Les Solidarités ont vibré aux sons rocks purement noir – jaune – rouge.

Le festival namurois prône la diversité et l’ouverture d’esprit depuis de nombreuses années. Cela se marque par un mélange de genres musicaux et une offre d’activités pouvant intéresser toute la famille (en musique, mais aussi dans d’autres domaines). Les organisateurs n’ont jamais caché, non plus, leur intention de mettre en avant, tant que possible, des artistes locaux ou tout du moins nationaux. Le jour d’ouverture de l’édition 2025 a répondu à certains de ces critères en proposant une affiche résolument rock qui nous a fait traverser la Belgique de long en large, ou plutôt ici en l’occurrence du sud au nord. Avec Sharko, originaire d’Arlon, Hollywood Porn Stars, formé à Liège, Ghinzu dont les membres sont issus de Bruxelles et dEus qui représente avec brio Anvers depuis près de 35 ans, nous voici embarqués dans une belle ballade qu’il vaut mieux entamer en musique et non au volant d’une voiture (sinon, vous risqueriez de rencontrer quelques embouteillages en empruntant le trajet décrit ci-dessus). Quatre groupes belges donc, d’origines géographiques diverses, mais faisant partie intégrante de la grande famille du rock, avec comme autre point commun une expérience non négligeable. Tous ont en effet plus de 20 ans de planches, la palme allant bien évidemment à dEus créé en 1991, mais Sharko est actif depuis 1997, Ghinzu 1999 et le plus jeune étant Hollywood Porn Stars qui a pointé le bout du nez en 2002. Le bébé est donc majeur depuis un certain temps… Vu que nous étions sur place, nous vous avons évidemment ramené quelques clichés de ces prestations qui n’ont pas laissé le public indifférent. Certains groupes se font en effet rares sur les scènes depuis quelques saisons et étaient attendus de pied ferme par les afficionados de la première heure. Le premier à brancher la basse à l’ampli est David Bartholomé, le leader emblématique et fondateur du groupe Sharko. Le poids des années ne semble avoir aucune emprise sur lui. Chaque saison nous le rencontrons sur une ou deux dates et il ne change absolument pas. Accessible, poli, posé, souriant, le chanteur-bassiste-guitariste-claviériste semble avoir trouvé l’équilibre qui lui convient. Et sur les planches, sa complicité avec Olivier Cox (arrivé en 2014) et Guillaume Vierset (depuis 2019) est évidente. Du connu donc, mais avec un petit plus pour cette prestation aux Solidarités, l’arrivée d’un trio de cuivres issu de la région liégeoise qui a permis la reprise d’un titre qui n’était plus joué depuis un certain temps lors des concerts. Voilà une belle mise en bouche pour les amateurs de rock. D’autant qu’à quelques dizaines de mètres de là, sur la scène P&V, le groupe Hollywood Porn Stars enchaîne dès la fin de la prestation de Sharko. On vous laisse toutefois 5 petites minutes pour effectuer le court déplacement, histoire de ne pas manquer l’entrée du quatuor liégeois. Emmené par le très remuant Anthony Sinatra, le groupe, qui avait connu une longue mise au vert de plusieurs années, retrouve de belles couleurs depuis 2024. Il faut dire que leur chef de file est un hyperactif touche à tout dans le domaine de la musique. Outre HPS, il a créé Piano Club, s’est lancé dans la production musicale, est devenu un auteur-compositeur, interprète et arrangeur musical pour le petit et le grand écran, anime des ateliers de coaching scénique, devient membre de jurys de plusieurs concours et plateformes et s’essaye également ponctuellement derrière les platines (DJ). C’est toutefois bien avec HPS qu’Anthony s’est présenté à Namur, accompagné de Michael Larivière alias Redboy (chant et guitare), Eric Swennen (basse) et un petit nouveau, remplaçant le batteur historique, Benoit Damoiseau. Du réchauffé après tant d’années ? Non, Hollywood Porn Stars vient de sortir deux nouveaux singles dont le petit dernier « Peach Bomb », et puis Micheal et Anthony ont toujours voulu garder leur ligne de conduite à savoir un produit brut, basé sur l’énergie de l’instant car HPS est un groupe formé pour aller au contact du public, sur les planches. On continue notre petite visite du Plat Pays en remontant vers la capitale chère à Ghinzu. Si les fans de HPS ont dû attendre une dizaine d’années pour voir arriver de nouveaux titres dans leur boîte à musique, que dire de ceux de Ghinzu ? Trois albums sont sortis entre 2000 et 2009 puis… c’est une attente insoutenable qui pourrait enfin atteindre son point critique en cette fin d’année. Le retour sur scène du groupe est sans doute le meilleur signal donné depuis longtemps. D’autant que John Stargasm et son band semblent toujours aussi épris du contact avec le public. Avec Mika « Nagazaki » Hasson, Greg Remy, Tony « Babyface » Poltergeist et Jean Montevideo, le compte est bon, Ghinzu version 5.0 est de retour. Après Bruxelles, nous voici en route vers la Flandre et ici, en l’occurrence, vers Antwerpen, notre port commercial de référence, territoire d’un des groupes les plus attendus du week-end, dEus. Le plus ancien de ceux présentés, mais aussi l’un des premiers, chronologiquement, à avoir pu se faire connaître hors de nos frontières. Entre 1994 et 2012, dEus fut en effet l’un des porte-drapeau de notre nation dans ce domaine musical spécifique. Puis, à l’instar de certains autres bands du jour, le groupe a fait une pause, du moins au niveau des compositions puisque plusieurs concerts sont venus nourrir l’appétit de leur public. Mais il a fallu attendre 2023 pour assister à l’arrivée de « How to Replace It », le 9e opus studio de dEUS. Cette fois, c’est dans la capitale wallonne, à Namur, que nos Anversois ont asséné leurs accords dévastateurs. Tom Barman et Klaas Janzoons, membres fondateurs, étaient évidemment bien au rendez-vous, avec la compo actuelle du groupe, mais un invité spécial s’est également fait remarquer : Stef Kamil Carlens, bassiste originel de dEUS qui s’était retiré en 1996, est en effet venu rejoindre ses anciens comparses sur la scène des Solidarités. C’était décidément une belle soirée de retrouvailles entre potes rockeurs. Retrouvez les clichés du festival sur la page FB – ReMarck Photos.
Ether l’agence qui fait swinger et rire Namur, mais pas que…

Ether Agency est une agence de management, de booking, de production et d’organisation de concert. En soi, rien de neuf, mais vu que cette petite structure est en train de se développer et qu’elle vient de réussir à rebondir de manière efficiente suite à l’annulation de deux festivals auxquels certains de ses artistes devaient participer, nous trouvions que l’occasion était belle, de faire un peu connaissance avec l’une de ses représentantes, Samuelle Toussaint, qui a été hyper réactive ces derniers jours pour mettre sur pieds, en quelques heures, l’Or du Rock, l’événement qui s’est déroulé au Belvédère ce 25 juin Alors, Sam, puisque c’est ainsi que tout le monde vous surnomme dans le milieu, pouvez-vous nous présenter l’agence et votre rôle ? « L’agence a été créée en 2019 par Vincent Charlier, qui est d’ailleurs toujours le responsable de l’Asbl. C’est suite à la venue du groupe américain Ugly Kid Joe au Belvédère que l’idée de monter sa propre structure a germé. Il avait déjà son agence de booking, Born to be burned et n’a donc pas tardé à mettre en pratique son projet mais le Covid est passé par là ! De mon côté, la naissance d’un enfant m’empêchait de m’occuper encore du management de Virgin Prozak, ce pourquoi Vincent avait accepté de reprendre ce rôle également. Depuis lors, j’ai repris un peu ce rôle de manager, et j’ai donc intégré officiellement Ether Agency ». Un rôle de manager presque naturel pour vous, votre lien avec Virgin étant fusionnel. « Oui, le chanteur du groupe, Simon Rosenfeld est mon compagnon. On peut dire que Virgin Prozak a été un peu notre premier bébé puisque je m’occupe aussi de l’aspect graphique des visuels et des compositions (paroles) avec Simon ». Mais revenons à Ether Agency, qui commence à prendre de l’ampleur dans cette période post-covid. « Oui, en mai nous avons eu Aberdeen plays Nirvana et début juin Dog Eat Dog et Lofofora, tous au Delta. Et prochainement, nous aurons Cali (au Delta le 29/09/2022 et à la ferme du Biéreau à Ottignies-Louvain-La-Neuve le 01/10/2022), It It Anita au Belvédère (30/09/2022), l’ancien chanteur et bassiste de DEUS, Stef Kamil Carlens au Delta (03/09/2022), PE au centre culturel d’Auderghem (17/09/2022) et Freddy Tougaux à la Nef (Namur). Mais de nombreux autres projets sont en cours de concrétisation. Rien ne dit d’ailleurs qu’Ugly Kid Joe ne pourrait pas revenir en Belgique fin d’année… » Du positif donc, mais le mois de juin a aussi été marqué par deux, on peut même dire trois, grosses tuiles. « Effectivement. Tout n’a pas été rose. On nous a même reprochés d’être associés à trop d’annulations ces derniers temps, mais en fait, nous n’organisions qu’un seul de ces événements, les deux autres étaient juste des partenariats où nous avions des artistes qui devaient se produire et pour lesquels nous avons trouvé une solution pour qu’ils puissent quand même offrir un show au public. » L’Insane Metal Fest victime de la défection des groupes US. « Les 10, 11 et 12 juin devait se tenir ce gros festival rock sur La Louvière, mais trois groupes américains ont finalement annulé leur tournée en Europe et ne pouvaient donc venir. Cela a enclenché une vague d’annulations et il ne restait donc plus assez de participants pour maintenir un événement digne de ce nom, ce pourquoi il a été décidé d’annuler l’édition 2022, à contre-cœur évidemment. La raison officielle avancée par ces groupes est l’augmentation terrible du prix de l’essence en Europe, ce qui faisait exploser leurs coûts de déplacements, mais il semblerait que la guerre en Ukraine ait aussi une certaine influence car ils ne font pas la différence entre les régions. Pour certains américains, toute l’Europe est en guerre ou risque de l’être. » Ugly Kid Joe au Zik-Zak; Virgin Prozak, Snooz et Thomas Frank Hopper au Belvédère. Deux semaines après l’Insane, c’était le gros week-end rock de la Citadelle avec le Back In Namur le vendredi 24 juin, et le Verdur le samedi 25. Et là, le mardi 21, l’annonce de l’annulation de ces deux événements tombe comme un couperet. Un très sale coup au moral, je suppose. « Oh oui, pour Ether Agency, pour moi, pour Simon et son groupe et bien évidemment pour toutes les personnes concernées, mais je tiens à souligner qu’Ether Agency n’a rien à voir dans ces annulations. Nous avons effectivement cherché de suite des alternatives mais parce que certains de nos artistes, à savoir Ugly Kid Joe, qui devait se produire le vendredi, et Virgin Prozak qui était dans le line-up du samedi, avaient leurs shows prêts et étaient impatients de jouer. Nous savions qu’Annick Bodson, qui est la bookeuse de Thomas Frank Hopper mais qui s’occupe aussi de la programmation du Zik-Zak, voulait faire venir un jour UKJ dans cette salle. Elle a sauté sur l’occasion et cela nous arrangeait bien car les artistes étaient de toute manière en tournée en Europe. C’était donc du win/win. Les réservations ont été sold-out en quelques heures à peine. Et cela a été une réussite artistique et humaine, tout le monde étant aux anges, et ce grâce à la réactivité des équipes du Zik-Zak. Le seul bémol est peut-être cette assimilation qui a été faite, certaines personnes se présentant à la salle avec des billets du Back In Namur. Elles n’ont malheureusement pas pu entrer car il était bien expliqué que les événements étaient différents, les organisateurs n’étant pas les mêmes. Il fallait donc acheter un billet pour le Zik-Zak, et se faire rembourser du Back In Namur auprès des organisateurs de cet événement propre, qui n’était pas géré par Ether Agency ». « Cela réglait le soucis pour Ugly Kid Joe, mais je ne voulais pas voir la mine dépitée de mon compagnon plus longtemps (lol). Le pauvre avait déjà vu sa performance de l’Insane tomber à l’eau alors ce ne sont pas des conditions climatiques annoncées comme pluvieuses qui allaient sucrer tout son mois de juin. Marc du Belvédère nous a rapidement confirmé que la salle était libre le 25 puisque le Verdur aurait