Une ouverture entre émotion, soleil et électro-poésie

Pour notre troisième escale festivalière de l’année, Fanie et moi avons pris la direction du sud de la Belgique, direction les Francofolies de Spa ! Après avoir survécu à un hamburger frites super bon et réussi à enfiler notre bracelet d’accréditation sans incident diplomatique, nous étions prêts pour quatre jours de musique, de découvertes, et de foule en liesse. Car oui, une semaine avant que les moteurs de Formule 1 ne rugissent sur le circuit de Francorchamps, c’est bien la musique qui monopolise le centre-ville de Spa. La ville entière est transformée en un véritable parc d’attractions musicales, où les scènes s’enchaînent comme les bières à la sortie d’un match de foot. Une ville, plusieurs scènes, une seule envie : vibrer Le cœur du festival bat évidemment à la scène Pierre Rapsat, majestueuse et centrale, en hommage à l’enfant du pays. À droite en entrant, on découvre la scène Baloise, suivie du Club Fontaine qui, entre deux concerts, fait le lien musical avec des DJ sets toujours bien sentis. En continuant vers la grande scène, la scène Proximus nous tend les bras. Et ce n’est pas tout : le piétonnier, transformé en scène à ciel ouvert, accueille les artistes du Franc’Off — une compétition de jeunes talents organisée tout au long de l’année. Autant dire qu’on marche beaucoup, qu’on écoute encore plus, et qu’on boit parfois un peu d’eau (euh beurk trop ferrugineuse, de l’ice tea et du Spa si on y pense. Le coup d’envoi : Premier concert que l’on a vu au piétonnier, première claque : SMR, fraîchement débarqué et qui sera (on fait un spoil !) sur le podium avec en pole position Nicolas B le Verviétois et Mado pour compléter ces du Franc’Off 2025, ils empocheront des euros offert par la Fédération Wallonie-Bruxelles & Play Right, divers prix comme une aide à la création son et lumière au centre culturel de Welkenraedt et programmation dans la salle Glacière de Spa et summum une place pour l’édition 2026. On rentre sur le coup de 16 h et on a 15 minutes pour s’installer à la Baloise. Découverte de « Nous Etions Une Armée » .Un début d’expérience prometteur pour ce projet à la croisée du post-punk, de l’électro minimaliste, et de la poésie urbaine. « Nous étions une Armée » donne le ton : parlé, hurlé, scandé – mais jamais forcé. Lubiana : douceur, kora et lumière On déambule ensuite vers la scène Proximus, où Lubiana, sa kora entre les bras et un sourire désarmant aux lèvres, conte l’histoire de ses racines. Sa voix, son charisme, et sa grâce laissent la foule suspendue. Elle nous embarque dans un voyage musical où se mêlent héritage africain, soul et pop. Une bulle de douceur dans un monde de décibels. Saule : énergie contagieuse et tubes fédérateurs Retour vers la plaine principale où Saule, alias Baptiste Lalieu, fait monter la température. Avec ses musiciens au taquet et son énergie de pile Duracell, il enchaîne morceaux récents et classiques, sous les chants d’un public dense, ou danse – selon votre sens du rythme. Ben l’Oncle Soul vs Superbus : le dilemme du soir Ben l’Oncle Soul nous fait du bien. De la soul funky, chaleureuse, vintage comme un bon vinyle. Il déroule un set généreux, ponctué de ses plus grands succès et de quelques surprises bien senties. Sa voix suave résonne dans tout le parc, et on se sent un peu amoureux de la vie. Mais difficile de ne pas jeter un œil du côté de Superbus, qui faisait sauter la Proximus avec son retour très attendu. Jennifer Ayache, infatigable, mène la danse et envoie tube sur tube, avec une version 2025 de Lola revisitée en collaboration avec Hoshi et Nicola Sirkis (ces derniers absent, mais présent dans les cœurs). Le public, en transe, n’a pas vu les années passer : douze ans après leur dernier passage à Spa, ils ont mis le feu comme au premier jour. IAM : Le poids des mots, le choc des générations Clou du spectacle : IAM, monument du rap français, foule la scène Pierre Rapsat. Si certains festivaliers ont appris leurs textes par cœur dans les années 90, d’autres les ont entendus via les playlists de leurs parents. Une osmose générationnelle s’opère. On rappe, on saute, on se remémore, on découvre. Et on s’assoit aussi, parce que la journée fut longue (clin d’œil à notre session « pique-nique par terre » façon fans d’Indochine). Le final céleste de -M- et Fatoumata Diawara Pas le temps de traîner : -M-, alias Mathieu Chedid, nous attend pour Lamomali, sa relecture lumineuse et métissée de l’Afrique musicale. Fatoumata Diawara illumine la scène de sa voix magistrale. Une performance artistique totale, presque spirituelle. Lubiana fait partie de cette aventure haute en couleur et pour le plaisir de nous Belges, pour un final tout en fusion. Une première journée haute en couleurs Du post-punk poétique à la soul funky, en passant par le rock vitaminé et les rythmes mandingues, le premier jour des Francofolies de Spa 2025 a tenu toutes ses promesses. Et comme on dit chez nous : « On va dormir, mais on va rêver en musique. » À demain, pour une nouvelle journée pleine de vibes, de sueur… et de frites. Pas beaucoup d’images, désolé photos prises du public on fera une release photos des réceptions validations.
Solann et Lovelace, deux artistes qui déploient leurs ailes à l’aide de leur plume.

Namuroise d’origine, désormais exilée à Bruxelles, Marie Goffinet, alias Lovelace, s’est vu offrir une belle plateforme de lancement avec le titre « Petite gueule » interprété dès la saison dernière avec Saule, ce doux géant poète qui est depuis longtemps une référence de la scène francophone belge. Sans Baptiste (prénom originel de Saule), on ne sait toutefois pas si le personnage Lovelace aurait vu le jour, du moins dans cette configuration d’artiste positive, pleine d’énergie, capable d’exprimer ses ressentis sur scène via le canal du chant mais aussi de la danse. La jeune demoiselle était en effet assez réservée dans son écriture, mais à l’occasion d’un atelier organisé par Saule, le déclic va s’opérer, encouragé par son nouveau mentor. Lovelace trace depuis sa route, sur un chemin bien plus électro, avec notamment « Hey Bitch », ou tendance urbaine avec « Tournesol », avant de revenir à de la pop plus sobre dans « Corps ». En fait, difficile de catégoriser l’artiste par son style musical. Par contre, sur scène, c’est dynamique, jovial, dansant et frais. La Belgique la connaissait déjà en solo vu son passage aux Francofolies de Spa en juillet 2024, le Luxembourg pourrait bien devenir un nouveau territoire conquis vu la qualité de la prestation effectuée à Esch. Solann est, elle, plus calme sur scène, mais avec des titres comme « Rome » ou « Crash », elle capte l’attention. Ses propos sont forts, mais d’actualité. Son œuvre parle de la féminité, de son rapport au corps, de féminisme… Son stylo est aiguisé tel le plus tranchant des couteaux de cuisine. Et pourtant, Solann ne se destinait, initialement, pas à la chanson. Elle voulait fouler les planches des théâtres en tant que comédienne. « Je suis allée jusqu’au troisième tour du concours du Centre National d’Art Dramatique mais je n’ai pas été prise… Dieu merci », explique Solann au Parisien. « Devenir chanteuse, se produire à l’Olympia et avoir des millions de streams sur ses titres, n’était donc pas initialement prévu ». Débarque alors cette pandémie qui a chamboulé beaucoup de destins. Solann, comme de nombreux adolescents de son âge poste sur les réseaux sociaux. L’histoire aurait pu s’arrêter là, encore une fois, mais l’une de ses vidéos propose un duo avec une autre révélation de ces dernières saisons, Zaho de Sagazan. La toile s’enflamme. Depuis, Solann a sorti un EP, un album, et multiplie les apparitions sur scène mais aussi à la TV (notamment à Taratata), chopant au passage la Victoire de la musique de la Révélation féminine 2025. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Cali, passeur d’âmes et d’émotions brûlantes à l’Ancienne Belgique Bruxelles, 12 avril 2025.

Photos & Textes : Marie Paluszkiewicz Ce samedi, l’Ancienne Belgique s’est métamorphosée en unlieu hors du temps, un sanctuaire de mots et de mélodies portées par un Cali plusintime, plus vivant que jamais. Pour célébrer les 20 ans d’ « Amour Parfait », l’artisten’a pas seulement revisité ses classiques. Il a offert, dans cette salle pleine à craquer,une communion brute, pleine de feu, de tendresse et de vulnérabilité. Un artiste debout sur ses souvenirsDès les premières notes, le ton est donné : ce ne sera pas un simple concert, mais unetraversée. Cali est fidèle à lui-même, corps tendu vers le public, cœur en bandoulière.Il chante comme on respire trop fort, comme on aime sans calculer. Tout est là, à fleurde peau. Dans ses yeux, dans sa voix, dans ses silences. Une pluie d’invités, un feu d’artifice de talentsMais ce qui fait la magie de cette soirée, c’est qu’il ne vient pas seul. À ses côtés, uneconstellation d’invités : Jéronimo, Noé Preszow, Saule, Alex Burger, John Rech,Frank Lammers… Des voix différentes, des univers qui se croisent et s’embrassent,comme si Cali devenait un passeur. Un passeur d’âmes. Un de ceux qui tend la mainentre générations, entre styles, entre histoires. Tous viennent prêter leurs mots, leursguitares, leur présence. Et ça fonctionne à merveille. Adamo et Lubiana : deux instants d’éternitéMoment tendresse avec l’arrivée de Salvatore Adamo. Figure mythique, accueillicomme une légende vivante. Quand il entame son duo avec Cali, l’émotion déborde.Des générations réunies. Un moment que personne n’avait vu venir, et que tout lemonde emportera longtemps. Instant aérien lorsque Lubiana entre en scène. Sa kora en main, la voix cristalline,presque irréelle, elle entame « Avec le temps » – un hommage bouleversant à Léo Ferré.Cali reste en retrait, les yeux brillants. Et la salle, elle, ne respire plus. Une magie à deux et voix et dix doigts Un autre moment fort de cette soirée, c’est sans doute cette complicité avec SteveNieve, le pianiste légendaire. À deux, ils revisitent les morceaux avec une élégancepresque cinématographique. Le piano sublime l’urgence des textes. Tout était vrai. Même le silence aprèsCali, comme un enfant, s’est lové dans ce tourbillon d’émotions, oscillant entre rires,larmes et regards tendres. Cet écorché au cœur géant, a réussi à nous emmener bien au-delà de la simpleperformance. Il a fait de cette soirée un lieu de mémoire, de fragilité, de lumière, oùchaque note résonnait avec une vérité nue. C’était plus qu’un concert. C’était un moment rare, vrai, doux et brûlant.Merci pour ça, Cali. Merci de nous rappeler que la musique, quand elle est sincère, çapeut encore tout renverser.
Une soirée à fleur de peau avec Lovelace & Anaïs MVA

Ce samedi 5 avril 2025, l’Orangerie du Botanique s’est transformée en écrin émotionnel. Le public, réuni sous la grande salle de la verrière bruxelloise, a vécu un moment suspendu entre deux générations d’artistes qui ont en commun une même intensité : celle de chanter la vie, dans ses hauts comme dans ses failles. Première étincelle : Lovelace, l’alchimiste pop En ouverture, c’est une artiste locale qui prend la scène avec assurance : Lovelace, nouvelle voix de la pop alternative bruxelloise. Derrière ce pseudonyme, une jeune femme qui compose depuis son « labo-chambre », une fabrique intime où elle mêle sons électroniques, textures saturées et mélodies douces-amères. Son univers, à la fois sombre et vibrant, évoque l’école américaine d’artistes comme Billie Eilish ou FKA twigs, sans pour autant perdre sa patte bien belge : un brin de folie, beaucoup de sensibilité, et une dose d’auto-dérision presque nécessaire pour survivre au chaos. Sa collaboration récente avec Saule « Petite Gueule » l’a mise en lumière, mais sur scène, seule avec ses machines, Lovelace prouve qu’elle peut très bien capter l’attention sans artifices. Son énergie, quasi compulsive, est le reflet d’une relation intense à l’existence. Elle le dit elle-même : vivre est une forme d’addiction, et parfois ça déborde. Mais c’est aussi cette intensité qui rend ses morceaux si habités. Une belle entrée en matière pour cette soirée, où elle a parfaitement rempli sa mission : réchauffer la salle et faire monter la tension pour la tête d’affiche. Anaïs MVA, la claque douce La suite appartient à Anaïs MVA, et dès les premières notes, l’atmosphère change. Elle est accompagnée d’ un batteur et d’un guitariste claviériste, s’emploi pour un titre avec le clavier, mais c’est tout un monde intérieur qui s’ouvre. À 22 ans, cette autrice-compositrice-interprète est déjà suivie par une large communauté sur les réseaux, notamment TikTok, où elle partage ses chansons « en chantier », comme des éclats de journal intime musical. Formée au conservatoire, Anaïs a pourtant suivi un parcours peu conventionnel. Elle raconte dans une interview à Antonym Magazine :« Je viens d’une famille de profs. La musique, c’était un rêve un peu flou. J’avais mis ça de côté, mais ça m’a rattrapée. J’ai commencé à poster ce que j’écrivais début 2022… et ça a pris. » Depuis, elle enchaîne les scènes avec une aisance désarmante, portée par son premier EP Métastases, où elle aborde sans détour les sujets lourds qu’elle transforme en chansons pop poignantes : dépendances, troubles alimentaires, amours cabossés… mais toujours avec une lumière au bout du tunnel. Elle avoue :« En studio, j’ai tout lâché. J’ai mis plein d’effets, j’ai suivi mon cœur, j’ai pris les chansons qui me tenaient le plus à cœur. C’était comme poser des mots sur des choses qu’on garde en soi trop longtemps. » Et si elle garde un lien fort avec son public, c’est parce qu’elle n’oublie rien de ses débuts :« Je me souviens quand une vidéo avait un seul like, un seul commentaire. Aujourd’hui encore, j’essaie de répondre au maximum. C’est une reconnaissance que je n’ai pas envie de perdre. » Sur scène, cette sincérité transpire à chaque note. Elle partage la scène pour un titre avec le talentueux rappeur Bruxellois CRC et un autre titre avec l …Anaïs ne fait pas que chanter : elle partage, elle confie, elle expose ses fêlures, et c’est précisément ce qui touche. Son nouveau morceau « 24 février », récemment dévoilé, en est la parfaite illustration : une ballade mélancolique qui prend des airs légers, presque ironiques, et qui laisse en tête une image douce-amère… comme un vieux film qu’on aurait envie de revoir.
Soyez Solidarités avant la rentrée…

Aujourd’hui, après l’énorme succès de la vente des PASS 3 JOURS à tarif préférentiel (il n’en reste plus que 500!), nous avons le plaisir de vous annoncer près de 23 artistes qui seront à l’affiche de cette 11e édition des Solidarités. Et parce que nous défendons inlassablement la Culture et tous ses acteurs, nous avons voulu créer une affiche colorée, énergique, diversifiée, surprenante, intergénérationnelle… LES SOLIDARITÉS 2025 seront assurément… …FÉMININES ! Zaho de Sagazan (F) Son timbre unique a traversé les frontières à la vitesse de l’éclair et continue de déclencher les passions. La matière en serait un velours métallique ; la texture, à la fois moelleuse et rêche ; le mouvement, quelque part entre la vague d’air soulevant la soie et l’onde que fait une pierre de taille jetée à la surface d’un lac… La voix de Zaho de Sagazan a quelque chose d’étrange mais s’impose vite comme familière, puissamment proche. Une sœur ? Une meilleure amie ? Une chamane ? Une psy ? Une artiste complète et intègre que l’on attendait depuis longtemps… Hoshi (F) En 2018, Hoshi ouvrait la grande scène (à 14h00 !) des Solidarités, premier festival belge à l’accueillir. Quelques années plus tard, l’artiste est passée du stade de « découverte » au rang d’artiste féminine majeure de la scène francophone. Autrice-compositrice-interprète, elle a aujourd’hui 28 ans, 2 albums certifiés (double) platine, 2 nominations aux Victoires de la Musique, plus de 200 concerts à son actif et plus de 350 000 spectateurs. Hoshi a entamé sa tournée « Cœur Parapluie » Tour fin 2023 et a rempli tous les zéniths, l’Arena de France et Forest National le 8 décembre dernier. Alors que son album « Cœur Parapluie » qui inclut 5 titres inédits vient d’être réédité (Cœur Papillon) sa belle aventure se poursuivra en 2025… Helena (B) Avec sa voix douce et puissante, son énergie solaire et sa personnalité attachante, la révélation musicale Helena s’en va pour sa première tournée en solo en 2025. D’étudiante à jeune artiste, la vie d’Helena a radicalement changé en quelques mois ; de quelques chansons improvisées, cachée dans sa chambre, à la scène de l’Accor Arena où elle a interprété à l’occasion d’une des 74 dates de la tournée triomphale de la Star Academy, son 1ersingle « Summer body » devenu LE hit mélancolique de l’été 2024. Ses premières chansons sont à son image : aussi touchantes qu’authentiques et toujours remplies d’espoir et d’humour. Elle qui pose des mots justes sur le quotidien d’une jeune femme de 22 ans qui a du mal à réaliser tout ce qui lui arrive, c’est maintenant avec fierté et émotion qu’elle convie son public à venir chanter avec elle à l’occasion de sa première tournée en solo. Avec sa voix envoûtante et ses mélodies captivantes, Helena est sur le chemin des artistes belges (Angèle, Pierre de Maere, Stromae…) que la France nous envie tant… Santa (F) Nous pressentions l’an dernier que Santa allait devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Nous nous devions de célébrer avec elle l’immense succès qui n’a cessé de croître depuis le mois d’août 2024.Avec une voix puissante et des interprétations vibrantes, elle transcende les genres pour offrir des moments de pure intensité.Sur scène, son énergie débordante et son charisme naturel emportent le public dans un voyage musical unique, mêlant pop, rock et émotions à fleur de peau.Son dernier album « Recommence-moi », un véritable triomphe, a conquis les cœurs et les charts, confirmant son statut d’artiste incontournable. Une excellente raison supplémentaire de la réinviter aux Solidarités 2025 ! Adé (F) Les Solidarités l’avaient accueillie en 2018 avec ses comparses de Thérapie Taxi. On avait rapidement conclu qu’elle avait toutes les armes pour s’envoler vers une carrière solo. Après un premier album réussi en 2023, Adé a gagné en confiance. Aujourd’hui, elle le crie à la face du monde, un peu malgré elle. Débarrassée de ses longueurs, de ses santiags et de son stetson, avec ses cheveux courts et gominés, sa nouvelle identité musicale ne pouvait s’incarner autrement que physiquement. Loin de ces fameux poncifs, Adé revient sans faux-semblant, sans nulle part où se cacher, c’est donc naturellement qu’elle dégoupille sur son deuxième album « Inside Out Mvmt » un rock intense et abrasif, presque punk ; chaque morceau ne demandant qu’à imploser. Rori (B) Petit à petit, Rori fait son nid ! Propulsée par le succès de son hit « Docteur », 9e chanson la plus jouée en radio en 2022, la jeune Belge a encore marqué le coup en 2023 avec la sortie de son tout premier EP. Avec « Ma saison en enfer », RORI nous invite dans une œuvre qui mélange différentes couleurs soulignant son éclectisme et son amour pour la pop-culture. En écoutant, « Ma Place », « Soleil », « Loser » ou « Encore », on devine aisément certaines de ces influences, celles d’une artiste qui, ado, se plongeait dans les mangas de Nana, bercée par un fond sonore qui dessinait les premières notes de « Tranquility Base Hotel & Casino » des Arctic Monkeys. En résulte un hymne vivant, destiné à tous les « losers » (dixit Rori), comme un antidote pour leur donner du courage, et leur souffler que leur vie ne s’arrête pas aux grilles de l’école.Les Solidarités lui sont fidèles et elle leur rend bien ! Charles (B) « Charles, c’est juste moi » partage la jeune chanteuse de 23 ans lorsqu’on lui demande qui est vraiment Charles. Ce nom de scène, elle l’emprunte à son grand-père maternel, qu’elle emporte partout avec elle dans cette folle aventure débutée en 2019. Avec ses deux premiers projets, l’EP « Falling While Rising » (2021) et l’album « Until We Meet Again » (2022), Charles développe ses histoires et se présente à son public en puisant dans ses influences anglo-saxonnes, tant au niveau de sonorités pop fraîches et alternatives venues d’ailleurs, que dans ses textes en anglais qui n’ont jamais peur de prendre à bras le corps les sujets qu’ils incarnent. Elle est de retour avec un nouveau projet: « Sabotage », qui tire son nom de ce sentiment d’avoir tiré et joué les mauvaises cartes au fil des années, s’érige ainsi comme un récit initiatique chaotique, formateur et tumultueux, qui tire tout de même vers l’espoir et la métamorphose de Charles en cette femme forte souhaitant plus que jamais
La Grand-Place de Bruxelles sous la pluie : Chronique d’une journée trempée mais inoubliable

Ah, la Grand-Place de Bruxelles ! La plus belle place du monde, n’est-ce pas ? Et en ce 27 septembre 2024, elle nous a rappelé qu’elle savait aussi se montrer capricieuse… en déversant sur nous des litres et des litres d’eau. Un vrai Manneken-Pis version XXL, sauf qu’il n’y avait absolument pas le feu (quelqu’un pourrait le dire à ce cher garçon en bronze, d’ailleurs !). Mais qu’importe, car nous, les irréductibles fans de musique, équipés de nos fidèles panchos et de nos appareils photos sous plastique, étions là. Trempés, oui, mais déterminés. Ni la pluie, ni les gouttes ne nous empêcheraient de profiter d’un programme aussi alléchant de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF à l’occasion de la fête de la Francophonie. Les balances : Quand les stars se dévoilent (un peu) Comme chaque année, les balances se font devant un public restreint de connaisseurs et de badauds touristes, c’est un petit moment d’intimité entre les artistes et les fans, où tout le monde prend la mesure de ce qui va se passer plus tard dans la soirée. Clara Luciani, fraîchement revenue de son congé de maternité est attendue, Santa et Héléna aussi… Elles se succèderont dans cet exercice après henry PFR et Fusion qui ont même dû mettre des baskets pour répéter ! Clara viendra après le rituel sécurité. Elle apparaît sur scène, sous la protection de la pluie, toujours aussi élégante. Avec une petite blague sur la météo belge (évidemment !), elle salue ses fans venus tôt, sourire radieux malgré les flaques d’eau sous ses pieds. « C’est comme ça qu’on fait la fête ici, hein ? » Clara, on t’aime. L’art de la pluie : Le rituel policier et la course à la scène Vient ensuite ce moment sacré (ou plutôt, légèrement stressant) où la place est évacuée pour permettre à la police de s’assurer que tout est sous contrôle. Chaque recoin de la Grand-Place est fouillé, et pendant ce temps, nous autres fans, nous amusons à faire du surplace sous la pluie, derrière les entrées prévues à cet effet, se remémorant nos souvenirs de concerts passés. La pluie continue de tomber, mais nos esprits sont ailleurs. Mais qu’importe : le show va bientôt commencer, et la place va de nouveau être remplie. Quand enfin nous sommes autorisés à revenir, c’est une course digne des Jeux Olympiques. Tout le monde veut être au plus près de la scène, malgré les gouttes qui n’ont aucunement décidé de s’arrêter. Parapluies interdits, on se faufile, on se pousse gentiment, et on espère secrètement que la pluie sera plus clémente pendant le concert. Spoiler alert : elle ne le sera pas. Mais au fond, est-ce vraiment important ? Nous sommes là pour la musique, pour les artistes, et rien ne pourra gâcher ça. Les festivités commencent : Walid et Joëlle à la barre Le spectacle démarre avec Walid et Joëlle Scoriels, les animateurs de la soirée, qui ont la lourde tâche de galvaniser un public aussi mouillé que déchaîné. Walid, fidèle à lui-même, sort quelques blagues sur l’état lamentable de nos capuches en plastique. « On dirait une convention de sacs poubelle, mais attention, des sacs poubelle stylés ! » Joëlle, tout sourire, harangue les troupes, et l’ambiance commence à monter, malgré la pluie qui n’a toujours pas dit son dernier mot. Henry PFR et son melting pot d’artistes : Un hommage émouvant Et puis, Henry PFR arrive sur scène, piano sous les doigts, et c’est comme si la pluie devenait soudainement moins lourde. Aujourd’hui, c’est son anniversaire, et il a préparé une surprise qui fait monter les frissons : un melting pot des plus grands artistes belges. Les premières notes retentissent, et on reconnaît immédiatement des classiques de Jacques Brel, Arno, Adamo, et même Stromae. Derrière lui, un orchestre de chambre. Les voix, les instruments, la scène, tout s’accorde parfaitement. Malgré le déluge, c’est un moment suspendu, et nous sommes tous profondément touchés. Merci, Henry. Joyeux anniversaire ! Clara Luciani, le retour : « Tout pour moi » (et pour nous aussi) La pluie s’intensifie encore – qui l’aurait cru possible ? – mais personne n’y fait vraiment attention. Clara Luciani revient sur scène et entame « Tout pour moi ». Cette chanson, ce moment, tout est parfait. La voix de Clara s’élève au-dessus des parapluies (ah ben non interdit de parapluie !) , et pour quelques minutes, on oublie totalement que nos chaussettes sont désormais des éponges vivantes. Puis elle enchaînera plus tard avec « Le Reste » et « Respire encore », deux titres que les fans chantent avec elle, comme si c’était le dernier concert avant la fin du monde. Avant de quitter la scène, Clara annonce ses prochains concerts à Forest National. Les plus prévoyants sortent déjà leurs téléphones pour réserver. Mais attention à la pluie sur les écrans, hein ! Antoine Donneaux : L’humour belge au rendez-vous C’est au tour d’Antoine Donneaux, l’imitateur découvert par « La France a un incroyable talent ». Et il nous fait bien rire, ce bon vieux Antoine, surtout lorsqu’il se glisse dans la peau de Chantal Ladesou, Paul Mirabel, ou d’Édouard Baer. Le public est hilare, malgré la pluie qui commence sérieusement à tremper tout le monde jusqu’aux os. Mais l’humour, c’est comme une bonne paire de bottes en caoutchouc : ça nous protège de l’humidité ambiante. Et puis, qui pourrait se plaindre quand on a des blagues bien belges pour nous réchauffer le cœur ? Puggy et son nouvel album et leur tournée Puggy est de retour avec un nouvel album « Radio Kitchen » et fera une belle tournée qui traversera la France et Forest National le 28 novembre 2025. Saule et Lovelace Au tour de Saule et Lovelace de prester sur « Petite Gueule », qui résonne déjà à fond sur les radios. Mustii et Oscar and The Wolf : Des Belges, chacun à leur manière Voilà Mustii, notre superstar belge, bien déterminé à tourner définitivement la page Eurovision. Son single « Before The Party’s Over » nous a déjà envoûtés, mais aujourd’hui, il est là avec un tout nouveau titre. Les fans sont conquis, et il est clair que ce nouveau départ s’annonce très,
Dimanche flamboyant à LaSeMo Enghien !

La dernière journée de LaSemo s’est déroulée sous un soleil éclatant, attirant une foule nombreuse et enthousiaste. Le Montois Saule a ouvert les festivités sur la scène du château, réchauffant le public avec son humour, son charisme et une sélection de ses anciennes chansons comme « Dusty Men » ainsi que des morceaux plus récents. Vers 16h, la scène de la Prairie a accueilli Pomme, entourée d’un décor enchanteur de champignons. Malgré la mélancolie de ses chansons, la Française a capté l’attention du public avec ses interprétations émouvantes et ses textes sincères. Elle a même fait danser la foule sur un morceau évoquant la mort. Fidèle à son habitude, elle a fait circuler un appareil photo jetable dans la foule pour capturer des souvenirs uniques de sa prestation, qu’elle a conclue en chantant avec tous ses musiciens. Pour sa troisième participation à LaSemo, Babylon Circus a enflammé la scène avec leur devise : « De la musique et du bruit. » Le groupe a abordé des sujets sérieux comme le fascisme montant en Europe, tout en maintenant une ambiance festive. Leur performance a été un adieu mémorable pour le public d’Enghien. La tête d’affiche de cette 16e édition, Patti Smith, a offert un show inoubliable. Accompagnée de ses quatre musiciens, dont son fils Jackson Smith, l’icône du rock a abordé des sujets engagés tels que les problèmes aux États-Unis, la poésie de Baudelaire, et son passé en Belgique. Son concert, un mélange de moments calmes et de rock énergique, a ravi ses fans. Elle a interprété « Summertime Sadness » de Lana Del Rey et a conclu son show avec une chanson dédiée à la Palestine. Juste après Patti Smith, le groupe français Dionysos a pris la scène de la Prairie. Mathias Malzieu, malgré une blessure récente, a livré une performance énergique, assis sur un siège « Groot » en référence au personnage de Marvel. Leur spectacle a captivé le public, malgré la finale de l’Euro diffusée à l’espace de la Guinguette. Les histoires belges racontées par le groupe ont ajouté une touche surréaliste à leur performance rock. Pour clore le festival, Samuel Chapelle, directeur de LaSemo, a prononcé un discours avant le dernier concert du groupe Deluxe. Originaire d’Aix-en-Provence, Deluxe a mis le feu à la scène du château. Entre nouveaux morceaux et classiques, Liliboy et ses acolytes moustachus ont livré une performance électrisante. Pepe, le saxophoniste, a ébloui le public avec des étincelles jaillissant de son instrument. La proximité avec le public, une caméra 360 et une interaction unique ont rendu leur show mémorable. Le groupe a terminé en remerciant leur équipe et en invitant les festivaliers à revenir « moustachus ». Avec un nouvel album en préparation et un premier festival prévu en septembre à Aix-en-Provence, Deluxe a encore de belles années devant lui. LaSemo est bien plus qu’un simple festival de musique ! C’est un véritable paradis pour petits et grands, offrant une multitude d’activités telles que des spectacles, des contes, une zone zen, des jeux en bois traditionnels et de l’art de rue. Le festival se distingue également par son engagement envers l’inclusivité, avec des concerts interprétés en langue des signes pour les sourds et malentendants. Les interprètes ont brillamment transmis l’énergie des performances, allant du rap d’IAM aux mélodies poignantes de Zaho De Sagazan. Merci à LaSemo d’ être un festival ouvert à tous ! Merci aux visiteurs, presse, organisateurs, bénévoles et d’autres oubliés…on prend volontiers un rendez-vous pour la prochaine édition et vous ? Un compte-rendu détaillé de cette 16e édition de LaSemo, accompagné de nombreuses photos, sera bientôt disponible.
Les Solidarités

Découvertes, coups de coeur et…quelques grands retours !Après une vente “historique” de tous les PASS 3 Jours en moins d’un mois, et un véritable engouement pour les tickets journaliers, nous avons le plaisir de vous présenter la suite de notre programmation. Depuis leurs débuts, LES SOLIDARITÉS, et surtout notre public, soutiennent des artistes émergents ou des découvertes « coup de cœur ». On pense à Clara Luciani, Aya Nakamura, Hoshi, Juliette Armanet, 47ter, Gauvain Sers, Rori…invités lors de leurs débuts scéniques et dont on connait maintenant le formidable parcours. On pense aussi à de nombreux artistes que nous avons continué à inviter lors de leur deuxième (voire troisième) album, souvent les plus difficiles, car c’est aussi à ce moment-là qu’ils ont parfois le plus besoin de notre soutien et de notre fidélité. Cette année encore, une multitude de beaux projets musicaux dans des genres très diversifiés seront proposés, avec quelques artistes (Saule, Grandgeorge, …) déjà bien connus du grand public…et une multitude de coups de cœur émanant de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le lieu prestigieux et tellement chaleureux du Magic Mirrors fera également son grand retour aux Solidarités. VENDREDI 23/08 COLINE BLF ORLANE ESSYLA ISAAC SAMEDI 24/08 NSANGU SAULE FUGU MANGO ZOÉ JOSÉPHINE DIMANCHE 25/08 OK PANDA Lisette Lombé & Cloé du Trèfle GRANDGEORGE JOUR ADULTE 54 € TTC 59 € à PARTIR DU 5/08/2024 JOUR -18 ANS 40 € TTC Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans ATTENTION : pour des questions d’accueil et de confort, les tickets ENFANTS sont obligatoires et limités à deux par ticket adulte acheté. 1 ADULTE acheté = 2 ENFANTS GRATUITS * En exclusivité cet été PARKING + NAVETTE en prévente Ticket Parking 3 jours14 € / véhicule 20 € sur place(Paiement uniquement par carte) Ticket Parking 1 Jour6 € / véhicule 8 € sur place(Paiement uniquementpar carte) Des concerts mais pas que…Au mois de mai prochain, nous vous présenterons toutes les animations et spectacles familiaux ainsi que le contenu de LA CASA devenu dès l’année dernière le point de rencontre favori de toutes et de tous ! lessolidarites.be
Un autel rue de la Paix.

Certains d’entre vous fredonnent sans doute un air bien connu de Zazie en lisant ce titre. C’est un peu, avouons-le, le but recherché. Mais les paroles de la chanson évoquent un hôtel et non un autel. Ce n’est pas une erreur… ou plutôt si, mais volontaire, et vous comprendrez pourquoi en vous plongeant dans cet article. Maintenant que votre curiosité a été piquée au vif. Plongeons nous ensemble dans cette troisième (et dernière) journée de l’édition 2023 du Les Gens d’Ere, un festival qui prend de l’ampleur au fil des ans, mais qui a le bon goût de grandir progressivement, à pas feutrés. Le premier à prendre le micro ce dimanche est Antoine Armedan. Auteur compositeur interprète belge, amoureux des mots et des mélodies, celui qui représente visuellement le beau-fils idéal, a entamé voici quelques mois une tournée particulière uniquement en train et à vélo, baptisée « Zéro carbone sous les comètes« . Au total, plus de 150 concerts sont prévus, devant environ 8000 personnes. Soit l’équivalent de Forest National. A quelques dates de son objectif (son pari prendra fin le 22 septembre), celui qui défend son nouvel album, Des plumes sous les comètes, tient toujours la forme, comme l’atteste sa prestation, dans laquelle s’est glissé un titre de circonstance « Danser sous la pluie », même si ce premier concert de la journée se déroule, lui, sous chapiteau. On quitte le cocon de douceur tissé par l’artiste vert (surnom donné pour son implication dans la protection de la planète) pour aller se confronter au rock pur de Goodbye Fortune Tellers. Les guitares électriques sont de sortie pour le trio bruxellois. Laura et ses Simon (l’un étant chanteur et guitariste, l’autre batteur) prennent véritablement possession de la scène pour faire monter le thermomètre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, nous vous renvoyons notamment au clip de City Lights qui synthétise assez bien le style affiché par le groupe. Mais en live, c’est encore mieux. Même confrontés à quelques soucis techniques (très passagers, rassurez-vous), les musiciens/chanteurs ne se démontent jamais, assurant quoi qu’il arrive un show percutant. Et pourtant, une reprise de France Gall est programmée au line-up. Cela vous étonne ? Non, c’est une version rock, évidemment, plus proche de celle de Arcade Fire, de « Poupée de cire, poupée de son« . Pour ceux qui sont près à effectuer un grand écart, musical et culturel, voire générationnel, la suite non logique du programme se compose d’un groupe apprécié des plus petits, je parle des Déménageurs. J’avoue que là, nous sommes un peu dans l’inconnu, mais les enfants, parents, et enseignants connaissent paroles et chorégraphies imagées. C’est frais, et c’est un signe très visible qu’à Ere, toutes les tranches d’âges sont les bienvenues. Lili (Marie-Rose Mayele) au chant et aux danses, Nelson (Perry Rose) à la guitare (et au tuba), Stoul (Thierry Hercod) à la vielle à roue, flûtes et banjo et Georges (Jonathan De Neck) à l’accordéon diatonique vous invitent à leur toute dernière tournée, avec toujours la même énergie et le même enthousiasme, car oui, le groupe formé voici déjà une vingtaine d’années par Yves Barbieux remplit ses dernières salles (ici un chapiteau en l’occurrence). Si les plus jeunes sont bien au sec, c’est sur la scène « plein Ere » qu’arrive Colt, accompagné des premières gouttes de la journée. Le duo formé par Coline et Antoine s’est entouré pour cette tournée de musiciens et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça sonne bien. Le français remplace progressivement l’anglais dans le répertoire du jeune groupe dont les notes pop folk sont portées par la superbe voix puissante, mais toute en nuances, d’une chanteuse chez qui l’on décèle de nombreuses années de pratique vocale intensive (Coline a pratiqué le chant lyrique et joué dans plusieurs comédies musicales). Pour ceux qui n’auraient pas encore eu le privilège de les voir en live, jetez un coup d’œil (et tendez l’oreille) sur les clips de Insomnies et Ramenez-moi. Retour sous la protection de la bâche du chapitô pour les rythmes tropicaux de Fugu Mango. Créé à Bruxelles en 2013, le groupe FùGù Mango est un concentré d’indie pop, de beats afro et de dance music. Habitué des scènes de festivals, le band de Vincent Lontie apporte toujours ce rayon de soleil qui nous transporte au bord d’un lagon aux eaux cristallines. Et oui, vous en conviendrez, on en a bien besoin ces derniers jours (rires). Quoi qu’il en soit, j’adhère à ces percussions enivrantes, cette « soul » chaloupée afro caribéenne et ces harmonies posées qui en un clignement d’œil nous font traverser l’atlantique comme sur Blue Sunrise ou Mango Chicks. On revient un peu plus près, dans l’Hexagone, et plus précisément dans les Yvelines, pour retrouver les 47 Ter, un trio de rap formé en 2017 par Pierre-Paul, Blaise et Lopes. Si leur développement fut un peu retardé par une pandémie sanitaire (oui, ce covid qui nous a privés de tant de concerts), la sortie de leur titre « On avait dit » leur donne accès aux ondes radios. Leur style mêlant funk et rap, en français, sans agressivité ni termes orduriers gratuits, est désormais reconnu par une belle communauté de fans. Il faut dire que le groupe sait utiliser les supports mis à sa disposition. Un logo reconnaissable, une ligne de merchandising complète, un jeu scénique travaillé… Les adeptes sont soignés aux petits oignons. Et la communauté répond présente puisque la date de l’Olympia (le 06/10/23) affiche complet depuis plus de deux mois déjà. Leur concert à Ere était donc attendu de pied ferme. Avec comme cerise sur le gâteau, une demande en mariage ! Et oui, une vraie demande, en live, sur scène, durant la prestation du groupe. Et madame a répondu oui (d’où le terme autel du titre, pour ceux qui suivent). Après tant d’émotions, retrouvons un géant au grand cœur avec le passage tout aussi attendu de Saule. Sans en avoir l’air, Baptiste, de son prénom à l’état civil, est une machine à hits. Qui n’a jamais entendu Dusty Men ? Ce duo en franglais avec Charlie Winston
Saule au Whalll

Saule, le surdoué du partage, revient frapper à nos cœurs : attendez-vous à des tendresses, des cavalcades, des cuivres, quelques larmes, des amertumes, de la lumière, une valse, et partout, partout, de la beauté. Avant même que vous n’ayez écouté la première chanson, ce titre, « Dare-dare », vous raconte deux histoires. D’abord le « dare-dare » littéral de l’urgence, de l’envie impérieuse, celle de donner de la musique aux gens (qui en ont légèrement besoin : vous l’avez bien regardée, la conjoncture ?). Et puis, parce que Saule (Soul) adore faire ricocher les doubles sens dans nos cervelles, il y a « to dare », en anglais : pour l’audace. L’audace de franchir le cap d’une écriture renouvelée, mordante, parfois plus âpre, celle d’un auteur profondément singulier, affranchi des suavités rassurantes de la pop. Douze fois la voix tellement intègre et inimitable de Saule : douze chansons, « douze belles dans la peau », comme aurait dit l’autre ; sincères, ultra modernes, souvent cinématographiques, tirant parfois vers un lyrisme très brit-pop, vers le reggae façon Souchon, parmi des morceaux plus graves, qui nous font parfois chavirer du côté de Johnny Cash, des chœurs de Leonard Cohen. Saule a écrit, composé, orchestré, joué, tout ou presque, depuis chez lui, dans son nouveau biotope, la campagne sublime et inspirante de Gaume. Mais, bien sûr, il n’a pas pu s’empêcher d’inviter des amis, sur trois de ses chansons. Cali est venu à l’ICP, et la session d’enregistrement a (naturellement) tourné à la course-poursuite exultante entre deux gamins en liberté : « Avant qu’il ne soit trop tard » est un galop urgent, ample et glorieux. Il y a eu Ours (Monsieur le fils de Monsieur Souchon), qui s’est emparé de « 24 heures et des poussières » : au studio Ferber, c’est lui qui a fait venir les copains Albin de la Simone et Seb Martel, et, outre sa voix, il a apposé sur les arrangements son coup de griffe chic et dandy. Enfin, vous reconnaîtrez la touche enivrante de Jasper Maekelberg (Faces On TV), l’homme qui produit tous les albums de Balthazar ; sur « Demande pas la lune », duo en chiasme subtil, la tension est superbe, et l’orchestration prend des allures de générique grandiose. Le mix s’est noué à Paris, au studio La Frette, grâce au doigté génial et humble de Nicolas Querre (Arctic Monkeys, Jean-Louis Aubert ou encore le dernier Nick Cave : c’était lui). C’est là que les copains Franck Marco et Jug ont été faire « vivre » la section guitare-basse- batterie. Pour le reste des instrumentations, on a échangé des pistes via WeTransfer (vous vous souvenez ? la conjoncture), avec des artistes excellents : Rafgee (du band français Delgrès) est l’auteur de cuivres renversants ; les violons de Cédric Sottiaux virevoltent en altitude ; vous allez vous dissoudre sous l’effet de l’harmonica de Ben Henry Edwards (qui accompagne Charlie Winston) : la conclusion de l’album, une reprise des « Démons de Minuit », traitée à la loupe, paradoxale, époustouflante, languide, est faite pour le frisson. Il faudra vous attendre à d’autres coups au coeur. Ainsi, « Dare-dare », en ouverture du disque, plonge l’ordinaire d’un couple bancal dans des abîmes gainsbouriens, choeurs langoureux en contrepoint. Dans « Je suppose », la voix de Saule, enregistrée sur dictaphone dans la rue, interprète de façon confondante l’émotion d’un homme qui s’adresse à une ancienne amoureuse : l’effet, tellement filmique, est troublant. « Quand l’amer monte » est une chanson qui doit son épaisseur à la nuit, nuit de doute, de spleen, dans laquelle subsiste une seule lueur : celle de la clope grillée. Et comment parler de « Marta danse » la puissance évocatrice de Saule touche ici au petit miracle, sur une espèce de valse ralentie et fière que lui a inspirée cette vidéo (vous l’avez certainement vue sur les réseaux), dans laquelle l’ancienne ballerine Marta C. Gonzalez, atteinte d’Alzheimer, retrouve les gestes du Lac des Cygnes dans son fauteuil roulant. Et voilà, c’est brillant. Ce qui brille, c’est encore le jeu des sonorités rebondissantes qui invitent l’esprit de Bashung sur « Tu boudes » ; ou cet assemblage improbable de couleur disco et d’éloge de la douceur dans « La tendresse (tu sais !) » ; ou encore la sémillance de « Regarde autour de toi », hymne faussement ingénu, profondément sincère, qui nous redit à quel point, dans les veines de Saule, courent, aussi, des cascades d’eau pétillante. Le tout emmené, bien sûr, par ce délicieux premier single, « Rebelle Rêveur » – dont le titre résulte d’un véritable test de personnalité, auquel Saule s’était prêté comme à un jeu : le questionnaire a débouché sur ce profil ambivalent, cette espèce d’anomalie – que le chanteur a eu tôt fait d’adopter, avec l’irrésistible sourire en coin qu’on lui connaît. Et voilà comment « Dare-dare » nous parvient : intense, riche, évident. À l’écouter, vous ne penseriez pas un instant que sa fabrication a pu être une aventure compliquée. Et pourtant. Un an avant la pandémie, Saule avait enregistré, à Paris, un tout autre disque. Mais au moment de le finaliser, en juin 2019, il a décidé, en tremblant un peu, de n’en (presque) rien garder. Parce que, quinze ans de métier plus tard, il a acquis les bonnes certitudes et des audaces inédites. Il a donc fallu emprunter un nouveau chemin, sur lequel Saule a rencontré son manager,Cyril Prieur (il s’occupe aussi d’Arno), et puis Michel Boulanger (le directeur artistique de Dutronc, Cabrel entre autres) et le voici mis en confiance. Il trouve et retrouve des comparses chéris : les gars de Puggy, de Girls in Hawaii, Alice On The Roof. Avec eux, il regoûte à la joie de faire de la musique, tous azimuts. Et puis c’est l’interruption de tout : la pandémie isole à nouveau Saule. Mais désormais il est en veine, et il compose de plus en plus, d’une façon qui le satisfait de mieux en mieux. Les premiers indices de cette inspiration revivifiée nous parviennent au printemps et à l’été 2020 : « Dans nos maisons », bulle de douceur en plein confinement, antidote à la cruauté de l’enfermement; puis un duo avec Alice On The Roof, pour brandir, les ailes en plein ciel et les deux pieds
Ruines en Folies pour l’ Abbaye en Scène

Premier week-end de juin 2022… la météo n’annonce rien de réjouissant. Le choix était vaste entre la Mer, les Ardennes, ou bouger dans notre bon royaume où foires brocantes marchés et concerts étaient au programme… Finalement je valide ce dernier choix et plus particulièrement du côté de ce splendide endroit qu’est l’ Abbaye de Villers-La-Ville. « L’ Abbaye en Scène » (projet 100 % belge) dont les seuls buts sont de réunir les familles, visiter le lieu historique et découvrir des artistes noir jaune rouge. Le vendredi 7500 chançards ont pu ainsi voir, revoir et s’émerveiller sur la chanteuse blonde Geike et Hooverphonic qui a mis le feu au public et évité l’orage jusqu’à la dernière note… vous pouvez voir les photos sur @Axel Tihon Photography (Facebook) Ensuite ce fut le déluge ! Le dimanche fut plus calme niveau public, mais bien fréquenté par de nombreuses familles bien décidées à braver les caprices de la météo. On pouvait même imaginer que les esprits des anciens propriétaires des lieux voulaient participer et se divertir sans démons du ciel jusqu’au final. Le concept du dimanche était de donner les planches à simple un artiste sur la grande scène, et à d’autres dans les travées des ruines. L’ idée était géniale pour découvrir ce bel endroit de ballade dominicale. Dans la nef, il y eut Just Vox avec par exemple la reprise stupéfiante de « l’ enfer » de notre belge national Stromae. Un petit groupe qui mérite un intérêt certain,et à qui le public acorda par ailleurs des ovations bien méritée. Sur cette même scène se produisit Los Pepes, qui ne sont pas des disciples de Pablo Escobar, mais un produit wallon pur jus . Imaginez l’ ambiance que peut nous offrir des joyeux lurons à bretelles pour divertir un public, bien enclin à se déhancher et à être complice des blagues d’ un membre du groupe sensé combler quelques problèmes techniques. Un chouette moment divertissan et sympa. Dans la prairie derrière, une caravane, un batteur, un clavier, deux guitares et une contrebasse…ma foi cela pourrait être « Winter Woods ». Effectivement ce groupe déjà bien connu sur les ondes belge est venu nous convaincre que le folk et la pop lont encore de belles perspectives en Belgique. Le public présent ne fut pas dupe et leur réserva un accueil torride . Sur la grande scène on pouvait apprécier Rori, petite puce liégeoise d’à peine 20 ans et qui a tracé son chemin toute seule, puis avec ses musiciens pour déambuler entre première partie de concerts et festivals. Et cela se passe « comme on dit » sans Docteur…ou plutôt avec, mais en chanson. Le public était chaud pour se délecter de Doria D. On a pu ainsi se trémousser sur « Hors Tempo » , « Dépendance » ou « Jeune et con ». Doria D est sans conteste une artiste en devenir, appréciée par un public de tous âges avec qui elle a partagé un long moment en toute sympathie, acceptant selfies et autographes. On retrouvera Doria D sur plusieurs scènes cet été en festival ou ailleurs, n oubliez pas de la programmer dans vos agendas, elle vaut la peine. En visant la lune ou plutôt le soleil récalcitrant, il y a eu l éclipse Delta. Les 2 guitaristes chanteurs ont fait le tour de leurs succès grandissants devant un public de fans qui chantai souvent plus fort que Julien et Benoît…On a donc pu se remémorer les hits que l’ on connait depuis 2016 déjà : Je tire, en visant la lune, … On retrouvera également Delta dans d ‘autres festivals cet été, notamment à Ronquières en Août… Dernier artiste à qui on a donné les clefs de Villers ce super week-end, Saule ! Guitariste fou, il n’ hésite pas à braver la foule, ni à se déhancher et se rouler au sol sur scène. Entouré de musiciens de talents, Baptiste nous a emmené dans son univers un peu fou avec ses chansons populaires à la fois rock folk et blues . On pourra le voir aux Francofolies de Spa notamment, et j’ai hâte d y être et de découvrir encore d’ autres facettes de cet artiste hors normes. Saule, malgré son surnom, n’ a pas fait pleurer le ciel. Remercions enfin l’ organisation de cet évènement et souhaitons à Jean Claude Gerlache et son équipe qu’ils continuent longtemps à nous enchanter avec ce beau projet.. A très vite pour d’autres aventures. Textes et Photos BRAECKMAN Fabian vous pouvez retrouvez les photos de cette journée sur Wizfabphotos (fb) https://www.facebook.com/wizfabphotos/
Alice on the Roof à l’honneur au Musée du slip

Alice Dutoit, plus connue sous son nom d’artiste « Alice on the Roof » a reçu une bien cocasse invitation d’un musée : Dans ma boîte aux lettres ce matin : « Madame Dutoit,J’aimerais beaucoup qu’un de vos slips (ou caleçons) figure parmi notre déjà riche collection. Nous aimerions de ce fait honorer votre habit le plus intime par une place de choix dans notre musée qui est unique au monde. Je rappelle que le slip doit avoir été porté et lavé. »Un courrier de Jan Bucqoy pour remplir son « Musée du Slip ». J’adore. Une initiative très culottée pour défendre l’égalité des sexes, la chanteuse belge a le grand honneur d’entrer officiellement au Musée du slip de Jan Bucquoy.Et elle s’en réjouit sur Instagram: « En vrai … Je trouve l’idée géniale » avec un Coeur Rouge et le drapeau Belge. Instagram aliceontheroof On retrouve aussi Alice on the Roof au côté du chanteur Saule dans « Mourir plutôt crever » premier extrait du nouvel album de Saule à paraître en 2021.C’est nouveau : Saule et Alice On The Roof – Découverte.