Auteure-compositrice-interprète et comédienne franco-suisse, Yoanna Bolzli, désignée sur scène comme Yoa, est ce que l’on désigne désormais communément comme une étoile montante du paysage audio-visuel francophone.

Elle a en effet suivi un parcours assez classique, en débutant par 3 EP entre 2021 et 2024 avant de sortir son premier album « La favorite » fin janvier 2025. C’est à ce moment que sa carrière de chanteuse connait un envol assez remarquable.

Son album est très bien accueilli et ses représentations scéniques sont saluées, au point de remporter le trophée de la révélation scène aux Victoires de la Musique cette même année.

Ses textes sont vrais, parfois crus, et ce volontairement, car Yoa est une artiste engagée. Quand elle aborde un thème, c’est que ce sujet la touche, elle, personnellement, ou son entourage.

Ses thèmes privilégiés sont l’amour sous toutes ses formes, l’amitié, les ruptures, la santé mentale … mais elle peut aussi aller plus loin dans ses combats comme dans le titre « Le Collectionneur », qui ne fait pas partie de la set-list restreinte sélectionnée pour les festivals.

En 2025, Yoa avait terminé l’année en se produisant notamment au Reflektor (Liège) et à la Ferme (Louvain-la-Neuve) mais elle avait fait l’impasse sur les Francofolies de Spa suite à la programmation d’Amir sur cet événement en s’expliquant directement : « Mes convictions sociales, politiques et humanistes vont à l’encontre du fait de partager la scène avec un artiste qui ne reconnaît pas le génocide en cours en Palestine, et ayant participé à des événements organisés en soutien à l’armée israélienne. (…) je remercie les personnes qui m’ont écrit pour m’informer de la situation ».

On peut dire que son profil colle parfaitement aux valeurs du festival Esperanzah ! Il était donc tout à fait logique de la retrouver cette année sur l’une des scènes de l’abbaye de Floreffe, et pas n’importe laquelle puisque c’est l’espace principal, la « grande » scène qui lui avait été réservée.

L’ouverture de la journée ayant été confiée à Colt, qui déplace également de nombreux fans, vous imaginez bien que la plaine était comble pour le show de la Franco-Suisse. Un spectacle attendu qui n’a déçu personne. Si les paroles de certains morceaux sont en effet lourdes de sens, l’artiste est, elle, assez solaire dans la vie. Un trait de caractère de l’on retrouve dans ses compositions de tableaux.

Et oui, on peut parler d’une véritable scénographie avec une chorégraphie travaillée et reproduite en compagnie de ses deux danseuses. Pour les chœurs, le public fera l’affaire. Les premiers rangs lui sont en effet entièrement dévoués, comme on peut le remarquer sur les pancartes ou les tee-shirts portés fièrement par les fans, et dans la reprise assurée des paroles de quasi tous les titres interprétés.

« La favorite », « Mes copines », « yt boy », « Contre-cœur » font évidemment partie des morceaux proposés, et constituent même l’entrée du spectacle. De quoi bien échauffer la voix des plus ardents fanatiques, et d’enrôler les nouveaux venus dans cette aventure sonore et visuelle très agréable au demeurant.

Yoa et Esperanzah ont matché, on n’en doutait pas vraiment cela dit. Mais quelques jours plus tôt, c’était dans un autre coin de la Belgique, à Dour, que la « Matcha Queen » avait rendez-vous avec les festivaliers belges et étrangers. Dour est en effet un festival important qui draine des milliers de personnes (entre 45 et 50 000 par jour) et où plusieurs espaces scéniques sont occupés simultanément.

Là, Yoa était programmée sur la scène PMP autrement dit la « Petite Maison dans la Prairie ». Non, on n’y verra pas la famille Ingalls débarquer de Walnut Grove. C’est juste le nom de l’espace où se produisent les artistes catégorisés pop ou rock.

L’une des particularités de Dour, c’est que la plupart des festivaliers ne restent pas toute la journée devant une scène à attendre l’artiste qui les fait kiffer. A Dour, on voyage entre les espaces, on profite de l’ambiance, on visite les stands partenaires qui organisent eux aussi, parfois, des animations musicales… Et quand un concert débute, on voit arriver un flux massif de personnes vers l’espace scénique d’où surgissent les premiers sons.

Avec Yoa, ceux qui ont voulu arriver à la dernière minute on dû être déçus car le chapiteau, pourtant relativement grand, a rapidement affiché complet. Preuve que l’artiste était attendue. Elle a évidemment répondu présent de la meilleure des manières et a, comme à Floreffe, ravi le nombreux public présent.

Yoa à Dour, c’est validé aussi, et Jean-Marc Généreux aurait même pu dire « et ça j’achète » (pour ceux qui ont la réf).

Retrouvez les clichés validés de ces deux festivals sur la page FB – ReMarck Photos.

























