D’un côté un groupe formé en 1999 autour de la chanteuse Jennifer Ayache, de l’autre un auteur -compositeur – interprète découvert dans une comédie musicale avant de se lancer en solo.

Pop rock/punk pour les uns, variété française pour l’autre. Et pourtant, ils ont en communs de chanter dans la langue de Molière et d’avoir sorti 7 albums chacun, le dernier datant de quelques mois à peine.

Cette fois, on ne parle de découvertes ou de jeunes pépites en devenir, mais bien de joyaux déjà bien éclatant avec Superbus et Christophe Maé, dont les prestations étaient attendues par de nombreux fans sur les hauteurs de Namur, à l’occasion des Solidarités.

Là encore, on ne mise pas sur une exclusivité, les deux ayant déjà livré de nombreuses prestations au cours desquelles les décors et leur set-list ne recèlent plus aucun secret pour les amateurs, mais, par contre, nous voici ici avec l’assurance de concerts où le public va s’en donner à cœur-joie, et va surtout se servir de sa voix.





Les premiers à prendre possession de la scène principale du festival sont, ici, les Superbus. Je parle de Superbus au pluriel car si le visage référence est Jennifer Ayache, chanteuse emblématique et originelle de la formation, elle est accompagnée de Patrice Focone (guitare, clavier, chant), Michel Giovannetti (guitare, chœur), François-Xavier Even (basse, clavier) et Romain Bachelard (batterie, percussions).

Les plus de trente ans pensent immédiatement aux titres « Lola » et « Butterfly », ceux-ci étant définitivement associés au groupe, d’autant que des versions modernisées en mode duo ont été ressorties dernièrement, mais cette tournée est évidemment mise sur pied pour défendre le dernier opus en date, « OK KO » qui contient quelques plages diablement entêtantes.

On y retrouve le pep’s et l’entrain de l’album « Wow » sorti il y a 20 ans. Pour ceux qui n’ont pas encore le dernier CD ou vinyle (et oui, cela revient à la mode), on vous conseille la réédition CD contenant notamment deux inédits et un featuring de Kyo sur OK KO.

OK KO, un titre, un album et surtout le signal du retour à l’avant-plan d’un groupe que l’on apprécie particulièrement. C’est du rock, soft, porté par une femme qui, à l’instar de sa maman, inspire naturellement la sympathie et la bonne humeur. En concert, on se concentre sur la musique direz-vous, et c’est vrai. Mais la plage éponyme, « Baby Boom » et « Stéréo Song » font le job.

Ajoutez-y une pincée de quelques morceaux issus des albums précédents (6 des 7 albums sont représentés dans la set-list) qui ont plu, à l’époque, au public, comme « Mes défauts », « ça mousse », « Travel the World » … et saupoudrez des deux mégas hits décrits ci-dessus (Lola et Butterfly) et vous imaginez bien que la pâtisserie a conquis l’ensemble de l’assistance.

Le temps de digérer cette friandise, d’effectuer quelques pas de danse avec Ben Mazué, et nous voici à l’heure du souper (NDLR : en France ils sont restés au dîner), avec un artiste qui nous emmène à la « fête foraine », nom de son dernier album.

Cet artiste c’est évidemment le solaire Christophe Maé sur qui les années ne semblent avoir aucune prise. Il a beau avoir franchi le cap de la cinquantaine (ce n’est pas un secret, il le décrit dans l’une de ses chansons), il est toujours aussi virevoltant sur les planches. La teinte de sa barbe a certes viré au gris, mais cela a tellement bien réussi à George Clooney qu’on ne comprend pas trop pourquoi certains, pendant des décennies, s’obstinaient à vouloir teinter leur pilosité faciale.

Ces dernières saisons, Christophe Maé nous avait habitués à emmener sur scène un vrai décor enchanteur et une ribambelle de musiciens plus doués les uns que les autres. Et bien cette fois… ce fut encore le cas. Voici une habitude dont on ne se lasse finalement pas.

Christophe Maé a beau paraître jeune, il fait partie de la « vieille » génération, celle où le respect du public était érigé en tête de proue. Il a beau être une star reconnue, depuis une vingtaine d’années, ce respect reste ancré en lui, au point de venir, tels les chanteurs d’un autre temps, saluer chaque côté, chaque espace de l’assistance.

L’homme est respectable, et son œuvre l’est presqu’encore plus tant son écriture est poétique. On le moque parfois pour certains tics (combien ne se sont pas essayés à ce « J’avouuuuuue » relancé voici peu sur les réseaux sociaux), mais chaque album révèle des chansons qui pourraient figurer dans un livre tant le texte parle autant que la mélodie. Et ce dernier opus est de la même trempe.

Mais comme nous avons droit au son en plus, ne nous en privons pas. Surtout lorsque les morceaux proposés sont aussi touchant que « La lune ».
Extrait : Moi, je souris sous les étoiles
Elle est à moi, la lune
Il y a tellement, tellement d’étoiles
Mais une mère, on n’en a qu’une
Du beau, de l’envoutant et du dansant avec quelques-uns des premiers morceaux comme « On s’attache » ou « Belle demoiselle ».

L’un des reproches le plus souvent entendu est que tout se ressemble dans sa discographie. Nous ne sommes pas d’accord. Un titre de l’artiste est facilement reconnaissable, certes, mais c’est sa singularité, sa « patte ». C’est d’ailleurs ce que les coachs d’une célèbre émission TV recherchent en priorité selon leur discours.
Mais selon nous, au fil des années, la plume de l’auteur s’est affinée. Difficile d’oublier, ou même de mettre de côté ses premiers titres, ceux qui ont forgé sa reconnaissance, mais ceux de cette nouvelle ère nous semblent plus aboutis, plus sincères encore.

Ce n’est qu’un avis personnel, et en fait, on s’en balance un peu, tant que le show vous plait ! Que vous préfériez tel ou tel titre n’est pas important. On a vu une foule contente, des sourires aux coins des lèvres, et c’est là que le festival a réussi son pari.
Retrouvez les clichés des concerts, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.

























