Etre programmateur dans un festival demande une connaissance assez pointue de la musique, un bon carnet d’adresses et parfois un peu de chance, ou certains diront plutôt « avoir le nez fin » (quoi que l’oreille est ici plus adaptée).

Ceux du festival Les Solidarités ont dû se frotter les mains lorsqu’ils ont vu la cote de leur artiste « entrée » de scène du samedi filer vers les étoiles. Vous le savez, le contexte économico-social actuel n’est pas des plus encourageants pour le monde de la culture (diminution, voire suppression même, de certaines aides, sponsoring frileux, coûts en perpétuelle augmentation, cachets des artistes qui grimpent en flèche…). Il est donc impensable de constituer une affiche avec exclusivement des stars reconnues car le prix de revient du ticket qui devrait être proposé à la vente serait impayable. Les organisateurs de ce genre d’événements doivent donc fixer un montant maximum à ne pas dépasser (une enveloppe) pour l’ensemble du poste défini (ici la rétribution des artistes). Aux programmateurs à se débrouiller avec cette attribution pour remplir leur grille.

C’est là que rentrent en jeu les compétences de ces programmateurs qui vont tenter de trouver la ou les perles rares, celles qui ont du talent et qui risquent, surtout, de briller à (très) court terme. De futures stars qui, au moment de s’engager contractuellement, ne sollicitent pas un salaire mirobolant puisque, à l’inverse, ce sont eux qui sont alors demandeurs de pouvoir se faire connaître du public. Le cas récent le plus connu est celui du duo énigmatique « Angine de poitrine » qui s’était engagé avec de petites salles avant de connaître un éclairage inattendu au niveau international et qui a voulu tenir ses engagements envers les personnes qui leur avaient fait confiance avant ce coup de projecteur.

A l’heure de boucler la programmation du festival soit vers mars – avril 2026, l’un des noms retenu est celui de Jules Scinta (24 ans, originaire de Mons et issu d’une famille de musiciens siciliens). Ce n’est pas un novice, il s’est lancé dans le monde de la musique à 21 ans, mais il fait ses premières armes derrière une batterie, en accompagnant d’autres artistes, et n’a pas encore, en tant que chanteur, de réel succès commercial à présenter.

A l’instar d’autres artistes dans le même cas de figure, il est choisi. C’est aussi cela l’essence même d’un festival, surtout du type des Solidarités, promouvoir des artistes émergents en leur proposant une mise en avant devant un public nombreux, mais venu pour d’autres chanteurs à la base.

Mais voilà que quelques semaines à peine après s’être engagé avec le festival, Jules Scinta alias TeddyBear sort une chanson qui devient virale. Mieux encore, les radios se l’arrachent. En Wallonie, à Bruxelles, mais aussi en Flandres et en France. C’est d’ailleurs chez nos voisins du sud qu’il présenta ce 19 septembre, en live, son nouveau titre « Le plus beau » (sorti la veille) sur le plateau TV de C à vous / C à vous la suite (France 5). Un « coup » de pub qui n’est pas sans rappeler, à un moindre niveau, certes, celui d’un certain Stromae qui avait créé le buzz au journal télévisé français avec son titre l’Enfer.

Revenons à TeddyBear qui a donc trouvé une reconnaissance assez extraordinaire en quelques semaines à peine avec un titre qui aurait pu figurer dans un compte pour enfants « Chaussures roses ». Ce titre, il le doit à une « erreur » de sa grand-maman, Michèle, alias MichMich, qui tenait à lui offrir une paire de chaussures « convenables » pour la scène. Elle voulait du rouge, mais en réalité, les chaussures étaient roses.

Qu’à cela ne tienne, Michèle n’apprécie pas les dépenses inutiles et le déchet. Elle demande donc à son petit-fils de les utiliser quand même. Là où l’artiste se mue en génie, c’est que cette anecdote va se transformer en une œuvre musicale désormais scandée par tous. Jules en en effet musicien, et chanteur, mais c’est surtout son écriture et sa manière d’interpréter ces textes qui va le distinguer de cette horde d’artistes en herbe qui n’attendent qu’un peu de soleil pour pouvoir sortir du lot.

Un bombers rouge avec les initiales TB et ces désormais si célèbres chaussures roses, qui sont en fait des mocassins (avec une frange sur le dessus), le style vestimentaire de TeddyBear est marqué au fer rouge, mais dans son phrasé, son art de la poésie, ses déplacements saccadés, on pourrait le confondre, par moments, par Eddy de Pretto.

Rapidement adoubé par certaines stars d’Outre-Quiévrain,il est choisi pour assurer les premières parties de Clara Luciani, Feu! Chatterton ou Julien Doré. TeddyBear se filme sur ces festivals, comme un enfant qui découvrirait un célèbre parc d’attractions. Ces moments, il s’en délecte.

Mais ce n’est rien encore comparé à ce que lui réserve la deuxième partie de l’été.
9 juin 2026 : Concert complet à la Rotonde du Botanique à Bruxelles.
21 juillet 2026 : Prestation marquante lors de la Belgian Party 2026 où il a interprété son titre Chaussures roses devant une foule de 100 000 personnes.
22 et 23 juillet 2026 : Première partie d’Orelsan au Festival de Nîmes.
De retour en Wallonie, Jules enchaîne avec les Francos de Spa, 1er festival belge pour lui.
Sa notoriété grimpe plus vite que le cours du pétrole à la bourse, et le voilà propulsé au rang de révélation belge.


Du coup, les organisateurs des Solidarités prennent la décision de lui permettre de jouer sur la scène principale, mais en ouverture de journée, sur le coup de 14h00. On sait désormais que si l’idée était excellente, elle a entrainé une arrivée massive de public plus tôt que ce que la planification avait misé, avec quelques soucis au niveau du parking et des entrées, mais tout est rentré dans l’ordre.

C’est devant une Place des arts déjà comble donc que TeddyBear se lance dans le bain. Dès les premières notes, le public chante. C’est normal, c’est déjà « Chaussures roses ». What ! En ouverture ? L’artiste s’arrête après le premier couplet. Et oui, c’était un « teasing » prouvant que Jules maîtrise parfaitement toutes les astuces de la communication de cette époque.

Ne vous inquiétez pas, on retrouvera ce titre en fin de prestation, comme il est de coutume désormais de proposer le plus attendu en guise de bouquet final. Ne dit-on pas que l’on garde le meilleur pour la fin ?
Au programme, les titres qui figureront certainement sur son premier album (« Le plus beau », du même nom que son nouveau single) dont la sortie est prévue le 30 octobre 2026, un contact quasi permanent avec le public, le chanteur descendant même en front-stage pour faire chanter ses fans les plus jeunes, et l’arrivée sur les planches de deux invités que TeddyBear tenait à présenter au public : sa grand-maman Michèle, fan de la première heure et muse, malgré elle, ayant inspiré le titre le plus entraînant de Jules, et François Damiens que l’on avait déjà aperçu dans le clip de ce même titre dans le rôle du coiffeur.

L’humoriste et acteur ne s’essayera pas au chant, mais on a retenu sa petite pique liée aux « facilités de parking ». Opération séduction réussie pour TeddyBear qui continue son ascension.

Le 17 septembre, il était invité par Éric Jean-Jean sur RTL2 où il a présenté son parcours et interprété en direct « Chaussures roses » ainsi qu’une reprise de Louis Armstrong.
Désormais, place à un peu de repos avant le début d’une tournée prometteuse qui débutera avec une résidence, du 2 au 6 décembre 2026, aux Trans Musicales de Rennes.

Suivront 28 dates aux Pays-Bas, France, Belgique et Suisse entre le 14/01 et le 09/04 avec 5 dates chez nous, 2 en Wallonie (Mons et Liège, 9 avril 2027 : L’OM à Seraing), 2 en Flandre (Gand et Anvers) et 1 à Bruxelles (15 mars 2027 : Ancienne Belgique (AB)).

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.

























