Le Cabaret Vert en mode Blue a brillé tel le soleil omniprésent sur toute cette édition.

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Pour sa 19e édition, le désormais célèbre festival du Grand Est avait choisi le bleu comme couleur représentative. Ne vous inquiétez pas, les valeurs basiques de protection de l’environnement, de recyclage, circuit-court et tout ce qui définit l’essence même de l’événement depuis ses débuts restent d’actualité, mais l’organisation tenait à rappeler que l’eau, représentée ici par la Meuse qui traverse le site d’ailleurs, est aussi un élément essentiel à la vie.

La Meuse passe à travers le site, Zanzibar, Zion et Razorback à gauche, Greenfloor à droite.

Au niveau du site, la team n’a pas effectué de grosses modifications par rapport à l’année dernière, l’entrée et l’emplacement des scènes ayant (presque) pleinement donné satisfaction en 2024. N’oublions pas que l’équipe du Cabaret Vert est soumise à de nombreuses contraintes liées à la protection des espèces végétales et à l’implantation même du secteur. A quoi bon prôner le respect de la nature si c’est pour la …dénaturer.

Greenfloor : limitée en capacité par son implantation que l’organisation tient à préserver (ici, les bénévoles à l’oeuvre).

Non, ici, on s’adapte. On fait avec, même si cela limite la capacité d’accueil du public sur un espace précis et qu’il en va de même pour le matériel pouvant être mis en place sur la scène concernée. Les habitués auront deviné que l’on parle ici de la Greenfloor, sorte d’oasis perdu dans un coin de forêt, de l’autre côté du fleuve.

De nuit, l’illumination du bar et ces oiseaux factices donnent un air de vacances.

Pas de modification de ce côté-là donc, ni sur l’espace principal réservé désormais à Zanzibar, la main stage (qui se trouvait initialement sur l’ancien terrain de rugby). Par contre, Razorback, l’espace métal qui avait pris cher les deux dernières années avec les pluies, promettant un beau bain de boue aux fanas du genre, a été déplacé sur l’ancien stade, soit en lieu et place de la défunte scène Iluminations, passée à la trappe.

La scène Zanzibar a trouvé sa place sur la plaine.

Ce n’est un secret pour personnes, les festivals doivent se battre pour survivre. La moindre économie est donc la bienvenue. Pour cela, plusieurs solutions. Obtenir un contrat de sponsoring avec des trademarks. Le Cabaret Vert n’en veut pas, préférant donner la priorité aux producteurs du coin. Rogner sur la qualité. Il n’en n’est pas question. Tant d’efforts et d’énergie déployés pour s’ériger en événement référence de la région ne peuvent ainsi être mis aux oubliettes. A Charleville-Mézières, on a préféré diminuer légèrement l’offre, sans toucher aux services ni à la qualité, et ce sans non plus augmenter outre mesure le ticket d’entrée (ce qui était aussi une possibilité).

Plus de place, plus de pogos à Razorback.
Un rituel désormais dans les concerts de métal.

Une scène en moins, sur 4 jours, c’est une économie sur les cachets d’une vingtaine d’artistes, les frais d’accueil de ces personnes et de leur entourage, les frais liés à l’acheminement de tout ce monde, ainsi que tout ce qui est lié au montage, à l’aménagement en son et lumières, au gardiennage et au démontage de cette scène.

Pour la quiétude, voyez plutôt Zion Club.

Certains se plaindront évidemment d’une « offre » moins alléchante en nombre de concerts, mais avec la version actuelle de quatre espaces (Zanzibar, Razorback, Greenfloor et n’oublions pas Zion), il y a de quoi rassasier les plus affamés des amateurs de musique.

Il y en a qui ne cachent pas leurs préférences.

D’autant que le Cabaret Vert n’est pas qu’un espace dédié aux concerts. Il s’agit d’un festival multi arts. Ainsi, le cinéma (l’Idéal) propose des projections thématiques et les amateurs de BD retrouvent chaque saison leur Eden. Un espace qui leur est entièrement dédié avec 70 auteurs près à dédicacer leurs œuvres, une librairie, une exposition et un service de garde livres. Cela peut paraître anodin pour ceux qui sont braqués sur l’aspect musical du festival, mais soyez assurés que les premiers à faire la file dès le matin se dirigeront en courant vers l’espace BD, sac à dos, voire valises, remplis de planches qui deviendront uniques grâce au dessin, à la dédicace ou au cachet particulier qui sera apposé dessus.

Pour contrer la chaleur, à chacun ses astuces.

Pour y être passé à quelques occasions cette année encore, je peux vous assurer qu’il y avait de quoi ravir les amateurs. Et nous soulignerons également la disponibilité et la bienveillance de tous les auteurs qui malgré la chaleur ambiante de ces jours d’août se sont appliqués bien souvent le sourire aux lèvres.

Malgré le soleil de plomb, certains n’hésitent pas à se déguiser.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos scènes musicales. Certains avaient peur de perdre du choix avec la disparition de l’espace Illuminations. Et bien voici quelques chiffres pour vous représenter l’offre proposée sur ces 4 jours.

Resolve, appelé de dernière minute, a enflammé la scène.

83 groupes musicaux dont 37 issus de l’étranger. On dénombre 16 pays différents. Outre la France, évidemment, on notera la forte colonie britannique (12) mais aussi américaine (4) emmenée notamment par Queens of the Stone Age, Vampire Weekend, Brigitte Calls me Baby et le très attendu Will Smith.

Will Smith n’aura pas attirer la foule escomptée mais a fourni un show mémorable.

Mais des artistes sont venus d’Irlande (3), d’Italie (1), d’Ecosse (2), d’Australie (1), d’Allemagne (2), de Pologne (1), de Jamaïque (3), de Norvège (2), des Pays-Bas (2), du Pays de Galle (1), de Suisse (1), du Brésil (1) et de Belgique, avec la jeune Dina Ayada.

Dina Ayada, seule représentante de la scène belge cette année.

Si cela ce n’est pas un voyage autour du monde à moindres frais ! On se demanderait juste où sont nos voisins Luxembourgeois et Espagnols.

Le public de Greenfloor n’a rien à envier aux autres scènes.

Nous allons bien évidemment revenir sur certains de ces artistes dans nos articles. J’ai bien dit certains et non tous. Vous comprenez qu’il nous est matériellement impossible de couvrir tous les concerts, certains étant d’ailleurs programmés en même temps ou avec un si léger décalage qu’il n’était pas physiquement possible de courir d’une scène à l’autre. Ce fut d’ailleurs l’un des dilemmes du « week-end » pour certains festivaliers : Théodora ou Sean Paul. La jeune star montante se produisait en effet sur le Greenfloor quelques minutes à peine après l’entame du show de la vedette Jamaïcaine aux plus de 10 millions d’albums vendus.

On vous a dit qu’ils étaient chauds…

Autre contrainte pour nous, vous commencez à le savoir maintenant, les accès et validations des photos. Pour ces raisons donc, nous occulterons (pas toujours volontairement) certains artistes. Mais on vous rapporte quand même du bon, du très bon. Et pas que dans le connu. Non, l’un des points forts du Cabaret Vert est de nous permettre de découvrir des artistes qui ne se produisent pas (encore) régulièrement dans nos contrées.

Temps estival parfait pour le bronzage.

On saluera aussi la capacité de réaction de l’organisation qui a dû faire face à deux annulations de dernière minute sur la scène Razorback. En quelques heures, deux groupes ont ainsi trouvé place dans une programmation où ils n’étaient pas censés apparaître. Merci et bravo à Revnoir et Resolve qui ont tous deux mis le feu aux planches. On connaissait déjà le second nommé pour avoir vu le groupe à ce même Cabaret Vert dernièrement. Il n’a rien perdu de son énergie. Quant à Revnoir, on a découvert et apprécié.

Revnoir croyait profiter du 15 août, et bien ce sera finalement sur scène, avec une prestation remarquée.

Pour clore ce petit résumé qui servira d’introduction aux articles dédiés aux artistes, parlons fréquentation. On n’a pas battu le record global, ce qui est logique vu que le festival s’est déjà déroulé sur 5 jours lors d’éditions précédentes. Au total, 101 000 festivaliers ont foulé le site avec un pic à 30 000 personnes le vendredi, et là on peut parler de chiffre haut. C’était un effet un test avec une telle jauge. On notera qu’il était peu évident de passer d’un espace à l’autre avec une telle affluence, et qu’en arrivant quelques minutes à peine avant un concert, inutile d’imaginer voir les artistes de près, mais c’est le pendant de tout festival de cette importance. Par contre, il y avait bien de la place pour tous sur l’ensemble du site, aucun souci majeur à relever et un accès encore relativement aisé aux commodités (toilettes / eau) et stands de nourriture/boisson.

Malgré la foule, on peut encore se permettre des « Circle Pit » au Razorback.

Ajoutez-y les 25 000 personnes du jeudi et vous comprendrez que les deux jours ayant la moins forte fréquentation étaient samedi et dimanche avec 23 000 festivaliers chacun de ces jours. On peut donc dire que si artistiquement attirer Queens of the Stone Age et Will Smith était intéressant et surtout médiatiquement un bel atout, le public n’a pas complétement répondu aux attentes, snobant un peu les stars américaines. Vous verrez pourtant prochainement que leurs spectacles étaient à la hauteur de l’événement, car oui, nous avons des photos de ces deux concerts.

Ils y en avaient même qui paraissaient sages…

Il est temps de vous laisser temporairement, non sans attirer votre attention sur un point extrêmement important : la date du festival 2026 est connue. Et attention, ce n’est plus aux alentours du 15 août mais bien une semaine plus tard, du 20 au 23 août 2026.

On tire le rideau jusqu’au 20 août 2026.

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