DagoDAgo

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Chronique LA feuilleDagoDago

C’est trois zicos de course et trois ingénieurs du son qui se mettent à écrire, à groover, à chanter.
C’est du refrain qui pète, de la voix qui mord, du texte qui s’aiguise au couteau et de l’amour à la sulfateuse. C’est aussi un projet, celui redonner sa conscience, à un monde qui tourne fou.

C’est à Louvain-la-Neuve – dans le cadre de ses études de son – qu’Eric croise Marc De Martelaer qui deviendra son coéquipier-bassiste de toujours.
Ensemble ils créent le groupe « Papa Gizz » (Acid-Jazz-Rock en français).
Un premier single (45 tours) voit le jour appelé « Barbarous».
Quelques années plus tard et après un passage à la RTBF comme ingénieur du son, puis journaliste, Éric se lance dans une expérience cinématographique qui ne le laisse pas indemne : « LA NEF DES FOUS » (long métrage – nomination Magritte 2015).
Ce film est une immersion de deux années dans l’annexe psychiatrique de Forest (prison pour fous dangereux). C’est alors qu’Éric se met à écrire par nécessité, par besoin, par survie.
Le projet Dago germe dans sa tête.

Eric aiguise ses textes grâce à la rencontre des paroliers Iza Loris, Jacques Roure et Christophe Marie, devenus depuis ses conseillers et frères/soeur d’écriture.
C’est à la rencontre d’Amine Doukkali, jeune musicien et ingénieur du son d’un talent fou qu’Eric se lance dans l’aventure « Dago Dago ».
Eric veut faire de la pop, de la chanson, des refrains qui pètent et des mots qui touchent. Marc De Martelaer croit également au projet et rejoint les deux musiciens.
La suite … Vous connaissez, 16 morceaux écrits en deux ans et une envie de scène qui les démange.

Le trio DagoDago algéro-belgo-flamand, tels des loups dans leur forêt, travaillent et attendent l’heure de mettre le feu à toutes les scènes de Belgique et de Navarre.

L’interview

1/ Eric, dis-nous qui tu es en quelques mots. 

Qui je suis Monique, je suis homme aux multiples casquettes et aux multiples vies. 
Je suis tout d’abord, comme on dit à l’ancienne, un auteur-compositeur-interprète , mais je ne suis pas un loup solitaire.
J’aime le travail de groupe , j’aime les collaborations, j’aime le partage musical tant sur scène qu’en studio.
J’aime le flot d’idées, j’aime rebondir sur une idée qui en amène une autre et qui, au final, m’amène là où je ne pensais pas arriver. 

C’est Frédéric Lenoir qui donne sa définition du bonheur ou plutôt une métaphore.
Savez-vous, dit-il, que la majorité des noyés en mer se noient parce qu’ils veulent revenir au point de départ (à leur parasol), alors que si, ces mêmes personnes s’étaient laissées aller par les flots se laissant emporter par la vague qui les ramènera de toute façon, mais parfois 500 m ou 1km plus loin ..
Pour Frédéric Lenoir le bonheur c’est le lâcher-prise, c’est se laisser porter pour arriver là où on ne savait même pas que ça existait . 
Donc oui je suis de cette famille, de cette famille qui peut partir en Vacances dans un camion semi-aménagé , avec quelques instruments de musique et quelques bières, qui tombe en panne sur la route, et qui décide de s’installer à l’endroit de la panne .De faire, des connaissances autour et à l’entour, et plutôt qu’un bel hôtel impersonnel , une aire de garage, un barbecue avec le mécanicien du coin ou les dicos des alentours…. Oui je suis de cette famille là .
J’ai sans doute été un gitan dans une autre vie
.

2/ C’est quoi ton actu ? 

L’actu de DAGODAGO est à la fois simple et compliquée, simple parce que notre rêve, notre ADN, avec Amine (clavier), Marc (basse) et moi (Guit) c’est de jouer en live , de partager.
ON est trois bêtes de scène, on aime la scène. Amine a joué sur toutes les scènes du Magreb avec les plus grands groupes de Rai dont
RAINA RAI , KHALED et j’en passe . Marc a joué des centaines de concerts avec les extincteurs (forest national), sillonnant les scènes de France , du Maroc et d’Espagne.
Perso j’ai roulé ma bosse tant en jazz, qu’en funk sur les plus gros et les plus petits plateaux de Belgique, la scène ça nous demande.
Partager notre musique et nos textes c’est juste du fun , plaisir, du bonheur.
Mais où ça se complique c’est que pour jouer, il faut des dates, pour faire des dates il faut être programmé, pour être programmé il faut être connu, pour être connu il faut passer à la radio , pour passer à la radio il faut être dans le mainstream, et Dagodago c’est pas du mainstream, c’est vrai que c’est de la pop, mais c’est particulier, c’est personnel , à la fois rude et léger, à la fois tendre et caustique …
On passe bien pour l’instant dans les radios privées , on commence petit à petit à parler de nous .
On a biensûr nos fans qui nous suivent , la sortie du morceau
LA FEUILLE sur FB à fait qqc chose comme 40 000 vues , j’avoue que je ne sais même plus, il faut vérifier, un beau succès d’estime, mais le boulot de com’ c’est vraiment un métier.
Là, on a la chance de faire partie de la route du rythme qui nous booste et croit en nous .. Inch Allah, qui va sano, va piano e va lontano disait l’adage.

3/ Explique nous Dago Dago en quelques mots 

Dago DAgo c’est de la musique qui pète qui groove, dès mots qui aiment , qui cognent , qui réveillent, qui soulèvent, 
C’est du son qui fignole, qui ensemence, qui voyage en rai, funk, acid jazz pour déposer en pop. Oui Dagodago se veut populaire dans le meilleur sens de l’acceptation, populaire du peuple, c’est de la musique pour et par le peuple.
Je suis moi-même fils d’immigré, et je ne veux ni faire des films ni de la musique prise de tête .
Je veux parler à mon public, et qui est mon public, ben mes amis , mes proches , mes lointains , toutes les personnes qui se reconnaîtront en tout ou en partie dans nos mots, dans nos notes , dans notre univers à la fois déjanté et léché . Oui sans doute Dagodago est-il le paradoxe entre perfectionnisme et lâcher-prise. Je pense que les deux peuvent co-exister. 

4/ Une sortie d’EP bientôt non ? 

Oui, un EP de 5 titres dont deux inédits :
Un morceau qui s’appelle EhOH qui raconte l’histoire d’un jeune ket que j’ai rencontré à ST HUBERT dans une prison pour ado « la section des jeunes dessaisis » , voir mon dernier film NOS JEUNESSES PERDUES, et c’est ado raconte simplement sa vie de bâton de chaise, ou il s’est fait tout seul , sans parent , juste entre deux matons , et il pose la simple question vitale ‘Y a-t-il quelqu’un qui m’aime’ ?

Le second titre parle d’une chanson que j’ai eu difficile à écrire , d’ailleurs je ne l’ai pas écrite tout seul, je l’ai écrit avec jacques Roure, un parolier, un ami , un poète extraordinaire.
Je voulais écrire une chanson sur la thématique des migrants , thématique qui me touche particulièrement.
Mais ce genre de thématique est très complexe à aborder, car soit on tire sur le mélo soit on n’en dit pas assez , difficile d’être juste , jusqu’au jour ou m’est venu l’idée de parler du point de vue du bateau , de c’est espèce de canoë pourri qui a traversé cent fois le détroit de Gibraltar et qui en est à son dernier voyage bondé de migrants .
Et un soir , devant une bouteille de Whisky, du Jack Daniels je me souviens, car Jacques aime le Jack, perso le jack et moi c’est pas le coup de foudre le jack me vrille la tête , mais bref , il est 5 h du matin quand on met le point final à la chanson qui est une pure merveille, Amine y a rajouté sa touche arabisante, Marc sa basse acoustique planante . Une pure merveille . Les deux morceaux ont été tournés en clip et ceux-ci sont aussi réussis que les chansons . Juste un peu de patience et ça arrive début Automne 2021.
Par contre, vous pouvez déjà nous suivre sur les 3 autres titres déjà accessibles sur nos différents réseaux.
Notre première « re » sortie post covid : La feuille, soyez avec nous le 15 mars 21
Et les deux autres, Bruxelles et Barbelé sortiront avant l’été.

Eric, merci à toi et bon vent !!!

Monique Laleeuwe – Chronique – interview

ConFestMag (69)

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