11 février 2026

Nouvelle Vague, second souffle ?

Selon votre culture et la langue utilisée, les termes « Nouvelle Vague » joints simultanément vous feront penser à un courant cinématographique français, cher à François Truffaut et Jean-Luc Godard, essentiellement actif entre fin des années 50 et fin des sixties, au genre musical omniprésent dans les eighties qui faisait la part belle au synthétiseur, vous aurez bien évidemment reconnu la New Wave, initiée en Grande-Bretagne mais qui va rapidement franchir les océans grâce à des groupes qui sont désormais devenus cultes comme Pet Shop Boys, Depeche Mode, Yazoo, Soft Cell, The Cure…, New Wave signifiant justement Nouvelle Vague en anglais, ou encore à un terme utilisé le long de certaines côtes où l’on pratique assidûment le surf. Pour ce dernier point, la réflexion sera plus facile dans l’autre sens à savoir partir des termes francophones. Nouvelle vague correspond en surf à nouvelle bosse, pour la forme de cette courbe qui vous porte lors de la pratique de votre sport. De nouvelle bosse à Bossa Nova, il n’y a qu’un pas (dans l’eau évidemment) puisque la traduction de ce genre musical brésilien est communément Nouvelle Vague. Tout ceci pour en venir au nom d’un groupe français, originaire de Paris, composé initialement de Marc Collin et Olivier Libaux se proposant de reprendre des titres classiques de la new wave (essentiellement des mouvances synthpop, cold wave, goth rock et post-punk) en style…bossa nova. Le premier album du groupe, Nouvelle Vague, sort en 2004. Olivier Libaux expliquera plus tard comment le projet a vu le jour : « Marc Collin et moi étions tous deux musiciens et producteurs dans l’industrie musicale française quand, en 2003, Marc m’a appelé avec cette idée très étrange de reprendre Love Will Tear Us Apart dans une version bossa nova. J’ai trouvé cette idée absolument folle mais très excitante. Nous avons donc décidé d’entrer en studio et de l’essayer dès que possible. Ensuite, nous avons enregistré Just Can’t Get Enough et Guns Of Brixton. Nous avons réalisé l’album en huit mois seulement. Et après ça, on s’est appelé Nouvelle Vague… et voilà l’histoire ». D’une simple idée va donc naître un véritable projet musical qui vient de fêter ses vingt ans d’existence. Entre 2004 et 2011, les albums vont se suivre. Chacun avec sa propre signature vocale, son style un peu particulier, mais la qualité et le succès restent toujours au rendez-vous au point de convaincre certains artistes qui incarnent magnifiquement le côté glamour du projet de rejoindre temporairement l’expérience. Ainsi, Nouvelle Vague a déjà pu compter sur les participations, en studio et/ou sur scène de Élodie Frégé, Camille, Sir Alice, Marina Celeste, Gerald Toto, Arnaud Meyer, Alexis Lemoine, Luigi, Nadéah, Helena Noguerra ou encore Mareva Galanter et Vanessa Paradis. Encensé par les critiques pour ses deux premiers opus, le groupe est moins soutenu par les médias à l’occasion du troisième, intitulé simplement « «3 » et l’album de reprises en français, Couleurs sur Paris. Cet album comprend pourtant des apparitions de musiciens connus, comme Vanessa Paradis, Olivia Ruiz et Cœur de pirate, mais on leur reproche de rester trop centrés sur un même concept. Dans ce cas, plusieurs réactions sont possibles : s’adapter aux demandes de la presse spécialisée, et donc modifier le concept initial, continuer coûte que coûte à promouvoir son idée de base, quitte à devoir se passer du soutien de certains médias, ou faire un pas de côté. On peut raisonnablement dire que c’est la troisième option qui a été privilégiée par les co-fondateurs du groupe. Mais cela ne signifiait nullement la mort du projet. Les idées étaient toujours là, et le public toujours demandeur, n’en déplaise à certains. Un nouvel opus sort ainsi en 2016 (I could be happy) avec la participation notamment d’une chanteuse qui va percer dans les mois suivants, une certaine Clara Luciani. Peu avant le confinement, le groupe envisage de proposer un 5e album studio (bien que si l’on fait le compte, il est même le 6e) mais perd l’un de ses fondateurs, Olivier Libaux. Finalement, Should I stay or Should I go ? (du nom du titre phare de The Clash – 1983) voit le jour en 2024. C’est cet album que le groupe défend actuellement en tournée. Et pour vous prouver que l’idée porte toujours ses fruits, cette tournée, la première sans Olivier, est d’ores et déjà programmée sur deux ans, avec des dates au Portugal, Mexique, Irlande, USA, Suisse, Finlande, Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, Hongrie, Croatie, Autriche, G-B, … Si les maîtres mots pour réunir ces deux univers que forment la New-Wave 80 et la Bossa Nova sont nostalgie et mélancolie, ils n’auront jamais eu autant d’impact que sur cette tournée qui sonne comme un hommage posthume à l’un des instigateurs de ce projet. C’est au Reflektor, en plein centre de Liège, que Marc Collin et ses comparses du moment ont décidé de nous offrir leur concert événement. Quatre musiciens (dont le membre fondateur lui-même évidemment) et deux chanteuses, l’indétrônable Mélanie Pain (France) présente depuis le premier album, et Phoebe Killdeer (Australie), vont ainsi enjouer le public avec leur version « bossa novée » de quelques titres marquants de la pop wave des années 80. Débuter par « Love Will Tear Us Apart » qui fut le premier essai du duo, à l’époque, est tout un symbole en soi, mais c’est bien autour de cette nouvelle plaque que tourne le spectacle. On retrouve ainsi dans le set « People Are People » (Depeche Mode- 1984) – « Only You » (Yazoo -1982) – « Girls On Film » (Duran Duran – 1981) – « Shout » (Tears For Fears – 1984) – « This Charming Man » (The Smiths –  1983) et bien évidemment « Should I Stay or Should I Go » (The Chash – 1983) au sein d’une set-list très alléchante. Il ne manque plus qu’un soupçon de rhum (ou tout autre cocktail ou mocktail, l’alcool n’étant pas obligatoire), une ambiance luminaire tamisée, un petit coin cosy pour profiter calmement ou vous dandiner tout en douceur et vous seriez prêt à revivre une scène d’OSS 117. Retrouvez les clichés du concert sur la page Facebook –

2024, l’année Olive.

Si c’est en 2015 que Nathalie Darimont effectue son premier pas vers la lumière des projecteurs en participant à l’émission télévisée The Voice Belgique, ce n’est qu’en 2021 que naît OLIVE, son alter ego chanteuse de compositions personnelles. Psychologue de formation, Nathalie est une autodidacte de la musique. Contrairement à beaucoup de chanteurs qui ont transité par les émissions de ce type, elle ne s’est pas dirigée vers les arts lyriques dès son plus jeune âge mais un peu plus tard, et grâce à un job d’appoint en fait. Sa rencontre avec la musique, elle l’effectue en effet à 23 ans en travaillant dans un karaoké. Ses débuts sont donc marqués par des reprises, comme Voyage Voyage de Desireless qu’elle apprécie particulièrement interpréter, mais son envie de créer un répertoire propre va se développer au fil des années et c’est à ce moment que l’artiste Olive voit le jour. C’est une toute nouvelle page qui s’offre à elle, mais la femme garde son côté épicurien et son esprit maternel. Champagne, chocolat, pâtes (son grand père était originaire de Rome) la font d’ailleurs régulièrement craquer. Dès 2021, OLIVE sort 4 singles dont le premier « ça roule » donne déjà le ton. OLIVE se veut engagée en dénonçant certaines inepties de notre société. Cela va d’ailleurs devenir une véritable ligne directrice au fil des compositions. « A ma façon », « le temps », « à fond », « Coma », « accro », « mes doutes », « écran total » … des titres courts mais qui portent généralement un message sur l’évolution et les dérives de la société comme la surconsommation de masse, l’addiction aux smartphones et réseaux sociaux… Il faut dire qu’Alain Souchon est l’une de ses références artistiques. Ses autres sources d’inspiration ? Juliette Armanet, mais aussi Vanessa Paradis et November Ultra pour leur rapport à la place de la femme dans l’industrie musicale et leur aptitude à briser certains codes réducteurs. Son 1er album « Ames fragiles » sort enfin en octobre 2023. Depuis, la carrière d’OLIVE prend son envol. Les concerts se multiplient, son duo avec Daran vient de sortir et elle peut désormais se targuer d’avoir joué en 1ère partie d’un concert de Christoph Willem et depuis vendredi dernier d’un show également de Nouvelle Vague. Au Reflektor, OLIVE était revenue à la configuration « minimaliste », accompagnée du seul Giovanni Rizzuto, son inséparable guitariste, mais cela ne l’a pas empêchée de garder le swing qui caractérise plusieurs de ses derniers titres.  Gageons que si OLIVE continue sur ces rails, on entendra encore parler d’elle très prochainement. Retrouvez les clichés du concert sur la page Facebook – ReMarck Photos.  

Impossible de rester de marbre à un concert de Caravan Palace.

Voici quelques jours, la salle de l’OM à Seraing a eu la chance d’accueillir un groupe mondialement connu comme étant le pionnier et représentant emblématique de l’électroswing. Il est vrai que les premiers sons du collectif datent de 2005, au moment où trois compositeurs électro ont été contactés pour un projet un peu particulier, produire une bande sonore pour un film muet des années 20 un peu osé. Le projet n’aboutira finalement pas, mais Arnaud Vial, Charles Delaporte et Hugues Payen se découvrent des affinités et notamment leur attrait commun pour le jazz manouche. Ils composent donc quelques morceaux, essentiellement instrumentaux au départ, mais remarquent qu’il manque une voix pour passer un step dans la conception du projet. Alors que des essais avaient déjà été entamés avec une chanteuse, Zoé Colotis les contacte par My Space. Là, Hugues qui jouait dans un groupe de jazz manouche sur Paris l’invite à venir voir le concert et Zoé se met à jouer en improvisant avec le groupe. Le loup est entré dans la bergerie ! Zoé ne quittera en effet plus Caravan Palace, même si elle ne se définit pas comme l’un des membres à part entière du band. Elle préfère se présenter comme le featuring vocal, même si elle reconnait qu’au fil des années, Caravan Palace est devenu une véritable famille de cœur. Dès 2007, Caravan Palace entame une tournée qui va découler sur la sortie de leur premier album éponyme en 2008. Vu que seul Parov Stelar propose un tel choc culturel à ce moment, les deux formations sont présentées comme les initiateurs, ou tout du moins les groupes tremplin de l’électro swing. Mais ne dites surtout plus maintenant aux membres de Caravan Palace qu’ils font de l’électro swing, cela les vexerait sérieusement. Ce terme bateau est en effet trop réducteur pour l’étendue du spectre musical affiné au fil des années, albums et tournées. « Le premier album était vraiment basé Jazz Manouche avec des inspirations issues de Django REINHARDT qu’on aimait vraiment beaucoup, mais très vite on avait peur de tourner en rond donc on a décidé de changer de registre. Après ça on s’est tourné vers le swing américain des années 20-30 sur le deuxième album Panic, sur le troisième on avait envie de pousser un peu le truc en allant vers les années 50-60 avec des petites influences rock-à-Billy, limite soul. Et je crois que le quatrième album est dans la même veine que le troisième mais en un peu plus pop, on avait envie de faire des chansons donc on a invité différents artistes qui amènent une autre couleur en termes de voix. On n’a pas eu envie de répéter les mêmes choses sans forcément s’éloigner de notre style de base » commentait en prélude de la tournée accompagnant le 4e album l’un des membres fondateurs du groupe. Caravan Palace est donc un projet complexe qui ne cesse d’évoluer, au point de devenir la référence dans son domaine. Cinq albums studios, dont le petit dernier, Gangbusters Melody Club, vient de sortir en 2024, une reconnaissance planétaire (« C’est dingue, remarque Zoé, parce qu’on vend plus d’albums en Grande-Bretagne et aux États-Unis qu’en France. » Caravan Palace, c’est en effet beaucoup d’énormes festivals comme Glastonbury au Royaume-Uni ou encore Coachella aux États-Unis), une énergie de dingue sur scène et des clips qui font mouche.  Ce succès, Caravan Palace le doit évidemment à ce concept novateur (mélanger ancien et moderne, clavier électronique et cuivres, adapter chaque album à une « veine » particulière), au talent de ses compositeurs et musiciens, mais aussi à la personnalité bien trempée de sa voix féminine, jamais en reste pour mettre l’ambiance sur les planches, et ce dans le domaine musical évidemment, mais pas que…  En plus d’être la voix de Caravan Palace, Zoé est comédienne, mais sous un autre pseudonyme. Et oui, Zoé n’est pas sa vraie identité, c’est un personnage musical créé pour bien séparer ses univers artistiques. Son nom officiel est Sonia Fernandez Velasco. A Tours, avec sa compagnie Les 3 Sœurs ou avec La Clef où elle fait de l’impro, la comédienne, et metteure en scène est sur de nombreuses scènes, en création, en représentation, donne des cours, et tourne dans des séries. Mais au fait, saviez-vous que Colotis zoe est aussi le nom d’une espèce de papillons (de la famille des Pieridae) endémique de Madagascar ? Inutile de vous dire que pour l’événement, le public s’était déplacé en nombre en bords de Meuse. Le show affichait salle comble, pour le plus grand bonheur des artistes, des organisateurs, mais aussi du public car un concert de cette trempe, cela se partage. On le vit en groupe, dans le partage et bonne humeur. Au programme, tous les plus grands standards du band évidemment comme l’incontournable Lone Digger qui a fait connaître le groupe parisien de l’autre côté de l’Atlantique, des morceaux extraits du dernier album comme MAD ou encore l’entraînant Black Betty dont l’original était interprété par Ram Jam. Du son prenant qui vous entraîne inexorablement à faire bouger au moins quelques muscles de votre corps. Impossible de rester statique avec une telle ambiance. Encore une fois, Caravan Palace a shooté juste, renforçant encore un petit peu plus son leadership dans cette branche musicale somme toute inqualifiable. Désormais, cap sur la Suisse, avant un petit retour en France histoire de se ressourcer durant les fêtes car en 2025 Caravan Palace repart à l’assaut des States, du Canada et … du Mexique avec 24 dates outre Atlantique. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Des Primeurs qui ont souvent du nez…

Vous pensiez en avoir terminé avec les festivals pour cette année ? Rassurez-vous, le monde de la musique n’entend pas hiberner jusqu’au printemps.   Les températures se la jouent en chute libre, la pluie n’est jamais bien éloignée… Certes. Mais nous disposons de quelques bonnes pioches pour vous rendre le moral comme par exemple un festival de Primeurs qui se décline en double. « Rien de tel pour ne pas déprimer que des Primeurs non ? Si  on  peut  aisément  se  trouver  quelques  raisons  de  déprimer  ces  temps-ci,  et plus particulièrement depuis le début de l’été, il y a mille et une façons de lutter  contre  cette  passion  triste.  Libre  à  chacun  de  trouver  la  sienne  mais  pour  nous,  l’art,  la  culture,  le  collectif,  l’être  ensemble  en  font  plus  que  jamais  partie.  Rassembler  des  gens  sous  le  prétexte  un  peu  fou  de  leur  faire  découvrir  de  jeunes  artistes,  à  l’orée  de  leurs  carrières,  croiser  les  styles,  les sons, les genres dans des soirées apparemment sans queue ni tête (d’affiche),  voilà  l’idée  originelle  de  ce  festival  qui  parle  depuis  1998  le  langage  de  la  diversité,  de  la  curiosité,  de  l’inventivité,  de  l’ouverture  aux  autres.  Loin de nous l’arrogance de penser qu’on va révolutionner le monde avec ces quatre soirées automnales… On  espère  simplement  contribuer  à  l’embellir,  en  ouvrant  nos  scènes  à  des  artistes  qui  nous  aident  à  lui  donner  du  sens  et  de  la  beauté,  et  en  créant  un  espace  de  rencontre,  de  discussion,  un  temps  collectif  et  partagé.  On  est  persuadé  que  la  beauté,  celle  d’une  note  en  suspension,  d’une  rencontre  au  bar  du  festival,  d’un  refrain  repris  en  chœur,  d’un  couplet  à  la  poésie  renversante,  d’un  éclat  de  rire,  que  cette  beauté  contribue  à  nous  faire vivre mieux, et nous éloigne ainsi de ces passions tristes que sont l’isolement,  le  repli  sur  soi,  la  peur  ou  la  haine  de  l’autre,  ces  passions  tristes  qui  nous  conduisent  vers  un  triste  monde  dont  nous  ne  voulons  pas. Alors haut les cœurs, c’est l’heure des Primeurs ! » explique François Beaudenon dans son édito. Le      festival      des      Primeurs      de      Massy,      dédié      aux      premiers      albums,  existe  depuis  1998.  En  2015,  une  édition  miroir  est  créée  à  Castres.  Depuis  10  ans,  le  festival  des  Primeurs  de  Massy  et  de  Castres  est  donc  organisé  conjointement  et  simultanément  par  les  équipes  de  Paul  B,  scène  de  musiques  actuelles  à  Massy  et  Lo  Bolegason,  scène  de musiques actuelles à Castres. Vous ne connaissez pas ces artistes? C’est un peu normal vu que le principe est justement de faire découvrir des nouvelles productions. Disons même leur première réalisation concrète. Mais il y a souvent de vraies promesses à rencontrer. Les Primeurs ont en effet vu passer les stars de demain comme le groupe Tryo, qui a aiguisé ses armes vocales sur la première édition en 1998, mais le festival a aussi vu passer Juliette Armanet, Clara Luciani et l’année dernière Zaho de Sagazan. Serez-vous parmi les premiers à découvrir la pépite de demain? Pour vous orienter dans votre choix, voici un petit manuel fourni par l’organisation. Comme vous l’aurez remarqué, il y en aura pour tout le monde. Mais en pratique, cela donne quoi? Et bien ceci. Vous n’avez plus aucune excuse désormais. D’autant que pour répondre à vos dernières interrogations, deux sites sont à votre disposition: www.lesprimeursdemassy.fr et www.lesprimeursdecastres.fr

Tout tourne rond avec Chinese Man.

Samedi 12 octobre, il y avait comme un petit air de Provence, un pincement de blues et une grande envolée de jazz en bords de Meuse. La salle de l’OM accueillait en effet un collectif de renommée internationale, Chinese Man. Vingt ans de carrière, dix EP’s et autant d’albums, dont le petit dernier, We’ve Been Here Before, est sorti des presses il n’y a pas si longtemps, on peut dire que tout tourne rond pour ces experts de la composition musicale (et encore, nous n’abordons ici que les concrétisations du groupe et non tous les projets solos de ces tous-terrains du mix). Rond dans les chiffres donc, mais aussi dans leurs personnages puisque le concept fait recette. La salle sérésienne était en effet bien garnie. Pourtant, de prime abord, à voir trois discobars ainsi disposés en retrait sur la scène, on ne miserait pas gros sur un pari lié à l’ambiance, mais c’est sans compter sur toutes les surprises préparées par Matteo, High Ku et SLY. Il faut dire que le trio originaire du Sud (le groupe a été créé à Aix-en-Provence mais le label éponyme est désormais basé à Marseille)  voit du, euh pardon, des pays. Il a en effet plus de 600 dates à son compteur, en France, évidemment, mais aussi en Espagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Belgique, of course, mais aussi bien plus loin. La tournée 2019 avait en effet salué dix-neuf drapeaux différents, dont celui de la Lituanie. Il n’y manque que le buffet de fromages pour faire un clin d’œil à une pub d’un autre temps. Cet aparté de côté, reprenons nos pérégrinations musicales avec quelques informations non négligeables.  Sur scène trônent trois consoles, une pour chacun des membres du trio de base, mais nos compères sont rapidement rejoints sur les planches par un autre trio, féminin celui-là, composé de cuivres. Une trompette, un saxophone et un trombone à coulisse accompagnent en effet la musique en live avec trois dames à la baguette, où plutôt au souffle car il en faut pour suivre la cadence. L’idée n’est certes pas neuve, mais elle plait toujours comme l’a démontré Apashe lors de sa dernière tournée, avec, excusez du peu, un véritable orchestre à son service, mais exclusivement réservé aux instruments cuivrés. Je vous sens déjà un peu plus enclin à vous rendre au show de Chinese Man, car, oui, on peut parler d’un spectacle si l’on ajoute à ces premiers ingrédients un jeu de lumière adapté, des fumigènes en suffisance et des featuring sortis comme par enchantement des coulisses. Au programme des rappeurs, mais aussi une voix féminine qui se démarque admirablement, celle d’Isadora De Booseré, couvée elle aussi, désormais, par le label Chinese Man Records. Nous vous présenterons dans un autre article Isadora, qui assura déjà l’amuse-oreille en prélude au trio tant attendu, mais notons surtout qu’elle revint sur scène avec tout ce joyeux band pour une version enjouée de We’ve Been Here Before, le single qui met si bien en valeur ses bases de jazz et qu’elle interprète avec Stogie T et Miscellaneous. Vous n’y étiez pas et vous le regrettez ? Comme je vous comprends. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts en espérant un nouveau crochet de Chinese Man par nos contrées pour vous rendre enfin heureux. Retrouvez les clichés validés de ce concert sur la page FB – ReMarck Photos.  

Delilah Bon, reine de la provoc à la voix d’or.

Surnommée Rage Queen, Delilah Bon est une artiste vocale britannique née en 1997 dans le West Yorkshire (Barnsley). Si elle a peiné à trouver sa place à l’école, étant assez effrontée et montrant son caractère déjà bien trempé face à l’autorité, Lauren Tate n’en demeure pas moins une compositrice remarquable, utilisant justement toutes les frustrations encaissées à l’époque de son adolescence pour nourrir ses textes de piques même pas dissimulées envers les symboles les plus représentatifs de ce qu’elle ne supporte pas, l’injustice, la discrimination et l’impunité de certains.  C’est tout d’abord au sein de la formation « Hands Off Gretel » que Lauren affûte ses premières armes, mais son besoin de reconnaissance nécessite plus de mise en lumière, ce pourquoi elle décide de se lancer dans une carrière solo dès 2020. En 2021 sort son premier album, intitulé simplement « Delilah Bon ». Elle y écorche déjà bien certains pans de la société, mais sa deuxième création, « Evil, Hate Filled Female’ » n’a rien à envier à son prédécesseur. Il faut dire qu’avec des titres comme « Dead men don’t rape » (les hommes morts ne violent pas), le ton est donné. Les hommes, la police, la justice en prennent effectivement pour leur grade, ce qui pourrait donner une image assez négative de Delilah Bon mais elle explique dans ses interviews que ce n’est qu’une image grossie et déformée dans le but de faire réagir. Sur son site, on précise d’ailleurs que « Sa musique sert d’hymne féroce pour les communautés marginalisées, en particulier les femmes, les non-binaires et la communauté LGBTQ » mais on incendie aucunement les personnes non citées dans ces catégories. Ce que Delilah dénonce, c’est ce qu’elle a ressenti en se rendant dans des concerts rock en tant qu’adolescente, souvent victime de mains baladeuses, ou encore ce qui ressort des textes de certains rappeurs qui ne cessent de rabaisser les dames, les considérant même comme des objets dénués de conscience pour certains. Pour le style musical, ou plutôt les genres musicaux, sa page fait état d’un mélange d’éléments de hip-hop, nu-metal et riot grrrl éthique dans son style de signature « Brat Punk ». N’étant pas aussi pointu dans notre analyse, nous nous limiterons à du rock bien trempé au niveau du son mais avec des lignes de percussions vocales rappées. C’est puissant tout en restant assez mélodieux. La demoiselle en a sous le pied et dans la gorge comme a l’a montré d’ailleurs l’année dernière à Taratata, lors de son duo avec Shaka Ponk sur une reprise mash-up améliorée d’Adèle (vidéo dispo ici). Frah et Sam ont tellement apprécié que la Britannique les a accompagnés sur certaines dates de leur Last Fucked up Tour en France. 2024 fut une année importante pour Delilah Bon donc avec la sortie de son nouvel album, quelques dates en première partie de Shaka Ponk, mais aussi, et surtout, avec l’accession à certains gros festivals comme Glastonbury (où elle s’était fait remarquer en 2023) et Download. Ce 06 octobre, c’est pourtant dans une salle assez cosy, au Kavka d’Anvers, que Delilah Bon effectuait sa seule prestation belge de la tournée. Il semble que la jeune femme qui aime se présenter sous l’apparence d’une diablesse ne soit pas encore reconnue à sa juste valeur dans nos contrées. Et pourtant, son show est vraiment intéressant. On connaissait le son (il est possible de voir de nombreux clips sur internet ou d’écouter les albums en CD ou vinyle), mais la mise en scène vaut vraiment le coup également. On ne doutait nullement que les comparses allaient dégager une énergie débordante mais on peut véritablement parler d’un spectacle avec des changements de costumes, des accessoires, et, évidemment, l’incontournable dose de provocation maison. Petit plus pour les adeptes de certains films, dont un en particulier qui vient de sortir (Joker 2), Delilah dégage une aura et une image qui nous fait immédiatement penser à Harley Quinn, cette anti-héroïne qui ne fait vraiment rien pour qu’on l’apprécie mais qui ne nous laisse pourtant pas indifférent. Petit short moulant, tatouages non dissimulés, bottes vintages, mèches colorées et cette pointe de folie qui la fait passer d’ange à démon en une fraction de seconde… le personnage est bien campé, on l’admet. Vous voulez la voir en concert ? Et bien pas de chance, elle est repartie vers son île britannique natale où se clôturera prochainement sa tournée. Mais vous savez maintenant sur qui vous devez mettre une alerte concert car c’est assurément l’une des artistes à découvrir. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Halflives enchaîne les tournées pour notre plus grand bonheur.

Si vous cherchez dans un dictionnaire, la signification de Halflives, vous tombez littéralement sur la traduction demi-vies (terme utilisé en physique nucléaire, période de radioactivité et plus particulièrement le temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent naturellement). Et pourtant, ce n’est pas de chimie ou physique nucléaire que l’on va vous parler, mais plutôt d’alchimie … avec le public. Halflives est en effet le nom d’un groupe de rock alternatif originaire de Modène, en Italie, créé en 2016 mais maintenant basé à Paris, en France, et qui multiplie les prestations publiques, toutes attendues comme il se doit par la communauté qui s’est créée autour de Linda, la compositrice, chanteuse, musicienne à l’origine du projet, et d’ailleurs la seule à être toujours en place. A Anvers, ce 6 octobre le groupe effectuait son dernier concert en support act de Delilah Bon, mais cette page à peine tournée, Halflives a annoncé se joindre à Smash Into Pieces pour une flopée de concerts européens en novembre et décembre. Pas moins de 20 représentations en Pologne, Allemagne, Pays-Bas, Tchéquie, Suisse, France, Grande-Bretagne, Danemark et … Belgique (Sint Niklaas le 17 novembre). Comme nous vous l’avons expliqué un peu plus haut dans ce texte, la composition du band a évolué au fil des années et des tournées mais pour sa prestation au Kavka Oudaan, une petite salle située en plein centre d’Antwerpen, Linda Battilani était entourée de Gloria Simonini (batterie) et Marco Montipo (bass/guitare). Sur scène, c’est du bon rock musical. On sent rapidement que Linda aime se produire en public. Ses interactions avec les fans sont d’ailleurs nombreuses, comme dans la vie puisque la chanteuse n’hésite pas à poster régulièrement des extraits de chansons, des covers en mode minimaliste (piano-voix) et même à demander l’avis de ses followers sur certains sujets. Linda l’avait confié lors d’une interview à un média précédemment, « Halflives existe pour construire une communauté, créer un exutoire pour les émotions et, selon les propres mots de Linda, faire de la musique pour les marginaux, les rejetés et ceux qui se sentent mis à l’écart ». Dans sa musique, Linda, y met effectivement toutes ses émotions et cela se ressent. Sa communauté est assez hétéroclite, au niveau des tranches d’âges, mais aussi des genres ce qui colle assez bien avec les attentes annoncées de l’Italienne.   Autre petite spécificité de Halflives, le groupe n’a jamais sorti d’album complet. Ce n’est nullement dû à une fainéantise quelconque car 4 EP, Empty Rooms, Resilience, V et Inferno (5 si on compte la « End of the World Edition » de Inferno) et des singles sont venus garnir la bibliothèque musicale de la troupe, mais Linda préfère ne pas « s’obliger » à aligner des titres sur un opus juste pour un besoin commercial. Elle propose d’ailleurs régulièrement d’offrir certains de ces EP, les auditeurs ne s’acquittant que des frais de port (PS, ce n’est pas une arnaque, on a reçu notre exemplaire). Quand Linda a des idées, cela foisonne d’un coup, généralement autour d’un thème, puis quand la source d’inspiration se tarit, elle boucle le projet. L’idée n’est pas mauvaise, avouons-le, car elle permet à l’artiste de ne pas restée bloquée de nombreux mois (voire années pour certains) en phase de finalisation d’une œuvre. Pour les plus curieux, vous pouvez retrouver Halflives sur leur site dédicacé, et sur de nombreuses plateformes des réseaux sociaux, mais si vous êtes un adepte des lives, rendez-vous le 17 novembre 2024 à Sint-Niklaas, au De Casino. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Last Train sort « Home » et annonce une tournée européenne.

(NDLR: article sans liens actifs sauf celui en bleu) Last Train, c’est du rock, du pur, du lourd, mais ô combien apprécié puisque les 4 dates du groupe à la Boule Noire (Paris) ont affiché sold-out en un temps record. Il faudra donc encore attendre un peu pour découvrir le calendrier d’une tournée européenne attendue de pied ferme par les nombreux fans, mais le single « Home » dont le clip vient d’être posté ce 30 septembre fait déjà ravage (plus de 860 vues en 31 minutes). Vous êtes impatients, vous aussi. Si les liens du communiqué officiel ne sont pas actifs, cliquez ici pour découvrir ce clip.

Seraing, capitale du reggae pour un soir.

Ce 19 septembre 2024, la salle OM, quai Louva à Seraing, s’est parée des meilleurs apparats d’un style musical qui est pourtant l’apanage d’une île bien éloignée de nos bords de Meuse, la Jamaïque. Au programme, l’un des artistes reggae les plus prolifiques de ces dernières années, Alborosie, un personnage au parcours atypique. Alberto D’Ascola est en effet né en Sicile (en 1977). Son premier voyage, il l’effectue vers le nord de l’Italie en compagnie de sa famille qui s’établit à Milan. Mais c’est bien au Reggae qu’il s’intéresse, grâce à l’inévitable Bob Marley. Son groupe de l’époque, Reggae National Tickets, sortira 5 albums avant d’être invité à se produire sur la terre sacrée de ces sonorités, au Reggae Sumfest, édition 2000. Ce voyage de l’autre côté de l’océan marque sans doute un tournant important dans la carrière du chanteur puisqu’il décide de quitter l’Europe et son groupe pour aller s’installer à Kingston, une ville qui va d’ailleurs servir de toile à l’un de ses hits les plus emblématiques (Kingston Town). Bosseur devant l’éternel (il vient de sortir son 15e album), Pupa Albo va se forger, au fil des années, des tournées et de ses rencontres, un réseau extrêmement bien fréquenté puisqu’il va travailler notamment avec Ky-Mani Marley, Nina Zilli mais aussi les célèbres Wailers. Notons que dès 2011, Alborosie marque encore un peu plus l’histoire en devenant le premier artiste blanc à remporter le MOBO (Music of Black Origin) Award dans la catégorie Best Reggae Act, une reconnaissance qui le propulse sur le devant de la scène et lui offre une reconnaissance bien méritée dans le milieu. Chanteur (re)connu donc, mais aussi ingénieur du son et producteur (il a sorti un logiciel – Alborosie Dub Station – qui est le fruit d’un travail de samples, d’analyses et de recréations des filtres, échos, reverb et effets utilisés et modifiés par le légendaire Osbourne Ruddock King Tubby. Il s’agit d’un plug-in multi-effets disponible sur Audio Thing). Le voici donc avec plusieurs casquettes, mais qui ne l’empêchent pas d’approfondir continuellement ses recherches et implications liées au Reggae, mais aussi à sa terre d’accueil, la Jamaïque. Impliqué et appliqué, il l’est aussi lors de ses concerts, comme lors de celui qu’il a proposé à Seraing. Alors certes, la salle n’était pas complètement remplie, mais on se demande d’ailleurs pourquoi. C’était en effet une occasion rare, presque unique d’ailleurs, de voir un artiste d’un tel gabarit venir en périphérie liégeoise. Le public présent s’est délecté de ces sons estivaux et de cette fausse nonchalance que l’on attribue aux artistes de reggae. A vrai dire, Alborosie est un phénomène sur scène car s’il est bien dans le mood « cool », il mélange plusieurs aspects de la culture jamaïcaine, saupoudrant ci et là les bases reggae de son œuvre de roots, rub-a-dub, raggamuffin, dancehall et dub. Cela dit, un seul coup d’œil sur scène permet directement d’identifier le style même sans en connaitre les notes. Des dreadlocks géantes que l’homme doit parfois porter pour se déplacer tant elles pendent bas, casquette posée à l’envers, lunettes de soleil, et quelques tatouages visibles… seule sa couleur de peau pourrait le trahir, et encore ! Au niveau de l’assistance, on trouve un peu de tout, du rasta pure souche au fana indécrottable, de l’enfant aux yeux émerveillés au couple de retraités BCBG, de l’aficionado affublé du tee-shirt de la dernière tournée aux simples curieux venus découvrir un artiste à la notoriété bien assise. Pour nous, ce sera un semi découverte car nous avions déjà entendu quelques morceaux de l’artiste mais en configuration tournée avec le Shengen Clan, ça claque quand même. Deux guitaristes, un bassiste, un claviériste, un batteur et deux choristes, ça en impose. Les absents ont eu tort, cela c’est certain, d’autant que sa tournée tire sur la fin. Il vous faudra courir à Nice (le 28 septembre), Sant’Andrea delle Fratte (04 octobre) ou à Rome (06 octobre) pour encore y assister. Retrouvez les clichés du concert sur la page FB – ReMarck Photos.

Maureen met le feu au Cabaret Vert.

L’urbain s’était invité sur quasi tous les espaces du Cabaret Vert ce vendredi, la scène Razorback étant toutefois réservée aux rockeurs qui ne sont pas friands du rap dans toute forme que ce soit. Comme expliqué dans un article précédent, ce fut une journée particulière pour nous puisque six concerts nous fermaient leurs portes. En fait, matériellement nous aurions pu, pour certains d’entre eux, essayer de nous glisser dans la foule pour effectuer quelques clichés de loin, mais pourquoi prendre le risque d’abîmer le matériel et d’ennuyer des inconditionnels de ces artistes alors qu’ils ne veulent visiblement pas de médias multigenres, préférant réserver une exclusivité à d’autres (résolument orienté rap) ?  Autres médias pour ces artistes, et bien nous réserverons nos faveurs à d’autres artistes également. Le jeu va dans les deux sens. Exit donc SCH, Ninho, Luther, Kaaris, Vanille et Irène Drésel. Pour les prestations de nos « nationaux », Shay et Youssef Swatt’s, je vous renverrai vers « Le rap belge n’est pas mort » puisque cet article leur est entièrement consacré, leurs shows en valant bien la peine. Malgré cette belle liste d’artistes que nous ne présenterons pas dans ce résumé, il nous reste des cartouches et quelques beaux clichés à vous montrer. C’est bien la preuve que le Cabaret Vert est extrêmement riche autant en quantité qu’en qualité des prestations proposées. Et encore, nous avons dû faire des choix, parfois guidés par le temps imparti pour la prise de photos ou même les déplacements entre les scènes. Oui, Le Cabaret Vert est une grosse, très grosse structure qui offre de nombreuses alternatives musicales, mais aussi en bandes dessinées, espaces de débats, cinéma… Si tu ne trouves rien qui te plait au CV, c’est que tu es vraiment trop difficile ou ronchon (lol). Trêve de plaisanterie, il est temps de s’occuper un peu des six prestations que nous allons vous présenter ici. Lucie Antunes : « Sur scène quatre interprètes-performeu(r/se)s touchent à tout dont le talent ne se limite pas à la musique : mouvements, performance, danse, percussions, chant, cris, transe au milieu des batteries, des synthés, des vibraphones et des cloches tubulaires. La volonté d’abolir les distances, s’affranchir des rôles pour créer des frottements, des carambolages, des rencontres et fabriquer ainsi toujours plus de chaleur humaine ». Voilà une partie de la description proposée sur le site du festival, et c’est assez bien présenté. Côté style, cela oscille entre le human électro et l’électro expérimentale. En fait, on ne peut ranger cette prestation dans aucun tiroir tant elle sort des clichés de la musique. C’est un peu du tout… mais bien organisé. JolaGreen23 : « Brutal de prime abord, l’univers que dépeint JOLAGREEN23 est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tout en nuances, chargés d’images et de références, les récits sombres et authentiques du rappeur de Bois-Colombes naissent systémiquement d’une impulsion, d’un élan spontané. Instinctif, Jorghen— de son prénom — l’a toujours été. Du haut de ses 22 ans, il croit fermement en sa bonne étoile et aux signaux que la vie lui envoie : sa « chance », telle qu’il la décrit, c’est un peu le fil conducteur de son parcours ». Encore une fois, c’est assez proche du personnage pour la description papier. Son nom a d’ailleurs été « construit » minutieusement : Jola pour la contraction de son prénom, Green est la couleur représentant la chance et 23 est un chiffre important au basket, le sport qu’il pratique encore (c’était le numéro de dossard d’un certain Jordan). Sur scène, c’est plutôt un duo que nous retrouvons. C’est rythmé et la complicité entre les deux protagonistes est évidente. La sauce prend rapidement avec le public et je ne parle pas que du concert. Assurément l’un des rappeurs à suivre prochainement. Houdi : Style provocateur, technique maîtrisée et abondance de punchlines, le rappeur masqué est dans la place ! Là, on vous avoue, nous ne nous sommes pas éternisés car visuellement, notre taf était vite plié. Avec Houdi, aucune expression ne transparaît. Il faut dire que la cagoule noire et les lunettes de ski au verre fumé aident bien… Avec Kerchak, on voit les yeux, quant à Vladimir Cauchemar, il nous réserve toujours un show fumant. Ici, rien de tel, sans doute pour que le public s’intéresse exclusivement aux paroles. Ah, j’allais oublier, l’artiste avait tout de même adapté sa performance pour l’occasion, il a enfilé un tee-shirt vert pour fêter son intronisation au palmarès du festival. C’était en effet son premier passage au Cabaret. Teezo Touchdown : Avec Aaron Lashane Thomas, on berce dans l’approche opposée à celle de Houdi. Le rappeur, chanteur, auteur-compositeur et producteur de disques américain est en effet un personnage assez excentrique dans ses tenues et son aptitude à tenir un public. Cette fois, pas de clous sur la tête ni de protections de foot US comme costume mais bien quelques accessoires que l’on ne s’attendrait pas à voir accordés ensemble. Bonnet noir, lunettes noires, singlet noir, short noir. Tout ceci est assez commun me direz-vous. Oui, mais le modèle des bottes est assez singulier, ses gants de gardien de but font tâche dans le décor et son micro est dissimulé au sein d’un immense bouquet de fleurs qu’il tiendra durant tout le show. On vous passe la liste des bijoux et bracelets de festivals qu’arbore fièrement notre homme pour s’intéresser à sa prestation, toute aussi désarçonnante. Il joue énormément avec le public, multiplie les déplacements, alterne les styles musicaux, entre pop et rap. Une prestation à voir pour vous faire une idée. Baby Queen « de son vrai nom Bella Latham, est une artiste émergente qui redéfinit la pop avec son style unique et ses paroles honnêtes. Née en Afrique du Sud et arrivée à Londres à 18ans, Baby Queen s’inspire d’une variété de genres musicaux, fusionnant pop contemporaine et indie alternative pour créer un son distinctif. Ses chansons abordent des sujets tels que la pression sociale, l’anxiété et les relations, offrant un message d’authenticité et d’acceptation de soi ». N’ayant pu effectuer qu’un bref passage sur la scène où elle jouait, nous nous baserons effectivement sur

Elles craquent toutes (encore) pour Louis.

Si le vendredi était plus axé sur l’urbain, c’est le rock qui était en force le dimanche, pour le dernier jour du Cabaret Vert. Avec Mass Hysteria, Nova Twins, Shaka Ponk, Palface Swiss et Korn, les amateurs de guitares grinçantes étaient aux anges. Mais, en milieu de journée, ce sont pourtant des demoiselles relativement jeunes que l’on retrouvait aux abords de la scène Zanzibar, toutes impatientes de voir débarquer Louis Tomlinson, l’ex-membre du boys band « One Direction » qui s’est désormais lancé dans une carrière solo. Certes, cette parenthèse pop dans la programmation était surprenante, mais aucunement problématique en soi. J’avoue, je n’étais pas un grand fan du groupe dont faisait partie notre désormais papa trentenaire (31 ans). Je n’associais d’ailleurs même pas l’artiste au groupe. C’était donc une découverte totale pour ma part. Louis Troy Austin (de son vrai nom) est né à Doncaster en Angleterre. Il se dirige dans un premier temps vers une carrière d’acteur (il a joué dans des productions pour la Tv) et de comédien pour des productions musicales (il a tenu le rôle de Dany Zuko dans Grease, comme un certain John Travolta avant lui). C’est d’ailleurs sa prestation dans cette célèbre comédie musicale qui le décide à passer le casting de l’émission X-Factor alors que cela lui trottait dans la tête depuis quelques saisons déjà. Il évolue au fil des épisodes dans la catégorie « garçons » avant que Simon Cowell (producteur) et Nicole Scherzinger (chanteuse des Pussycat Dolls) ne prennent la décision de réunir Tomlinson, Liam Payne, Harry Styles, Zayn Malik et Niall Horan afin qu’ils forment ensemble un groupe. One Direction est né. De 2011 à 2015, le groupe va sortir 5 albums et de nombreux singles qui vont se diffuser à des millions d’exemplaires. Le succès populaire est mondial d’autant que ses membres n’hésitent pas à s’investir dans divers projets proches du public. Louis Tomlinson, par exemple, a pris part à plusieurs rencontres caritatives en football, en évoluant dans les rangs du Celtic Glasgow, et de l’équipe anglaise du Soccer Aid aux côtés de Robbie Williams mais a aussi voulu attirer l’attention sur le club de sa ville natale en enfilant la vareuse 28 des Doncaster Rovers pour une saison. Des projets sportifs mais qui n’ont pas empêché Louis et ses comparses de One Direction de mettre aussi la main à la poche pour des œuvres en faveur des enfants malades. A partir de 2015, le mode pause (définitive ?) est activé pour le band One Direction, chacun vaquant à des occupations plus personnelles. Louis devient père mais va rapidement être confronté au décès de sa maman, et quelques années plus tard de l’une de ses sœurs. Mais il développe toutefois une carrière solo qui prend forme dès 2016 avec « Just Hold On », un single composé en partenariat avec le DJ Steve Aoki, figure emblématique du festival Tomorrowland. Un an plus tard, c’est avec Bebe Rexha qu’il partage la pochette de « Back to you ». Le projet Louis Tomlinson est bel bien lancé. Désormais, c’est avec deux albums solo dans le tiroir que l’ex membre de One Direction va à la rencontre d’un public qui semble toujours aussi fidèle. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.  

Avec Nova Twins, tout va de paires …

Twins est le mot anglophone pour désigner des jumeaux, ce qui n’est pas vraiment le cas des membres du groupe, qui sont amies de longue dates et baignent dans le même milieu musical depuis des lustres, mais n’ont aucun réel lien de parenté. Mais le chiffre 2 est toutefois bien présent dans l’univers des Nova Twins. Il s’agit tout d’abord bien d’un duo, de rock anglais, formé en 2014 à Londres. Amy Love (chanteuse et guitariste) est d’origine iranienne et nigériane, Georgia South (bassiste) est, elle, d’origine jamaïcaine et australienne. Elles ont donc chacune une double filiation. Nova Twins est le second nom de leur band, qui s’est brièvement appelé, dans un premier temps, BRAATS. Et Supernova (sorti en 2022) est (seulement) leur deuxième album. Au Cabaret Vert, elles n’ont toutefois pas fait dans le détail en livrant un spectacle très bien ficelé, à la hauteur de leur titre de princesses du « punk urbain ». Présence scénique digne des meilleures (elles ont assuré la première partie de Skunk Anansie en 2017), jeu de guitares appliqué, et morceaux bien piquants (nous vous conseillons les clips de Taxi et Cleopatra), les Nova Twins ont tout pour p(l)aire. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.