rabaisser les dames, les considérant même comme des objets dénués de conscience pour certains. Pour le style musical, ou plutôt les genres musicaux, sa page fait état d’un mélange d’éléments de hip-hop, nu-metal et riot grrrl éthique dans son style de signature « Brat Punk ». N’étant pas aussi pointu dans notre analyse, nous nous limiterons à du rock bien trempé au niveau du son mais avec des lignes de percussions vocales rappées. C’est puissant tout en restant assez mélodieux. La demoiselle en a sous le pied et dans la gorge comme a l’a montré d’ailleurs l’année dernière à Taratata, lors de son duo avec Shaka Ponk sur une reprise mash-up améliorée d’Adèle (vidéo dispo ici). Frah et Sam ont tellement apprécié que la Britannique les a accompagnés sur certaines dates de leur Last Fucked up Tour en France. 2024 fut une année importante pour Delilah Bon donc avec la sortie de son nouvel album, quelques dates en première partie de Shaka Ponk, mais aussi, et surtout, avec l’accession à certains gros festivals comme Glastonbury (où elle s’était fait remarquer en 2023) et Download. Ce 06 octobre, c’est pourtant dans une salle assez cosy, au Kavka d’Anvers, que Delilah Bon effectuait sa seule prestation belge de la tournée. Il semble que la jeune femme qui aime se présenter sous l’apparence d’une diablesse ne soit pas encore reconnue à sa juste valeur dans nos contrées. Et pourtant, son show est vraiment intéressant. On connaissait le son (il est possible de voir de nombreux clips sur internet ou d’écouter les albums en CD ou vinyle), mais la mise en scène vaut vraiment le coup également. On ne doutait nullement que les comparses allaient dégager une énergie débordante mais on peut véritablement parler d’un spectacle avec des changements de costumes, des accessoires, et, évidemment, l’incontournable dose de provocation maison. Petit plus pour les adeptes de certains films, dont un en particulier qui vient de sortir (Joker 2), Delilah dégage une aura et une image qui nous fait immédiatement penser à Harley Quinn, cette anti-héroïne qui ne fait vraiment rien pour qu’on l’apprécie mais qui ne nous laisse pourtant pas indifférent. Petit short moulant, tatouages non dissimulés, bottes vintages, mèches colorées et cette pointe de folie qui la fait passer d’ange à démon en une fraction de seconde… le personnage est bien campé, on l’admet. Vous voulez la voir en concert ? Et bien pas de chance, elle est repartie vers son île britannique natale où se clôturera prochainement sa tournée. Mais vous savez maintenant sur qui vous devez mettre une alerte concert car c’est assurément l’une des artistes à découvrir. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Halflives enchaîne les tournées pour notre plus grand bonheur.

Si vous cherchez dans un dictionnaire, la signification de Halflives, vous tombez littéralement sur la traduction demi-vies (terme utilisé en physique nucléaire, période de radioactivité et plus particulièrement le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent naturellement). Et pourtant, ce n’est pas de chimie ou physique nucléaire que l’on va vous parler, mais plutôt d’alchimie … avec le public. Halflives est en effet le nom d’un groupe de rock alternatif originaire de Modène, en Italie, créé en 2016 mais maintenant basé à Paris, en France, et qui multiplie les prestations publiques, toutes attendues comme il se doit par la communauté qui s’est créée autour de Linda, la compositrice, chanteuse, musicienne à l’origine du projet, et d’ailleurs la seule à être toujours en place. A Anvers, ce 6 octobre le groupe effectuait son dernier concert en support act de Delilah Bon, mais cette page à peine tournée, Halflives a annoncé se joindre à Smash Into Pieces pour une flopée de concerts européens en novembre et décembre. Pas moins de 20 représentations en Pologne, Allemagne, Pays-Bas, Tchéquie, Suisse, France, Grande-Bretagne, Danemark et … Belgique (Sint Niklaas le 17 novembre). Comme nous vous l’avons expliqué un peu plus haut dans ce texte, la composition du band a évolué au fil des années et des tournées mais pour sa prestation au Kavka Oudaan, une petite salle située en plein centre d’Antwerpen, Linda Battilani était entourée de Gloria Simonini (batterie) et Marco Montipo (bass/guitare). Sur scène, c’est du bon rock musical. On sent rapidement que Linda aime se produire en public. Ses interactions avec les fans sont d’ailleurs nombreuses, comme dans la vie puisque la chanteuse n’hésite pas à poster régulièrement des extraits de chansons, des covers en mode minimaliste (piano-voix) et même à demander l’avis de ses followers sur certains sujets. Linda l’avait confié lors d’une interview à un média précédemment, « Halflives existe pour construire une communauté, créer un exutoire pour les émotions et, selon les propres mots de Linda, faire de la musique pour les marginaux, les rejetés et ceux qui se sentent mis à l’écart ». Dans sa musique, Linda, y met effectivement toutes ses émotions et cela se ressent. Sa communauté est assez hétéroclite, au niveau des tranches d’âges, mais aussi des genres ce qui colle assez bien avec les attentes annoncées de l’Italienne.   Autre petite spécificité de Halflives, le groupe n’a jamais sorti d’album complet. Ce n’est nullement dû à une fainéantise quelconque car 4 EP, Empty Rooms, Resilience, V et Inferno (5 si on compte la « End of the World Edition » de Inferno) et des singles sont venus garnir la bibliothèque musicale de la troupe, mais Linda préfère ne pas « s’obliger » à aligner des titres sur un opus juste pour un besoin commercial. Elle propose d’ailleurs régulièrement d’offrir certains de ces EP, les auditeurs ne s’acquittant que des frais de port (PS, ce n’est pas une arnaque, on a reçu notre exemplaire). Quand Linda a des idées, cela foisonne d’un coup, généralement autour d’un thème, puis quand la source d’inspiration se tarit, elle boucle le projet. L’idée n’est pas mauvaise, avouons-le, car elle permet à l’artiste de ne pas restée bloquée de nombreux mois (voire années pour certains) en phase de finalisation d’une œuvre. Pour les plus curieux, vous pouvez retrouver Halflives sur leur site dédicacé, et sur de nombreuses plateformes des réseaux sociaux, mais si vous êtes un adepte des lives, rendez-vous le 17 novembre 2024 à Sint-Niklaas, au De Casino. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

La 11ème édition du festival Francofaune …

a démarré en beauté ce mercredi 2 octobre dans la salle VK de la rue de l’École à Molenbeek. Ce lieu, peu connu du grand public, s’est révélé être un cadre idéal pour accueillir des concerts mettant en avant des groupes émergents de la scène belge. Cette première soirée a marqué un coup d’envoi réussi pour le festival, attirant un large public, curieux, amateurs et connaisseurs, témoignant du succès grandissant et de la solide organisation du Francofaune. La soirée a débuté avec une performance marquante de MHO, rappeuse à la voix singulière. Avec un style unique, elle dépasse les codes habituels du hip-hop en intégrant des influences rock et électro, ce qui donne à ses textes une force et une intensité particulière. Ses morceaux abordent des thèmes poignants tels que les abus de confiance, les relations toxiques et la nécessité de se réinventer dans un monde souvent brutal. Sur scène, MHO s’est montrée aussi authentique que percutante, captivant l’audience par son énergie explosive. Un autre moment fort de la soirée fut la « carte blanche » accordée à Jean-Paul Groove. Ce trio, composé de Denis Baeten à la batterie, Nils Hilhorst à la guitare et Jeremy Debuysschere à la basse, s’est éloigné de leur formation jazz pour proposer une musique hybride, entre punk et funk, avec des sonorités qui rappellent l’esprit originel de la rave. La preuve de leur prestation a été un véritable tourbillon d’énergie niveau public (pogos à l’appui!), entre beats percutants et distorsions sonores, offrant une expérience musicale hors du commun. Le groupe ne s’est pas contenté de jouer en trio ; ils ont invité plusieurs artistes talentueux·ses à les rejoindre sur scène. Parmi eux, Julie Rens, la moitié du duo Juicy, a apporté une touche de douceur et de force à la fois, dévoilant une autre facette de son talent. L’artiste complète, formée au Conservatoire de Bruxelles, a su captiver le public avec son charisme. Pierres, connu pour ses excentricités, a également marqué la soirée en se mêlant à la foule avec un micro et une lumière LED, créant un moment festif et insolite lorsqu’il s’est fait porter par la foule dans une ambiance débridée. La chanteuse Charles, qui s’est récemment aventurée dans des chansons en français avec son titre « Le Marbre », a aussi brillé sur scène. Toujours aussi en forme après sa prestation lors de la Fête de la Francophonie sur la Grand-Place de Bruxelles, elle a su ravir le public. Enfin, le rappeur décrit comme « le plus cool de Belgique », également présent lors des festivités sur la Grand-Place, a clôturé la soirée avec une énergie communicative, avant que Wen DJ ne prenne le relais pour prolonger la fête avec ses mixes envoûtants. Cette première soirée de la 11ème édition du Francofaune a donc été une réussite complète, laissant présager un festival haut en couleur pour les dix jours à venir. Si l’affluence de cette soirée est un indicateur, il est probable que les places pour les prochains événements se fassent rares. Pour ceux qui ne veulent pas manquer les prochains concerts explosifs, il est conseillé de réserver rapidement sur le site du festival. C’est ici pour les places