Les organisateurs du festival namurois Les Solidarités avaient opté pour une modification de calendrier cette année. L’événement avait en effet pris l’habitude de remplir les agendas de ses adeptes le dernier week-end d’août. Mais comme la rentrée scolaire a été avancée, ce choix autrefois stratégique semblait avoir perdu de son attrait.

En reculant de 7 jours la marque sur le calepin, le festival se retrouvait à squatter un week-end de septembre. Le pari n’était pas sans risque avec une reprise du boulot annoncée pour certains festivaliers, mais aussi pour les sociétés qui sont établies dans le zoning bordant le site Ecolys. Cela peut paraître anecdotique, alors que pas du tout vu que la question de la fluidité de la circulation et de la mise à disposition de places de parkings est souvent un point d’attention qui doit être réfléchi.


On s’attendait donc, dans les instances directrices, à comptabiliser moins d’entrées le vendredi, d’autant que ce jour était celui où la météo semblait la plus capricieuse. Finalement, vous étiez près de 17 000 à venir sur le site pour cette soirée d’ouverture. C’est bien dans l’absolu, mais comparé au sold-out (30 000) de samedi, cela parait un peu « maigrichon » surtout vu l’affiche proposée.

Certes, Ana Vaga, Alma Laloy, Pirato Ketchup et Dresscode ne sont sans doute pas les noms les plus ronflants aperçus sur des affiches de festivals cet été, mais ceux qui sont venus les découvrir ont sans doute apprécié les spectacles car on peut vous assurer qu’il y a du talent dans toutes ces formations (NDLR : nous vous invitons d’ailleurs à lire les articles consacrés à Alma Laloy et Dresscode sur notre site).


Ajoutez-y la folie spectaculaire de Skip The Use, Sam Sauvage et Josy and the Pony, saupoudrées de touches rock-pop-électro en mode Pony Pony Run Run, Girls in Hawaii, Nous étions une armée (nous avons également des articles consacrés à certains de ces artistes…), sans oublier Innocnt, Nkoï, Dj Piscine et les rois du dancefloor, Faithless.


Vous voyez qu’il y avait moyen de prendre une bonne dose d’excellente musique sur les terres de Suarlée. Mais le groupe qui a sans nul doute marqué tous les esprits est OMD.

OMD pour Orchestral Manœuvres In the Dark, un groupe britannique de musique New-Wave formé en 1978 par Andy McCluskey et Paul Humphrey. On pourrait parler de duo … en fait non, car si Andy et Paul sont bien les deux figures légendaires de ce groupe culte, ils sont accompagnés de Martin Cooper et ont été rejoints un peu plus tard par Stuart Kershaw.

OMD, ce sont 14 albums studios et autant de compilations et rééditions étalés sur une période d’activité presqu’ininterrompue (on soulignera toutefois une pause sans nouvel album de 1996 à 2010). Et pourtant, soyons réalistes, c’est essentiellement dans ses dix premières années d’existence que OMD a sorti ses plus grands hits.

Oh, des vieux sur le retour, lanceront certains. Et bien nos « papys » (67 ans pour Andy, 66 pour Paul qui se connaissent depuis l’école primaire) ont encore la forme et surtout une fameuse valise de titres indémodables.
Tout le public (en ce compris le contingent des ados) connait évidemment « Enola Gay », l’un des titres références du mouvement New-Wave, toujours joué dans la plupart des soirées, mais je suis presque certain que d’autres titres ne vont sont pas inconnus.

Les personnes nées avant 1990 doivent avoir entendu plus de la moitié de la set-list jouée aux Solidarités avant l’événement, pour les autres, cela dépend un peu de votre culture musicale. Une chose est sûre, la Place des Arts a vibré de bien belle manière avec cette prestation.

Faisant partie de la catégorie des personnes nées avant 1990, nous nous sommes délecté de ces titres intemporels, mais à entendre les commentaires autour de nous, nous n’étions pas le seul dans ce cas.
Il faut dire qu’OMD n’est pas un groupe qui se produit souvent dans nos contrées. On pointera bien le concert au Rock Zottegem en juillet, mais sinon il fallait remonter au 15 février 2024 pour voir OMD sur une affiche en Belgique. C’était au Cirque Royal.

Il fallait donc penser à ce groupe, et surtout le convaincre. Andy et Paul ont en effet décidé depuis un certain temps de ne plus courir les scènes sans raison. Ce sont les valeurs véhiculées par le festival qui ont penché dans la balance.

On s’attendait à une fin de concert en apothéose avec Enola Gay, et on l’a eue. Mais avant cela, le groupe nous a offert tout un menu dégustation où chaque plat était succulent. L’une des premières pépites proposées, chronologiquement, fut « Electricity ».
En deux notes, ce sont des tonnes de souvenirs qui ressurgissent dans les esprits de ceux qui ont vécu à l’époque de la sortie de ce titre. Great !

On enchaîne avec « Messages » qui nous ramène inexorablement aux influences de Kraftwerk et New Order. Pas besoin de DeLorean (DMC-12) pour effectuer un bond dans le temps.
Andy est devenu Marty McFly et Paul a enfilé la blouse de Doc Emmett Brown. Tout le site du festival est revenu début des années 80. Les plus férus de cette époque reconnaissent « Live and Die », sorti en 1986.

Chemin faisant, nous voici à un double virage qui me ravit puisque la doublette proposée enchaîne « Souvenir » et « Joan Of Arc (Maid Of Orleans) » deux des titres proposant des orchestrations légendaires qui ne pourraient être tenues en respect que par « To France » du maître Mike Oldfield.

N’en jetez plus, on plane déjà. Et pourtant, le show est loin d’être terminé, OMD disposant encore de quelques lames bien aiguisées avec notamment deux plages assez dansantes : « So In Love » et « Locomotion ».
Là, on se rapproche plutôt des Simple Minds et The Communards. Ah, quelle époque ! La place des Arts s’est transformée en discothèque avec le mode karaoké activé. Le samedi sera réservé aux enfants, vu l’affiche, mais vendredi, tout est permis … pour les parents.
What a night ! It was wonderful. Thanks guys.

Retrouvez les clichés du festival au fil des parutions sur la page FB – ReMarck Photos.






















