7 février 2026

Un samedi placé sous le signe du rap.

Avec Eusep, Oster, Robin, Fresh, Naps et le duo tant attendu des frérots Gims/Dadju, les amateurs de musique urbaine étaient aux anges. Et les organisateurs aussi puisque la place des Trois Fers était noire de monde dès 17h00, et ce malgré un climat presque tropical, le soleil omniprésent poussant des pointes proches des 30 degrés celsius. Il fallait donc bien penser à s’hydrater, s’enduire de crème solaire et se résoudre à s’équiper de lunettes solaires et d’un couvre-chef si l’on voulait garder une place de choix pour le clou du spectacle, le show (car ce fut un véritable spectacle, avec des effets pyrotechniques) rarissime des deux stars issues de la même famille (ils se produiront encore fin août à Scène-Sur-Sambre, mais ces deux dates étaient les seules dans nos contrées pour cet été). Heureusement, l’expérience de l’équipe gérant le festival (on lui souffle quand même sa dixième bougie cette année) a parlé. Des lunettes et des chapeaux aux couleurs de divers partenaires étaient distribués aux abords de la place forte de l’événement, et trois bars étaient installés face aux deux scènes. Ce n’était pas trop compte-tenu du développement démographique temporaire de la commune, habituellement fréquentée par 8000 habitants. Ici, sur les abords immédiats de la seule place centrale du village, on dépassait déjà ce nombre (8000 entrées étaient déjà réservées en début de journée, mais quelques centaines ont encore été vendues aux caisses, faisant passer la jauge près du sold-out complet puisque la capacité maximale du site est de 9000 places). Comme la veille, c’est la scène B qui débute les hostilités avec Filo, venu avec quelques amis pour l’occasion (ils se sont finalement retrouvés à six sur le podium). On file ensuite vers la scène principale sur laquelle débarquent Oster, ses danseuses et ses featurings. Short kaki style militaire, tee-shirt uni et bob de circonstance, le garçon apparaît en toute décontraction, mais son set est déjà bien rodé avec des tableaux chorégraphiés, et les apparitions de deux autres artistes invités. Avec Eusep, on rentre dans le dynamisme de la jeunesse. Lui non plus n’est pas venu seul et c’est finalement à deux qu’ils égaient la petite scène. A cette heure, il est encore possible de voyager entre les deux espaces musicaux et de trouver un coin d’ombre, mais le public commence à arriver en masse. Ils sont donc déjà nombreux à pouvoir admirer Robin, un autre représentant de la scène urbaine émergente. Petit plus de ce jeune homme, ses pas de danse font parfois penser à un certain Michaël et il joue de la trompette. Un peu plus loin se produit, sur le coup de 17h25 le groupe Suasion. Surprise pour ceux qui ont fait le court déplacement vers le centre culturel, ce n’est pas du rap, mais plutôt une sorte de rock fusion qui est au programme. Les riffs de guitares s’enchaînent tandis que le chanteur, ganté d’une seule main, se donne corps et âme dans une prestation haute en couleur. Il saute, virevolte, tournoie, grimpe sur le retour son… c’est dynamique et visiblement cela plaît au jury de la compétition découverte puisque c’est Suasion qui a gagné le droit d’ouvrir le bal de la grande scène le dimanche. Après cette brève incursion dans le rock, retour au rap pur jus avec le deuxième Liégeois de la bande, l’impressionnant Fresh. Impressionnant par sa carrure, son entrée son scène (bandanas noir sur le crâne, gilet pare-balle, pantalon à poches noir) et son occupation de la scène. Il est vrai qu’il est bien aidé par ses danseurs et par son complice de joutes vocales. On est déjà là dans du (re)connu des amateurs du genre. C’est solide. A quelques encablures à peine, c’est Olive qui va entrer sur scène. Mais qu’est-elle venue faire dans cette galère ? Sans paraphraser Molière (les plus érudits auront reconnus une célèbre réplique de l’auteur français), il faut bien dire que ce petit bout de femme qui déclame ses mélodies en français dénote avec nos grands gaillards rappeurs. C’est d’ailleurs son entrée en matière, ou plutôt l’intro de son show. Mais point de tomates ou de sifflets à l’horizon, au contraire, sa fraîcheur ravit l’assistance qui trouve là un registre différent mais pas moins intéressant pour la cause. Certains ont toutefois campé devant la scène principale car c’est l’une des révélations de l’été dernier qui pointe le bout du nez, Naps et sa « kiffance ». Avec des titres aussi connus, le public se régale. De notre côté, nous ne tardons pas à retourner sur la scène annexe car on y trouve souvent de bonne surprises, comme At Night, que personnellement nous n’avions pas encore pu voir en live. Formé autour d’une chanteuse charistmatique (sa coupe de cheveux, avec notamment sa mèche blonde, mais également son piercing nasal et ses tatouages ne lui permettent pas de passer inaperçu), ce groupe balance du très bon son, et se permet même de reprendre un titre des Communards à la sauce perso. Ce n’est pas tout ça, mais il est grand temps pour nous de fendre la foule pour aller retrouver nos compères tant attendus. Mais diantre, il est impossible d’approcher la scène. La foule est telle qu’il ne reste plus un mètre de libre sur la Place des Trois Fers. Heureusement pour nous (et pour vous, sinon, les photos passaient aussi à la trappe), un membre de l’organisation nous guide par un chemin détourné vers le frontstage. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, c’est ce petit espace compris entre la scène et le public, qui sert de zone tampon pour les artistes, la sécurité, les services de secours, mais aussi, pour quelques chansons, de zone de travail pour les photographes accrédités. Juste le temps de prendre connaissance des consignes de sécurité (et oui, le spectacle est accompagné de flammes, donc il faut éviter certains endroits, sous peine de se voir prendre un fameux coup de chaleur), que Dadju se présente face au public en entonnant son très emballant Bob Marley.  En deux secondes, le public est conquis,

Baudet’stival : Rap, énergie et moments forts

Le deuxième jour du Baudet’stival de Bertrix a été marqué par une programmation principalement axée sur le rap, attirant ainsi un public majoritairement jeune. Chacun a ses propres opinions sur ce genre musical, qui semble de plus en plus prédominant dans le paysage musical contemporain. Cependant, une observation personnelle soulève une question : la disparition progressive des musiciens au profit d’ordinateurs orchestrant les performances, parfois accompagnés d’un batteur ou d’un guitariste pour donner une apparence plus traditionnelle, avec une bande son préenregistrée en cas de besoin. Cette évolution peut laisser un sentiment de vide sur scène. Cependant, concentrons-nous sur le premier artiste qui a inauguré cette journée prometteuse, malgré la chaleur météorologique : Oster, un artiste belge originaire de Liège, a eu la bonne idée d’apporter des danseuses sur scène pour accompagner sa prestation afrodancehall et ses bangers accrocheurs. Il était rejoint sur scène par Rubson et Bella, qui ont attiré l’attention du public. Bien que sa performance ait été légèrement en deçà des attentes, son potentiel indéniable lui permettra probablement de gravir les échelons. Sous un soleil ardent, les buvettes étaient fréquentées assidûment pendant la pause. C’est à ce moment que Robin Peret, ancien candidat de The Voice 10 éliminé aux KO, a charmé un public déjà nombreux et curieux de découvrir sa prestation. Ce chanteur sympathique et intelligent, considéré comme charmant par la gent féminine, a interprété des chansons mêlant pop et mélancolie des blessures amoureuses. Ce moment agréable s’est déroulé malgré quelques railleries de certains spectateurs envers l’organisation, qui a dû faire face à quelques difficultés relative au manque de ravitaillement d’eau. La ferveur du public témoignait de l’intérêt suscité par cet artiste intéressant. En troisième position sur la grande scène, un autre Liégeois a captivé l’audience : Fresh, venu présenter son premier album enregistré en studio, « A l’Abri ». Accompagné de Beber, La Peufra a démontré son évolution depuis son succès dans la série diffusée sur Netflix « La Nouvelle Ecole ». On espère voir sa prochaine évolution avec l’accompagnement d’un véritable orchestre pour soutenir les danseurs et danseuses, nous offrant ainsi un véritable spectacle. Mon coup de cœur de la journée est NAPS, le Marseillais du jour, qui nous a apporté la kiffance de sa voix. Ses raps bien écrits, parlants et entraînants ont fait vibrer le public. J’aurais aimé l’entendre interpréter ses chefs-d’œuvre en live, car le micro était souvent éloigné de sa bouche malgré le son provenant des baffles. Cet artiste attachant devrait envisager de se munir d’un batteur, d’un guitariste et d’un claviériste pour donner vie à ses trouvailles. La journée a été longue, mais l’attente des têtes d’affiche était d’autant plus excitante. Enfin, de véritables musiciens ont investi la scène : un excellent batteur, guitaristes incroyables et un DJ pour lancer les titres. Dadju est entré en fredonnant le tube « Bob Marley » sous les cris d’un public qui ne demandait que ça. Puis, Gims a rejoint son frangin, déclenchant la même ferveur chez les fans, qui ont momentanément oublié les coups de soleil et la fatigue accumulée au cours de la journée. Leurs tubes ont fait participer la foule, qui les connaissait par cœur. Cette expérience a peut-être donné des idées à certains professeurs, en imaginant transformer leurs cours en rap pop pour susciter l’intérêt des élèves. Environ une heure et demie de bons sons et un spectacle au sommet ont prouvé que mélanger les styles et rendre le spectacle attrayant peut satisfaire toutes les générations. Cette appréciation personnelle conclut cette journée que je vous fais revivre à travers quelques clichés capturés. J’ai interrogé Chat GPT sur la question pourquoi les rappeurs sont ils démunis la plupart du temps de musiciens, voici sa réponse : « Je comprends votre point de vue et votre sentiment de constater une tendance croissante vers la musique rap et l’utilisation d’ordinateurs sur scène. La musique évolue constamment et chaque genre musical a ses propres caractéristiques et évolutions. Le rap, en particulier, est souvent associé à l’utilisation de beats électroniques et de techniques de production moderne. Quant à la question de passer sur une immense scène, cela peut être lié à plusieurs facteurs. Tout d’abord, une grande scène permet d’accueillir un plus grand nombre de spectateurs, ce qui est important pour les organisateurs d’événements musicaux. De plus, une scène plus grande offre plus d’espace pour les performances scéniques, les jeux de lumières et autres éléments visuels qui peuvent accompagner les concerts. Cependant, il est également vrai que certaines performances avec des musiciens en live peuvent sembler « vides » lorsque la musique est principalement basée sur des pistes préenregistrées. Cela dépend du choix artistique de chaque groupe ou artiste, ainsi que des attentes du public. Certains artistes préfèrent se concentrer sur les paroles et la livraison de leurs performances, tandis que d’autres mettent l’accent sur la musicalité et l’aspect instrumental. Il est important de noter que tous les genres musicaux ne suivent pas cette tendance et qu’il existe encore de nombreux artistes qui privilégient les performances en live avec des musiciens jouant d’instruments traditionnels. La diversité musicale offre une variété d’options pour les auditeurs, et chacun a ses propres préférences en matière de styles et de performances. En fin de compte, l’évolution de la musique est souvent influencée par les goûts et les demandes du public, ainsi que par les avancées technologiques. Cependant, il reste toujours des artistes qui valorisent les performances en direct et qui apportent une expérience musicale plus traditionnelle. »