Alors que son 3e opus, intitulé « Madeleines », sortira ce 25 novembre 2022, l’artiste née à Valence, dans la Drôme, tourne actuellement sur scène avec un set axé sur son album précédent, « A nos cœurs ».

Anne Sila, entre ombre et lumière.

Je suis certain que beaucoup d’entre vous ne voient pas nécessairement qui est Anne Sila, car elle est, en fait, assez discrète. Et pourtant, son talent est sans limite. Il faut dire que mademoiselle a suivi dix-sept années de conservatoire, histoire de parfaire son maniement du violoncelle et du piano, tout en apprenant à utiliser au mieux sa voix. Un organe qui va d’ailleurs lui permettre de faire non pas un, mais bien deux passages, par l’émission de télé-crochet présentée par Nikos Aliagas.

17 ans de conservatoire pour notamment maîtriser le violoncelle.

Ah, j’en vois qui commencent à mettre un visage sur l’artiste. Et oui, c’est bien elle qui a ravi le public avec sa reprise tout en douceur de « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai » de Francis Cabrel ou encore son envolée lyrique sur « Chandelier » de Sia. Des prestations sans failles (c’est Florent Pagny qui le dit, donc on peut valider) qui lui ont permis d’atteindre une finale perdue face à Lilian Renaud en 2015.

Sa voix est un vrai instrument qu’elle calibre avec soin.

Qu’à cela ne tienne, forte d’avoir sorti un premier album intitulé « Amazing Problem » (sur lequel je vous conseille notamment l’extraordinaire « Le monde tourne sans toi »), Anne Sila remet le couvert en 2021 et remporte cette fois l’édition All Stars de l’émission, toujours épaulée par « il maestro », Florent Pagny, qui ne tarit pas d’éloges pour sa petite protégée. La voix, elle l’a donc. Elle l’a prouvé à de nombreuses reprises, notamment lors de ses interprétations d’Evanescence, de Johnny Hallyday, de Jacques Brel ou encore Alicia Keys.

Souvent calme, elle peut aussi revêtir la cape d’une « diva » à la voix d’or.

Malgré ses capacités vocales hors du commun, Anne Sila est assez peu connue chez nous, et c’est dommage car c’est une véritable prestation acoustique et visuelle que l’artiste et ses musiciens ont proposé ce 13 octobre 2022 au W:hall, la seule salle belge à pouvoir se targuer d’avoir reçu la visite de cette artiste sur cette tournée. Ceux qui y étaient n’ont, à voir l’accueil qui lui/leur a été réservé pendant et après le show, pas été déçus de leur soirée, même si, et c’est l’une des caractéristiques de cette artiste attachante, elle ne se lance que très rarement dans des démonstrations que beaucoup de chanteurs de la nouvelle génération n’oseraient jamais imaginer, même aidés d’une quelconque technologie couvrant certaines failles vocales…

C’est donc tout en douceur, mettant en exergue la beauté de sa tessiture naturelle, que l’artiste a débuté sa soirée, soignant son entrée par l’arrière du public. Après quelques morceaux, la salle étant assez réceptive, c’est vers l’une de ses passions, à savoir le jazz, que l’ex vainqueur de The Voice s’est tournée. Une claque (au second degré  évidemment) pour ceux qui la découvraient, un véritable délice tant attendu pour les autres.

Quelque fois si douce… (ça me rappelle une chanson de Julien Clerc)

Car avant The Voice, Anne Sila a tourné dans les boîtes de jazz américaines si chères à Michel Jonasz avec notamment Ari Hoenig, Lew Soloff et Mike Stern. Et là encore, elle excelle.

Ambiance boîte de jazz au W:Hall

Cette parenthèse refermée, durant laquelle elle laisse aussi la part belle à ses équipiers de scène, qui sont loin d’être des manchots, on reprend le cours du concert jusqu’à ce moment magique (et oui, encore un) où elle vient s’asseoir face au premier rang pour livrer sa version si prenante du titre emblématique de Francis Cabrel qui lui a permis d’entrer dans la lumière (je vous renvoie au début de l’article). Nous ne sommes plus dans une salle, plus à Woluwé, plus en Belgique mais presque qu’au jardin d’Eden tant cette voix si envoutante nous entraîne vers les nuages.

Le temps s’est arrêté. Et pourtant, il faut bien mettre un terme à ce concert. Mais Anne Sila réserve encore une petite surprise à son auditoire en chantant a cappella une reprise choisie par le public, son célèbre « Chandelier ». Pas besoin d’orchestration, ni même de micro. Sa voix cristalline se répand dans l’auditorium, démontrant une nouvelle fois aux personnes présentes que oui, quand elle veut, elle peut repousser les limites et tenir la comparaison avec les plus grandes interprètes de pop ou de variété française.

De Cabrel à Sia, du jazz américain à la mélancolie française, Anne Sila surfe sur toutes les vagues.

Il reste quelques dates ouvertes dans cette tournée, qui se terminera en décembre, mais il vous faudra alors vous rendre en Suisse, dans le sud de la France ou encore à Paris pour profiter vous aussi de cette douceur auditive, sinon, un album sortira le 25 novembre, « Madeleines », non en rapport avec la salle Bruxelloise mais avec cette notion de souvenirs car oui, il s’agit d’un recueil de chansons qui sont déjà connues et qui étaient interprétées initialement par d’autres artistes comme ce premier single qui vient de sortir, « Nous » cher à Hervé Vilard, le premier à avoir invité Anne Sila sur scène.

          

Merci le W:Hall, les artistes et le public ont apprécié ce moment privilégié.

ReMarck (30)

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