Bertrix, c’est pas Marseille bébé, mais ça y ressemble presque…

Le deuxième jour du Baudet’stival se voulait résolument urbain dans sa programmation, du moins sur la scène principale. Pari réussi semble-t-il vu l’affluence enregistrée et surtout l’ambiance dégagée. A l’applaudimètre, les machines que sont Rag’n’Bone Man et Koba LaD ont évidemment fait mouche, mais les deux prestations les plus marquantes sont assurément celles des virevoltants 47 Ter et d’Alonzo qui semble en jambes pour s’offrir le stade Vélodrome. Nous reviendrons un peu plus tard sur les shows offerts par ces artistes car nous débutons ce petit feed-back de la journée par la scène « Contruisons demain », appelée aussi scène 2 ou découverte. La première à prendre le micro est Léa Pochet. Artiste régionale ou presque puisqu’issue des environs de Florenville, Léa présente un univers assez sombre, décliné en pop / rock / folk aux accents francophones. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, son dernier single « Destin » est un bel exemple de son travail actuel. C’est ensuite au tour d’ODC de prendre place sur les planches. De deux (Léa étant accompagnée de son claviériste), on passe à quatre, même si deux personnages sortent effectivement du lot. L’un des musiciens, chanteur à ses heures, ne passe en effet pas inaperçu avec son look non genré, ses cheveux teints et ses nombreux piercings. Mais le personnage central du band reste Célia, un petit bout de femme à la voix très puissante dotée d’une présence scénique remarquable. Elle est très belle et sait jouer sur cette corde. Ne tombez dans les clichés de la femme fatale qui mène tout le monde à la baguette ou au contraire de la femme objet, Célia assume sa féminité mais se considère comme un membre indissociable du band. Formé en 2017 dans la région parisienne, ODC a pris du galon, et surtout un coup de projecteur, en 2021 en signant avec Blood Blast Distribution. Depuis, les tournées s’enchaînent et le public se déchaine. A découvrir. On reste dans le rock, mais un peu plus « british » avec The Rackers. Si le groupe provient bien de Belgique, c’est en effet dans la culture musicale anglo-saxonne, et essentiellement des 90’s et début 2000 que ses membres puisent leur inspiration. On y décèle des arômes d’Oasis avec une pointe de Franz Ferdinand et une pincée d’Arctic Monkeys. Même scène, autre ambiance avec Maya Nashoba, une artiste belge (aux racines turques) qui n’a pas peur d’étaler ses hantises et ses doutes en musique, comme une forme de thérapie artistique. « J’ai composé ces morceaux en 2019, alors que j’étais au plus mal. Je traversais alors une forme de dépression » nous glisse subtilement celle dont l’apparence physique fait immédiatement penser à la Sinead O’Connor de 1994. Même visage angélique et surtout coupe de cheveux identique. Mais le parallèle s’arrête là, du moins espérons-le, vu la fin tragique de la chanteuse irlandaise. Une autre belle découverte pour nous, avouons-le car c’est subtil, mélodieux et très bien écrit. Vient alors l’enfant du pays… tout proche, Florent Brack. Vainqueur de l’émission « The Voice Belgium » en 2015, Florent a pris le temps de se forger un univers, et appris à poser sa voix à la British and Irish Modern Music à Brighton. Fort de son expérience scolaire, mais aussi sur scène, où il a, nous rapporte-t-on, déjà dû faire face à quelques impondérables (NDLR : Florent, pense à protéger tes doigts), Florent vient de sortir son premier album « Faces », opus qu’il défend désormais bec et ongles avec brio. Et pourtant, il y eut bien un petit stress de dernière minute ce samedi puisqu’au moment de débuter son show, aucun son ne sortait du micro ! Un présentateur en chauffeur de salle improvisé, un ingénieur du son à la rescousse et quelques minutes suffiront finalement à rétablir une situation mal embarquée. Heureusement d’ailleurs, car dès les premières notes, le public est venu remplir la place de ce second espace. Nous pensions, à tort visiblement, que la plupart des spectateurs du jour étaient à tendance rap, prêts à passer la journée devant les barrières de la scène où les cadors du genre se produisaient, mais l’Ardennais a su les détourner du chemin obscur (référence à I AM), du moins le temps de son set. Ce menu, déjà copieux, était servi avec une performance de Matho et Xal en guise de pousse-café, mais nous étions déjà rassasié et avons donc fait l’impasse sur ce met gourmand. Par contre, notre pérégrination ne s’est pas arrêtée en si bon chemin pour la cause, à côté de la scène B (ou 2, c’est selon) se trouve la Place des Trois Fers et son accompagnement de stars. La première n’est autre que l’animateur vedette du 6/9 de Tipik, Gaetan Bartosz, transfuge de la rentrée dernière (passé du giron RTL avec Radio Contact au fief RTBF) et présentateur, pour la première fois, au Baudet. Un novice donc, comme Oney, groupe formé à l’initiative de l’Arlonnais Noé Remy, rappeur solo à la base qui a vu le rejoindre des musiciens d’horizons divers comme Pierre Thollembeck (Clavier), féru de musiques électro, Félix Schipman (batterie),William Odobescu (guitare), résolument rock, et Charles Wilmet, un saxophoniste actif dans un band de reggae. Le tout donne un mélange détonnant, mais harmonieux. Et pour sa première grande scène, Noé ne se démonte nullement. Une belle surprise. Arrivent alors deux jeunes pousses toutes fraichement sorties du tourbillon médiatique de la Star’Ac, Julien et Axel. Sans réelle mise en scène ni accompagnement live, difficile de pouvoir se faire une idée de leur potentiel. On peut juste relever que les capacités vocales sont réelles et que Julien ose déjà se frotter à Brel. Mais voilà que grimpent sur scène de vrais habitués des planches, les 47 Ter. Pierre-Paul, Blaise et Lopes n’en sont effectivement pas à leurs débuts. Le trio multiplie les prestations depuis quelques années, et frappe toujours juste. Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil dans l’assemblée pour se rendre compte qu’une grosse partie du public est là pour le sympathique trio de Paname. Rap, chant, danse … tous les ingrédients sont présents. Accompagnez cela
Typh Barrow illumine le ciel chargé de Bertrix.

Les conditions climatiques de ces derniers mois ne nous donnent pas vraiment l’impression d’être en été. La pluie ne cesse de s’inviter quasi quotidiennement et ce fut encore malheureusement le cas ce vendredi à Bertrix où se tenait la première journée du Baudet’stival, même si il n’y avait finalement qu’un léger crachin, et ce par intermittences. Du coup, le public est arrivé relativement tard sur la place des Trois Fers, qui était toutefois bien remplie pour les deux étoiles les plus attendus de la soirée, Typh Barrow et Christophe Willem. Beaucoup d’entre vous ont donc manqué les premiers artistes du jour, mais rassurez-vous, nous avons rapporté quelques clichés dans nos valises. Par contre, autant vous le dire, vous auriez sans doute apprécié la plupart des prestations du jour. La première à ouvrir le bal est ODE sur la scène annexe. Disons plutôt le premier puisqu’il s’agit d’un groupe, assez récent dans sa composition actuelle. Son histoire débute durant le confinement, au moment où Aude et John composent en duo. Quelques mois plus tard, ils sont rejoints par le bassiste Gino Caponi et le batteur Gilles Servais. C’est ce quatuor qui délivre donc les premières notes de cette édition 2024. Celles-ci sont mélodieuses et assez rafraichissante, comme la voix de son interprète, Aude Delcroix. Vous connaissez la ritournelle désormais, une scène succède à l’autre, et ici, en l’occurrence, un style en balaye un autre car avec Suasion, on rentre dans du rock très brut, presque bestial par moments. L’entrée du show est tonitruante et ce n’est encore qu’un aperçu de l’énergie qui va se dégager de cet autre quatuor qui n’a pas peur de mouiller le tee-shirt. Vainqueurs du podium tremplin de 2023, ils n’avaient pu profiter de leur récompense, à savoir un passage sur la main stage, le dimanche à cause d’une tempête qui avait contraint les organisateurs à décaler le planning de quelques heures. Cette fois, c’est une véritable tornade qui a déboulé sur Bertrix, mais musicale celle-là. Avec un an de barrique en plus, Suasion a encore pris de la bouteille, occupant à merveille ce grand espace qui s’est enfin offert à eux. Retour sur la catégorie « Tremplin » avec Emy Sakura. On bascule encore dans un autre monde. Visuellement d’abord car ce bijou sur le front fait penser à un dessin animé des années 90 où une petite fille sauvait le monde d’un coup de baguette magique. Musicalement, ensuite, car l’artiste joue ici plus sur le poids des mots, liés à son histoire personnelle. La transition est toute trouvée pour filer se prendre un petit bain de soleil au bord de l’océan avec Fugu Mango et ses rythmes tropicaux. Si les albums (deux actuellement) sont composés par les frères Lontie, ces derniers s’entourent de toute une troupe, métissée, pour ses tournées. Un mélange de cultures qui se retrouve dans leur musique et leurs pas de danse, mais il faudra désormais prendre en compte un nouveau paramètre, le choc de générations. Et oui, le fils de Vincent se prend lui aussi au jeu en venant accompagner, au clavier, toute la troupe sur scène lors d’un morceau sorti de l’esprit paternel voici peu. Joli moment de complicité et de professionnalisme déjà, la jeune pousse étant concentrée et appliquée jusqu’à l’ultime seconde. On bascule face B, pour retrouver une tête déjà vue un peu plus tôt dans la journée puisque Steffi Pacson concourt pour la catégorie Tremplin, mais elle fut aussi invitée à jouer un morceau sur la scène principale avec Suasion. Cette fois, c’est en solo, ou presque, que cette artiste originaire de Long Island (New-York – USA) se produit. Ne vous fiez pas à son petit air angélique et espiègle, la jeune demoiselle cumule déjà les casquettes de auteur-compositeur-interprète, productrice, pianiste et ingénieur du son, sans oublier qu’elle vient de lancer son studio d’enregistrement personnel. Pour les adeptes des télécrochets, Steffi est également passée dans la version belge de The Voice. C’était dans l’édition 5, où elle avait été sélectionnée par Quentin Mosimann. Un saut de puce nous ramène sur la Place centrale de la ville avec un groupe qui fait toujours recette, Ykons. Renaud, Yann, Dave, Patrick et … le batteur de Suasion (en remplacement de Bernard) n’en sont pas à leur coup d’essai au Baudet’stival. Les potes des hauts plateaux de Liège connaissent la musique et tous les petits tours qui vont avec pour se mettre un public en poche. La scénographie s’est enrichie d’un podium surélevé sur lequel trônent les lettres du groupe, les membres arborent désormais des tenues de scène à leur effigie (le presque célèbre logo aux losanges) et les voilà décontractés comme jamais vu le nombre d’heures de shows accumulés depuis leur dernier passage dans la région. En quelques mètres, nous passons de Herve à Montréal avec Lumière, le projet solo d’Etienne Côté, ce Canadien venu défendre seul son concept glam rock tout droit renvoyé dans les sixties / seventies. Sans accompagnement (il expliquera que ses musiciens ont été retenus), avec sa seule guitare comme comparse, il nous propose une prestation toute en simplicité, en apparence, car son personnage est complexe, fragile, comme écorché par la vie actuelle. La passerelle est belle vers une autre artiste qui n’a pas été épargnée par les aléas de la vie, Typh Barrow. Mais la chanteuse (autrice et compositrice) et pianiste originaire de Bruxelles a toujours su rebondir, utilisant ces « incidents » comme des propulseurs non conventionnels. Ainsi, son kyste posé sur les cordes vocales depuis son enfance aurait pu la priver d’une carrière artistique, mais au contraire, elle est devenue l’une des plus belles voix du royaume, ce qu’elle n’a pas manqué de nous prouver encore ce vendredi avec une longue et haute note sortie d’un autre univers. Mais mon parallèle allait encore plus loin que ce rappel de l’histoire particulière de Typh puisqu’elle s’est présentée cette fois avec un bras (le droit) en écharpe. « Je me suis malencontreusement cassé l’épaule en participant à Fort Boyard (elle était annoncée sur la version belge de la célèbre émission
Du 12 au 14 juillet, la Place des Trois Fers vibrera de toutes parts.

Vu les conditions climatiques de ces dernières semaines, et les annulations d’événements en cascades, on aurait tendance à oublier que nous sommes en été, et plus précisément dans la période des festivals musicaux tant attendus par beaucoup d’entre vous, du moins dans le sud du pays car au nord, le Grasspop a su tenir son rang entre les gouttes, malgré quelques désagréments pour les campeurs, et Werchter est en pleine ébullition actuellement. Mais pour le week-end de la fête nationale de nos voisins hexagonaux, nous effectuerons un léger déplacement vers le sud, histoire de poser pour 3 jours notre sac photo à Bertrix, en province du Luxembourg, pour le plus grand événement musical de la région, le désormais incontournable Baudet’stival. Pour l’occasion, la place du village, celle des Trois Fers, sera comme de coutume fermée à la circulation car c’est bien là, au cœur de l’entité bertrigeoise, que vont se succéder, du 12 au 14 juillet, de nombreux artistes connus ou émergents, francophones mais aussi anglophones, en solo ou en groupe, plutôt urbain, rock ou pop … vous l’aurez compris, il y en aura pour tous, car c’est l’un des atouts de ce festival qui malgré l’importance du public drainé a su garder un esprit familial. Un autre point important, l’événement se déroulant dans le centre-ville, tout est bétonné. Les habitués de festivals comprendront rapidement pourquoi j’évoque ce point de détail. Pour les aspects pratiques, on reprend quasi les mêmes ingrédients que les années précédentes à savoir un paiement des boissons et nourriture via un système de bracelet électronique rechargeable à l’aide de votre gsm ou des bornes (principe du cashless), la présence de plusieurs foodtrucks et commerces locaux pour vous sustenter ainsi que des parkings de délestage autour du site à partir desquels sont organisés (pour certains seulement) des parcours de navettes. Pour tous ces aspects pratiques, visitez le site www.baudetstival.be, tout y est détaillé. Côté artistes, on garde aussi le même principe que ces dernières éditions, à savoir deux scènes, la principale sur la place même, l’autre, intitulée « Nous construisons demain », à quelques mètres à peine. Les deux scènes étant très proches donc, le principe de l’alternance est de mise afin que les sons ne se mélangent pas, ce qui vous permet aussi, parfois (pas si le site est full malheureusement) de pouvoir apprécier tous les shows sans en manquer une seule miette. C’est bien beau tout cela, mais qui va venir fouler les planches de ces scènes ? Pour plus de lisibilité, nous dénommerons ici la scène principale la scène 1. Par extension, l’autre sera la scène 2. Programme du vendredi 12 (ouverture des portes à 16h00) Scène 2 : 17h00 Øde (Tremplin) 18h00 Emy Sakura (Tremplin) 19h10 Steffi Pacson (Tremplin) 20h40 Lumière 22h15 Minor Minor 00h15 Black Orchid Tribe Scène 1 : 17h30 Suasion 18h30 Fugu Mango 19h40 Ykons 21h15 Typh Barrow 22h45 Christophe Willem 01h00 Calumny Vous aurez remarqué que l’on évoque pour les trois premiers artistes de la scène « découverte » une mention Tremplin. Le principe est le même que ces dernières sessions, le vainqueur aura la chance de pouvoir se produire en ouverture de la scène principale dimanche. Voici (encore) l’une des caractéristiques de cette organisation conviviale, le festival n’a pas la mémoire courte avec ses artistes, et ceux-ci le lui rendent bien. Il n’est pas rare, en effet, de voir que l’un ou l’autre artiste proposé une saison revienne (rapidement) à l’affiche. Ce sera notamment le cas de Suasion, Ykons et Black Orchid Tribe, trois groupes qui avaient enchanté le public lors de leurs prestations. On salue aussi l’arrivée dans le line-up de l’une des plus belles voix de notre pays, Typh Barrow, qui réservera finalement l’exclusivité de sa prestation sur notre territoire au Baudet (elle était initialement prévue à l’Inc’Rock mais la météo en a décidé autrement). Autre artiste très attendu car aussi victime des conditions climatiques de ces dernières semaines (il devait, lui, se produire au FeelGood), l’inimitable Christophe Willem. Et pour ceux qui peuvent se libérer dans la soirée, Fugu Mango est un pur moment de détente musical, direction les tropiques. (PS : on croise les doigts pour que le groupe propose sa reprise de « Golden Brown », c’est excellent). Programme du samedi 13 (ouverture des portes à 13h30) Scène 2 : 14h30 Léa Pochet (Tremplin) 15h30 ODC (Tremplin) 17h00 The Rackers (Tremplin) 18h30 Maya Nashoba 20h10 Florent Brack 21h50 Matho et Xal 00h20 A!den Scène 1 : 15h00 Oney 16h00 Julien et Axel (Star’Ac) 17h30 – 47 Ter 19h10 Koba La D 20h50 Alonzo 22h50 Rag’n’Bone Man 01h00 Dj Pops Pour cette deuxième journée, on se tourne plus vers l’urbain et la soul, du moins au niveau de la scène principale où nous sommes particulièrement impatient d’assister au concert de Rag’n’Bone Man, l’interprète de l’une des plus belles chansons de ces dernières années (Human). Impressionnant par son physique (nombreux tatouages sur le visage, notamment sous les yeux) mais surtout par sa voix (baryton), Rory Charles Graham, de son vrai nom, est le coup de maître de la programmation 2024. Mais d’autres artistes de cette journée sont très attendus comme les rappeurs Koba La D et Alonzo. Pour notre part, nous sommes toujours heureux de voir les 47 Ter qui ne manquent jamais d’énergie (positive) et curieux de voir Maya Nashoba sur scène car son clip « L’appel du loup » est très prometteur. Programme du dimanche 14 (ouverture des portes à 12h30) Scène 2 : 14h00 Zoé Josephine 15h20 Gabriel Seize 16h40 Marion ft Nationale 3 18h10 Fily Leela 20h30 The Flints 23h00 Nice Idée Scène 1 : 14h40 Gagnant Tremplin (voir plus haut) 16h00 Doria D 17h20 Colt 19h00 Claudio Capéo 21h30 Bigflo et Oli 23h45 Daddy K Pour ce dernier jour de festival, on mélange un peu tous les genres, surtout sur la scène « Construisons demain ». Pour ceux qui n’envisagent pas de rester absolument collés aux premiers rangs de l’espace principal (on sait que Bigflo et Oli sont attendus), nous vous encourageons à aller jeter une oreille du côté de cet espace « bis » qui pourrait vous réserver
D’avril à septembre, les notes vont swinger un peu partout.

2024 s’éveille à peine qu’il est déjà grand temps pour les amateurs de festivals de commencer à cocher les dates importantes dans leur calendrier car il se pourrait que cette année, encore plus que les précédentes, certains soient confrontés à des choix manichéens. Il n’est en effet pas rare de voir plusieurs festivals se « partager » un week-end, mais l’agencement du nouveau calendrier scolaire en Belgique, qui « limite » depuis peu la période de vacances d’été de début juillet à fin août (alors que précédemment il n’était pas rare de voir des étudiants libérés de leurs obligations dès le 20 juin et ne reprendre le chemin des amphithéâtres qu’à la mi-septembre), et, surtout, l’organisation des Jeux Olympiques à Paris (et quelques autres sites un peu partout en France) chamboule encore un peu plus un agenda qui pouvait déjà générer quelques prises de têtes chez certains. Quel est le rapport entre les JO et des festivals demanderont certains d’entre vous? Et bien la sécurité. De nombreux services publics (pompiers, police, services travaux des collectivités….) vont être à pied d’œuvre durant toute la période des jeux (du 26 juillet au 11 août). Sans oublier que les jeux paralympiques suivront rapidement (du 28 août au 08 septembre). Voilà quelques week-ends durant lesquels de nombreux élus de l’Hexagone ne pourront donc accepter d’événements majeurs sur leur territoire, et cela sans tenir compte des heures de récupération qui devront aussi être allouées dans la foulée. Les organisations sur terrain privé ne nécessitant pas de personnel des services publics (ils sont rares car la gestion du flux de public incombe en partie à la police) pourraient contourner ce problème avec des services de sécurité privés… mais ils sont tous (ou presque) occupés par ces JO et tout ce qui tourne autour. Ces paramètres évoqués juste ci-dessus expliquent pourquoi quelques week-ends, et deux particulier, ceux des 13-14 et 20-21 juillet, vont voir exploser le nombre de festivals organisés à ce moment. Hormis pour ceux d’entre-vous qui manient habilement le don d’ubiquité, l’heure des choix va donc sonner. Afin de ne pas vous retrouver le bec dans l’eau, ou pour le moins assez démuni face à une billetterie qui afficherait déjà complet, nous vous avons concocté un petit agenda avec les renseignements qui sont déjà disponibles, et ce concernant les festivals que nous connaissons. Il ne s’agit donc pas d’une bible ou d’un annuaire complet reprenant toutes les organisations musicales « estivales », mais juste de quelques pistes pour organiser votre agenda en fonction des événements que nous avons présélectionnés (vous verrez, certains très connus ne figurent pas dans cette liste). Pourquoi attendre juillet pour s’amuser ? Nous ne sommes pas les seuls à nous poser la question puisque certains organisateurs ont pris le pari d’entamer cette saison des festivals dès avril. Chez nous, les Nuits Botaniques sont devenues incontournables au fil des années (ce sera la 31e édition en 2024). Il est donc tout naturel de débuter cette présentation par ce festival un peu particulier puisqu’il s’étale du 24 avril au 05 mai. Bonne nouvelle pour ceux qui ne pourraient se déplacer, cet événement sera couvert par l’un des artisans de ce site, Fabian Braeckman. Vous pourrez donc retrouver des reportages sur ce festival sur notre webzine. Mais comme c’est quand même toujours mieux de vivre l’expérience en live, nous vous invitons à vous rendre sur le site du Botanique pour prendre connaissance de la programmation complète (et réserver vos places). Plusieurs lieux, une programmation assez hétéroclite, des artistes à découvrir … Pour ceux qui se rendraient en France fin avril, on aura aussi Le Printemps de Bourges (du 23 au 28) avec des artistes d’un certains calibre – 24 : Mika / Kyo / Martin Solveig / Santa / Zaho de Sagazan – 25 : Hoshi / Shaka Ponk / Matmatah / Oliva Ruiz – 26 : Silly Boy Blue / Luidji – Bon Entendeur / PLK … – 27 : Bekar / Niska … – 28 : M.Pokora / NEJ) – Accès, 49 euros par jour (sauf le dimanche, 45) mais le 25 et le 27 sont déjà complets et les passes Week-ends sont aussi écoulés. Le temps de vous remettre de ces premières émotions musicales, on fait le pont jusqu’au 17 mai, jour initial de l’Inc’Rock festival (du 17 au 19 mai). Aucune info n’a encore filtré et c’est le mystère donc concernant l’affiche de cette nouvelle édition de l’événement qui se déroule à Incourt. Le week-end suivant, c’est à Anthisnes en province de Liège, que nous irons probablement déclencher quelques rafales à l’occasion des Anthisnoises, un festival de musiques celtiques très accueillant. La date est connue (du 24 au 26 mai) mais là aussi, le voile n’est pas tombé concernant les groupes qui se produiront. De mai, on passe à juin, avec les Francofolies d’Esch-Sur-Alzette au Luxembourg du 06 au 09. L’affiche complète n’est pas encore disponible, mais les amateurs de rap/hip-hop apprécieront le line-up du vendredi (Ninho, Tiakola, Luidji…), le samedi, on aura du très prisé avec Lost Frequencies, Zaho De Sagazan, Apashe et Shaka Ponk notamment. Quant au dimanche, il ne sera pas en reste avec David Guetta, l’Impératrice, Olivia Ruiz, Mentissa, Santa et Julien Granel. Le pass 3 jours est à 130 euros, les tickets journaliers à 56 ou 64 euros selon le jour. Pour le dernier week-end du mois, un choix cette fois géographique et musical s’impose puisque d’un côté nous aurons le rock consistant du Hellfest, et de l’autre la bande de Contact qui sera aux commandes du Feelgood à Aywaille, et tout ceci du 27 au 30 juin. Hellfest (Clisson en France) : un line-up de folie pour les amateurs du genre avec Megadeth, Metallica, Queens of the Stone age, Mass Hysteria, Lofofora … mais aussi Foo Fighters, The Prodigy, The Dropkick Murphys, Bodycount ft Ice-T et Shaka Ponk qui pour sa tournée finale s’est concocté un beau calendrier. Petit bémol, tous les pass 4 jours ont été écoulés depuis un certain temps et il est quasi impossible de pouvoir encore trouver un ticket, même pour une seule
Ouf, les festivaliers bertrigeois sont passés à travers les gouttes…
Le succès de foule du samedi (voir nos articles précédents) annonçait un dimanche particulièrement attendu au Baudet’stival, surtout par les fans d’Amir et de Matt Pokora, deux artistes qui n’ont pas leur pareil pour enflammer les scènes, l’un par sa jovialité et ses textes poignants, l’autre grâce notamment à des scénographies remarquables. Il faut dire que l’homme est un excellent danseur qui n’hésite pas à s’entourer des meilleurs pour ses chorégraphies. Mais peu avant midi, une nouvelle inquiétante est annoncée sur les ondes, le festival des Ardentes, du côté de Liège, annule sa dernière journée à cause des conditions climatiques précaires. La pluie, le vent, mais surtout les orages remettent en question la tenue des événements en plein air. Ainsi, les parcs bruxellois sont interdits au public. Il n’en faut pas plus pour que les organisateurs et instances administratives aux quatre coins du pays ne se réunissent pour envisager divers scénarios (ou scénarii pour les adeptes du français appliqué). C’est aussi le cas, vous l’imaginez, à Bertrix, où la jeune Marion Duplicy vient d’entamer sa performance sur la scène annexe devant un parterre déjà garni. Il faut dire que la toute jeune demoiselle ne met pas une note à côté lors de ses reprises de grands standards. La pluie s’invite toutefois au concert, et avec elle le personnel de sécurité du site, mais aussi la police. Il faut évacuer la place. La décision est en effet tombée, le festival est …postposé à 18h00. Une décision similaire sera d’ailleurs prise à LaSemo. Si quelques spectateurs se montrent réticents, ne comprenant pas de suite l’information, tout se passe finalement dans le calme car il y a tout de même du positif dans cette annonce : sauf retournement de situation (climatique), les artistes les plus attendus pourront bien se produire ce dimanche sur la Place des Trois Fers. Commence alors une attente qui parait longue pour les personnes qui cherchent à s’abriter des averses qui s’abattent désormais sur la région mais sans s’éloigner trop de l’entrée car l’objectif de certain(e)s est évidemment de se retrouver au plus près de leur(s) artiste(s) préféré. Et quoi de mieux que le très prisé premier rang pour cela ? C’est finalement sur le coup de 16h45 que les premiers festivaliers peuvent réintégrer le site, permettant ainsi au public de ne pas avoir à se presser inutilement devant l’entrée et aux plus impatients de (re)venir s’installer aux avant-postes. Opération réussie de ce côté donc. Mais ce que vous n’imaginez peut-être pas, c’est tout le travail de coordination qui doit être réalisé pendant ce temps par l’équipe d’organisation et les équipes techniques du festival. En effet, près de quatre heures se sont envolées et l’on conçoit difficilement de pouvoir simplement déplacer tout le line-up de cette période. Cela voudrait dire d’entamer la dernière performance vers 04 heures du matin, lundi ! Le voisinage, le personnel engagé et/ou volontaire, et les artistes ne pourraient accepter cela. C’est donc là que Mathieu Rossignol et son équipe entrent en scène. Enfin, c’est juste pour l’expression car, en fait, il y a une multitude de détails à régler au fil des heures sur un tel festival donc on ne vient pas subitement les réveiller d’un long sommeil. Mais là, il faut prendre des décisions radicales, souvent en concertation avec les différents intervenants, certes, en très peu de temps, et surtout en imaginant les répercussions qu’elles pourraient avoir. Et l’un de ces décisions porte sur le nouveau planning des concerts. Passent ainsi à la trappe Pierre Lizée (qui était déjà sur le site avant l’évacuation), Fily Leela, Minor Minor et Marion Duplicy, qui n’était pas dans des conditions optimales lors de sa première apparition pré-tempête. Ces artistes auront toutefois un accès prioritaire pour performer sur l’édition 2024, s’ils le désirent. Tout comme Suasion qui aurait dû se produire sur la scène principale après avoir remporté le vote du jury pour le concours « découvertes ». Autre petite particularité : pour permettre aux équipes techniques de pouvoir enchaîner les plateaux, ML, alias Maria-Laetitia, la chanteuse du groupe Sonnfjord, a accepté de « glisser » de la scène principale à la scène annexe. Ces détails relationnels et techniques réglés, il est grand temps d’ouvrir officiellement le bal… euh, le dernier jour du festival, avec une artiste très touchante et extrêmement sympathique, Mentissa. Propulsée par le programme tv The Voice France, la jeune demoiselle a une voix exceptionnelle qui s’unit à merveille aux paroles des chansons composées pour elle notamment par son ex-coach, Vianney. Son album « La vingtaine » cartonne et elle aussi puisqu’en quelques mois à peine, elle a déjà remporté la Victoire de la révélation féminine de l’année et l’NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année. Avec Pierre De Maere, Angèle et Stromae, elle fait partie de cette génération belge qui s’exporte brillamment outre-quiévrain. Balance, Mama Mia, Et Bam, Paris-Bruxelles… les titres s’enchaînent, le public chante, le soleil est de retour, que demander de plus. On en viendrait presqu’à oublier toutes les péripéties des heures précédentes, mais c’est ça aussi la force d’un(e) artiste, nous emmener loin de nos tracas. Filons vers cette scène B où la chanteuse de Sonnfjord se produit sous le patronyme de ML, les initiales de son prénom en fait, pour un projet en français cette fois. Sa voix se pose sur des morceaux calmes comme « Un peu plus haut », mais personnellement, j’opte toujours pour « Nuit noire » et son refrain entraînant qui mériterait peut-être un peu plus de visibilité sur certaines radios… On reste dans des textes touchants en français avec le pétillant Amir qui fait exploser une bulle d’énergie dès son entrée sur les planches. « Viens on fait la fête ce soir, ça vaut la peine, juste pour voir… ». C’est de circonstance, mais c’est surtout la chanson de l’année 2023 sur TF1. Un trophée dont Amir est le double tenant du titre puisqu’il y une saison, c’était « Rétine » qui trustait le fauteuil rouge. Toujours aussi cool/apprêté dans ses tenues, un peu à la Christophe Maé, le franco-israélien ravit toute l’assemblée, comme à son habitude devrait-on dire.
Un samedi placé sous le signe du rap.

Avec Eusep, Oster, Robin, Fresh, Naps et le duo tant attendu des frérots Gims/Dadju, les amateurs de musique urbaine étaient aux anges. Et les organisateurs aussi puisque la place des Trois Fers était noire de monde dès 17h00, et ce malgré un climat presque tropical, le soleil omniprésent poussant des pointes proches des 30 degrés celsius. Il fallait donc bien penser à s’hydrater, s’enduire de crème solaire et se résoudre à s’équiper de lunettes solaires et d’un couvre-chef si l’on voulait garder une place de choix pour le clou du spectacle, le show (car ce fut un véritable spectacle, avec des effets pyrotechniques) rarissime des deux stars issues de la même famille (ils se produiront encore fin août à Scène-Sur-Sambre, mais ces deux dates étaient les seules dans nos contrées pour cet été). Heureusement, l’expérience de l’équipe gérant le festival (on lui souffle quand même sa dixième bougie cette année) a parlé. Des lunettes et des chapeaux aux couleurs de divers partenaires étaient distribués aux abords de la place forte de l’événement, et trois bars étaient installés face aux deux scènes. Ce n’était pas trop compte-tenu du développement démographique temporaire de la commune, habituellement fréquentée par 8000 habitants. Ici, sur les abords immédiats de la seule place centrale du village, on dépassait déjà ce nombre (8000 entrées étaient déjà réservées en début de journée, mais quelques centaines ont encore été vendues aux caisses, faisant passer la jauge près du sold-out complet puisque la capacité maximale du site est de 9000 places). Comme la veille, c’est la scène B qui débute les hostilités avec Filo, venu avec quelques amis pour l’occasion (ils se sont finalement retrouvés à six sur le podium). On file ensuite vers la scène principale sur laquelle débarquent Oster, ses danseuses et ses featurings. Short kaki style militaire, tee-shirt uni et bob de circonstance, le garçon apparaît en toute décontraction, mais son set est déjà bien rodé avec des tableaux chorégraphiés, et les apparitions de deux autres artistes invités. Avec Eusep, on rentre dans le dynamisme de la jeunesse. Lui non plus n’est pas venu seul et c’est finalement à deux qu’ils égaient la petite scène. A cette heure, il est encore possible de voyager entre les deux espaces musicaux et de trouver un coin d’ombre, mais le public commence à arriver en masse. Ils sont donc déjà nombreux à pouvoir admirer Robin, un autre représentant de la scène urbaine émergente. Petit plus de ce jeune homme, ses pas de danse font parfois penser à un certain Michaël et il joue de la trompette. Un peu plus loin se produit, sur le coup de 17h25 le groupe Suasion. Surprise pour ceux qui ont fait le court déplacement vers le centre culturel, ce n’est pas du rap, mais plutôt une sorte de rock fusion qui est au programme. Les riffs de guitares s’enchaînent tandis que le chanteur, ganté d’une seule main, se donne corps et âme dans une prestation haute en couleur. Il saute, virevolte, tournoie, grimpe sur le retour son… c’est dynamique et visiblement cela plaît au jury de la compétition découverte puisque c’est Suasion qui a gagné le droit d’ouvrir le bal de la grande scène le dimanche. Après cette brève incursion dans le rock, retour au rap pur jus avec le deuxième Liégeois de la bande, l’impressionnant Fresh. Impressionnant par sa carrure, son entrée son scène (bandanas noir sur le crâne, gilet pare-balle, pantalon à poches noir) et son occupation de la scène. Il est vrai qu’il est bien aidé par ses danseurs et par son complice de joutes vocales. On est déjà là dans du (re)connu des amateurs du genre. C’est solide. A quelques encablures à peine, c’est Olive qui va entrer sur scène. Mais qu’est-elle venue faire dans cette galère ? Sans paraphraser Molière (les plus érudits auront reconnus une célèbre réplique de l’auteur français), il faut bien dire que ce petit bout de femme qui déclame ses mélodies en français dénote avec nos grands gaillards rappeurs. C’est d’ailleurs son entrée en matière, ou plutôt l’intro de son show. Mais point de tomates ou de sifflets à l’horizon, au contraire, sa fraîcheur ravit l’assistance qui trouve là un registre différent mais pas moins intéressant pour la cause. Certains ont toutefois campé devant la scène principale car c’est l’une des révélations de l’été dernier qui pointe le bout du nez, Naps et sa « kiffance ». Avec des titres aussi connus, le public se régale. De notre côté, nous ne tardons pas à retourner sur la scène annexe car on y trouve souvent de bonne surprises, comme At Night, que personnellement nous n’avions pas encore pu voir en live. Formé autour d’une chanteuse charistmatique (sa coupe de cheveux, avec notamment sa mèche blonde, mais également son piercing nasal et ses tatouages ne lui permettent pas de passer inaperçu), ce groupe balance du très bon son, et se permet même de reprendre un titre des Communards à la sauce perso. Ce n’est pas tout ça, mais il est grand temps pour nous de fendre la foule pour aller retrouver nos compères tant attendus. Mais diantre, il est impossible d’approcher la scène. La foule est telle qu’il ne reste plus un mètre de libre sur la Place des Trois Fers. Heureusement pour nous (et pour vous, sinon, les photos passaient aussi à la trappe), un membre de l’organisation nous guide par un chemin détourné vers le frontstage. Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, c’est ce petit espace compris entre la scène et le public, qui sert de zone tampon pour les artistes, la sécurité, les services de secours, mais aussi, pour quelques chansons, de zone de travail pour les photographes accrédités. Juste le temps de prendre connaissance des consignes de sécurité (et oui, le spectacle est accompagné de flammes, donc il faut éviter certains endroits, sous peine de se voir prendre un fameux coup de chaleur), que Dadju se présente face au public en entonnant son très emballant Bob Marley. En deux secondes, le public est conquis,
Les Baudets sont dans la place…

Et oui, un baudet, c’est un âne. Mais ne le prenez pas mal. On ne dit pas que les festivaliers sont des ignares ou des gens têtus plus que de nature. Non, le Baudet est simplement le symbole, ou plus exactement la mascotte du festival qui se déroule annuellement à Bertrix, sur la Place des Trois Fers. Un festival qui fête cette saison son dixième anniversaire, même si sa naissance est un peu plus ancienne encore (deux éditions n’ont pu se dérouler pendant la période de pandémie). Au programme, une multitude d’artistes évidemment, d’univers divers puisqu’on y retrouve le rock de Kyo, le rap de Gims, la pop de Matt Pokora, l’envolée électronique des Juicy, la poésie de Bérode et … la kiffance de Naps. Sans oublier les deux chroniqueurs de Confestmag. Deux visions, deux approches et donc, pour vous, double dose de reportages et de clichés. Mais les premières notes qui retentissent dans le centre de la commune luxembourgeoise sont celles de Karma Phénix, un groupe local qui participe au tremplin découverte. Comme les années précédentes, la seconde scène sert en effet à occuper le public pendant les changements de plateaux et mises au point techniques pour le son et les lumières des shows de la scène principale, mais elle est également le théâtre de la formule de « promotion » des artistes émergents locaux, avec comme récompense pour le talent qui sort du lot un passage sur la « grande » scène en ouverture de la journée du dimanche. On file toutefois sur la Place, où le public commence, il est vrai, à peine à arriver, afin de se laisser bercer par les mélodies posées de Bérode qui a troqué son bonnet hivernal pour une casquette plus adaptée à ces conditions estivales. Retour sur la scène B, puisque l’alternance est de mise, et c’est The Flints qui s’y colle. Disons plutôt qui se produit car la performance est appréciée et appréciable. Rien à voir toutefois avec Thomas Frank Hopper qui va véritablement enflammer le centre-ville. Souriant et engagé, ce virtuose des instruments à cordes, mêmes vocales, se lance dans un show entraînant qui ne laisse personne indifférent. Vous le connaissez un peu si vous nous suivez depuis un certain temps car nous vous l’avions présenté lors de son passage à Namur en juin 2022, mais beaucoup de personnes, en France et même dans le sud de notre pays, n’ont pas encore eu la chance de le voir performer. Et bien tous ceux qui l’ont découvert ce vendredi sont ravis, public et presse sont unanimes, c’est un vrai showman. Et pour le croiser à quelques occasions, un garçon très sympathique et disponible qui sait rester les pieds sur terre. En face, c’est Enid qui reprend le flambeau, ou plutôt le micro, en l’occurrence histoire de garder le public bien motivé pour la jeune Rori, dont le jeu de scène prend du galon au fil des prestations et dont le répertoire s’étoffe également. En effet, celle dont le « docteur » a fait décoller la carrière peut désormais compter sur les reprises en chœur du public de titres comme « Ma place » ou « C’est la vie ». Là, le rythme de croisière des festivaliers va déjà bon train. C’est donc un habitué du festival que les organisateurs laissent la barre temporairement avec l’incontournable Vincent B et ses acolytes. C’est rock, simple mais accrocheur, et la sauce prend… comme on dit en cuisine. Du rock, on passe à l’électro-pop planante de Juicy, un duo de jeunes filles bien sympathiques originaires de Bruxelles. Déjà présentes le week-end précédent au Feelgood, les demoiselles n’hésitent pas à faire des kilomètres pour proposer leur vision de la musique. Leurs tenues chatoyantes, leurs mimiques très marquées sur certains morceaux et leur univers très particulier emmènent les spectateurs dans une sorte d’univers parallèle où le temps n’est plus un repère. Et pourtant, il faut respecter un certain timing car Talkeys est fin prêt aussi sur la scène B et le public a cette fois rempli la place car il faut le dire, cette première journée du Baudet’stival est une réussite, musicale, mais aussi festive et organisationnelle. Roulement de tambours car on arrive au clou du spectacle, du moins pour beaucoup de personnes vu les logos strippés sur la plupart des tee-shirts massés dans les premiers rangs. Et oui, c’est bien Kyo qui débarque, pour une tournée spéciale des 20 ans de l’album qui les a propulsé au sommet des charts avec notamment « Le chemin » partagé à l’époque avec Sita ; cet album du même nom à l’histoire incroyable et aux chiffres records (1,5M d’albums vendus, 4 NRJ Music Awards, 3 Victoires de la Musique, 1 MTV Europe Music Awards,1 World Music Award et 1 Prix de la Sacem…) qui nous permet de retrouver un chanteur (Benoit) particulièrement marqué par l’accueil que lui a réservé le public. Et oui, on peut être une référence de la musique depuis deux décennies, multiplier les concerts, et malgré tout garder une petite porte qui laisse transparaître par moments des émotions poignantes. Et sans en dévoiler trop, vu que beaucoup d’entre vous iront sans doute suivre leurs aventures à Bruxelles ou Paris fin d’année, on peut vous dire que ça en vaut la peine. A Bertrix, nous avons sans doute vu l’une des plus belles prestations du groupe de ces dix dernières années. De très bon augure pour la prochaine tournée des salles. Après un tel show, il fallait pouvoir garder la cadence, et c’est Dj Pops qui a réussi cette mission en balançant du son très dansant, mêlant titres actuels et remixes de tubes plus anciens. Une formule qu’applique également Mister Cover, mais en live cette fois, et avec des prestations vocales qui sont toujours attendues par les plus courageux. J’entends par là que le groupe a débuté sa prestation à 00h40, après une multitude d’autres artistes, et que les jambes et la voix de certains deviennent, à cette heure, moins assurées qu’en début d’après-midi. Qu’à cela ne tienne, Mister Cover est toujours un produit gagnant. NDLR: retrouvez les
Une journée mémorable malgré les imprévus météorologiques
Le Baudet’Stival, l’un des festivals les plus attendus de l’été, particulièrement cette année pour ses 10 ans, a tenu sa troisième journée sur la Place des Trois Fers à Bertrix. Malgré, les prévisions météorologiques incertaines, une réunion improvisée et une ouverture des portes post posées suite aux orages, les festivaliers ont su garder le sourire et profiter pleinement de cet événement tant attendu. Dès le début d’après-midi, l’ouverture rassurante du site a apaisé les fans qui avaient campé depuis la nuit pour être aux premiers rangs de la Grande Scène. Les festivaliers se sont posé les mêmes questions : comment faire face aux intempéries et comment protéger nos précieux appareils photo pour capturer des moments inoubliables ? Heureusement, le soleil a fait une apparition surprise, gratifiant les participants de ses rayons chaleureux et permettant à tous de parfaire leur bronzage entamé depuis deux jours. Malgré les imprévus, les organisateurs ont fait preuve d’ingéniosité en modifiant le thème de la réunion hebdomadaire, en annulant certains concerts et en réorganisant les horaires pour maintenir certains autres à partir de 18 heures. Les 6000 festivaliers ont donc dû faire preuve de patience, mais leur enthousiasme était palpable, car ils savaient que le meilleur était à venir. À 16 h 45, les portes se sont réouvertes et les plus sportifs se sont lancés dans un sprint de 200 mètres pour obtenir une place près des barrières. Une petite attente jusque 18 h, le moment que choisi Mentissa, la jeune artiste de Denderleeuw, pour faire son entrée sur scène. Agée de seulement 24 ans, la protégée de Vianney a enchanté le public avec ses succès tels que « Et Bam » et des titres issus de son album « La Vingtaine ». Le talent de Mentissa et l’étendue de son répertoire ont suscité l’admiration. Son engagement avec le public a créé une atmosphère magique. Le temps de préparer la scène des décors pour la deuxième attente de la soirée épargnée par la pluie. Le souriant Amir a pris le relais sur scène. Dès son premier sourire, il a provoqué une hystérie générale parmi la gente féminine présente. Amir a offert un spectacle énergique, se trémoussant et dansant avec enthousiasme. Des titres tels que « Rétine », « Longtemps », « On dirait » et « Carrousel » ont conquis le public venu en masse. L’émotion était contagieuse, et Amir a laissé une impression indélébile à tous ceux qui ont eu la chance d’assister à sa performance. Et pour clôturer en beauté cette journée mémorable, M Pokora, maître de la danse et de la chanson populaire, a offert un spectacle spectaculaire. Avec 20 années de présence sur la scène musicale et une multitude de hits à son actif, M Pokora a démontré toute l’étendue de son talent de danseur et de chanteur. Accompagné d’un groupe de danseurs exceptionnels, il a enflammé la scène avec des performances chorégraphiées à la perfection. Les titres tels que « Juste une photo de toi », « Elle me contrôle », « On est là » et « Qui on est » ont fait vibrer le public, qui a participé activement à cette grande célébration musicale. Malgré les imprévus, le Baudet’Stival a su rester fidèle à sa réputation en offrant une expérience inoubliable à tous les festivaliers présents. Les organisateurs ont fait preuve d’une grande ingéniosité pour trouver rapidement des solutions et garantir le bon déroulement de l’événement. L’accueil chaleureux, la disponibilité et la sympathie qui ont régné tout au long du festival sont à saluer. Plus de 200 bénévoles ont contribué au succès de cette édition, et leur dévouement a été essentiel pour maintenir l’ambiance festive malgré les obstacles. Le Baudet’Stival 2023 restera gravé dans les mémoires comme un événement majeur de l’été. Les festivaliers ont vécu des moments de bonheur et d’émotion, partageant leur passion pour la musique dans une atmosphère conviviale et dynamique. Tous attendent déjà avec impatience la prochaine édition du festival, qui promet d’être tout aussi exceptionnelle.
Baudet’stival : Rap, énergie et moments forts
Le deuxième jour du Baudet’stival de Bertrix a été marqué par une programmation principalement axée sur le rap, attirant ainsi un public majoritairement jeune. Chacun a ses propres opinions sur ce genre musical, qui semble de plus en plus prédominant dans le paysage musical contemporain. Cependant, une observation personnelle soulève une question : la disparition progressive des musiciens au profit d’ordinateurs orchestrant les performances, parfois accompagnés d’un batteur ou d’un guitariste pour donner une apparence plus traditionnelle, avec une bande son préenregistrée en cas de besoin. Cette évolution peut laisser un sentiment de vide sur scène. Cependant, concentrons-nous sur le premier artiste qui a inauguré cette journée prometteuse, malgré la chaleur météorologique : Oster, un artiste belge originaire de Liège, a eu la bonne idée d’apporter des danseuses sur scène pour accompagner sa prestation afrodancehall et ses bangers accrocheurs. Il était rejoint sur scène par Rubson et Bella, qui ont attiré l’attention du public. Bien que sa performance ait été légèrement en deçà des attentes, son potentiel indéniable lui permettra probablement de gravir les échelons. Sous un soleil ardent, les buvettes étaient fréquentées assidûment pendant la pause. C’est à ce moment que Robin Peret, ancien candidat de The Voice 10 éliminé aux KO, a charmé un public déjà nombreux et curieux de découvrir sa prestation. Ce chanteur sympathique et intelligent, considéré comme charmant par la gent féminine, a interprété des chansons mêlant pop et mélancolie des blessures amoureuses. Ce moment agréable s’est déroulé malgré quelques railleries de certains spectateurs envers l’organisation, qui a dû faire face à quelques difficultés relative au manque de ravitaillement d’eau. La ferveur du public témoignait de l’intérêt suscité par cet artiste intéressant. En troisième position sur la grande scène, un autre Liégeois a captivé l’audience : Fresh, venu présenter son premier album enregistré en studio, « A l’Abri ». Accompagné de Beber, La Peufra a démontré son évolution depuis son succès dans la série diffusée sur Netflix « La Nouvelle Ecole ». On espère voir sa prochaine évolution avec l’accompagnement d’un véritable orchestre pour soutenir les danseurs et danseuses, nous offrant ainsi un véritable spectacle. Mon coup de cœur de la journée est NAPS, le Marseillais du jour, qui nous a apporté la kiffance de sa voix. Ses raps bien écrits, parlants et entraînants ont fait vibrer le public. J’aurais aimé l’entendre interpréter ses chefs-d’œuvre en live, car le micro était souvent éloigné de sa bouche malgré le son provenant des baffles. Cet artiste attachant devrait envisager de se munir d’un batteur, d’un guitariste et d’un claviériste pour donner vie à ses trouvailles. La journée a été longue, mais l’attente des têtes d’affiche était d’autant plus excitante. Enfin, de véritables musiciens ont investi la scène : un excellent batteur, guitaristes incroyables et un DJ pour lancer les titres. Dadju est entré en fredonnant le tube « Bob Marley » sous les cris d’un public qui ne demandait que ça. Puis, Gims a rejoint son frangin, déclenchant la même ferveur chez les fans, qui ont momentanément oublié les coups de soleil et la fatigue accumulée au cours de la journée. Leurs tubes ont fait participer la foule, qui les connaissait par cœur. Cette expérience a peut-être donné des idées à certains professeurs, en imaginant transformer leurs cours en rap pop pour susciter l’intérêt des élèves. Environ une heure et demie de bons sons et un spectacle au sommet ont prouvé que mélanger les styles et rendre le spectacle attrayant peut satisfaire toutes les générations. Cette appréciation personnelle conclut cette journée que je vous fais revivre à travers quelques clichés capturés. J’ai interrogé Chat GPT sur la question pourquoi les rappeurs sont ils démunis la plupart du temps de musiciens, voici sa réponse : « Je comprends votre point de vue et votre sentiment de constater une tendance croissante vers la musique rap et l’utilisation d’ordinateurs sur scène. La musique évolue constamment et chaque genre musical a ses propres caractéristiques et évolutions. Le rap, en particulier, est souvent associé à l’utilisation de beats électroniques et de techniques de production moderne. Quant à la question de passer sur une immense scène, cela peut être lié à plusieurs facteurs. Tout d’abord, une grande scène permet d’accueillir un plus grand nombre de spectateurs, ce qui est important pour les organisateurs d’événements musicaux. De plus, une scène plus grande offre plus d’espace pour les performances scéniques, les jeux de lumières et autres éléments visuels qui peuvent accompagner les concerts. Cependant, il est également vrai que certaines performances avec des musiciens en live peuvent sembler « vides » lorsque la musique est principalement basée sur des pistes préenregistrées. Cela dépend du choix artistique de chaque groupe ou artiste, ainsi que des attentes du public. Certains artistes préfèrent se concentrer sur les paroles et la livraison de leurs performances, tandis que d’autres mettent l’accent sur la musicalité et l’aspect instrumental. Il est important de noter que tous les genres musicaux ne suivent pas cette tendance et qu’il existe encore de nombreux artistes qui privilégient les performances en live avec des musiciens jouant d’instruments traditionnels. La diversité musicale offre une variété d’options pour les auditeurs, et chacun a ses propres préférences en matière de styles et de performances. En fin de compte, l’évolution de la musique est souvent influencée par les goûts et les demandes du public, ainsi que par les avancées technologiques. Cependant, il reste toujours des artistes qui valorisent les performances en direct et qui apportent une expérience musicale plus traditionnelle. »