Chanteuse, auteure-compositrice, narratrice contemporaine et designer d’intérieur, Meryem Aboulouafa est une artiste multi-facettes.

La musique, elle l’aborde aussi sous un prisme aux éclats multiples puisqu’elle compose dans un mélange linguistique subtile d’anglais, d’arabe et parfois même de français, jumelant éléments traditionnels et sons électros, mais avec la finalité de transmettre des émotions par tous les canaux mis à disposition.

Ainsi, ses clips font entièrement corps avec le support auditif comme dans ce « Horses » tourné à Essaouira avec un dompteur (Yassine) qui laisse toujours à l’animal une part de liberté naturelle, sorte de parallèle avec le message du texte fourni par Meryem.

Pour reprendre la genèse à son origine, Meryem Aboulouafa est née à Casablanca (Maroc) en 1988. Dès 2017, elle intègre la scène avec notamment les festivals MadJazz à Marrakech et Jazzablanca à Casablanca qui lui ouvrent ensuite les portes de l’Italie et de … l’Indonésie.
Les rencontres professionnelles se multiplient mais il faut toujours attendre 2020 pour voir le premier album de l’artiste pointer le bout du nez. Cet album, intitulé simplement « Meryem », se compose de 11 morceaux dont deux sont écrits en français (Je me promets et Evanouie). Ce ne sont toutefois pas les plus remarqués, ceux-ci s’effaçant au profit de la reprise marquante de « Ya Qalbi » et d’une piste qui va marquer les esprits, « Breath of Roma ».

La version originale de ce morceau est en effet choisie pour intégrer la B.O de Bref.2 mais fait aussi l’objet d’un remix que l’on trouve, personnellement, très abouti et moderne, remasterisé par Alper Gursoy (lien). En quelques secondes, vous êtes transportés dans un univers onirique où l’orient rencontre l’occident, sans barrière ni chao, c’est planant, relaxant, envoutant.
Lorsque que l’on demande à Meryem Aboulouafa pourquoi elle jongle ainsi entre l’anglais et l’arabe, sa réponse est précise : l’anglais n’est pas sa langue natale. Ce langage lui permet de garder une certaine distance nécessaire à aborder des points personnels, tandis que l’arabe la plonge directement dans le vif des sentiments, dans sa chair. Cette ambivalence, cette double face, ce perpétuel mouvement de va et vient, l’artiste l’a pensé, orienté, mis en scène.

Ce souci du détail, Meryem Aboulouafa le travaille dans chacune de ses compositions, ce pourquoi son deuxième album vient de sortir près de 5 ans après le premier.
Ce deuxième opus se nomme « Family » et se veut encore plus personnel. Il est disponible en CD, mais aussi en vinyle. La sortie de ce deuxième écrin pour l’œuvre chantée de Meryem Aboulouafa s’accompagne naturellement d’une tournée, le Family Tour. Quinze dates en France et … une seule en Belgique.
Cette date, c’est celle de son passage au festival Esperanzah, ce 31 juillet 2026. Une date qui marquera sans doute plusieurs spectateurs car la chanteuse, auteure-compositrice, a livré une prestation mémorable. A la fois discrète, mais pas trop, puissante mais dans la retenue, engagée mais en laissant la porte ouverte à chacun pour choisir son chemin.

Oui, Meryem Aboulouafa est issue du monde arabe, mais sa voix a retenti dans les travées de l’Abbaye comme celle des anges au petit matin d’une journée ensoleillée séchant les quelques gouttes de rosée encore posées sur le feuillage sauvage, sorte de communion entre deux mondes qui ne semblent finalement pas si différents.
Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.

























