L’an dernier, un petit nouveau a vu le jour dans la famille des festivals d’été, le Bastogne Summer Festival, ou BSF en abrégé.

Ces initiales, le jeune festival les partage avec son cousin Bruxellois qui, malgré une notoriété certaine, a jeté l’éponge au terme de son édition 2019, le Covid et le manque de financement ayant eus raison de lui.

Dans ce cas-ci, la société Impact Events est partie d’une page blanche. Mais avec Jean Steffens à sa tête, les bases étaient déjà solides. L’homme d’affaires a en effet déjà œuvré dans le milieu (aux Francos de Spa notamment) et son carnet d’adresses est bien fourni, comme on a encore pu le constater cette saison, non seulement par la qualité des affiches proposées, l’an dernier et ce dernier week-end de juin, mais surtout par la réactivité de l’organisation à trouver des remplaçants au pied levé.

On ne va pas vous refaire tout l’historique de la saga de l’été, mais seuls les troglodytes n’ont pas entendu parler de l’affaire qui secoue le PAF ces dernières semaines, à savoir la mise en examen de Patrick Bruel, l’artiste qui était la tête d’affiche de cette édition 2026 du BSF.

Certains auraient baissé les bras, annulant l’événement, d’autres, à l’instar de l’organisation de ce festival, cherchent des solutions alternatives, avec ici, en l’occurrence, pas un, mais bien deux remplaçants de renom, Matt Pokora et Yannick Noah.

Le dernier vainqueur français de Roland Garros figure bien sur les affiches, mais le public bastognard ne le verra point cette saison, l’ancien sportif ayant été hospitalisé début de semaine. Sa santé n’est pas préoccupante, mais il était hors de question d’assurer un show dans cet état.

Pas évident de trouver un plan B d’un standing certain à quarante-huit heures de la prestation. Difficile, mais pas impossible, puisqu’un accord a été trouvé avec l’une des plus belles voix de notre pays, Typh Barrow, qui vient justement de sortir un nouvel album et qui trouvait là l’occasion d’en proposer la découverte au public de la province ardennaise.

On reviendra dans un autre article sur sa prestation et celle de Matt Pokora. Aujourd’hui, focus sur une journée du samedi riche en souvenirs puisque c’est la musique des 70’s et 80’s qui était au cœur de la programmation.

On ne vous cachera pas que le festival a débuté le vendredi déjà, mais n’étant pas présent à cette soirée, nous laissons le soin à nos collègues du cru de vous informer à ce niveau.

Nous venons d’évoquer les rebondissements en cascade liés au line-up du dimanche, mais ce défi organisationnel n’était pas le seul à relever puisque le festival a déplacé son implantation de quelques centaines de mètres, migrant de la Place Mc Auliffe à celle du général Patton, profitant notamment d’un espace plus grand et sans risque d’empiéter sur l’espace des commerces adjacents.

Un site plus spacieux pour une affiche qui grossit aussi en conséquence. L’an dernier, c’était bon, mais il manquait peut-être d’une « machine » qui rassemble le public, une star internationale.
Cette fois, le pas est franchi avec Matt Pokora.

Défi de taille renforcé par des conditions climatiques extraordinaires. Un temps plus qu’estival, avec des records de températures, mais aussi un risque d’orage. Ce dernier évitera la région, c’est déjà ça. Et pour contrer les effets du soleil, il n’y a pas cent milles solutions. Les organisateurs ont fait tout ce qu’il était possible avec une fontaine à eau gratuite, l’occasion de pouvoir rentrer sur le site avec une gourde, du coup, et l’appui du SRI (service régional d’incendie) venu avec deux lances : une pour servir de douche, l’autre pour arroser le public avec une fine pluie (la portée étant toutefois limitée, mais cela, les organisateurs n’en peuvent rien).

Tout était donc réuni pour passer un chouette moment, d’autant que l’horaire du samedi avait aussi été adapté afin d’éviter les heures les plus plombantes.

C’est sur le coup de 19h00 que les portes s’ouvrent tandis qu’Oreo (pas DJ Oreo, qui est un autre artiste) s’affaire aux platines. Au menu, un petit apéro musical plutôt axé sur l’Afro Beat, mademoiselle étant en effet spécialisée dans l’Afro Tech, l’Afro House, la Deep House et la Tech House.

C’est essentiellement un public de quadra, quinqua, voire même les décades précédentes, qui arrive calmement sur l’esplanade. Pas de bousculade ou d’animosité. On est sur une fréquentation calme, pacifiste et surtout qui aime garder un peu d’espace pour se trémousser car ce qui arrive un peu plus tard va inexorablement leur rappeler des souvenirs de sorties festives.

Celui qui ouvre véritablement le bal n’est pas un novice puisqu’avec ses 84 bougies sur le gâteau d’anniversaire, il serait plutôt à classer dans la catégorie des « dinosaures ».
Ceci n’est qu’une expression car Michel Fugain, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, tient une forme olympique. Le temps marque une quelconque emprise avec des cheveux grisonnants et une silhouette peut-être un peu moins svelte qu’à l’époque du Big Bazar, mais beaucoup aimeraient être aussi bien conservés à son âge.

N’oublions pas que cette troupe a connu son heure de gloire de 1972 à 1977 soit il y a environ 50 ans. Cela en dit long sur la carrière de l’homme qui a ensuite enchaîné les succès en tant qu’artiste solo.

Désormais, c’est avec son épouse à ses côtés qu’il partage ses anecdotes, sa bonne humeur et surtout … ses chansons. « Chante… comme si tu devais mourir », « Soleil » et oui, c’est de saison, « Fais comme l’oiseau », adapté du morceau brésilien « Você abusou » ou encore « Je n’aurai pas le temps », chaque partition est une pièce du puzzle souvenir du public.

On apprend ainsi que c’est Pierre Richard en personne qui lui a commandé « Les gentils, les méchants » pour un de ses films ou que l’intro de « Attention mesdames et messieurs » n’était pas vraiment prévue dans le paysage. Tous ces petits bouts d’histoire, comme aime à le répéter Michel, vous les retrouverez dans son show en salle (malheureusement pas en Belgique prochainement, mais bien en Suisse et en France, avec notamment 4 jours à Bobino).

Tout ce qu’on peut vous dire c’est que tout le monde s’accorde à dire que Michel Fugain est un sacré artiste qui aurait encore des leçons à donner à beaucoup de ses successeurs. Monsieur fait le spectacle et toujours dans le respect le plus grand du public. Chapeau bas.

Juste le temps de reprendre un peu ses esprits (il faut bien préparer le plateau pour les suivants), de siroter une boisson et de goûter les produits Fairebel qu’il est déjà temps de pénétrer au Macumba. Non, Jean-Pierre Mader ne sera pas de la partie, car ce n’est pas la troupe Stars 80 qui descend du fan bus, mais son pendant aux accents plus typiquement belge, Ambiance 80.

Deux accords, c’est ce qu’il aura été nécessaire au groupe Partenaire Particulier pour créer l’hystérie. Il faut dire qu’en entamant le tour de chant avec l’Aventurier d’Indochine, il y avait peu de chances de se planter. Le groupe mi-belge (l’un des membres originaux est un compatriote désormais exilé) se met directement l’assistance en poche avec A-Ha (Take On Me) ou encore Soft Cell (Enola Gay) avant de ponctuer avec leur titre personnel, éponyme. « Alors je cherche et je trouverai, cette fille qui me manque tant … ».

J’entends jusqu’ici que vous suivez. C’est bien. Le tempo va toutefois retomber d’un fameux cran avec Phil Barney
« Avoir un seul enfant de toi
Ça f’sait longtemps que j’attendais
Le voir grandir auprès de toi
C’est le cadeau dont je rêvais
Qu’il ait ton sourire, ton regard
Quand tu te lèves le matin »
Oui Phil, superbe chanson, mais pas franchement top niveau ambiance. Pour peu, on aurait pu voir une larmichette couler sur la joue de certain(e)s.

D.I.S.C.O, genre musical très prisé à une certaine époque, mais aussi titre phare du groupe Ottawan dont le chanteur originel, Patrick Jean-Baptiste, semble intemporel. Désormais c’est avec sa fille qu’il reprend les tubes que sont « Haut les mains » ou encore « T’es Ok ».

Ouf, Phil, ton pote a repoussé l’ambiance au curseur le plus haut.

Je vous laisse imaginer l’ambiance (ah, un rappel du nom du concept…) qu’il régnait en cette soirée déjà chaude par la température. Même les slows romantiques de Richard Sanderson, l’interprète de la BOF de la Boum 1 avec Reality, mais qui reprendra pour l’occasion aussi le titre du film 2 (Cook Da Book avec Your Eyes), n’aura pas raison de l’énergie d’un public véritablement en transe.

Heureusement d’ailleurs, car arrive sur la pointe des pieds Alec Mansion, de Leopold Nord et vous. Vous ne sauriez être passés à côté de « C’est l’Amour », l’une des chansons les plus représentatives de nos contrées.

Alec ne va toutefois pas s’arrêter en si bon chemin, profitant de la chorale improvisée pour revisiter de nombreux standards des années 80, mais aussi 70, et ce avec l’appui du multi instrumentiste Thom Dewatt, mais aussi d’un invité surprise, le guitariste habituel de Yannick Noah, Nicolas Paillet, qui va lancer un bout d’un morceau de son acolyte habituel, « Les Lionnes ».

En fait, chaque mot, chaque son est prétexte à jouer avec un public qui n’en demande pas plus. Tout, ou presque y passe, jusqu’à l’imitation des frère Gibbs sur « Stayin’Alive ». Alec Mansion nous avait caché cette tessiture particulière.

Du Belge, il y en a, et en voilà encore avec le régional de l’étape, presque, Philippe Lafontaine et son incontournable « Cœur de Loup ».

On parlait de Belgitude, et bien voici la seule représentante de notre pays à nous avoir ramené le trophée de l’Eurovision, la Liégeoise (Montegnée) Sandra Kim qui, 40 ans plus tard, a toujours la pêche. Preuve en est cette entrée de scène sur le titre évocateur de « I’m so Excited » des Pointer Sisters.
On ne pouvait pas passer à côté de ce « J’aime la vie » si emblématique, ni même de la petite pique de l’artiste qui a rappelé qu’elle était rarement programmée en Wallonie (alors qu’elle tourne encore régulièrement au nord du pays). Ah, Sandra, Si n’est nin ene lidjeuse po rin (en wallon dans le texte).

Sandra sarcastique, mais surtout Sandra énergique avec une performance remarquée sur un titre diablement castard, « Simply the Best » de Tina Turner. C’est qu’elle a du coffre mademoiselle Kim.

Cette brochette d’artistes ne serait pas complète sans celui aurait pu fondre au soleil si l’on s’attarde à son nom de scène, Plastic Bertrand (on mettra de côté le pauvre Jean Schulteis qui a été empêché, il a voulu faire confiance aux transports en commun…).
« Tout petit la planète » puis « ça plane pour moi » devrait avoir vidé les batteries même de ceux qui copient le lapin cher à cette marque de piles.

La soirée était top, l’ambiance au rendez-vous, et dire que certains ont encore prolongé avec le dessert signé Olivier Gosseries.
Pour notre part, on reprend le chemin de la maison, pour une courte sieste car le dimanche … ça c’est une autre histoire.
Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.

























