Ne dites pas que l’on ne vous avait pas prévenus. Mat Bastard et sa bande sont de retour, et ce n’est pas pour faire du tricot !

Skip The Use est un groupe de rock qui aime la scène, et cela se voit. Ne demandez pas à Mat de s’asseoir sur un tabouret pour sa prestation, vous allez le mettre en PLS (pour ceux qui ne connaissent pas l’expression, c’est Position Latérale de Sécurité).


La production en studio, c’est bien, cela permet de produire des titres, et donc une base pour les concerts. Et puis, la vente de ces titres représente une part non négligeable des revenus des artistes. On vous invite d’ailleurs à lire l’article que nous avions consacré à la sortie de l’album Love & Anxiety (ici). Mais ce contact avec le public, c’est tout de même autre chose.


Vous aurez remarqué que certains musiciens portent désormais un masque ou une cagoule. C’est un choix. Cela devient d’ailleurs presque fréquent (Eva-B de ROTN par exemple) tant ces artistes sont désormais sollicités. Mais Mat est un phénix qui ne renaît véritablement qu’au contact d’une foule.

Mat aime se mêler à ses fans, et on aime ce genre de comportement. Le public en général apprécie cela et se déplace d’ailleurs pour des vraies performances de ce genre. Or avec Skip The Use, on n’est jamais déçus.

L’énergie est présente, l’humour aussi, Mat maniant avec allégresse l’autodérision. Il n’en fallait pas moins car on peut dire que la météo n’a pas été des plus clémentes avec les festivaliers à ce moment, une belle pluie s’abattant sur le site Ecolys dès l’entame du concert de Skip The Use.

Juste le temps de sortir les K-way et autres protections de fortune que beaucoup avaient heureusement emportés (on est en Belgique donc la pluie peut s’inviter à tout moment) et voilà l’assistance parée pour profiter du spectacle malgré ces gouttes rafraichissantes.

Avec pareil scénario, la plupart des artistes sont contents de rester abrités sur scène, mais Mat Bastard n’est évidemment pas homme à redouter ce genre de petit crachin. Le voilà qui dévale les escaliers pour venir sous la pluie avec le public. Tout d’abord dans le crash, pour une première prise de contact, mais il ne tarde pas à revenir, enjambant cette fois la barrière pour filer dans l’assistance.

C’était prévu… mais dans les deux derniers morceaux. Là, il a pris le service de sécurité et les photographes de court. On s’en doutait toutefois, tant le chanteur est une pile électrique insaisissable. Et pourtant, pour ceux qui l’ont déjà croisé hors des planches, il peut aussi être extrêmement posé et calme. Mais filez lui un micro et il se transforme tel un pokémon en pleine mutation.

Les amateurs de rock, brut voire bestial, apprécient généralement le répertoire du groupe, mais Skip The Use est multi genres, ou plutôt multi styles. Leur leader peut en effet rivaliser avec la plupart des rappeurs les plus habiles en terme de débit chanté, l’électro se glisse très souvent dans les compositions et leur danse de la pluie, et oui, c’est ainsi que Mat l’a appelée, en version reggae est redoutable d’efficacité.

En quelques minutes, tout le public était acquis à la cause des nordistes, chantant et dansant comme si nous n’étions pas dans un festival mais bien dans une salle réservée pour le seul concert de Skip The Use. C’est pourtant un exercice des plus compliqués car un festival est un lieu de rassemblement, mais où les personnes ont des attentes et des goûts variés. Il ne faut pas oublier que cette Place des Arts est l’endroit où, en soirée, allaient se produire deux groupes assez mythiques de la new-wave (OMD) et de l’électro (Faithless).

Certains étaient donc probablement venus pour le retour sur scène de l’une de ces formations, mais tous ont visiblement été touchés par Skip The Use. Vous avez joué le jeu comme diraient certains, nous préférons dire qu’en tant que très bon public de festival, vous vous êtes laissés embarqués dans l’univers des artistes proposés ce qui a généré une ambiance assez exceptionnelle.

Avec un tel public, Mat ne pouvait passer à côté de l’exercice à la mode, faire tourner les festivaliers en rond. Shaka Ponk appelait cela la centrifugeuse, Miki l’a instaurée également. On ne vous cachera pas qu’une telle pratique est redoutée par beaucoup car sans un minimum de respect de la part des participants, cela peut vite « tourner » mal avec des bousculades inutiles. Mais aux Solidarités, le public est aussi exceptionnel que les artistes qui y sont invités. Tout s’est bien déroulé, sans heurts, et c’est aussi grâce à vous.

Désormais, cap sur la tournée en salles, avec de nombreuses dates en France (dont le Zénith de Paris le 05 décembre), mais aussi une en Belgique, le 12 février 2027 au Cirque Royal (on vient de vérifier, il reste quelques tickets). A bon entendeur…

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.
























