Sur le site de la célèbre salle bruxelloise, on peut lire : « Avec son irrésistible fusion de chanson, jazz et pop, Isabelle Geffroy, alias ZAZ, a conquis le coeur du public belge. Sa tournée à venir, qui débutera en octobre 2025, passera déjà trois fois par la Belgique (Anvers, Bruxelles et Liège), où les billets se sont arrachés en un rien de temps.
Mais ZAZ ne serait pas ZAZ si elle ne donnait pas à ses fans une occasion supplémentaire de vivre cette expérience unique. Pour tous ceux qui n’en ont jamais assez de sa présence scénique pétillante et de ses émotions sincères, voici une excellente nouvelle : le 13 avril 2026, ZAZ sera de retour à Forest National ! »
N’ayant pu assister aux prestations de 2025, nous ne voulions absolument pas manquer la dernière du lot, même si entretemps, une date supplémentaire est venue s’ajouter à ce beau calendrier, le 04 août aux Lokerse Feesten, car oui, Zaz est appréciée aussi au nord du pays, elle qui ne déclame pourtant aucun de ses textes dans la langue de Vondel.
Il faut dire que son énergie, sa pétillance et sa bonne humeur sont tellement communicatives que la barrière de la langue n’en n’est plus une quand on est piqué par le virus gypsy – jazz – pop dont seule Isabelle détient la formule secrète.

Un show de Zaz recèle donc toujours quelques surprises, et la première est l’heure inhabituelle du début de concert, du moins pour la mise en bouche puisque le duo Sorosoro entonne les premières partitions dès 19h45.
Visiblement tout le monde n’était pas au courant de cet horaire décalé car le public était encore très clairsemé à l’entame du set de Léo et de son comparse Jason. Au menu, guitare sèche et clavier pour des zakouskis servis sur un lit de voix douce et posée dont on saluera la clarté et la précision de la diction.
Le tout accompagné de son assiette d’humour, Léo dédicaçant le deuxième morceau aux pigeons. Pas aux oiseaux dont les fientes laissent parfois de belles traces sur les ouvrages et carrosseries de nos véhicules (quand ils ne nous visent pas !), mais à ceux qui se font berner en amour. Tranquillement assis sur un tabouret de bar, le chanteur nous entraine dans une mélancolie saccadée sur un rythme simple et basique, mais tellement rassembleur.
La salle se remplit peu à peu, et ce clapping sur guitare, accompagnant une ode aux mamans, permet aux retardataires de directement se mettre à température. D’autant que l’on s’attaque ensuite au « soleil rouge » que Léo explique s’adresser aux émotions parfois trop expansives.
Nous y sommes, Forest National, certes en configuration assise pour la partie fosse, est pleine à ras-bord. Juste à temps pour une reprise « Sorosorosienne » d’un ket local, le sieur Stromae, avec ce mondialement connu « Papaoutai ».
The job is done guys, Sorosoro a rempli sa mission à merveille et, au passage, s’est fait connaître, ce qui était sans doute un peu le plan initial.

A peine le temps d’aller chercher un gobelet (à vous de choisir le type de boisson), que la star du soir rentre en scène, ou plutôt en coulisses car c’est bien là que débute la mise en scène. Zaz apparaît sur l’écran géant, mais ce n’est pas un film préenregistré qui y est projeté. Non ! Isabelle s’adresse au public depuis les travées de la scène, grâce à une caméra montée sur une perche qu’elle dirige à sa guise, sorte de live selfie movie.
Les lumières s’activent progressivement sur les planches et l’on découvre un guitariste, un bassiste, contrebassiste à ses heures perdues, un claviériste et un batteur. Avec Zaz, on atteint donc le chiffre de cinq. Ils pourraient s’inscrire au tournoi préliminaire olympique en basket, mais tout le monde sait que ce n’est pas vraiment dans cette configuration que Forest National s’est habillé ce soir-là.
La chanteuse débute très posément, avec « Je pardonne », le titre coécrit par Noé Prezsow et qui figure en tête de proue de son nouvel album « Sains et saufs » sorti fin 2025.

Posée, oui, mais ce n’est que très momentané, car Zaz est une boule d’énergie qui ne tient jamais bien longtemps en place. Le deuxième morceau, « Mon sourire », n’est en effet pas encore clôturé que l’artiste du soir se prend déjà pour une sauterelle heureuse de profiter des premiers rayons de soleil. Une joie communicative qui, vous vous en doutez bien, déteint inexorablement sur une assistance qui suit le mouvement en cadence.
Le visuel, on l’a, mais rien ne peut remplacer cette sensation en live produite par cette voix éraillée capable de décrocher à tout moment, cette voix perchée sur ce petit bout de femme qui semble nourrie à la guarana en intraveineuse tant l’énergie dont elle fait preuve durant ces premières minutes est débordante.
Par contre, voir son public assis ainsi ne convient pas vraiment à celle qui enchaine les succès depuis 2010 et ce « Je veux » qui reste indubitablement l’une des chansons les plus entraînantes du siècle. Il n’en faut pas plus à Zaz pour encourager l’assistance à se lever pour profiter au mieux de « Que vendra », l’une des propositions aux bases latino qu’Isabelle a glissé dans sa set-list de voyage. Car oui, ce concert va nous permettre de traverser les continents, ou tout du moins les cultures.

De l’Amérique du Sud hispanophone, on saute dans le Bayou pour du jazz fusionnel avec « La Flamme ».
Qui dit jazz, dit cuivres assurément. C’est en effet cette famille d’instruments qui prend le contrôle sur « Les Passants » suivi de « Comme ci comme ça ». La trompette se la joue vedette et certains revoient en arrière-plan cette scène mythique des Aristochats jouant frénétiquement sur les toits de Paris.
La capitale française est d’ailleurs à l’honneur avec « Paris sera toujours Paris », mais aussi avec « J’imagine que tu sais », même si cette fois, la plongée dans les bas-fonds de la ville s’opère en guise d’introspection noire teintée d’attaques à peine satiriques.

Le sujet est grave, plus encore dans « Au pays des merveilles », sorte de guide de tous les paradis artificiels à éviter, mais c’est du Zaz, et avec elle, même le désespoir peut être teinté de rose comme dans ce poème musical dédié à toutes les femmes emprisonnées dans…leur vie : Mon cœur tu es fou.
Zaz ne sautille plus, son visage est plus fermé, plus impliqué. L’heure est venue d’introduire, logiquement sans doute, « Ebloui par la nuit ». C’est moins rythmé, moins dansant, plus bestial… Isabelle peut crier ses émotions.
Le moment est presque suspendu dans le temps. Heureusement dirons-nous car Zaz a besoin de quelques secondes pour reprendre son souffle. Elle s’est donnée cœur et âme. Mais il faut reprendre le cours du concert car elle a réservé une surprise au public, une nouvelle composition intitulée « Vivre longtemps » : c’est la séquence tendresse où les lumières des gsm remplacent les briquets d’autrefois.

Pour nous, c’est le signal, nous fonçons au desk chercher le matériel photo, histoire de pouvoir vous proposer quelques clichés, dans le respect des consignes et autorisations, cela va s’en dire. On ne vous dévoilera donc pas, littéralement, la fin de cette prestation, mais vous savez très bien que les titres phares que sont « La fée », « On ira » et « Je veux » ne peuvent passer à la trappe tellement ils sont attendus et appréciés par les fans de la première heure, des amateurs de musique qui suivent désormais Isabelle et sa troupe depuis 16 ans.
Retrouvez les clichés validés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

























