Le samedi, les Solidarités affichaient sold-out. La jauge, élargie pourtant depuis le réaménagement du site Ecolys, a d’ailleurs été rapidement atteinte, laissant ceux qui n’avaient pas pris leurs sésames bien à l’avance sur le carreau.
Les organisateurs s’attendaient donc bel et bien à une marée humaine de 30 000 âmes. Nous avons déjà abordé les quelques soucis rencontrés suite à l’afflux massif assez rapide d’une bonne partie de ce public (12 000 personnes sur les 90 premières minutes suivant l’ouverture des portes du festival). Mais il est clair que si le site peut effectivement contenir 30 000 personnes, et même un peu plus, toutes ne pourront accéder à la Place des Arts où était installée la scène « principale ».

Nous mettons des guillemets car cette fois, il n’y avait pas, justement, une scène avec des têtes d’affiche et un espace bis, mais bel et bien deux espaces scéniques accueillant des artistes attendus.
Heureusement dirons-nous, car mettre en opposition (NDLR : nous n’aimons pas le terme concurrence dans ce contexte) plusieurs artistes de renom a permis d’absorber partiellement le surplus de public.
En alignant TeddyBear, Mentissa, Louane, Soprano et Roland Cristal sur un seul espace, on aurait pu craindre de voir les premiers festivaliers prendre place devant la scène et ne plus jamais quitter leur emplacement, privant d’autres des prestations attendues.
Le défi était alors de pouvoir équilibrer les forces en présence en proposant un spectacle aussi intéressant sur la scène P&V. L’équipe B sera finalement composée de Anais MVA, Bleu Soleil, Youssef Swatt’s, Miki et Suzane.
Vu le monde présent, cette fois il était peu évident de pouvoir assister à toutes les prestations et donc les festivaliers ont dû, pour beaucoup d’entre eux, opérer un choix qui ne fut semble-t-il pas si évident.
Attardons-nous ici aux deux têtes de proues féminines de cette composition, Miki et Suzane, car mesdames, on peut dire que vous avez drôlement bien fait le job.
C’est sur le coup de 17h05 que Mikaela Duplay, alias Miki, monte sur les planches. Dès son entrée sur scène l’artiste explique qu’elle est un peu malade, et que sa guitariste aussi. Aie, ça débute mal.

En fait, si Miki n’avait rien dit, nous n’aurions probablement rien remarqué car la chanteuse n’a presque rien laissé transparaitre, proposant un show égal à celui de ses dates précédentes. Dès le 2e morceau, ce « ça pik un peu quand même » qui tourne en boucle sur les ondes, le nombreux public active l’option karaoké. Il est même près à onduler du bassin, mais il y a vraiment beaucoup de monde devant la scène.
Il faut dire que Miki est l’une des révélations de cette année. Son album « Indutry Plant », le premier, a déjà fourni quelques tubes comme cet entêtant « Particule » qui l’a propulsée au rang d’artiste (re)connue du grand public. Elle qui disposait déjà d’une certaine notoriété avant la sortie de cet opus a dû recevoir de nombreux appels durant le printemps car son été fut bien rempli. Les festivals se la sont arrachée, et ils ont bien raison.
Miki apporte une touche de fraîcheur dans l’univers musical avec son électro-pop qui peut paraître un peu naïf mais qui ne l’est aucunement lorsque l’on s’attarde un tant soit peu sur le contenu des paroles.

Miki a trouvé son public, et la preuve la plus visible est cette mode du chapeau de cowboy lancée durant sa tournée. Cela fait référence évidemment au titre Miki cowboy sur lequel la demoiselle vient désormais emprunter l’un des couvre-chefs du public. Du coup, de nombreux festivaliers tentent d’attirer son attention avec des chapeaux décorés à l’effigie de la star.
Et comme Miki joue le jeu en restant proche de son public, son groupe de fans grandit un peu plus après chaque prestation. Désormais, Miki peut même copier les rock-stars en organisant la « centrifugeuse » qui était chère à Frah, le chanteur de Shaka Ponk. En résumé, Miki se place sur un promontoire dans le public et les fans font des cercles autour d’elle.
Vous l’aurez compris, la Niçoise a répondu présent en offrant un beau spectacle aux Solidarités.

Restait à attendre le show de l’une de ses presque voisines du Sud puisque Suzane est originaire d’Avignon. Une prestation attendue car Suzane a marqué les esprits dans les festivals précédents avec sa mise en scène du titre évocateur « J’accuse », mais aussi, et surtout, parce que les Solidarités ont un lien particulier avec cette artiste que les Namurois ont vu « grandir » artistiquement.
On se souvient en effet encore de sa première participation à l’événement. C’était toujours à la Citadelle, dans l’enceinte du Théâtre de Verdure. Suzane n’était pas encore très connue. Elle était seule sur scène avec un clavier et quelques instruments. Ses titres les plus évocateurs de l’époque se nommaient « l’Insatisfait » et « la Flemme », des morceaux qu’Océane délaisse désormais un peu lors de ses concerts.

Lors du déménagement du festival sur le site Ecolys, on avait retrouvé une artiste pleine d’énergie, avec une tenue inspirée des sports de combat. Sa notoriété était en plein essor. Certains étaient très heureux de la revoir, d’autres l’ont découverte.
En cet été 2026, c’est une artiste aguerrie aux discours assumés et à la chorégraphie digne des plus beaux tableaux de Christine and the Queens voire même de la Reine Mylène (Farmer) qui revenait en terres conquises.
Au programme, un spectacle principalement orienté vers son dernier album, Millénium, et son lot de titres aux messages revendicateurs : « Marche ou rêve », « Virile », « Un sens à tout ça », « Lendemain de fête » … et l’incontournable « J’accuse ».

2027 sera une année présidentielle en France. Suzane ne devrait pas se présenter sur les listes (du moins nous n’avons rien entendu en ce sens) mais avec la popularité recensée ces derniers mois, elle aurait probablement pu récolter un certain nombre de voix.
Suzane est en effet devenue une voix qui porte, qui compte, qui questionne… Et accessoirement, elle reste une artiste que le public apprécie indéniablement lors de ses prestations scéniques.
Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.























