Le Cabaret Vert a pris l’option, cette saison, d’ouvrir son festival avec une journée thématique consacrée au rock sous (presque) toutes ses formes.

La tête d’affiche attendue de cette journée inaugurale était sans conteste Deftones, le groupe américain de métal alternatif qui fut, historiquement, le premier groupe international à honorer le festival de sa présence, et ce depuis 2009, connu également pour être l’un des pionniers du style décrit comme du nu métal.

Mais les programmateurs avaient mis les petits plats dans les grands en proposant d’autres groupes aux amateurs du style. Certains étaient sur la scène Razorback, c’est logique. D’autres sur Zanzibar, cette scène hors norme qui est l’une des plus impressionnantes d’Europe (elle sert également au Paléo en Suisse).

Un espace scénique gigantesque, donc, mais qui n’a absolument pas impressionné Turnstile, un autre american band proposant des accords qui peuvent s’apparenter à du punk hardcore.
Moins connu dans nos contrées que Deftones, Turnstile n’en demeure pas moins une référence dans son domaine avec 4 albums dans les bacs et 9 nominations aux Grammy Awards. Ce chiffre est intéressant, d’autant qu’il recèle un record, celui d’une triple nomination, la même année, dans trois styles différents : rock, métal et alternatif.

Au décompte final, le groupe issu de Baltimore récoltera deux trophées lors de la dernière soirée de gala : meilleur album de rock pour Never Enough et meilleure performance metal pour Birds (issu de l’album Never Enough).

Une telle représentation démontre l’éclectisme dont fait preuve le groupe dans le choix de ses compositions musicales. Hardcore, punk, funk, pop et rock alternatif s’entrechoquent allègrement dans un répertoire qui étonne par l’énergie qu’il transmet.

Si Deftones a reçu des critiques mitigées (certains ont adoré, d’autres relevaient un choix de morceaux « calmes » sans doute pour préserver un peu la voix du chanteur), Turnstile a conquis de nombreux nouveaux adeptes grâce à un show détonnant.

Si la composition originale du groupe n’est plus complète (Sean « Coo » Cullen et plus récemment Brady Ebert ont déposé les cordes), Turnstile 2.0 semble n’avoir rien perdu de son entrain légendaire.
Franz Lyons (bassiste, percussionniste et deuxième chanteur depuis 2010), Daniel Fang (batteur et percussionniste depuis 2010), Pat McCrory (guitariste depuis 2016), Meg Mills (guitariste depuis 2023) et surtout Brendan Yates (chanteur depuis 2010) ont emmené le public dans leur trip déjanté et surtout énergique.

Si on devait opérer un parallèle avec le carnaval, on aurait pu grimer Brendan en Taz, tout le monde n’y aurait vu que du feu. Il saute partout, fait des demi-tours, semble énervé par moments derrière le micro, puis se saisit du pied avec lequel il effectue quelques figures dignes d’une majorette sous anabolisant.

L’image est particulière, certes, mais elle traduit l’investissement d’un leader qui semble tellement à l’aise sur les planches. Il faut dire que nos amis ne sont pas venus des States pour bronzer sur les plages de Normandie. Ils enchaînent les concerts plus vite qu’un pêcheur n’arrive à repérer les perles dans une culture.

Ce 26 aout, ils étaient à Hallifax, le 28 c’est à Londres qu’ils se produiront, avant de traverser la Manche pour réveiller Paris (Rock en Seine) et foncer vers Lisbonne pour leur 4e performance en moins de 120 heures.

Rassurez-vous, le groupe pourra ensuite profiter de longues vacances… Enfin, 5 jours soit juste assez pour digérer le décalage horaire car leur tournée américaine avec 21 concerts aux States et au Canada d’ici le 18 octobre (et il faudra y ajouter deux dates à L.A. à la mi-novembre) reprend illico presto.
Turnstile a convaincu à Charleville-Mézières, et visiblement l’effet fut le même en Belgique (Pukkelpop) et à Lollapalooza (Chicago).

Retrouvez les clichés du festival, au fil des parutions, sur la page FB – ReMarck Photos.

























