24 juin 2026

Les talents luxembourgeois prennent la lumière aux Francos de Esch/s/Alzette.

En juin 2021, le Luxembourg obtenait (enfin) sa déclinaison nationale des Francofolies qui sont depuis un certain temps déjà des références en France (La Rochelle), Belgique (Spa) et au Québec (Montréal). L’occasion de faire la fête, évidemment, surtout à l’époque où la première édition fut mise sur pieds (on sortait à peine de la pandémie « Covid »), mais aussi de mettre en avant une région (Esch-sur-Alzette) et par extension le pays auquel elle est attachée, le Luxembourg.

Les Francofolies ont trouvé leur écrin de verdure avec le parc Gaalgebierg – ReMarck Photos.

L’espace géographique choisi est magnifique (Parc du Gaalgebierg, sur les hauteurs de Esch), mais organiser un tel événement culturel pour mettre en avant la région en passant sous silence les talents locaux n’aurait pas vraiment de sens.

Marcy ouvre cette session 2026 des Francofolies – ReMarck Photos.

C’est ainsi que Loïc Clairet et son équipe ont choisi de réserver quelques espaces dans la programmation pour des stars en devenir issues du grand Esch, voire d’autres coins du Luxembourg.

Marcy a pu profiter d’une « masterclass » de 4 jours version Kulturfabrik – ReMarck Photos.

On a déjà pu voir à l’œuvre Francis of Delirium, le groupe d’indie rock mené par Jana Bahrich mais aussi Charlotte Bridge alias Charles en 2022, Angel Cara en 2023, Maale Gars et Culture The Kid en 2024 jusqu’au coup de boost de 2025 avec Maehila, Maryana, Sixo, Oké et Dori, tous issus du terroir local.

Dori invite le rap made in Luxembourg aux Francos – ReMarck Photos.

Cette année, la suppression de la scène qui accueillait la plupart de ces talents a entraîné une légère diminution du nombre de joyaux régionaux pouvant être mis en lumière sur le festival, mais en contrepartie, ceux qui ont été sélectionnés ont vu leur spectacle rejoindre la scène Clairière, soit un espace scénique plus imposant et une affluence attendue en nombre également.

Les « découvertes » locales sont passés sur la scène Clairière cette année – ici : Ninon – ReMarck Photos.

La Promo Kulturfabrik: un labo grandeur nature.

Mais qui dit espace plus grand, dit aussi préparation en conséquence car l’équipe du festival ne compte pas lancer ces jeunes pousses dans le grand bain sans bouée de sauvetage. Vous aurez compris qu’il s’agit ici d’une image par analogie, l’espace scénique n’étant pas un réel plan d’eau. La bouée sera donc remplacée par une formation en amont, histoire de préparer les élus à produire un show à la hauteur de l’occasion qui leur est offerte.

Comment occuper la scène, méthode Marcy – ReMarck Photos.

Cette préparation porte un nom à Esch, c’est la promo Kulturfabrik. Quatre jours de « résidence artistique intense » durant lesquels Dori et Marcy, puisqu’ils étaient les lauréats, ont été guidés par des coachs experts avec comme plan de déploiement trois piliers essentiels : la perfection de leur spectacle, le renforcement de leur identité artistique et l’affirmation de leur présence scénique.

Un maillot irlandais, mais c’est bien au Luxembourg que Dori distille son flow – ReMarck Photos.

Ninon (Varin), tout en simplicité.

Vous venez donc d’avoir les noms des deux artistes d’ouverture du vendredi et du samedi. Restait une place le dimanche, qui fut attribuée à Ninon, une artiste pas si évidente à repérer sur les réseaux pour une raison assez simple, elles sont au moins trois chanteuses à porter ce même nom de scène, ce qui peut créer des confusions. On parle bien ici de Ninon Varin, une Franco-Luxembourgeoise de 25 ans qui s’est distinguée en remportant l’édition 2023 du Screaming Fields Song Contest.

Ninon (Varin) s’est produite le dimanche de clôture – ReMarck Photos.

Sa comparse de scène, Jana Bahrich à la guitare électrique, n’est pas une novice puisqu’elle a déjà foulé une scène de ces Francofolies en 2022 et qu’elle prend une part importante dans le processus créatif. On vous laissera découvrir Ninon par vous-même mais on peut vous spécifier qu’elle chante principalement en anglais comme sur le titre « Breathe again » sorti en 2025, « Porcelain Baby » ou encore « Leave on your light » extrait de l’EP Afterglow.

Ninon – scène Clairière aux Francofolies de Esch – ReMarck Photos.

Marcy : la pop-rock pour dénoncer les injustices sociales.

Mais revenons au commencement, ou plutôt à l’ouverture des festivités avec Marcy : chanteuse, autrice et compositrice qui mélange la pop contemporaine à un rock brut plus communément joué début du siècle. Ses influences, elle les décrit elle-même comme venant de  Chinchilla et Yungblud pour leur énergie, Highly Suspect pour leur son, et Sofia Isella pour ses textes bien construits.

Marcy s’est montrée très professionnelle dans son approche scénique – ReMarck Photos.

Elle commente en interview chez des confrères : « j’ai tourné mon regard vers les injustices sociales qui me choquaient, qui me mettaient en colère ou qui méritaient qu’on s’y intéresse. L’industrie artistique, en particulier, est un sujet dont j’aime parler ».

Marcy, un look bien marqué – ReMarck Photos.

« Je sais que beaucoup de gens n’aiment pas le terme « industrie », mais finalement, c’est ainsi que les artistes sont traités de nos jours, souvent comme des produits remplaçables, obligés de se battre pour leur crédibilité et leur représentation, ce qui conduit également à l’épuisement professionnel. »

Marcy, tantôt pop, mais plutôt rock – ReMarck Photos.

Un monde de paillettes à l’écran, qui peut donc paraître cruel et usant, vu de l’intérieur, mais qui réserve parfois quelques belles surprises comme cet atelier de perfectionnement offert avant les Francos.

Marcy n’était pas venue seule aux Francofolies – ReMarck Photos.

Marcy remercie cet encadrement professionnel d’avoir pris le temps d’analyser en détail son spectacle et reconnait avoir énormément appris sur la manière d’exploiter sa voix, de poser son corps et d’occuper au mieux la scène. 

Mais avant de pouvoir se produire sur les planches, l’artiste a dû se construire une discographie en écrivant notamment sur le féminisme, l’égalité et l’équité, ainsi que sur l’industrie musicale.

Marcy a marqué les esprits pour cette ouverture de festival – ReMarck Photos.

Désormais, c’est un autre sujet, tout aussi délicat, qui occupe les pensées de Marcy : la santé mentale. Son line-up est en effet toujours en construction, comme le prouve ce nouveau single « Until She Minds » sorti ce 12 juin, soit le jour de sa prestation aux Francos avec un script un peu particulier :

 « Je suis profondément convaincue qu’il est possible d’entretenir des amitiés platoniques, quels que soient l’identité de genre et l’orientation sexuelle de chacun. Mais il m’est déjà arrivé de croire que j’étais amie avec quelqu’un, pour finalement découvrir que cette personne avait des arrière-pensées.»

Marcy – et si elle devenait l’une des têtes d’affiches d’une prochaine édition? – ReMarck Photos.

 « Cette chanson évoque l’un de mes souvenirs : la petite amie d’un bon ami avait cessé de me dire bonjour, ce qui a éveillé mes soupçons et m’a permis de comprendre ce qui se passait. Et même si dans cette chanson je laisse libre cours à toute ma frustration, je ne veux pas reprocher aux gens leurs émotions. Tout le monde peut un jour se retrouver dans l’une des trois situations : celle de la copine, celle du copain ou la mienne. C’est juste que parfois, la vie est frustrante ».

Le samedi, le rock de Marcy a laissé place au rap de Dori, un nom qui doit parler aux habitués des Francos luxembourgeoises.

Dori, bis repetita aux Francos.

Dori : non, le sympathique poisson présent dans le dessin animé Némo n’était pas à Esch. De son vrai nom Dorian Da Silva, Dori est un rappeur et artiste franco-luxembourgeois qui avait déjà mis le pied dans l’engrenage l’an dernier puisqu’il avait déjà eu son moment de gloire dans ce même festival.

Dori prend la lumière aux Francos, épisode 2 – ReMarck Photos.

Il se distingue par un univers poétique et introspectif qui mêle le rap à la variété française. Déjà présent sur scène dès 2013 avec Louvar, il œuvre désormais seul depuis 2015. 

Dori, un visage bien connu de la scène urbaine locale – ReMarck Photos.

Ses concerts et releases à la Rockhal (la célèbre salle qui ne se trouve qu’à un jet de pierre du centre de Esch), Kulturfabrik et Les Rotondes, ainsi que ses premières parties pour des artistes tels que Disiz, Youssoupha, Bekar, Sniper, Lomepal et S-CREW, témoignent de l’impact croissant de sa musique sur la scène.

Dori, un écorché au coeur tendre – ReMarck Photos.

Son truc ? Evoquer toutes les galères qui peuvent survenir dans l’existence, tout en montrant qu’on peut toujours se relever et même puiser dans ces écueils pour se forger une carapace plus solide encore. Vous l’aurez sans doute compris, Dori a un vécu, qu’il aborde sans concession avec ses fans, définissant lui-même sa musique comme celle d’un écorché qui tente d’expérimenter toutes les solutions pour s’en sortir.

Un jour peut-être, mais pas demain, le nouvel album de Dori, est disponible – ReMarck Photos.

Ses dernières compos, il les présente dans « Un jour peut-être, mais pas demain » un album de 13 titres (39 min) sorti en mars 2026, comprenant quelques featurings dont un avec son ancien comparse, Louvar, sur la plage « Distant ».

Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

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ReMarck

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