Certains jours de concert ne se terminent pas quand la dernière note s’éteint. Ils restent accrochés aux corps, aux conversations et aux souvenirs.
Le deuxième jour de Live is Live 2026 était de ceux-là. Dimanche, le Parc Middenvijver a accueilli 30.000 personnes pour une journée qui a peu à peu pris de l’ampleur jusqu’à un headline show envoûtant de Nick Cave & The Bad Seeds.

Après la journée d’ouverture exubérante avec Robbie Williams, Live is Live a montré un autre visage dimanche. Là où samedi était chaleureux, grandiose et festif, dimanche a misé sur la tension, la concentration et la connexion.
La programmation, co-imaginée par Nick Cave lui-même, ne donnait pas l’impression d’enchaîner des noms, mais de construire, avec soin, un journal intime.

Ce jour-là, un nouveau phénomène naturel s’est produit sur scène: chaque artiste a apporté sa propre intensité, chaque performance déplaçant un peu plus l’atmosphère jusqu’à la rendre insoutenable.
Bent Van Looy en est un exemple vivant. Il n’était pas seulement présent en tant qu’animateur mais a aussi ouvert le scène principale avec Das Pop, un groupe qui sait comment réveiller un terrain sans forcer les choses.

Puis Beth Orton a apporté une sensation de calme avec sa voix vulnérable. Avec Benjamin Clementine, tout s’est arrêté. Devant son piano blanc, il semblait suspendre le temps pendant un instant, comme dans une scène de Matrix. Sa prestation était envoûtante, presque palpable dans sa sérénité.
Eefje de Visser a ensuite donné à la journée une nouvelle lueur. Ses chansons se sont déplacées dans le public comme la lumière sur l’eau, rythmiques, hypnotiques et pleinement singulières. Sans grands gestes, elle a complètement embarqué le Parc Middenvijver.

Johnny Marr a ensuite prouvé qu’un passé riche n’a rien d’un fardeau quand on le porte encore avec autant de présence. L’espace d’un instant, il a fait oublier The Smiths.
Puis … Nick Cave & The Bad Seeds.
Il l’a fait auparavant. Il le refait. Il raconte son histoire comme l’incarnation de quelque chose de plus grand, qui a pris de l’ampleur au fil de la soirée. Entre ses mains, obscurité, tendresse, menace et abandon n’étaient plus des contraires, mais les facettes d’une même histoire.
Il convainc non pas en criant, mais en vous emmenant avec lui. En dépliant des récits jusqu’à ce qu’ils appartiennent à tout le monde. “Antwerp, I love you”, a-t-il dit depuis la scène. Et Anvers le lui rendit bien. On l’a senti jusqu’au fond du terrain. Un concert magistral, porté par un groupe qui maîtrisait chaque nuance et un chanteur qui attirait des milliers de personnes à lui comme s’il parlait à chacune d’elles personnellement.

Et pendant ce temps …
Entre les arbres, Live is Live a encore pris une autre dimension. Sur la Forest Stage, il y avait à nouveau de la place pour la découverte, pour des artistes qui jouaient plus près du public et donnaient leur propre atmosphère à la journée.
Aäron Koch a ouvert de façon intime, Floodlights a laissé ses chansons traverser le vert avec rudesse et franchise, et Gala Dragot a conclu avec le bon dosage de drame, comme si elle avait parfaitement compris où cette journée allait. Là aussi, Live is Live a prouvé comment de grands noms et de nouvelles voix peuvent se renforcer mutuellement au sein d’une même journée.

Nous regardons en arrière sur un deuxième jour de concert où artistes et public se sont réellement trouvés. Cette programmation a fonctionné. Parce que chaque passage ajoutait quelque chose. Parce que la journée a écrit sa propre histoire et que Nick Cave a pu en raconter le dernier chapitre.
Pour celles et ceux qui n’étaient pas encore convaincus samedi que Live is Live est le point de départ idéal de votre été, dimanche a apporté la réponse.
D’autant que le lundi, Live is Live 2026 a offert encore un dernier chapitre, fort et puissant mettant le métal au devant la scène, jusqu’au point d’orgue tant attendu, la performance du groupe iconique Iron Maiden.


























