Avec les conditions climatiques de ces derniers jours (et oui, il est encore tombé des grêlons ce 20 juin, dans un ciel rempli d’éclairs), cela pourrait paraître banal, d’autant que lors de l’édition 2025, le public (et les photographes, croyez-moi) a bien été rincé à l’occasion du concert de Soprano. Il tombait en effet de véritables cordes.

Rien de tel en 2026, heureusement. Le parc du Gaalgebierg a été épargné. Nous avons eu droit à des conditions climatiques réellement estivales, le soleil s’invitant lors de chaque prestation.

L’une d’entre elles est toutefois à sortir du lot pour la « claque » artistique ressentie par ceux qui n’avaient pas encore vu sur scène ce trublion de Sam Sauvage, interprète notamment du titre « L’avis de tempête », un morceau qui colle véritablement à l’actualité. Et on ne parle pas que de son aspect météorologique. La chanson contient en effet quelques petites allusions qui pourraient s’apparenter à un parallèle avec l’évolution du paysage politique.

Sam Sauvage, sous ses airs de jeune homme à la mode rétro dandy, est en effet un redoutable défenseur de la langue française, capable de glisser ci et là de belles petites attaques déguisées, un peu à l’instar de celui qui représentait l’image même du dandy voici quelques décennies, Jacques Dutronc.

Pourtant, on le compare plutôt à Stromae ou à Pierre de Maere, l’un de ses prédécesseurs au palmarès de la révélation masculine de l’année. Pour notre part, on évoquera plus un rapprochement avec le jeu scénique d’un certain Jacques Brel bien que la plupart des titres se rapprochent plus de la rythmique des années 80, avec ces synthés tournant en boucle comme dans les compositions de Taxi Girl.

Vous l’aurez compris, Sam Sauvage peut être comparé à beaucoup d’artistes, mais sans en être une copie conforme. Il fait partie de cette génération qui puise ses inspirations dans toutes les cultures, tous les styles, toutes les périodes, un peu à l’instar d’un autre ovni de ces dernières années, Zaho de Sagazan (qui évoque, elle, la symphonie des éclairs, tient donc… ).

C’est sur la scène de la Clairière que l’homme en vue du moment se produisait sur ces Francofolies version luxembourgeoise. Pour ceux qui connaissent déjà le personnage, pas trop de surprise, Sam entame son line-up avec « Les gens qui dansent (j’adore) » et sa boucle musicale entraînante. Un morceau idéal pour attirer les curieux, les amateurs du style, les fêtards… Ce premier morceau n’est pas encore à son terme qu’il faut désormais presque jouer des coudes pour pouvoir s’approcher de la scène.

Contrairement à certains artistes clivants, Sam Sauvage est un rassembleur dont l’auditorat ne cesse de grandir. Beaucoup de festivaliers l’ont découvert à Esch, une majorité de ceux-ci l’apprécient déjà. Pour ses textes, certainement, pour ces mélodies entraînantes, assurément, mais aussi pour l’énergie qu’il déploie à chaque performance.

Il court, saute, se tortille tel un lombric sous amphétamine… au point que certains dans l’assistance l’ont surnommé Sam le sauvage, affectueusement, on vous rassure. Et quand bien même, l’artiste use lui-même d’autodérision notamment dans cette plage que personnellement j’apprécie au plus haut point : « J’suis pas bo ». Le texte est terrible et la composition musicale le soutient admirablement.

Dans un autre genre, « Un cri dans le métro » est sans doute le morceau qui se rapproche le plus du style Stromae (et son « Formidable »). Moins dansant, plus alertant. Alors on coupe la poire en deux avec « Hypocrisie » et je vous laisse découvrir le reste de son œuvre naissante par vous-même.

Ah, vous préférez découvrir l’artiste directement sur scène ! Et bien vous êtes chanceux, Sam Sauvage sera à LaSemo (Enghien) le 11 juillet et aux Solidarités (Namur) le 04 septembre.
Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.























