Pluie d’artistes pour la clôture des Francos.

Bien que jour de fête nationale, ce n’était point relâche ce dimanche 21 juillet aux Francofolies de Spa. Le programme était encore copieux et les conditions climatiques orageuses. Nous avons d’ailleurs eu droit à notre célèbre « drache » nationale, pendant quelques minutes à peine, et ce durant le show d’Eddy de Pretto. Nous vous renvoyons d’ailleurs à notre article dédié à cet artiste, ainsi qu’à celui consacré aux concerts gratuits dans le piétonnier et les bars « en folie » pour nous consacrer ici aux autres prestations effectuées au Parc de 7 heures. En nous limitant ainsi, on doit tout de même vous parler de dix concerts. Enfin, on aurait dû mais n’ayant jamais reçu la validation des photos de l’un d’entre eux, il nous en reste neuf à vous présenter en images. Une fois n’est pas coutume, la chronologie va être bousculée. Ne cherchez donc pas de suite logique dans le programme de cette journée, sinon celle, géographique, des espaces scéniques. Avant toute chose, soulignons que cette édition 2024 fut une réussite tant au niveau qualitatif que quantitatif, et là je parle du nombre de festivaliers vu que l’événement a affiché deux sold-out, celui des pass 4 jours, mais aussi celui de la journée de vendredi. Ajoutez-y les nombreuses personnes venues spécifiquement les autres jours et c’est un grand ouf de soulagement côté organisation. Et oui, l’édition 2023 n’avait pas donné entière satisfaction au niveau ticketing. Cette parenthèse refermée, nous débutons notre visite du parc par la scène de la fontaine. Cet espace assez cosy accueille généralement des DJ, ce pourquoi il est un peu à l’écart de la dorsale des concerts. Besoin d’un petit coin détente hors de la foule ? Vous avez trouvé « the place to be » et lors de notre passage, c’était THDS aux manettes. Seul devant sa console, mais avec des instruments quand même car le personnage possède plusieurs cordes à son arc. Mélange de musiques ethniques et électroniques, saupoudré de touches de flûte par exemple, tout est possible avec le belgo-portugais. C’est inhabituel et agréable. A un jet de pierre de là, la scène Baloise offre quatre concerts ce jour. Nous n’en verrons que trois, et encore, partiellement, vu notre timing serré, dont un sans cliché validé à l’heure de rédaction du présent. Votre niveau en mathématique vous permet donc de comprendre que ce sont deux prestations que nous vous imageons sur cet espace. Débutons par le groupe namurois Glauque qui présente son album « Les gens passent, le temps reste ». Un débit et des punchlines empruntés au rap sur des musiques électros, cela reste de la trempe habituelle du groupe personnalisé par son porte micro, Louis Lemage. L’autre artiste se présentant sur ce podium est l’interprète d’ « Abdo », Morgan. Morgan Van der Ghinst, de son nom complet n’est pas un novice dans le showbiz puisqu’il était le beatmaker du collectif bruxellois 77. Début juin, il s’était produit seul à l’OM (Seraing) à l’occasion du showcase de Tipik, et nous n’avions pas vraiment été convaincus. La donne a fondamentalement changé depuis lors, semble-t-il. Est-ce la modification de l’ordre de sa set-list, le fait de se produire accompagné de musiciens ou tout simplement un jour sans en juin ? On n’aura pas le fin mot de l’histoire ce jour, mais la prestation des Francos était nettement plus intéressante. En débutant par son titre phare, Morgan s’est donné la pêche et a gardé un rythme élevé tout le long du spectacle. On n’a pas vu le temps passer, ce qui est toujours signe d’efficacité. On reprend notre sac, nos boitiers et notre gobelet réutilisable pour rejoindre la scène Proximus. Quatre artistes y sont programmés ce dimanche, mais vous avez déjà eu droit au compte-rendu du show très prenant offert par Eddy de Pretto. On remonte donc un peu dans le temps avec l’entrée en scène de David Numwami. Né au Rwanda à l’époque du génocide, David et sa famille fuient leur terre natale pour trouver refuge à Louvain-la-Neuve, ville universitaire où il va prendre goût pour la musique, et plus particulièrement le maniement de la guitare, dès l’âge de 5 ans. Son parcours va alors prendre forme, lentement, via quelques méandres comme le groupe Le Colisée dont il est le fondateur, ou l’accompagnement de Charlotte Gainsbourg et Sébastien Tellier. En 2020, il franchit le pas, sortant un titre en solo, « Le Fisc de l’amour ». L’aventure débute… En ce jour de fête nationale, c’est bien seul que David se produit. Sa voix douce rassure, ses textes sont des histoires bien travaillées. On y retrouverait presque des petits airs de Laurent Voulzy. A 15h00, le parc est loin d’être rempli, et comme le soleil tape du poing sur le crâne des festivaliers déjà présents, ceux-ci cherchent un peu d’ombre où ils peuvent, parfois à l’écart des scènes. Si le public ne vient pas à toi… vas au public. C’est ce que fait David Numwami en descendant de son estrade. Un beau moment de partage. Celui qui reprend le flambeau se nomme Noé Preszow (prononcez Prèchof, comme le nom de son deuxième album). Auteur – compositeur – interprète et musicien bruxellois, Noé connait une ascension fulgurante depuis 2020, moment où son premier single « A Nous » marque déjà les esprits. Depuis, il enchaîne les titres et les récompenses, tant en France que dans notre plat pays. Homme d’écriture, mais aussi de scène, vous risquez d’encore le voir sur les planches tout prochainement. Il se produira en effet aux Solidarités (Namur, le 23 août), au Cirque Royal (05/11/24), à la ferme du Biéreau (18/01/25) mais aussi à l’Elysée Montmartre et à l’Olympia. Et pour ceux qui étaient à Forest National pour le concert de Shaka Ponk, et bien oui, c’était Noé qui assurait la première partie du spectacle. Après tant de testostérone, il est temps de laisser place à une demoiselle. D’autant qu’elle a effectué un long voyage pour venir nous voir. Charlotte Cardin est en effet Québécoise (mais sa sphère de vie est désormais à Paris, c’est déjà un peu plus près). Avec son titre
Les Francos du jeudi en mode baroudeur.

Treize, le chiffre porte-bonheur… ou malheur selon vos affinités. Pour nous, pas question de superstition ici mais plutôt du nombre de prestations scéniques auxquelles nous avons pu participer, en tant que festivalier particulier. Particulier car nous avons, en tant que journaliste accrédité, le droit d’arpenter les allées des sites avec nos boîtiers (ce pourquoi nous pouvons, d’ailleurs, vous présenter des clichés de certains de ces concerts). Notre première « prise » sera un duo sur la scène Baloise, Lisette Lombé et Cloé du Trèfle. C’est assez particulier car la prestation part d’un slam à la diction appuyée de Lisette, que l’on confondrait presqu’avec un commentateur sportif lors de son introduction sur la « Remontada » tant son discours est descriptif. Puis vient un fond sonore sur lequel un minimum de paroles est répété inlassablement. C’est … particulier. Mais ce concept ne couvre pas tout le show, la dance va entrer en ligne de compte. Trop tard pour nous toutefois qui filons dans le piétonnier. Et oui, les Francos ce sont 4 scènes établies dans un parc, mais aussi une multitude de concerts hors du périmètre payant. A notre arrivée, c’est Zaïmoon qui débute sa prestation. Entre slam et rap, musique traditionnelle des pays de l’est et pop, dans des langues souvent incomprises (le Yiddish notamment), Zaïmoon et son acolyte surprennent l’assemblée. Le duo ne fait sans doute pas l’unanimité à la vue des têtes de certains, mais cela ne nous déplaît pas du tout. Nous retournons alors sur nos pas, car notre prochaine cible se produit sur la scène Proximus, soit dans l’enceinte du site. Cette chanteuse se nomme Solann. Fille de deux artistes aguerris, elle a su capter l’âme de ses origines arméniennes pour proposer un univers tout en douceur. Ayant sorti son premier single en mars 2023, elle est évidemment l’une des nouvelles du line-up. En sortant du site, nous longeons la terrasse d’un café où se produisent les membres du groupe Paradis Blanc. Le duo s’est spécialisé dans les reprises de Michel Berger et le concept plaît visiblement beaucoup car il n’y a plus une place disponible devant le commerce. Après une courte pause en salle de presse, nous prenons la direction de la scène Pierre Rapsat, située juste face à l’entrée de l’hôtel Van Der Valk. Quelques chambres ont d’ailleurs vue sur cet espace qui est considéré comme la mainstage du festival. La scène est très haute, ce qui ne nous facilite pas la tâche pour la prise de photos et n’agrée pas vraiment les spectateurs des premiers rangs. Mais un tel dispositif permet par contre aux visiteurs plus éloignés d’eux aussi pouvoir apprécier le spectacle dans sa quasi intégralité. Les premiers à inaugurer cette scène pour l’édition des 30 ans forment un duo qui a actuellement le vent en poupe puisqu’il s’agit de Coline et Antoine, alias Colt, qui se produiront en février à la Cigale, célèbre salle parisienne. C’est dynamique, rythmé, pétillant et c’est en français. Insomnies, Ramenez-moi, Esquive… chaque titre se laisse écouter avec délectation. C’est aussi le premier des six concerts signés des Francos, grâce à la participation de Muzic’ En Signes. Nous serions bien restés à profiter du spectacle tout le concert mais les Francos sont en perpétuelle ébullition et nous ne voudrions en perdre aucune miette (ou bulle, c’est selon). Notre petite escapade en ville nous amène devant la performance de Cactus et Mammuth. Disons que nous sommes un peu interloqués par les morceaux proposés. Cela parle de toilettes d’autoroute notamment. Personnellement, nous n’accrochons pas vraiment au style ni à la présentation donc nous en profitons pour grignoter un bout avant d’entamer la deuxième partie de journée, une soirée qui promet d’être bien remplie car toutes les scènes vont, désormais, tourner en continu. Nous débutons donc la fin d’après-midi avec une artiste à l’univers très très particulier, An Pierlé. Née à Deurne, près d’Anvers, An chante pourtant en anglais et en français. Elle a notamment repris « Il est 5h, Paris s’éveille » début des années 2000. Comme à son habitude, l’artiste aime se faire remarquer dès son entrée de scène, et c’est encore bien joué puisque son chapeau lampadaire attire d’office le regard et laisse toute l’assistance médusée. Cela mis à part, An Pierlé est solaire et très expressive dans sa gestuelle. Quelques ténors de la chanson française sont annoncés en gare de Spa, mais il nous reste encore quelques minutes pour faire un crochet par ce piétonnier qui réserve parfois de belles surprises. Cette fois, pas de réelle découvertes car nous connaissions déjà les deux derniers artistes du jour à s’y produire, et vous aussi certainement, mais une joie non dissimulée de retrouver d’abord Alice, alias Essyla, finaliste de The Voice Belgique en 2021, et le roi du lapsteel, Thomas Frank Hopper. Pour ces artistes, nous vous renvoyons à notre article paru précédemment évoquant les bienfaits des concerts gratuits. Si vous faites le compte, nous en sommes à 9. C’est bien, mais cela ne fait qu’environ 70% du chiffre annoncé en début de texte. Il nous reste en effet quatre concerts au programme. Et quel programme : Françis Cabrel, Puggy, Alain Chamfort et Christophe Maé. Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez déjà pris connaissance de nos articles liés aux prestations des deux derniers cités, Alain Chamfort et Christophe Maé (à retrouver sur notre site, onglet festival, rubrique Francos de Spa ou cliquez simplement sur le nom de l’artiste ci dessus, le lien étant interactif). On débute donc notre sprint final avec l’une des références de la chanson française, Francis Cabrel. Poète des temps modernes, capable de déclarer sa flamme en musique, mais aussi de dénoncer une situation qu’il juge intolérable, l’ancien conseiller municipal d’Astaffort est l’une des références du paysage audio-visuel français. Dix-sept albums studio recelant notamment « Petite Marie », « Les Murs de poussière », « Je l’aime à mourir », « A l’encre de tes yeux », « la dame de Haute-Savoie », « Il faudra leur dire », « Sarbacane », « Corrida », « C’est écrit » ou encore « Octobre » … ce n’est pas rien. Il en ferait rougir des auteurs / compositeurs /
Eddy de Pretto signe un sans-faute aux Francos.

L’affiche était si fournie pour cette 30e année des Francofolies de Spa qu’il n’y avait pas assez place pour toutes les « grosses » pointures sur la scène Pierre Rapsat. Ainsi, des artistes confirmés comme Alain Chamfort ou Zazie se sont retrouvés sur des podiums « annexes », à savoir les scènes Baloise et Proximus. C’est justement sur cette scène du nom d’un célèbre opérateur téléphonique que nous avons assisté au meilleur show du week-end, celui d’un chanteur attachant et ô combien talentueux, Eddy de Pretto. Ne vous méprenez pas, nous ne sous-entendons aucunement que les autres artistes n’ont pas livré une prestation de qualité. Nous disons juste que cette performance de l’auteur – compositeur – interprète et acteur natif de Créteil était mémorable par sa mise en scène (une passerelle surélevée, projection d’images en fond, jeux de lumières saturées), le déferlement de dame nature (c’est le seul moment du festival durant lequel une pluie diluvienne s’est abattue sur le public), mais surtout l’implication de son acteur principal, visiblement ému par l’accueil qui lui a été réservé par l’assistance fournie. Et oui, malgré ces conditions climatiques épouvantables, difficile de trouver un petit espace donnant vue sur cette scène. Il faut dire que depuis la sortie de « La fête de trop », Eddy a gagné en confiance. Lui qui paraissait un peu réservé lors de ses premières sorties en festival a désormais dompté la scène et le public. Il est devenu un véritable chanteur populaire dont les titres sont connus et chantés à tue-tête par de nombreux inconditionnels qui n’auraient manqué son passage dans la cité thermale pour rien au monde. Son dernier album, Crash cœur, est, il vrai, un bijou qui se laisse écouter en boucle. C’est d’ailleurs sur un titre phare de ce dernier opus, Love’n’tendresse, qu’Eddy se retrouve désarmé face à tant d’amour de son public. Il se contiendra finalement, mais son côté humain est là, bien visible. Le « star système » ne l’a pas (encore) englouti. Et puis, cerise sur le gâteau, c’est l’un des artistes du festival les moins contraignants pour nous, photographes et journalistes, qui semblons être devenus un mal (nécessaire ?) pour beaucoup. Cela peut paraître ridicule, mais c’est aussi révélateur du personnage. Sa préoccupation principale est d’apporter un peu de joie et de détente à son public plutôt que de soigner son image de marque. Cela valait bien un petit clin d’œil particulier, n’est-ce pas ? Retrouvez les clichés sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Les concerts gratuits en ville et la traduction en langue des signes, les vraies bonnes idées des Francos.

Chaque année, pendant quelques jours, le centre-ville de Spa vibre aux sons des artistes invités par les Francofolies, l’un des festivals les plus remarquables du royaume, par sa longévité d’abord (le festival fête ses 30 ans d’existence), la qualité de sa programmation (avec Charles Gardier aux manettes, on n’en doutait pas), mais aussi ses astuces inclusives. La traduction de certains spectacles en langues des signes en est un exemple parfait. Pour la 21e édition consécutive, le festival a en effet proposé au public malentendant ou sourd de pouvoir lui aussi profiter des concerts dans les meilleures conditions possibles. Cette année, six prestations étaient accompagnées par des chansigneuses, et pas des moindres puisque l’on parle des shows de Colt, Christophe Maé, Zazie, Ykons, Hoshi et Louise Attaque. Cette fois, elles étaient quatre de l’association « Muzik’ en Signes » à se relayer pour cette tâche qui est tout de même éprouvante physiquement, vu le débit de certains morceaux. L’autre très bonne idée est d’avoir, depuis 2023, réintroduit les concerts gratuits en ville (concept qui avait été temporairement supprimé à une époque) car c’est un plus pour les artistes, pour les commerçants, mais aussi pour le public et on vous explique pourquoi. Les plus impactés par cette décision sont évidemment les commerçants du centre qui étaient pénalisés par l’implémentation complète des spectacles à l’intérieur du site. Le public ayant payé son accès restait sur place et quel était l’intérêt pour d’autres de venir en ville ? Avec les concerts gratuits du piétonnier et des bars en folies, une partie du public « festival » peut trouver une alternative à l’option stand-by au parc (pour manger en terrasse, flâner devant les boutiques ou simplement assister à un concert moins médiatique mais parfois tout aussi intéressant) et voilà une bonne raison pour des personnes qui seraient de passage ou qui n’auraient pas réussi à obtenir un pass (et oui, il y a eu du sold-out cette année) de venir également. Les commerçants et le public s’y retrouvent donc, comme les artistes finalement car plus de scènes découlent sur plus d’opportunités de se produire. Or c’est bien ce que recherchent la plupart des artistes moins (re)connus, une occasion de se mettre en lumière, de pouvoir proposer leur vision de leur art et de gagner, qui sait, quelques fans ou followers au passage. D’autant que dans ces artistes qui se sont produits lors de ces concerts gratuits, il y avait du très bon niveau. Le planning des scènes étant assez serré, nous n’avons pas pu prendre part à toutes les prestations, mais nos quelques excursions en ville nous ont valu de belles surprises comme le groupe Paradis Blanc qui, comme son nom le laisse présager, reprend les titres de Michel Berger Justwo, un duo à la ville comme à la scène qui reprend les hits du moment, Essyla, qui n’est pas vraiment une inconnue puisqu’il s’agit de l’une des finalistes de The Voice Belgique 2021 qui depuis déploie ses ailes en proposant notamment les titres « Let you go » et « Alone tonight », et Zaïmoon qui mélange slam, rap et chant avec un acolyte affublé d’une contrebasse. Il y a du français, des langues slaves et du yiddish. C’est détonant, étonnant et très spécial. L’une de nos plus belles découvertes reste toutefois Bleuroise. Seule en scène, la jeune demoiselle (25 ans) propose des textes qu’elle a elle-même écrits et qui touchent à ses sentiments et son vécu, nous dévoilant au fil des titres son hypersensibilité. Elle semble d’ailleurs assez émue lorsqu’elle dédicace « Cocktail Paradise » à cette personne, disparue, qui l’a encouragée à découvrir la scène pour combattre sa timidité. Ensuite, Bleuroise descend de l’estrade pour venir à la rencontre du public. Et oui, c’est cela aussi le piétonnier musical, un espace de rencontre où les barrières tombent. Mais celui qui a véritablement enflammé l’endroit est un spécialiste du jeu endiablé de guitares puisqu’il s’agit de Thomas Frank Hopper. Et oui, c’est étonnant de retrouver un tel artiste dans le piétonnier, mais qu’à cela ne tienne, le Brugeois se donne toujours au maximum lors de ses prestations, que ce soit devant 8000 personnes ou une assistance plus restreinte. Une vraie aubaine pour ceux qui étaient de passage à ce moment ou qui avaient coché l’endroit sur leur plan. En concurrence avec Puggy et Alain Chamfort (dans le parc), on redoutait une assistance clairsemée pour le sympathique et très expressif joueur de lapsteel, mais au contraire, le public était nombreux et enthousiaste. Il faut dire que Thomas et ses musiciens n’ont pas ménagé leurs efforts. Preuve que les concerts gratuits en ville et le festival « version parc » peuvent coexister pour le bien de tous. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Le charme façon « dandy » d’Alain Chamfort.

D’un naturel discret, Alain Le Govic, alias Chamfort, traverse les époques en y laissant des traces musicales remarquables. Né en 1949, il est de cette génération des dandys dont font partie Alain Souchon, Christophe ou encore Jacques Dutronc, qui est, en fait, le premier parrain artistique de l’interprète de « Bambou ». Repéré dans son groupe de l’époque, Alain Chamfort, qui ne porte pas encore ce nom de scène, intègre en effet le cercle fermé de Jacques Dutronc en participant notamment à l’enregistrement de son premier album publié en 1966. Alain y joue du piano pour les introductions de certains tubes intergénérationnels comme Les Play-boys, J’aime les filles, la fille du Père-Noël et même les Cactus. En 1968, il décide de tenter sa chance seul mais ses premiers 45 tours ne font pas recette. Il reprend alors ses collaborations en retournant temporairement à l’ombre d’autres comme la chanteuse Séverine qu’il accompagne comme choriste lorsqu’elle remporte l’Eurovision pour Monaco en 1971. Sa rencontre avec Claude François change un peu la donne. Avec le label Flèche, il devient Alain Chamfort et matérialise ses premiers succès commerciaux, ce qui va d’ailleurs, en raison d’une jalousie un peu marquée de l’artiste fétiche du label, provoquer la dégradation de leurs rapports. Il signe alors chez CBS tout en continuant à œuvrer en tant que choriste, notamment pour Véronique Sanson. Pour ses propres chansons, Alain Chamfort s’entoure de musiciens de qualité (qui formeront plus tard le groupe Toto) et d’un parolier non moins qualitatif, Serge Gainsbourg, qui ne sera pourtant pas l’auteur de son plus gros succès, Manureva. Le percutant Serge en a bien proposé une version, mais Alain Chamfort n’était pas convaincu par le texte et décide d’en réécrire les paroles sur le thème de la disparition en mer du navigateur Alain Colas et de son voilier Manureva. A partir de ce moment, la carrière de cet artiste qui a toujours marché entre ombres et lumières va prendre un élan significatif. Les titres Chasseur d’ivoire, Paradis, Bons baisers d’ici, Rendez-vous, Traces de toi, La Fièvre dans le sang, Souris puisque c’est grave, sont autant de succès, mais j’avoue que ma préférée reste Géant. On y retrouve toute la classe et l’humilité de cet homme qui ne fait jamais de vagues. Les albums s’empilent (L’Impermanence, sorti en 2024, est le 16e) alors qu’il combat pourtant depuis 2015 un cancer des os. Ce n’est qu’en 2019 qu’il révèle l’information sur son état de santé. Désormais, il est guéri complètement, annonce-t-il, et a pu reprendre ses tournées. Ce vendredi, c’est aux Francos de Spa que l’on a pu retrouver cet immense monsieur de la chanson française. Toujours aussi classe et distingué, il a livré un show à son image, intimiste mais convainquant. Retrouvez les clichés du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos.
Les Francos de Spa débutent sous les meilleurs auspices.

Ce jeudi marquait l’entame des festivités dans le centre de la cité spadoise pour les désormais incontournables Francofolies. Soleil radieux, public venu en masse, commerçants sur les charbons ardents, stocks gonflés à blocs, déviations et autres panneaux de signalisation en place… Et oui, si vous êtes incommodés par les événements culturels ou que vous deviez vous rendre dans le centre, il est clair que vous serez inexorablement impactés, mais prenez votre mal en patience, cela ne dure que 4 jours. Quatre jours de folie à vrai dire car il y en a pour tous les goûts, à l’intérieur du parc, mais aussi dans les rues adjacentes, des spectacles, de la nourriture, des boissons à gogo … c’est période de fiesta à Spa. Nous vous disions donc que de nombreux festivaliers étaient déjà sur le pied de guerre dès ce jeudi, et pour cause, les artistes proposés sont, pour certains, d’un calibre international, et pour d’autres des étoiles montantes qui ne demandent qu’à être découvertes pour briller de mille feux. Nous reviendrons un peu plus tard sur le descriptif de certains shows suivis particulièrement, mais vous imaginez bien que le rythme est soutenu et nos nuits bien courtes. Et encore, nous ne participons pas aux soirées DJs qui s’improvisent aux terrasses des commerces ou encore au Casino (celles-ci étant plus formelles). Mais nous profitons de quelques minutes dans notre emploi du temps pour vous partager un peu de l’ambiance de ce jeudi soir, le service de communication de Christophe Maé étant, à l’instar de son artiste, rempli d’énergie et très disponible. Du coup, nous avons obtenu l’autorisation de vous proposer trois clichés. Mais histoire de vous donner encore un peu plus l’eau à la bouche, nous pouvons vous dire que tous les chanteurs/chanteuses que nous avons eu la chance de pouvoir apercevoir en ce jour inaugural avaient la pêche. Christophe Maé fait évidemment partie du lot. Toujours souriant et habillé classe décontracté, il a tenu la foule dans sa main durant toute la prestation. Il faut dire que son répertoire est connu et retenu par beaucoup d’entre nous. Si vous voulez voir des artistes en action, vous savez donc où vous rendre. C’est dans le centre de Spa, cela s’appelle les Francofolies, et c’est jusqu’au 21 juillet inclus, avec des artistes comme Hoshi, Zazie, Pascal Obispo, Patrick Bruel, Gims… La liste serait trop longue à vous énumérer ici, mais vous trouverez tous les renseignements pratiques sur le site officiel du festival. A très bientôt.
L’été sera show.

Les plus anciens, ou les plus mélomanes, auront de suite fait le lien avec la chanson d’Eric Charden, qui date quand même de 1979, mais vous aurez remarqué que c’est ici un jeu de mots (le titre réel est : l’été s’ra chaud) car nos météorologues ne peuvent évidemment pas encore prévoir précisément quelles seront les conditions climatiques entre fin juin et début septembre. On évoque en effet une période qui débutera (seulement) dans cinq mois. Et pourtant, il est déjà temps de prendre vos dispositions. Et je ne m’adresse pas ici à ceux qui partiront hors de nos contrées, et qui ont donc sûrement déjà pensé à prévoir budget, période de congé et réservation(s) dans leur lieu de villégiature, histoire de ne pas être pris au dépourvu. Non, je parle, ou plutôt j’écris, à ceux qui passeront au moins une partie des « grandes » vacances en Belgique. Le soleil ne sera peut-être pas tous les jours présent, ou au contraire jouera l’incruste en montant le chauffage un cran trop fort ; la pluie s’invitera probablement de temps à autres ; et il vous faudra certainement compter quelques minutes supplémentaires pour vos trajets car les chantiers routiers se multiplient en cette période, mais la Belgique est un territoire où l’on sait faire la fête. Et cet été ne dérogera pas à cette règle, du moins si vous ne tardez pas à prendre quelques dispositions car c’est maintenant que les sésames pour les plus beaux événements se négocient encore à des prix raisonnables. Chaque saison apporte son lot d’artistes, confirmés ou émergents, sur le parquet des scènes wallonnes, bruxelloises et flamandes, mais cette fois, on dirait que quelques grosses pointures se sont mises d’accord pour nous offrir un véritable feu d’artifice de sensations musicales. Nous allons donc vous détailler ici les principales informations déjà disponibles afin que vous puissiez d’ores et déjà vous planifier un été « concertisé ». Les plus impatients seront déjà à pied d’œuvre dès le 17 juin puisque c’est à ce moment que le WERCHTER BOUTIQUE accueillera le groupe One Republic et la toujours phénoménale Pink ! On commence donc très fort, mais il faudra aussi délier les cordons de la bourse car l’entrée « normale » est à 108 euros. Et pour les inconditionnels de l’artiste aux cheveux roses, bien qu’elle change régulièrement de teinte, un accès au Golden ring est aussi proposé à 159 euros. Oui, je sais, ça pique un peu, mais je ne doute pas une seconde que l’événement sera rapidement sold-out vu les noms proposés. Quinze jours plus tard, vous devrez déjà faire des choix en fonction de vos genres musicaux et de votre budget, peut-être, aussi puisque deux festivals d’une certaine importance occuperont le week-end du 29 juin au 2 juillet. On ne présente plus ce festival mondialement connu qui accueille à chaque édition des stars de tous horizons. Au programme 4 scènes pour permettre à chacun d’y (re)trouver son style favori. Le planning annoncé est déjà, à cette période de l’année, bien fourni, preuve que la mécanique est là bien huilée. Je vous invite donc à aller voir directement sur le site de l’événement mais à la louche, je vous servirai quand même les noms de Arctic Monkeys, Christine and the Queens (il me semblait pourtant qu’elle avait changé de nom d’artiste…), Muse, Oscar and the Wolf, Paolo Nutini, Queens of the Stone Age, Rosalia, Red Hot Chili Peppers, Tamino, Stromae… Une liste d’invités impressionnante, mais qui a un prix. Le combi ticket pour les 4 jours est à 292 euros. L’ancien Yes2day, repris sous le nom du FeelGood depuis qu’il est chapeauté par Radio Contact, avait pour habitude de clôturer la saison wallonne, en prenant place dans le calendrier le premier week-end de septembre. Avec la réforme du rythme scolaire, le festival aqualien change son fusil d’épaule en visant cette fois l’ouverture de la saison sur le sol des francophones. Et ce n’est pas la seule modification annoncée puisque le site du festival va (légèrement) se déplacer histoire de permettre aux organisateurs d’accueillir le double du public pouvant arpenter l’ancienne infrastructure. On parle aussi d’une capacité de parking plus importante. Pour les détails pratiques, je vous renverrais vers le site officiel, mais voici déjà quelques noms des artistes de 2023. Le jeudi sera réservé à une soirée DJ’s avec Kid Noize, Daddy K, Mademoiselle Luna… le vendredi, c’est le solaire Christophe Maé qui emmènera l’affiche, laissant sa place le samedi à M.Pokora et Juicy notamment. Pour le dimanche, les clés seront confiées à Oli Soquette, Barbar O Rhum, Oli Tombeur et quelques autres. Pour le pass 4 jours, il vous en coutera ici 115 euros. Le week-end suivant, ce ne sont pas deux mais bien trois festivals qui pourront égayer vos vacances. Mais le choix ne devrait pas être trop difficile pour vous vu les styles très différents proposés et les localisations respectives de ces événements. 1. Les Ardentes (du 06 au 09 juillet). On fait le grand écart avec Werchter puisque qu’on rentre ici dans le monde de la musique urbaine avec ce rendez-vous désormais incontournable pour les amateurs du genre. Le line-up se dévoile au fil des semaines, mais certains noms font déjà parler d’eux avec notamment Aya Nakamura – Kendrick Lamar – Travis Scott – Disiz (la Peste) – Niska… Petit hic toutefois relevé par ceux qui se sont déjà rendus sur la billetterie, le prix des places a été revu à la hausse depuis la dernière édition. On parle désormais de 247 euros pour un pass 4 jours. Les organisateurs se sont rapidement expliqués en argumentant que vu le statut du festival, ils devaient désormais s’aligner sur les tarifs appliqués dans les autres événements de cette catégorie. 2. LaSemo (du 07 au 09 juillet) Un des pionniers dans l’approche écologique. Le festival se définit d’ailleurs maintenant comme 100% eco-responsable. Et le site du parc d’Enghien n’est pas à dénigrer. Il est généralement apprécié pour son ambiance conviviale et chaleureuse qui permet notamment à toute la famille de passer un moment agréable. Côté artistes,