Piet Hendrik Florent Goddaer, dit Ozark Henry (né le 29 avril 1970 à Courtrai) est un auteur-compositeur-interprète belge qui a la particularité d’avoir été adoubé par David Bowie dès son premier album (I’m Seeking Something That Has Already Found Me – en 1996).

La star aux yeux vairons avait de suite reconnu en Ozark Henry un joyau pétri de talent. L’histoire lui donnera raison car le Courtraisien, désormais établi à Oostduinkerke, est toujours apprécié trente ans et dix albums plus tard.

Il faut avouer que ce citoyen du monde si attaché à son lopin de terre au bord de mer mélange les genres avec finesse. Sa palette s’étend de l’électro expérimental au symphonique. L’univers d’Ozark Henry se définit en effet par « un mélange d’artisanat et d’expérimentation, d’audio et de visuel, d’héritage et de technologie ». Au fil des décennies, Ozark Henry s’est transformé, s’adaptant au mieux aux variations qui entourent le monde de la musique.

Les paroles restent évidemment la clé de voûte de son œuvre musicale, mais l’ensemble est pensé, construit, scénarisé comme un film, selon ce qu’a expliqué l’artiste en interview. « Le son, lui, c’est l’image et le contexte qui les enjolive. Je considère le tout comme un film. Quand tu racontes une histoire, les dialogues sont importants mais l’ensemble doit être efficace et le son permet de créer ce monde ».

Pour ses concerts, Ozark Henry ne va pas déroger à cette logique. Ses spectacles sont décrits comme des expériences cinématographiques, mêlant musique et visuels inspirés du Kintsugi, l’art japonais de réparer les objets cassés avec de l’or – un symbole fort de la beauté des imperfections et de la résilience.

Ozark Henry a donc repris le chemin de la scène pour mettre en avant l’album August Parker (sorti fin 2025). Cet album, tant attendu, est le 10e opus studio de l’artiste aux multiples facettes. Il est en effet le premier album studio depuis huit ans (« US » date de 2017).

Les deux premiers singles, ‘Light’ et ‘Martyr’, donnent immédiatement le ton : des morceaux intenses, profonds et chargés d’émotion. Light est inspiré d’une histoire vraie autour de l’audition et de l’identité, tandis que Martyr explore le sentiment d’impuissance face à un combat qu’on n’a pas choisi.

Pour ma part, je vous conseille « In the Wild », c’est planant, relaxant, envoutant… ou Pharaoh, plus engagé mais où la mélodie, légère, laisse s’exprimer parfaitement cette voix burinée par l’expérience.

Et oui, c’est aussi cela la force de cet album, il contient tellement de pépites qu’il est difficile de s’entendre sur une hiérarchie des morceaux. Et tant mieux dirons-nous ! On a attendu longtemps cette « plaque » (les plus anciens comprendront), mais l’attente valait la peine.

« J’ai hâte d’avoir les réactions car c’est pour moi ma meilleure œuvre » annonçait l’artiste lors de la sortie de cet album. Et bien ces réactions sont unanimes, le public apprécie. C’est d’ailleurs devant une salle du Reflektor remplie à ras bord (peut-être même un peu trop) que nous avons pu, nous aussi, profiter de cette expérience sensorielle.

Sur scène, Ozark Henry est accompagné de son clavier, comme attendu, mais aussi de deux claviéristes-choristes et d’un batteur.



Mais avant cette expérience immersive, place à Condore, de son vrai nom Leticia Collet, autrice-compositrice-interprète, pianiste et chanteuse liégeoise active sur la scène musicale belge depuis 2010. Connue pour sa présence au sein de formations comme Dan San, Noa Moon ou Antoine Wielemans, c’est désormais sous le nom de « Condore » qu’elle s’exprime seule, du moins dans cette version, car normalement, deux autres musiciens la rejoignent.



Ici, toutefois, c’est bien la version solo pour des compos originales tristes…joyeuses (dixit Leticia). Les thèmes abordés sont réels et d’actualité comme l’anorexie ou encore l’insomnie. L’être humain est imparfait, mais il affronte ses peurs et ses doutes, une belle passerelle vers la prestation d’Ozark Henry.
Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de voir ces artistes, il vous reste quelques opportunités :
· 05 mars 2026 : den Atelier, Luxembourg
· 06 mars 2026 : Espace culturel Victor Jara, Soignies
· 07 mars 2026 : La Scène, Malmedy
· 27 juin 2026 : Anvers Middenvijver Park – Linkeroever (Live is Live)
· 01 aout 2026 : Vosselaar Foxfeesten

Et puis, l’avantage avec ce genre d’œuvres, c’est qu’elle peut également s’apprécier chez soi, seul, en couple ou entre amis. Elle représente en effet une porte sur un monde parallèle, apaisé ou apaisant, c’est selon votre interprétation.

Vous laisserez-vous, vous aussi, emporté par la dernière œuvre d’Ozark Henry ?

Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.























