On connait désormais le village d’Ere grâce à son festival organisé dans la deuxième moitié du mois de juillet. Un événement festif et familial qui a pris de l’ampleur au fil des ans, au point d’être devenu l’un des festivals de référence du Hainaut, accueillant des stars internationales du calibre de Matt Pokora, Black M, Pascal Obispo (France), Cœur de Pirate (Canada) ou encore Mel C (G-B).

Mais les organisateurs ont toujours tenu à garder une place privilégiée dans leur programmation à des artistes locaux. Skarbone 14 et Mister Cover en sont des exemples concrets.



Mais Tournai est également le berceau de chanteurs d’un style bien plus urbain. Les Gens d’Ere ne pouvaient passer à côté de l’occasion de faire un double coup double à savoir allier Rap et local, et ceci en double portion.

Le premier créneau, et c’est ici au propre comme au figuré puisque ce groupe a inauguré officiellement la programmation du vendredi, a été attribué à 75 City Club, un groupe de rap et de hip-hop créé voici 5 ans par Morax, Thesée et Yasu.

Ajoutez à ce trio un beatmaker et des danseuses et vous voilà avec un crew prêt à mettre l’ambiance sous un « chapito » certes pas encore comble, mais qui n’a pas mis plus d’un morceau à entrer dans le move.

Après avoir sorti deux EP en 2024, « 4 THE CITY » et « FAHRENHEIT », ceux que l’on surnomme 75 double C confirment qu’ils sont là pour défendre leur ville… et mettre le feu partout où ils passent !

Cette fois, l’expression est à prendre textuellement et exclusivement au deuxième degré, heureusement vu les températures actuelles.

On vous avoue que l’on ne connaissait pas avant leur passage aux Les Gens d’Ere et que l’on a dû un peu chercher pour se documenter. Nous avons ainsi découvert qu’ils ont fréquenté Masure 14, une maison des jeunes dynamique de Tournai et que leurs principaux sons s’intitulent « Trapshit » sorti il y a 3 ans, « 7nuit » il y en a 2 et un certain « City Girl » non dénué d’intérêt vu son mélange de genres grâce à un sampling de Charles Aznavour (La bohème).

Une belle découverte qui n’a pas craqué sous la pression de devoir lancer le témoin, un peu plus tard dans la soirée, à une référence du genre puisque l’enfant terrible de la région, vainqueur d’une édition de la Nouvelle école, était bien de retour à Ere : Youssef Swatt’s himself.

Youssef est un peu le couteau suisse du monde de la chanson (auteur, rappeur, ingénieur du son, agent artistique), mais avec une lame sacrément aiguisée vu qu’il est allé s’imposer en France en proposant une chanson finale (Générique de fin) avec quelques uppercuts qui ont visiblement impressionné SCH, Aya Nakamura et SDM, jurés de l’émission.

Pourtant, tout n’a pas été rose pour Youssef, qui a rapidement signé dans un label pro … qui a toutefois fait faillite au plus mauvais moment pour lui. Cette émission lui a donc servi de tremplin pour rebondir, mais le talent, il l’a en lui et le cultive depuis des années. Il écrit en effet depuis ses 12 ans.

On le décrit comme un rappeur « à l’ancienne », plus proche d’Akhénaton que des étoiles montantes du 21e siècle. Cette étiquette, il préfère l’assumer, au point d’ouvrir le concert d’IAM à Marseille. Sa plume est appréciée, son style aussi, ce qui lui ouvre la porte de nombreuses collaborations avec Oxmo Puccino, Demi Portion, Jeanjass, Gaël Faye et même Clara Luciani (2024), Youssoufa et Sofiane Pamart (2025).

De retour sur ses terres, Youssef semble marqué, fatigué même, mais cela ne l’empêchera pas de livrer ses punchlines références et d’embarquer le public avec lui. « Je suis un peu malade. J’ai même failli devoir annuler, mais je tenais à être là avec vous, pour l’un de mes deux festivals belges de cet été (l’autre date sera le 5 septembre aux Solidarités à Namur). Après le concert, je resterai un peu là, à côté, pour ceux qui désirent une photo, une signature… mais pas longtemps vu mon état ».

Finalement, Youssef restera plus d’une heure après sa prestation pour contenter tous les festivaliers qui désirent immortaliser le moment. Et oui, c’est aussi cela Youssef Swatt’s, un artiste humain qui respecte son public et ses amis.

L’un des musiciens présents sur scène avec lui (Joseph au clavier) est en effet son pote depuis 21 ans. Un autre (Justin à la guitare) vient de Tournai également.

Et le concert là-dedans, et bien comme d’habitude, une tuerie. Le phrasé est sérieux et placé, le débit de paroles haletant à souhait et chaque morceau est pensé comme un script de cinéma. Si l’on ne devait retenir qu’un morceau, pour l’ambiance et pour ce petit air nostalgique que cela engendre, ce serait cette réappropriation de « Mistral gagnant » (Renaud), mais toute la performance est à saluer.

Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
























