Ne vous fiez pas à son faciès de jeune fille épanouie et à son sourire angélique, vous pourriez le regretter ! Quand elle rentre dans son personnage de Delilah Bon, Lauren Tate devient en effet une sorte d’héroïne machiavélique brandissant le glaive de la punition pour ceux qui ne respectent pas les femmes, ou toute minorité autoproclamée.

A l’instar de sa figure de référence cinématographique, Harley Quinn, Delilah Bon clame haut et fort ce qu’elle pense. « Dead Men Don’t Rape », l’un de ses titres phares, se traduit littéralement par « les hommes morts ne violent pas ».


Elle n’hésite pas non plus à critiquer ouvertement le président Trump, ce qui lui vaut une certaine réticence des autorités américaines. Elle a en effet dû annuler sa tournée aux States suite à quelques soucis de visa. La demoiselle ayant de la suite dans les idées, la parade fut vite trouvée avec une extension de son calendrier canadien, permettant ainsi à ses fans d’Outre-atlantique de pouvoir venir, moyennant un léger déplacement incluant le passage de la frontière…of course.

Il faut dire que les propos du président américain ne collent absolument pas avec la philosophie de l’artiste britannique qui clame haut et fort qu’elle milite pour les droits des femmes, des personnes trans, non binaires …

En Europe, la jeune femme n’est heureusement pas encore confrontée à des mesures contraignantes, car à vrai dire, si ses textes sont effectivement parfois assez agressifs dans les propos pris au premier degré, la personne n’est nullement violente. Elle aime d’ailleurs répéter que tout le monde est le bienvenu à ses concerts, pour autant que les personnes présentes se respectent.




Nous connaissions déjà l’apôtre pour avoir assisté à l’une de ses performances à Anvers. Nous l’avions trouvée divine. Energique, complètement déjantée par moments, inventive dans sa mise en scène, et diablement efficace dans sa musicalité.

Au Cabaret Vert, l’environnement était différent avec un public qui ne la connaissait pas nécessairement, la présence possible de festivaliers assez jeunes, une programmation tôt en soirée et deux nouvelles musiciennes (du moins plus les mêmes que celles avec lesquelles elle avait offert le show 5 étoiles vu précédemment). Seul son batteur était encore de la partie.

Visuellement, on reste dans le thème avec une tenue assez sexy, un maquillage exagéré, des « tattoo » éphémères provocateurs (fuck you p.ex) et les indissociables cheveux roses. Elle assume son statut. Mais on a trouvé la performance un peu plus retenue que celle qui nous avait éblouis quelques mois plus tôt, notamment lors de ses jeux scéniques avec ses comparses.

On ne va pas tout vous raconter, mais à Anvers, on avait été surpris. Pour toutes les raisons évoquées précédemment, on comprend toutefois cette « retenue » dans le cadre du festival. On tenait juste à vous préciser que pour les adeptes, n’hésitez surtout pas à retourner la voir en salle, c’est encore plus puissant.

Les supporters de la première heure vous le diront, eux qui ne loupent aucune sortie de la chanteuse originaire de Barnsley lorsqu’elle vient de ce côté de la Manche.

Cela dit, Delilah Bon a sans doute encore rallié quelques fans à sa cause car sa prestance et son implication font d’elle une véritable « bête » de scène (dans le sens artistique du terme). On ne peut pas rester indifférent face à sa prestation, on adore ou on déteste, mais on choisit un camp.

Nous avons opté pour le « YES, we love it » car on apprécie ce genre d’artiste engagée qui se donne à fond sur scène. C’est pour cela que le public se déplace encore dans les salles et sur les plaines des festivals.

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.
























