Baudet’stival et Les Gens d’Ere, pourquoi choisir ?

Comme nous vous l’avons expliqué précédemment (voir notre interview du directeur adjoint du Cabaret vert), la période des fêtes de fin d’année est souvent propice aux annonces, bonnes ou mauvaises, liées aux festivals de l’été. Voici peu, les festivals Scène-Sur-Sambre, Feelgood et Essonnes-en-scène ont annoncé leur retrait définitif du calendrier suite à des problèmes de trésorerie (ou de sponsoring, mais au final, cela ne change rien à la donne). Et nous n’avons vu aucun signal sortir du côté d’Incourt où la suppression en dernière minute de deux des trois jours de l’édition 2024 semblait sonner le glas pour ce sympathique festival qui ouvrait généralement la saison par chez nous. Mais le ciel n’est pas resté sombre si longtemps puisque depuis lors, des annonces d’artistes fleurissent ci et là concernant leur participation à des événements estivaux. Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur deux festivals qui ont de nombreux points communs, mais pas que… histoire que vous puissiez commencer à affiner votre calendrier des vacances. Débutons par les similitudes, les deux événements du jour sont des festivals à taille humaine où il fait bon se promener en famille. Ils ont en effet, de par leur situation géographique et l’emplacement de leur structure, une jauge de public restreinte (un peu plus de 20 000 pour l’un, plus près des 30 000 pour l’autre). Un élément à prendre en compte dans le contexte actuel où certains méga festivals amortissent leurs coûts grâce aux économies d’échelles mais que ce soit à Bertrix ou à Ere, on ne compte pas changer son fusil d’épaule, cette ambiance « cosy » familiale convient très bien aux organisateurs et à leurs publics. Chacun dispose de deux scènes, mais les approches de ces deux espaces sont sensiblement différentes. A Bertrix, on distingue clairement une scène principale où se produisent les têtes d’affiche et une B-stage destinée aux découvertes et artistes locaux. A Ere, c’est moins marqué car certaines des plus belles prestations ont lieu dans le chapitô, qui pourrait être assimilée à une scène bis par sa capacité limitée (on pense notamment aux shows de Santa et Doria D qui avaient enflammé les planches). Côté prix des pass, on reste dans la même tranche puisque il vous en coûtera 110 euros pour trois jours à Bertrix (la 1ère vague des tickets à 100 euros étant sold-out) et 100 euros à Ere pour le même type d’accès (là aussi, les early tickets à 91 euros ont été victimes de leur succès, 1000 places ayant trouvé acquéreur en 24 minutes !). Nous sommes loin des sommes astronomiques sollicitées sur certains sites prisés. L’approche du ticketing pour les jeunes est par contre différente. A Bertrix, les enfants de moins de 5 ans ne paient pas, ceux entre 5 et 9 ans ont un pass à 50 euros et au-delà, rien de prévu donc probablement le prix d’un pass adulte (j’avoue que nous n’avions jamais porté attention à cette spécificité). A Ere, les kids (2021-2014) paient 21 euros, les ados (2013-2007) 41 euros. Vous pesez le pour et le contre de chacun ? Au fait, ce n’est pas vraiment nécessaire car les deux festivals sont distants de plus de 200 kms par la route, soit plus de deux heure quinze minutes pour aller de l’un à l’autre… D’autant que ce n’est pas vraiment utile d’effectuer ce trajet, le Baudet’stival se déroulant du 11 au 13 juillet, alors que le Les Gens d’Ere occupera lui le week-end du 25 au 27 juillet. A vous de voir selon vos disponibilités, votre moyen de transport et vos goûts musicaux car à l’heure actuelle, seul le groupe belge Puggy est commun aux deux affiche, même si l’on miserait bien une petite pièce sur le passage de monsieur Dieu à Ere, que ce soit avec Mister Cover ou Oh mon Dieu ! l’artiste étant un habitué des lieux. Choisir c’est renoncer consacre une citation bien connue, c’est pourquoi nous irons (du moins nous l’espérons) sur ces deux événements dont nous vous compilons quelques informations pratiques. Baudet’stival : Du 11 au 13 juillet 2025 Localisation : Place des 3 Fers à Bertrix (c’est du dur donc pas de soucis avec les chaussures et vêtements en cas de pluie…) – Province du Luxembourg. Parking : pas vraiment prévu à l’entrée du site, mais c’est une petite ville disposant de quelques parkings publics et des navettes sont mises en place pour vous y (re)conduire. 12e édition – l’édition 2024 a drainé 20 000 personnes. Vendredi : Puggy – Mister Cover … Samedi : Kendji – Eddy de Pretto … Dimanche : Vitaa… Site : https://www.baudetstival.be/fr/ mais il n’est pas encore mis à jour version 2025. Pour le ticketing : https://www.ticketmaster.be/artist/baudet-stival-billets/958152?language=fr-be Les Gens d’Ere : Du 25 au 27 juillet 2025 Localisation : village d’Ere (Wallonie Picarde), à 10 minutes environ en voiture de Tournai – Province du Hainaut. Parking : deux grands parkings (et un camping) juste à côté du site mais leur accessibilité dépend des conditions climatiques (ce sont des champs dont l’un est en pente) – prévoir des vêtements et chaussures adaptées en cas de pluie/boue. 9e édition – l’édition 2024 a drainé 30 000 personnes. Vendredi : Mélanie C (ex Spice Girls) en version DJ … Samedi : Hoshi – Puggy … Dimanche : Pascal Obispo – Cali – Amir … Site : https://www.lesgensdere.be/ Comme vous le voyez, il y a déjà du beau monde sur les affiches, alors pourquoi choisir ?
Une cure de jouvence signée Les Gens d’Ere.

« Si tu cherches un peu de gaieté, viens donc faire un tour à Lambé » chantait Matmatah en 1998. Depuis, 26 ans se sont écoulés, on a changé de siècle, et même de millénaire, mais cette chanson procure toujours autant de joie dans l’assistance. Il faut dire que si le groupe a pris de l’âge en même temps que son titre phare, on est loin d’avoir en face de nous de vieux grabataires proches de rejoindre une maison de repos. Cela ne se passe pas non plus à Lambé, ni à Brest, d’où est originaire le groupe, mais bien à Ere, une commune rurale de la région tournaisienne habituellement fréquentée par 750 habitants. Ici, plusieurs milliers de festivaliers sont encore présents pour le dernier jour de l’événement qui a fait « prairie » comble la veille. On commence à voir sur les visages de certains que les heures de sommeil ne suffisent plus à combler l’énergie dépensée à se mouvoir sur les titres de tous les artistes, mais qu’à cela ne tienne, on est là pour profiter encore comme il se doit de ce rush final festif. Ce ne sont, vous vous en doutez, pas les Bretons qui ouvrent le bal dominical mais bien Nicolas Dieu, le chanteur de Mister Cover, qui a désormais ses habitudes à l’endroit. Il était en effet encore là l’an dernier, mais aussi ce vendredi pour le premier jour de festival. Cette fois, point de band spécialisé dans les reprises, mais bien des chansons en français produites dans le concept de « Oh mon Dieu », un nom évocateur évidemment en référence à l’identité de sa personnalité forte. Le groupe suivant en comporte quelques-unes, des personnalités, avec Sébastien Préaud (basse), Massimo Panza (guitare), Hervé Tricot (batterie) et Cendrine Ketels (chant) facilement reconnaissable à la frange de couleur qui trône en front d’une chevelure noir corbeau. At Night est un groupe assez jeune (formé en 2022), originaire de Mons, qui se distingue par la voix puissante et marquée de sa chanteuse. Groupe nous étions, groupe nous restons avec Space Alligators, un quatuor tout droit venu du nord de la France. Ils ne se prennent pas vraiment au sérieux dans leurs clips, que l’on vous invite d’ailleurs à regarder, comme celui de « London Tropical » ou encore « Les Amours de Vacances », mais sur scène ils n’ont rien à envier à la plupart des plus vieux briscards qui oeuvrent encore sur les planches. On traverse l’océan pour se donner rendez-vous au Québec avec Clay and Friends, un quintet construit pour la scène aux accents soul, hip-hop et funk. Le show est assuré par Mike Clay qui glisse quelques références à la région et au festival dans ses improvisations rappées, mais aussi par le duo de cordes composé par Clément Langlois-Légaré et Pascal Boisseau. Quand ces deux-là se lâchent, ça part en live… Une autre louve qui acère ses crocs actuellement se nomme Doria D. Son premier album « Dépendance » avait fait mouche, son nouvel opus, « Je cherche encore… », est tout aussi précis et intéressant. Son quotidien y semble toujours aussi tourmenté (certains titres portent les noms révélateurs de « Questions » ou encore « Colère ») et pourtant ses prestations scéniques sont gaies et rafraichissantes. La Louvaniste (24 ans) n’était donc pas encore née au moment de la sortie de l’album « La Ouache ». De retour sur les planches, Tristan Nihouarn (chant/guitare) et ses potes musiciens montrent que les « papys » font une belle résistance, surtout lorsqu’ils se reposent sur le jeu scénique assez déjanté du petit jeune fraîchement débarqué dans la troupe, Léopold « Léo » Riou. Il rend 20 ans à ses collègues de scène, mais c’est bien lui qui dicte le rythme et fait le show, rendant presqu’une nouvelle jeunesse au rock « folklorique » de Matmatah. Un rapide détour par le chapiteau où le groupe au logo moustache, les pétillants « Deluxe », en profite pour tester quelques nouveaux morceaux et l’on reprend une bouffée de jeunesse éternelle avec l’entrée en scène de Kyo. Ben est particulièrement en voix et en jambes. Il frappe fort dès les premières notes avec le titre qui a servi de base au succès du groupe, « Le Chemin », de l’album du même nom sorti en … 2003. Et oui, nous voici encore à rivaliser avec Marty McFly. Pas besoin d’une DeLorean trafiquée quand on a un juke-box magique. « Je cours », « Dernière danse », « le Graal », la discographie de Kyo est telle que le concert file à une allure non mesurable, un peu comme Léon Marchand dans un bassin de natation. Mais une bonne nouvelle se profile à l’horizon puisque le groupe devrait retourner au studio d’enregistrement en septembre ! Un nouvel album est en effet en préparation. Pas question toutefois de se quitter ainsi, sans un bouquet final. L’an dernier c’était Kid Noize aux platines. Cette année, c’est… Kid Noize qui remet le couvert. On ne change pas une équipe qui gagne. Ceci signera notre clap de fin sur cette édition 2024 de Les Gens d’Ere, une année riche en émotions, mais aussi en nombre de festivaliers puisque l’on devrait être proche d’un record. RDV en 2025 ? Retrouvez les photos du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Médaille d’or pour Les Gens d’Ere samedi.

La journée de vendredi avait déjà été une réussite en termes d’ambiance et de fréquentation avec plus de 7000 festivaliers. Mais celle de samedi a (presque) battu des records. Vous étiez près de 10 000 sur le site, soit le nombre maximum autorisé au niveau des normes de sécurité. C’est ce que l’on appelle communément un sold-out. Si c’est la situation rêvée pour les finances de l’organisation et des commerçants installés sur l’événement, c’est aussi une grosse responsabilité et des points d’attention supplémentaires notamment sur le plan de la mobilité. Parkings affichant complets, longues files aux échoppes, pas facile de trouver une place au plus près des scènes… oui, il y a inexorablement des inconvénients pour le public, mais mis à part ces quelques perturbations incontournables, on peut parler d’un succès de masse, et d’une bonne humeur généralisée, même si un artiste a un peu bousculé le planning, provoquant un stress momentané de quelques fans quand le présentateur a annoncé qu’il n’était pas encore arrivé sur place à l’heure du début supposé de son concert. Car ce « retardataire » n’était autre que Black M, l’une des têtes d’affiche du festival. Tout rentrera finalement dans l’ordre, si ce n’est un léger décalage d’une trentaine de minutes. L’ancien membre de Sexion d’Assaut attaque direct avec « Sur ma route » comme un clin d’œil à ce petit contretemps vu qu’il était, semble-t-il, bloqué dans des embouteillages. Les tubes s’enchaînent alors comme un juke-box, avec notamment l’incontournable tacle à cette conseillère d’orientation devenue désormais si célèbre (mais non réelle), madame Pavoshko. Un titre sorti voici… 10 ans mais qui n’a pris une ride. Mais effectuons un petit retour en arrière de quelques heures. Il est 14h30, les portes sont sur le point d’ouvrir. Quelques personnes sont déjà là, à trépigner d’impatience. Dès que le signal leur est donné, certaines piquent un sprint vers les deux scènes. Et oui, vu le monde annoncé, impossible d’alterner les deux espaces en restant aux premiers rangs. Voir son / ses artiste(s) préféré(s), cela se mérite. De telles conditions permettent du coup aux artistes « d’ouverture » de bénéficier d’un coup de pub supplémentaire avec, qui sait, un nouveau public à conquérir. La première à hériter du flambeau est Zoé Joséphine, jeune liégeoise que nous avions déjà vue au Baudet’stival. A 5 ans, elle débute le solfège, suivent le piano et l’écriture de ses premiers textes (10 ans). A 13 ans, elle prête déjà sa voix à un projet de sensibilisation de l’autisme, et quelques saisons plus tard, c’est à The Voice kids France qu’elle met la sienne en exergue. Après avoir assuré la première partie des concerts de Jean-Baptiste Guégan dans les Zéniths, c’est pour défendre son premier EP, « Regarde dehors » (sorti sur son propre label ZJ records) que Zoé arpente les routes belges. Après Bertrix et Ere, prochain arrêt musical à Namur pour les Solidarités dans la seconde moitié du mois d’août. Pour rester dans la good vibe, on retrouve White Corbeau, un artiste bruxellois aux influences rap, hip-hop et soul. Alexis Zounguere-Sokambi de son vrai nom est diplômé en architecture mais c’est le chant, sa réelle, passion, qui anime ses journées. Son crédo, défendre le « Release mode », un état d’euphorie, de confiance en soi et de hautes vibrations. Si nous étions dans une move « cool » avec White Corbeau, on passe à la version énergique avec Doowy qui aurait pu postuler pour remplacer le lapin dans la pub d’une célèbre marque des piles. L’interprète de « Coule encore » n’est pas un novice dans le milieu car il était, avant de se lancer en solo, musicien pour Mustii et Lost Frequencies. De « L’eau du bain » aux « Soirées Tropicales », Thibaud travaille sa voix, son image, mais aussi son cardio. On retrouve en lui une implication similaire à celle de Thomas Mustin et une gestuelle qui laisse parfois penser à Freddie Mercury. Et non, il n’est pas le frère caché d’Alice Dutoit, mais juste un cousin capillaire appréciant les touches de rose. C’est toutefois bien à Alice On the Roof qu’il cède le témoin. La Montoise revient aux Les Gens d’Ere mais pour un seul en scène (ou presque…) cette fois, une approche que d’autres artistes du week-end, comme Louane, expérimentent aussi. Un piano, une boîte à rythme servant de loop notamment et c’est quasiment tout. Oh, j’allais oublier, Alice aura besoin momentanément d’un jeu de clés emprunté au public, et ce pour créer l’ambiance musicale d’un morceau. On vous rassure, la propriétaire a récupéré son porte-clés et Alice a livré une très belle prestation. Nous voici revenus au créneau prévu pour le show Black M, et donc quelques instants de relâche pour nous, en attente de l’arrivée de l’artiste. Nous en profitons pour jeter un coup d’œil sur les résultats des Jeux Olympiques et découvrons que nos cyclistes ont fait coup double, Remco Evenepoel décrochant l’or et Wout Van Aert le bronze. Une belle performance mais nous ne resterons pas longtemps devant nos voisins français au tableau des médailles, le rugby à 7 décroche lui-aussi les étoiles, lançant ainsi la moisson dorée des Hexagonaux. Pourquoi parler des Français ? Et bien parce que l’artiste suivante vient de chez nos voisins (elle est en réalité Franco-Américaine) et va nous offrir un concert dont elle détient les secrets : dynamique, touchant, sensible et divertissant. Entrée de scène avec un fumigène allumé (artifice que l’artiste n’utilisera peut-être plus … et oui, cela comporte des dangers), voix envoutante, alternance de chansons et d’interventions avec l’assistance, Santa, seule, reste la Santa d’Hyphen Hyphen, et c’est d’ailleurs celle qui nous plaît autant. Humaine sur et hors des planches. Côté apartés, Samanta revient sur son lien particulier avec notre plat pays en déclarant vouloir se faire adopter par la Belgique (si ce n’est encore le cas administrativement parlant, nul doute qu’elle l’est dans les cœurs de nos compatriotes) et sur cette expérience marquante de jouer du piano au-dessus de Bruxelles. Une vidéo a été tournée ce jour-là, c’est en fait le clip de « Popcorn salé » le premier single de Santa que vous avez
Coup d’envoi de Les Gens d’Ere : des étincelles au fond des yeux.

C’est désormais une (bonne) habitude, le dernier week-end de juillet, le petit village d’Ere s’étoffe de quelques milliers de festivaliers qui viennent y trouver de la musique de qualité, des artistes conviviaux, une ambiance festive et des infrastructures accueillantes. Les puristes diront que les hostilités ont déjà été lancées jeudi, avec une soirée sous le chapitô (et oui, cela s’écrit ainsi, ici), mais le coup d’envoi officiel a été donné ce vendredi. Le premier à se lancer dans le grand bain se nomme Maleck. Il provient de la ville la plus proche, Tournai, comme un certain Youssef Swatt’s, dont il est assez proche. Sur la plaine, nous découvrons une véritable horde sur scène. Gustave Brass Band se compose en effet de onze musiciens, du moins dans sa composition du jour car cela varie en fonction des occupations de chacun. A Ere, ce sont donc sept cuivres, un bassiste, un batteur, un percussionniste et un chanteur qui occupent, vous l’imaginez bien, toute la largeur de l’espace disponible. Certains morceaux sont instrumentaux, d’autres sont rappés, les membres proviennent d’un peu tous les coins de la Wallonie, même si le camp de base, et de répétition officiel est à Gembloux, la plupart des fondateurs de l’ensemble étant inscrits, à l’époque, à la faculté universitaire d’agronomie. C’est festif et finalement bien balancé, même dans le jeu scénique avec des « battles » de cuivres, des chorégraphies pas si improvisées et des moments de franche déconnade. Après cet interlude façon Bandas (pour ceux qui connaissent), retour au chapitô qui commence à afficher complet, déjà. Il faut dire que c’est le local de l’étape qui est attendu, Youssef Swatt’s. Déjà venu il y a deux ans, le Tournaisien connait la maison, mais c’est avec une aura bien plus développée qu’il revient sur ses terres. Entretemps, il s’est en effet produit en première partie du mythique groupe marseillais I AM et vient de remporter la 3e saison de la Nouvelle école, l’émission de découverte de talents Rap diffusée sur Netflix. Avec « Azero » et « Le rap est mort », Youssef frappe d’emblée de grands coups. Sa diction est propre, posée et bien compréhensible. Ses textes sont une force indéniable, et l’artiste manager sait en jouer. Un petit aparté avec le public, histoire de glisser l’intro de « Je sais pas faire de refrains » composé durant l’émission, et c’est dans la poche, tout le public est acquis à sa cause. Cerise sur le gâteau, le garçon n’est jamais contraire quand on le sollicite pour une interview ou même des selfies, pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Sur la lancée, on retrouve Ykons sur la plaine. Départ tonitruant, comme d’habitude puis… Renaud se retrouve aphone. Enfin, pas vraiment. C’est plutôt son micro ou le retour son qui fait des siennes. Avec un tel contexte, certains auraient paniqués, voire même claqué la porte, mais avec le métier et le recul nécessaire qu’on leur connait, les membres du groupe liégeois ne se démontent pas, entamant une partie du tour de chant a cappella. « Je pensais vous offrir le meilleur concert de notre carrière… la technique en a décidé autrement, mais on a hérité du meilleur public » lance entre deux coupures le chanteur. Et c’est vrai que vous étiez particulièrement en forme. Certains connaissant les morceaux d’Ykons sur le bout des doigts (ou des cordes…vocales), la chorale d’Ere est née ! Puis le concert a repris son cours, cela fera de belles histoires à raconter. La voix bien chauffée, c’est dans un chapiteau rempli à ras bord que l’on se glisse pour prendre part au début du show de Mister Cover. Nicolas Dieu et ses acolytes sont des tauliers ici. Ils apprécient le festival et la réciproque est tout aussi vraie. Titres actuels ou anciens, du rock conventionnel au rap, avec ou sans danseurs, Mister Cover surfe sur toutes les vagues avec la même dextérité. Deux heures trente de spectacle complet, pyrotechnie et fumigène compris, c’est du sport ! Le cardio est en forme… et bien poussons encore un soupçon le curseur pour la prestation de Quentin Mosimann, un artiste aux talents multiples et à la gentillesse inégalable. Habillé tout en noir, mais avec des bords argentés, Quentin ne passe pas inaperçu, surtout avec ses cheveux désormais teints en blond très clair. Mais il n’est pas là pour se cacher, de toute manière. Non, son truc, c’est de mettre une ambiance de feu. Il est tard (déjà plus de minuit) mais le public reste et s’amuse car Mosimann est un entertainer comme on n’en fait plus beaucoup. Assurément une très belle clôture de première journée. Psssss, ne le dites pas trop fort mais ça continue tout le week-end donc si vous voulez faire la fête, vous savez où aller. Retrouvez les clichés sur la page Facebook – ReMarck Photos.
C’est dans l’Ere du temps…

On poursuit notre présentation des festivals que nous couvrirons cet été avec un événement qui a su garder un esprit convivial et familial malgré une affiche de renom. Ce festival porte le nom évocateur de Les Gens d’Ere, jeu de mots compris dans le package puisqu’il fait référence au village qui l’accueille, Ere, à quelques encablures à peines de Tournai. Pour vous y rendre, et oui, tout le monde ne passe pas nécessairement ses vacances dans cette bourgade champêtre, voici quelques indications. Adresse: Rue de Longuesault 1/2, 7500 Tournai (Ere) En venant de Bruxelles: prendre E429 direction Tournai. Ensuite E42 direction Lille. Sortie 34 vers Tournai. En venant de Mons: Prendre E42 direction Tournai – Lille. Sortie 32 Tournai – Vaulx. En venant de Lille: Prendre A27 direction Tournai. Sortie Tournai. Sur place, deux parkings gratuits, l’un juste en face du site, l’autre à peine plus loin, mais qui seront évidemment accessible en fonction des conditions climatiques du moment (le premier est en effet en pente et tous les deux sont dans des champs). Cela ne devrait toutefois pas vous refroidir, même ne cas de pluie soutenue, car des solutions de délestage existent comme le covoiturage, les navettes depuis Tournai ou encore la mobilité douce (NDR : le vélo pour les non érudits). En pratique cela donne : Des navettes de bus gratuites sont prévues depuis le parking de l’Esplanade de l’Europe à Tournai. Voici les horaires: Jeudi => 1ère navette à 19h et dernier départ du site à 00h30 Vendredi => 1ere navette à 17h et dernier départ du site à 2h30 Samedi => 1ere navette à 14h30 et dernier départ du site à 2h30 Dimanche => 1ere navette à 13h30 et dernier départ du site à 2h30 Pour éviter les désagréments, prévoyez 20 à 30 min d’attente avant d’embarquer dans un bus (au retour comme à l’aller). 𝗣𝗲𝘁𝗶𝘁𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗳𝗶𝗻 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗶𝗿𝗲́𝗲 👀 Ne vous précipitez pas à l’arrêt de bus puisque les 3 bus mobilisés assureront dans tous les cas le retour à Tournai. Les parkings vélos pour ceux qui habitent plus près (ne sont toutefois pas gardés donc prévoyez votre antivol). Il y aura d’ailleurs sur le site, lors d’une des journées, une animation mobilité douce en collaboration avec Pro-vélo. Le où, vous l’avez, parlons désormais du quand. Du jeudi 25 juillet au dimanche 28 juillet inclus. Cela vous laisse encore quelques jours pour vous décider, mais les organisateurs nous informent que l’affiche plait visiblement de telle sorte que les préventes s’écoulent bon train. Ne tardez donc pas à réserver votre pass si l’un de vos artistes préférés y est programmé d’autant que l’équipe du festival pense au confort du public en tentant de limiter au plus les inconvénients qui pourraient être liés à une météo humide (on croise les doigts pour que les nuages ne soient pas de la partie, mais en Belgique, la pluie ne s’absente jamais très longtemps). Ainsi, sur le site en lui-même, le chapiteau permettra de s’amuser à l’abri quoi qu’il arrive. Il sera monté la semaine d’avant et donc normalement bien sec pour l’événement. Et comme l’année dernière il y aura au minimum un chemin en plancher qui permettra d’accéder à tous les endroits stratégiques pour les PMR (espace PRM, toilettes, bar, foodtrucks). Le deuxième espace restera lui, comme les années précédentes, à l’air libre, et donc soumis aux aléas climatiques, mais quelques gouttes n’arrêtent pas des festivaliers motivés, même si dans l’absolu, un bon 25 degrés sans averse serait le bienvenu. Petite différence toutefois à noter, l’espace scénique s’étend un peu histoire de permettre aux artistes de s’exprimer avec encore un peu plus d’aisance. Le décor étant planté, il ne manque plus que les personnages. Vous ne manquerez pas de jouer un rôle prépondérant évidemment, pas de festival sans public, mais on vous a réservé un casting de luxe pourambiancer votre été. Si le jeudi est assez light (il y en a qui travaillent encore vendredi…) avec Zenith et L et S Baert, on sort l’artillerie lourde dès le lendemain avec notamment Gustave Brass Band, le local de l’étape, Youssef Swatt’s, qui participe actuellement à l’émission Netflix « la nouvelle Ecole », Ykons dont les tubes tournent en continu sur les ondes nationales (et en France), Mister Cover (la bande à Dieu devrait retrouver facilement le chemin de ce festival auquel ils sont souvent conviés) et l’inimitable Mosimann qui nous réserve toujours des shows impressionnants. Nul doute qu’il y aura de l’ambiance à Ere vendredi soir. Et ce n’est encore là qu’un aperçu du week-end puisque le festivaliers présents samedi pourront notamment voir et entendre Doowy, Alice On the Roof, Black M, Louane, Santa, Henri PFR… Des sons actuels avec des artistes qui cartonnent en cette année 2024, et oui, la programmation de l’événement a eu l’oreille fine sur ce coup là. Pour le dimanche, Doria D reste dans la même veine que ces prédécesseurs de la veille, mais on pourra aussi sentir un léger glissement vers l’univers plus rock de At Night, Matmatah (les plus anciens doivent se souvenir de Lambé an dro) ou encore Kyo. Sans oublier Deluxe, ce sextet originaire de Aix-en-Provence qui va illuminer la prairie avec son funk électro pop jazzy. Une set list bien gratinée que viendra conclure, comme l’an dernier d’ailleurs, Monkey face, alias Kid Noize (qui vient de sortir un single étonnant, en feat avec Pepe, sur des notes ensoleillées puisqu’il s’intitule « Chaleur »). Pour plus de renseignements et réserver vos accès, rendez-vous sur le site officiel du festival, www.lesgensdere.be
D’avril à septembre, les notes vont swinger un peu partout.

2024 s’éveille à peine qu’il est déjà grand temps pour les amateurs de festivals de commencer à cocher les dates importantes dans leur calendrier car il se pourrait que cette année, encore plus que les précédentes, certains soient confrontés à des choix manichéens. Il n’est en effet pas rare de voir plusieurs festivals se « partager » un week-end, mais l’agencement du nouveau calendrier scolaire en Belgique, qui « limite » depuis peu la période de vacances d’été de début juillet à fin août (alors que précédemment il n’était pas rare de voir des étudiants libérés de leurs obligations dès le 20 juin et ne reprendre le chemin des amphithéâtres qu’à la mi-septembre), et, surtout, l’organisation des Jeux Olympiques à Paris (et quelques autres sites un peu partout en France) chamboule encore un peu plus un agenda qui pouvait déjà générer quelques prises de têtes chez certains. Quel est le rapport entre les JO et des festivals demanderont certains d’entre vous? Et bien la sécurité. De nombreux services publics (pompiers, police, services travaux des collectivités….) vont être à pied d’œuvre durant toute la période des jeux (du 26 juillet au 11 août). Sans oublier que les jeux paralympiques suivront rapidement (du 28 août au 08 septembre). Voilà quelques week-ends durant lesquels de nombreux élus de l’Hexagone ne pourront donc accepter d’événements majeurs sur leur territoire, et cela sans tenir compte des heures de récupération qui devront aussi être allouées dans la foulée. Les organisations sur terrain privé ne nécessitant pas de personnel des services publics (ils sont rares car la gestion du flux de public incombe en partie à la police) pourraient contourner ce problème avec des services de sécurité privés… mais ils sont tous (ou presque) occupés par ces JO et tout ce qui tourne autour. Ces paramètres évoqués juste ci-dessus expliquent pourquoi quelques week-ends, et deux particulier, ceux des 13-14 et 20-21 juillet, vont voir exploser le nombre de festivals organisés à ce moment. Hormis pour ceux d’entre-vous qui manient habilement le don d’ubiquité, l’heure des choix va donc sonner. Afin de ne pas vous retrouver le bec dans l’eau, ou pour le moins assez démuni face à une billetterie qui afficherait déjà complet, nous vous avons concocté un petit agenda avec les renseignements qui sont déjà disponibles, et ce concernant les festivals que nous connaissons. Il ne s’agit donc pas d’une bible ou d’un annuaire complet reprenant toutes les organisations musicales « estivales », mais juste de quelques pistes pour organiser votre agenda en fonction des événements que nous avons présélectionnés (vous verrez, certains très connus ne figurent pas dans cette liste). Pourquoi attendre juillet pour s’amuser ? Nous ne sommes pas les seuls à nous poser la question puisque certains organisateurs ont pris le pari d’entamer cette saison des festivals dès avril. Chez nous, les Nuits Botaniques sont devenues incontournables au fil des années (ce sera la 31e édition en 2024). Il est donc tout naturel de débuter cette présentation par ce festival un peu particulier puisqu’il s’étale du 24 avril au 05 mai. Bonne nouvelle pour ceux qui ne pourraient se déplacer, cet événement sera couvert par l’un des artisans de ce site, Fabian Braeckman. Vous pourrez donc retrouver des reportages sur ce festival sur notre webzine. Mais comme c’est quand même toujours mieux de vivre l’expérience en live, nous vous invitons à vous rendre sur le site du Botanique pour prendre connaissance de la programmation complète (et réserver vos places). Plusieurs lieux, une programmation assez hétéroclite, des artistes à découvrir … Pour ceux qui se rendraient en France fin avril, on aura aussi Le Printemps de Bourges (du 23 au 28) avec des artistes d’un certains calibre – 24 : Mika / Kyo / Martin Solveig / Santa / Zaho de Sagazan – 25 : Hoshi / Shaka Ponk / Matmatah / Oliva Ruiz – 26 : Silly Boy Blue / Luidji – Bon Entendeur / PLK … – 27 : Bekar / Niska … – 28 : M.Pokora / NEJ) – Accès, 49 euros par jour (sauf le dimanche, 45) mais le 25 et le 27 sont déjà complets et les passes Week-ends sont aussi écoulés. Le temps de vous remettre de ces premières émotions musicales, on fait le pont jusqu’au 17 mai, jour initial de l’Inc’Rock festival (du 17 au 19 mai). Aucune info n’a encore filtré et c’est le mystère donc concernant l’affiche de cette nouvelle édition de l’événement qui se déroule à Incourt. Le week-end suivant, c’est à Anthisnes en province de Liège, que nous irons probablement déclencher quelques rafales à l’occasion des Anthisnoises, un festival de musiques celtiques très accueillant. La date est connue (du 24 au 26 mai) mais là aussi, le voile n’est pas tombé concernant les groupes qui se produiront. De mai, on passe à juin, avec les Francofolies d’Esch-Sur-Alzette au Luxembourg du 06 au 09. L’affiche complète n’est pas encore disponible, mais les amateurs de rap/hip-hop apprécieront le line-up du vendredi (Ninho, Tiakola, Luidji…), le samedi, on aura du très prisé avec Lost Frequencies, Zaho De Sagazan, Apashe et Shaka Ponk notamment. Quant au dimanche, il ne sera pas en reste avec David Guetta, l’Impératrice, Olivia Ruiz, Mentissa, Santa et Julien Granel. Le pass 3 jours est à 130 euros, les tickets journaliers à 56 ou 64 euros selon le jour. Pour le dernier week-end du mois, un choix cette fois géographique et musical s’impose puisque d’un côté nous aurons le rock consistant du Hellfest, et de l’autre la bande de Contact qui sera aux commandes du Feelgood à Aywaille, et tout ceci du 27 au 30 juin. Hellfest (Clisson en France) : un line-up de folie pour les amateurs du genre avec Megadeth, Metallica, Queens of the Stone age, Mass Hysteria, Lofofora … mais aussi Foo Fighters, The Prodigy, The Dropkick Murphys, Bodycount ft Ice-T et Shaka Ponk qui pour sa tournée finale s’est concocté un beau calendrier. Petit bémol, tous les pass 4 jours ont été écoulés depuis un certain temps et il est quasi impossible de pouvoir encore trouver un ticket, même pour une seule
Un autel rue de la Paix.

Certains d’entre vous fredonnent sans doute un air bien connu de Zazie en lisant ce titre. C’est un peu, avouons-le, le but recherché. Mais les paroles de la chanson évoquent un hôtel et non un autel. Ce n’est pas une erreur… ou plutôt si, mais volontaire, et vous comprendrez pourquoi en vous plongeant dans cet article. Maintenant que votre curiosité a été piquée au vif. Plongeons nous ensemble dans cette troisième (et dernière) journée de l’édition 2023 du Les Gens d’Ere, un festival qui prend de l’ampleur au fil des ans, mais qui a le bon goût de grandir progressivement, à pas feutrés. Le premier à prendre le micro ce dimanche est Antoine Armedan. Auteur compositeur interprète belge, amoureux des mots et des mélodies, celui qui représente visuellement le beau-fils idéal, a entamé voici quelques mois une tournée particulière uniquement en train et à vélo, baptisée « Zéro carbone sous les comètes« . Au total, plus de 150 concerts sont prévus, devant environ 8000 personnes. Soit l’équivalent de Forest National. A quelques dates de son objectif (son pari prendra fin le 22 septembre), celui qui défend son nouvel album, Des plumes sous les comètes, tient toujours la forme, comme l’atteste sa prestation, dans laquelle s’est glissé un titre de circonstance « Danser sous la pluie », même si ce premier concert de la journée se déroule, lui, sous chapiteau. On quitte le cocon de douceur tissé par l’artiste vert (surnom donné pour son implication dans la protection de la planète) pour aller se confronter au rock pur de Goodbye Fortune Tellers. Les guitares électriques sont de sortie pour le trio bruxellois. Laura et ses Simon (l’un étant chanteur et guitariste, l’autre batteur) prennent véritablement possession de la scène pour faire monter le thermomètre. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, nous vous renvoyons notamment au clip de City Lights qui synthétise assez bien le style affiché par le groupe. Mais en live, c’est encore mieux. Même confrontés à quelques soucis techniques (très passagers, rassurez-vous), les musiciens/chanteurs ne se démontent jamais, assurant quoi qu’il arrive un show percutant. Et pourtant, une reprise de France Gall est programmée au line-up. Cela vous étonne ? Non, c’est une version rock, évidemment, plus proche de celle de Arcade Fire, de « Poupée de cire, poupée de son« . Pour ceux qui sont près à effectuer un grand écart, musical et culturel, voire générationnel, la suite non logique du programme se compose d’un groupe apprécié des plus petits, je parle des Déménageurs. J’avoue que là, nous sommes un peu dans l’inconnu, mais les enfants, parents, et enseignants connaissent paroles et chorégraphies imagées. C’est frais, et c’est un signe très visible qu’à Ere, toutes les tranches d’âges sont les bienvenues. Lili (Marie-Rose Mayele) au chant et aux danses, Nelson (Perry Rose) à la guitare (et au tuba), Stoul (Thierry Hercod) à la vielle à roue, flûtes et banjo et Georges (Jonathan De Neck) à l’accordéon diatonique vous invitent à leur toute dernière tournée, avec toujours la même énergie et le même enthousiasme, car oui, le groupe formé voici déjà une vingtaine d’années par Yves Barbieux remplit ses dernières salles (ici un chapiteau en l’occurrence). Si les plus jeunes sont bien au sec, c’est sur la scène « plein Ere » qu’arrive Colt, accompagné des premières gouttes de la journée. Le duo formé par Coline et Antoine s’est entouré pour cette tournée de musiciens et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça sonne bien. Le français remplace progressivement l’anglais dans le répertoire du jeune groupe dont les notes pop folk sont portées par la superbe voix puissante, mais toute en nuances, d’une chanteuse chez qui l’on décèle de nombreuses années de pratique vocale intensive (Coline a pratiqué le chant lyrique et joué dans plusieurs comédies musicales). Pour ceux qui n’auraient pas encore eu le privilège de les voir en live, jetez un coup d’œil (et tendez l’oreille) sur les clips de Insomnies et Ramenez-moi. Retour sous la protection de la bâche du chapitô pour les rythmes tropicaux de Fugu Mango. Créé à Bruxelles en 2013, le groupe FùGù Mango est un concentré d’indie pop, de beats afro et de dance music. Habitué des scènes de festivals, le band de Vincent Lontie apporte toujours ce rayon de soleil qui nous transporte au bord d’un lagon aux eaux cristallines. Et oui, vous en conviendrez, on en a bien besoin ces derniers jours (rires). Quoi qu’il en soit, j’adhère à ces percussions enivrantes, cette « soul » chaloupée afro caribéenne et ces harmonies posées qui en un clignement d’œil nous font traverser l’atlantique comme sur Blue Sunrise ou Mango Chicks. On revient un peu plus près, dans l’Hexagone, et plus précisément dans les Yvelines, pour retrouver les 47 Ter, un trio de rap formé en 2017 par Pierre-Paul, Blaise et Lopes. Si leur développement fut un peu retardé par une pandémie sanitaire (oui, ce covid qui nous a privés de tant de concerts), la sortie de leur titre « On avait dit » leur donne accès aux ondes radios. Leur style mêlant funk et rap, en français, sans agressivité ni termes orduriers gratuits, est désormais reconnu par une belle communauté de fans. Il faut dire que le groupe sait utiliser les supports mis à sa disposition. Un logo reconnaissable, une ligne de merchandising complète, un jeu scénique travaillé… Les adeptes sont soignés aux petits oignons. Et la communauté répond présente puisque la date de l’Olympia (le 06/10/23) affiche complet depuis plus de deux mois déjà. Leur concert à Ere était donc attendu de pied ferme. Avec comme cerise sur le gâteau, une demande en mariage ! Et oui, une vraie demande, en live, sur scène, durant la prestation du groupe. Et madame a répondu oui (d’où le terme autel du titre, pour ceux qui suivent). Après tant d’émotions, retrouvons un géant au grand cœur avec le passage tout aussi attendu de Saule. Sans en avoir l’air, Baptiste, de son prénom à l’état civil, est une machine à hits. Qui n’a jamais entendu Dusty Men ? Ce duo en franglais avec Charlie Winston
Danse tes idées !

La deuxième journée du festival Les Gens d’Ere était probablement la plus attendue des aficionados de musiques actuelles avec les prestations tant attendues de Hyphen Hyphen et Loic Nottet, deux artistes/formations qui proposent de vrais shows complets tout en arrivant à communiquer leurs émotions au public. Mais avant ce dilemme presque manichéen, l’un étant programmé sous le chapitô, l’autre en plein Ere, retrouvons tous les autres chanteurs annoncés dans un line-up certes très éclectique, mais qui rejoint une ligne directrice commune : chaque artiste de ce samedi incarne un message qu’il tient à transmettre à tout son auditoire. Et le premier à ouvrir le bal est Nceka. Sur son site, il est présenté comme « un auteur-compositeur, parfait autodidacte et multi-instrumentiste. Parmi ses instruments de prédilection, on trouve la guitare, le piano et la batterie. Il peut chanter en français, anglais, espagnol et d’autres langues… Ce qui rend NCéka si attachant, c’est son grand cœur et sa proximité avec ses fans. Lors de ses showcases, il crée un véritable moment de partage avec son public et laisse son empreinte dans le cœur et l’esprit de chacun, lors des rencontres après ses concerts. Sa passion est de faire chanter le public avec lui ! Grâce à sa voix puissante et son côté performer, il sait parfaitement comment le captiver et l’ambiancer. » On retiendra encore qu’il fait partie de ces artistes du coin (il est né à Mouscron) que le festival aime mettre en avant, car c’est aussi l’une des missions d’un tel événement, qu’il vient de sortir son deuxième album « Atemporel » et que sa reprise de Zombie des Cranberries lui colle à la peau. On reste dans la région avec le rappeur tournaisien Minno qui dynamite la scène du chapitô à l’aide de titres aussi entraînants que « La Bombonera », mais aussi « Adjal » un hymne à sa ville natale car le chanteur est fier de ses origines et ose le crier haut et fort. Minno pense ses spectacles pour le public, et ça se (res)sent. Juste le temps de passer chercher un rafraichissement au bar que l’on retrouve Saskia, une artiste dont la sensibilité à fleur de peau permet à ses textes, réalistes et basés sur des situations liées à l’actualité comme les violences de couple (C’est la règle), les ruptures amoureuses douloureuses (Dans ma tête) ou la société de surconsommation (Toujours plus) de prendre vie. Chaque opus est un roman acoustique qui livre un morceau de la personnalité de la chanteuse, qui est aussi auteure et compositrice de la plupart de ses morceaux. Avec Sharko, on plonge vers le rock cher à David Bartholomé, cet Ardennais issu d’Arlon dont la biographie disponible sur le site officiel résume assez bien le projet actuel du groupe. « We Love You David« : nouvel album pour Sharko, en forme de retour aux sources; le rock, simple et élémentaire, dans la formule trio (Guillaume Vierset à la guitare et Olivier Cox à la batterie).Une volonté forte de tout enregistrer dans les conditions du live, à trois, ensemble, avec une authentique capture d’énergie.Une volonté forte de proposer du son sans chichis, non sans caractère. Après plusieurs détours (acoustiques avec le « Hometour », electro-pop avec « Glucose »), Sharko revient à la base. Le thème principalement abordé, tel un fil rouge:Narcisse, sous l’angle mythologique;la réflexion (dans les deux sens du terme), la connaissance de soi, la rencontre avec l’autre, le refus de l’amour mais la volonté d’être aimé et l’exposition de sa propre singularité. « Ne sommes-nous pas tous actuellement, tous, dans le mythe de Narcisse ? L’obsession des selfies et de l’image, les bavardages vides, etc. ?» « Never Alone When I’m Lonely », je ne suis jamais seul quand je suis seul.« The End of the F***ing World » ou quand on se doit de tout perdre pour gagner (à se retrouver) ? Et sur scène, c’est évidemment «Excellent » comme ce titre extrait de l’album Sharko III, sorti voici 20 ans déjà… A ce moment, Rori (Camille de son vrai prénom) avait 5 ans. L’histoire ne dit pas si elle se destinait alors déjà à arpenter les planches micro en main, mais depuis quelques mois, la jeune Hannutoise multiplie les prestations, et prend du galon. Ou plutôt de l’assurance, dirons-nous. Assez timide lors de ses premières sorties publiques, la demoiselle s’épanouit au fil des concerts, occupant désormais l’espace scénique dans sa plénitude, comme une vraie pro, et n’hésitant plus à fixer son auditoire du regard. Avec son premier album, « Une saison en enfer », Rori partage ses émotions personnelles, dans des textes parfois lourds de sens, mais dont l’approche musicale festive lui permet de créer un lien très fort avec son public. Il faut dire que personne n’a pu passer à côté de « Docteur », le titre étant diffusé par toutes les radios du sud, mais aussi du nord du pays car grâce à Camille, le français s’impose aussi de l’autre côté du périph… euh, de Bruxelles. Et quand on lui demande comment elle en est arrivée à aborder les thèmes de la déprime et de l’anxiété, la jeune femme répond simplement que c’est son histoire. « Je ne suis pas en mode « il faut en parler absolument ». Je dis que j’ai eu ces problèmes et qu’au final on peut surmonter ça, même si c’est très dur. Mais rien n’est facile dans la vie ». Et elle persiste et signe avec « Ma place », un autre petit bijou d’écriture qui vous fait danser malgré vous, l’air étant entraînant, voire envoutant. En français ou en anglais (« C’est la vie » en est un parfait exemple), sans agressivité ni vulgarité, Rori ramène l’électro-pop sur le devant d’une scène où les rappeurs ont souvent plus de facilité à dévoiler à la société leur mal-être. On ne voit pas les minutes s’égrainer, mais il est temps, toutefois, de courir au chapitô, où certains campent d’ailleurs depuis l’ouverture des portes afin d’être au plus près de l’espace de chant de Santa et ses acolytes de Hyphen Hyphen, un groupe qui est assurément l’un des porte-drapeaux, au propre comme au figuré, du mouvement LGBTQIA2S+
De l’expérience comme s’il en pleuvait…

La pluie, omniprésente sur notre pays depuis quelques jours, a laissé planer un sérieux doute sur sa présence au festival ce vendredi, mais finalement il semblerait bien que Ere jouit d’un microclimat. Il était pourtant tombé des cordes la veille, rendant le parking un peu…boueux, mais les organisateurs avaient prévu le coup en préservant un second espace de stationnement et en permettant aux festivaliers invités (et oui, le jeudi, c’était gratuit) d’entamer la fête sous le chapiteau. Les signaux étaient donc tous au vert pour que Zidkan puisse ouvrir officiellement Les Gens d’Ere. Ce Mouscronnois natif de Lyon est un passionné de rap, style musical qu’il pratique depuis plus d’une quinzaine d’années même s’il débute à peine sa carrière sur scène. Une entame de festival qu’il a partagée avec … son fils, Kilane. A 8 ans, le benjamin de l’événement (du moins côté chanteurs) ne s’est pas démonté, balançant quelques phrasés aux côtés de son papa. Après la nouveauté et la jeunesse, place aux expérimentés de la scène car, tous ceux qui se sont ensuite présentés au public avaient en effet au minimum 20 ans de planches derrière eux. Si vous pensez évidemment à Machiavel, qui fêtera ses 50 ans d’existence en 2024 et à Sttellla, qui lui grillera la politesse du demi-siècle quelques mois plus tôt, n’oubliez pas que Daddy K a débuté avec Benny B (Vous êtes fous est sorti en 1990), que Mister Cover vient de souffler sur vingt bougies à Forest National et que Skarbone 14 s’est formé il a plus de deux décennies aussi ! Ce sont d’ailleurs les Tournaisiens, pratiquants assidus du Ska, comme leur nom le laisser présager, qui mettent les premiers le feu aux poudres sur la plaine. Des cuivres percutants, un chanteur…percuté, des chorégraphies déjantées, il y a comme un petit air de Madness dans l’air, à Ere. Pour vous rendre compte du grand écart musical dont ces braves garçons peuvent faire preuve, je vous renvoie aux clips de « La Loi du ballon » et « Des souvenirs à la pelle ». L’un de ces morceaux est très typé Ska, l’autre nettement moins, mais les paroles sont intéressantes des deux côtés, avec la particularité que ce dernier opus raconte de manière imagée l’histoire complète du band. Assurément une belle découverte pour nous (oui, j’imagine que certains d’entre vous connaissaient déjà, mais perso, c’était mon premier concert du groupe). Juste le temps de se remettre de ses émotions que se présente au chapitô (tout est question de jeux de mots à Ere, vous l’aurez remarqué) l’incontournable Machiavel, un des premiers groupes belges à s’être fait connaître mondialement, et qui peut se targuer d’être toujours en activité, même si le groupe a fait une pause studio de 1987 à 1999 et que le line-up de la formation a évolué au fil du temps. L’actuel chanteur Kévin Cools, n’a d’ailleurs rejoint Machiavel qu’en 2022, mais à contrario, Roland De Greef et Marc Ysaye étaient déjà là en 1974. C’est placé, c’est du rock « old school », mais ça marche tellement bien. Il n’y a qu’à voir l’engouement du public sur le prenant « Rope Dancer », qui a vu naître des nombreuses idylles, et sur le planant « Fly » qui ne dénotait nullement à côté des Pet Shop Boys (qui se formera en 1981), de Dépêche Mode ou des Buggles, à l’époque et maintenant encore. En quelques pas à peine, nous nous retrouvons au plein Ere, où l’autre quinqua du soir (et je ne parle que des années d’artistes), Jean-Luc Fonck, et ses comparses de Sttellla, revisitent un répertoire kitch qui fait aussi toujours recette. Des Tartines à Torremolinos, le groupe a livré sa version actuelle de morceaux qui traversent les époques, ce dernier morceau, bien que sorti en 1992, étant d’ailleurs connu de bout’choux qui ont 25 ans de moins que la partition. L’ambiance est au top, et pourtant le thermomètre va encore grimper d’un cran avec l’arrivée de Mister Cover en mode double décade. Et oui, le groupe va, à quelques morceaux près, reproduire sa prestation de Forest National, avec 3 heures de show, vocal, mais aussi scénique puisque la pyrotechnie est au rendez-vous, tout comme les danseuses dont le crew issu de l’école 2Mad de Charleroi. « Et tu chantes, danses jusqu’au bout de la nuit. Tes flashs en musique funky. Y a la basse qui frappe et la guitare qui choque. Il y a le batteur qui s’éclate et toi qui tient le choc… » Euh, j’ai déjà entendu cela quelque part. Et oui, ce sont les paroles d’une chanson bien connue, « Nuit de folie » car c’est un peu ce qui s’est passé à Ere ce vendredi, la bande à Dieu cédant encore le micro à un autre monstre de l’animation, Daddy K. NDLR: retrouvez les photos du festival sur la page Facebook – ReMarck Photos. Nous apprendrons toutefois ce samedi une terrible nouvelle puisqu’un adolescent de 15 ans, Malone, étudiant au Collège de Kain, est décédé durant la nuit, victime d’un malaise cardiaque. Les services de secours, intervenus rapidement sur place n’ont rien pu faire pour réanimer le jeune garçon. Nous adressons nos plus sincères condoléances aux parents et amis de Malone.
Vous ne serez pas privés de concerts pour la cause…

Comme vous l’aurez remarqué ces derniers jours, nous n’étions pas présents aux Francofolies de Spa cette année. Fabian vous a expliqué pourquoi. Et n’attendez pas plus de clichés ou reportages issus de Ronquières puisque là aussi nos appareils ne sont pas les bienvenus. En fait, c’est assez simple, nous dépendons du bon vouloir des organisateurs et/ou responsable(s) communication. Ceux-ci reçoivent, nous en sommes persuadés, une multitude de demandes, rendant impossible l’acceptation de toutes. Ils doivent donc effectuer des choix, délivrant un sésame (qui peut encore être soumis à diverses contraintes) à certains, rendant une réponse négative à d’autres. Nous faisons partie de ce second wagon, malheureusement pour nous… et pour vous. Et c’est cela qui nous attriste le plus, car nous tentons toujours de vous présenter au mieux une palette exhaustive des artistes se produisant sur scène, voire dans d’autres lieux parfois insolites, comme une allée bordant un parc. Fabian et moi partageons en effet la même vision concernant ces festivals, et la culture en général, chacun a droit à être, à un moment ou un autre, mis en avant. Nous n’avons visiblement pas été entendus, ou compris, par les instances décisionnelles des Francofolies de Spa et de Ronquières, qui préfèrent miser exclusivement sur les groupes de presse dits conventionnels (presse écrite et tv). Et quand je dis « nous », je ne me limite pas à Confestmag mais je l’étends à de nombreux webzines/chroniqueurs qui chaque semaine se démènent pour fournir des reportages attractifs et les plus complets possibles. Telle est leur décision, à laquelle nous nous plions car c’est, il faut bien en avoir conscience aussi, leur droit, évidemment. J’espère pour vous que vous trouverez votre bonheur dans les nombreux reportages qui vous seront proposés par les médias sélectionnés, que vous découvrirez tous les artistes émergents qu’ils mettront en lumière, et que vous pourrez récupérer les innombrables clichés des bénévoles et du public qui seront publiés… De notre côté, nous ne resterons pas les bras ballants puisque dès ce vendredi c’est du côté du village d’Ere, dans la périphérie tournaisienne, que irons collecter la matière qui servira à vous faire vivre au plus près le Festival Les Gens d’Ere qui ne cesse de prendre de l’essor au fil des saisons, tout en réussissant à garder ce petit côté bucolique qui fait aussi une partie de son charme. Au programme, les indémodables de Machiavel, l’exubérant Loïc Nottet, la pétillante Rori, les piles électriques d’Hyphen Hyphen, mais aussi les rappeurs de 47 Ter, Saskia dont les textes sonnent toujours juste, le rock ardennais de Sharko… Et quelques découvertes et/ou confirmations nous l’espérons, comme les Goodbye Fortune Tellers qui avaient marqué les esprits sur la plaine du Feelgood voici un mois déjà. Et n’oublions pas, cerise sur le gâteau pour ceux qui seront présents, l’auteure d’Allumer le Feu et de tellement d’autres tubes (pour Maëlle, Christophe Willem, Calogero et j’en passe), Zazie, évidemment. Un mois de juillet qui aura donc été bien illustré, vous en conviendrez, malgré notre non sélection à … zut, j’ai dit que je n’en parlais plus. Concentrons-nous alors sur août qui verra cette fois le festival des Solidarités déménager. Exit la Citadelle pour le site Ecolys tout proche de l’autoroute. Avec notamment Big Flo et Oli, Camille Lellouche, Mentissa, Stephan Eicher… Mais avant cela, nous ferons une petite excursion chez nos voisins français puisque le Cabaret Vert a rendu un avis positif à notre demande. Situé au cœur de Charleville-Mézières, soit vraiment tout près de la frontière, ce festival multiculturel (musique – bd – écologie/société) s’étale sur 5 jours, du 16 au 20 août avec une affiche démente. Il faut dire qu’en 5 journées, sur 5 scènes, on peut caser du people. Rap, électro, hip-hop, pop anglaise ou française, punk alternatif ou hard-core… il y en a vraiment pour tout le monde. On ne pourra pas être présent sur place pour l’intégralité du festival, mais vous aurez tout de même droit à 3 jours d’envolées lyriques et shows scéniques. Non, les webzines ne rendent pas les armes car vouloir proposer du contenu accessible à tous (chez nous, pas d’abonnement, c’est gratuit) et mettre chaque acteur de la culture en avant (de la star mondiale au chanteur débutant, du bénévole au … public, car sans vous, pas de festival) est un devoir, la culture n’existant que si elle est partagée.