Le Cabaret Vert a fait plaine comble le samedi avec 32 000 festivaliers près à se déhancher sur les rythmes d’artistes aux influences résolument urbaines, à l’instar de la star attendue du soir, Théodora, dont le surnom de boss lady démontre bien que les femmes ont désormais aussi le pouvoir dans ce monde que l’on désignait auparavant comme assez misogyne.

Le temps des clips où des rappeurs bardés de bijoux s’entouraient de jolies filles qui servaient juste de faire-valoir dans les clips ne sont pas si éloignés. Et pourtant, on a entamé un fameux virage puisque ces dames sont désormais aux commandes.

On ne dit pas que c’est étonnant, Nicki Minaj et Missy Elliott, par exemple, avaient déjà ouvert la voie voici un temps certain. Mais le phénomène prend de l’ampleur dans le sens où le nombre de rappeuses qui se forgent une solide réputation dans le milieu explose, et ce notamment dans nos contrées.

Shay, Chilla, Meryl, Le Juiice, Doria, KT Gorique… le rap féminin se porte au mieux d’autant qu’il brasse large dans les styles représentés.

Cela se bouscule désormais au portillon, mais la concurrence ne décourage pas certaines nouvelles voix de se faufiler sur les podiums avec l’espoir non dissimulé de suivre les traces d’Aya Nakamura ou de, désormais, Théodora.

LinLin est l’une de ces prétendantes au sacre, avec un fameux avantage sur d’autres, elle a déjà été adoubée par la Queen puisqu’elle a ouvert son bal lors de la tournée des zéniths.

Les plus férus du genre connaissent sans doute, mais pour beaucoup, la jeune demoiselle est une découverte …déconcertante. Il faut dire qu’elle ne débarque pas comme une touriste en quête d’aventure. Son plan de carrière est clair et défini. Elle a des idées arrêtées, une image à véhiculer et des fans à faire danser.

Ses armes ? Un producteur (Mob) qui l’a initié aux sons électros, une insouciance redoutable (elle a choisi son nom de scène en rapport avec l’un des personnages de son manga préféré, One Piece), une plastique qui attire les regards et des morceaux percutants comme « Blaac* » ou « Boogeyman » qui, même s’ils sont écrits en français, attirent sans équivoque les amateurs de Béyoncé ou Azealia Banks, deux des références de LinLin… cela tombe bien.

C’est provocant et dur, mais dansant, c’est sombre et à la fois lumineux, c’est en français, mais bourré de mots anglophones… Vous l’aurez deviné, LinLin est une femme qui aime jouer sur tous les tableaux. Impossible de lui attribuer un style, et cela lui convient parfaitement.
Son album, Disco Inferno, casse les codes, et elle s’en balance un peu en fait. « Je pense que cet album va permettre à celles et ceux qui ont peur d’oser, de faire des choses différentes, et de s’en foutre de l’avis des gens » commente-t-elle d’ailleurs en interview.

Au Cabaret Vert, LinLin a rencontré un public tout acquis à sa cause, et cela a matché grave. Heureusement pour vous, une séance de rattrapage est programmée ce 12 novembre 2026 au Fifty Lab Music Festival de Bruxelles.
Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.
























