Ouf, les festivaliers bertrigeois sont passés à travers les gouttes…
Le succès de foule du samedi (voir nos articles précédents) annonçait un dimanche particulièrement attendu au Baudet’stival, surtout par les fans d’Amir et de Matt Pokora, deux artistes qui n’ont pas leur pareil pour enflammer les scènes, l’un par sa jovialité et ses textes poignants, l’autre grâce notamment à des scénographies remarquables. Il faut dire que l’homme est un excellent danseur qui n’hésite pas à s’entourer des meilleurs pour ses chorégraphies. Mais peu avant midi, une nouvelle inquiétante est annoncée sur les ondes, le festival des Ardentes, du côté de Liège, annule sa dernière journée à cause des conditions climatiques précaires. La pluie, le vent, mais surtout les orages remettent en question la tenue des événements en plein air. Ainsi, les parcs bruxellois sont interdits au public. Il n’en faut pas plus pour que les organisateurs et instances administratives aux quatre coins du pays ne se réunissent pour envisager divers scénarios (ou scénarii pour les adeptes du français appliqué). C’est aussi le cas, vous l’imaginez, à Bertrix, où la jeune Marion Duplicy vient d’entamer sa performance sur la scène annexe devant un parterre déjà garni. Il faut dire que la toute jeune demoiselle ne met pas une note à côté lors de ses reprises de grands standards. La pluie s’invite toutefois au concert, et avec elle le personnel de sécurité du site, mais aussi la police. Il faut évacuer la place. La décision est en effet tombée, le festival est …postposé à 18h00. Une décision similaire sera d’ailleurs prise à LaSemo. Si quelques spectateurs se montrent réticents, ne comprenant pas de suite l’information, tout se passe finalement dans le calme car il y a tout de même du positif dans cette annonce : sauf retournement de situation (climatique), les artistes les plus attendus pourront bien se produire ce dimanche sur la Place des Trois Fers. Commence alors une attente qui parait longue pour les personnes qui cherchent à s’abriter des averses qui s’abattent désormais sur la région mais sans s’éloigner trop de l’entrée car l’objectif de certain(e)s est évidemment de se retrouver au plus près de leur(s) artiste(s) préféré. Et quoi de mieux que le très prisé premier rang pour cela ? C’est finalement sur le coup de 16h45 que les premiers festivaliers peuvent réintégrer le site, permettant ainsi au public de ne pas avoir à se presser inutilement devant l’entrée et aux plus impatients de (re)venir s’installer aux avant-postes. Opération réussie de ce côté donc. Mais ce que vous n’imaginez peut-être pas, c’est tout le travail de coordination qui doit être réalisé pendant ce temps par l’équipe d’organisation et les équipes techniques du festival. En effet, près de quatre heures se sont envolées et l’on conçoit difficilement de pouvoir simplement déplacer tout le line-up de cette période. Cela voudrait dire d’entamer la dernière performance vers 04 heures du matin, lundi ! Le voisinage, le personnel engagé et/ou volontaire, et les artistes ne pourraient accepter cela. C’est donc là que Mathieu Rossignol et son équipe entrent en scène. Enfin, c’est juste pour l’expression car, en fait, il y a une multitude de détails à régler au fil des heures sur un tel festival donc on ne vient pas subitement les réveiller d’un long sommeil. Mais là, il faut prendre des décisions radicales, souvent en concertation avec les différents intervenants, certes, en très peu de temps, et surtout en imaginant les répercussions qu’elles pourraient avoir. Et l’un de ces décisions porte sur le nouveau planning des concerts. Passent ainsi à la trappe Pierre Lizée (qui était déjà sur le site avant l’évacuation), Fily Leela, Minor Minor et Marion Duplicy, qui n’était pas dans des conditions optimales lors de sa première apparition pré-tempête. Ces artistes auront toutefois un accès prioritaire pour performer sur l’édition 2024, s’ils le désirent. Tout comme Suasion qui aurait dû se produire sur la scène principale après avoir remporté le vote du jury pour le concours « découvertes ». Autre petite particularité : pour permettre aux équipes techniques de pouvoir enchaîner les plateaux, ML, alias Maria-Laetitia, la chanteuse du groupe Sonnfjord, a accepté de « glisser » de la scène principale à la scène annexe. Ces détails relationnels et techniques réglés, il est grand temps d’ouvrir officiellement le bal… euh, le dernier jour du festival, avec une artiste très touchante et extrêmement sympathique, Mentissa. Propulsée par le programme tv The Voice France, la jeune demoiselle a une voix exceptionnelle qui s’unit à merveille aux paroles des chansons composées pour elle notamment par son ex-coach, Vianney. Son album « La vingtaine » cartonne et elle aussi puisqu’en quelques mois à peine, elle a déjà remporté la Victoire de la révélation féminine de l’année et l’NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année. Avec Pierre De Maere, Angèle et Stromae, elle fait partie de cette génération belge qui s’exporte brillamment outre-quiévrain. Balance, Mama Mia, Et Bam, Paris-Bruxelles… les titres s’enchaînent, le public chante, le soleil est de retour, que demander de plus. On en viendrait presqu’à oublier toutes les péripéties des heures précédentes, mais c’est ça aussi la force d’un(e) artiste, nous emmener loin de nos tracas. Filons vers cette scène B où la chanteuse de Sonnfjord se produit sous le patronyme de ML, les initiales de son prénom en fait, pour un projet en français cette fois. Sa voix se pose sur des morceaux calmes comme « Un peu plus haut », mais personnellement, j’opte toujours pour « Nuit noire » et son refrain entraînant qui mériterait peut-être un peu plus de visibilité sur certaines radios… On reste dans des textes touchants en français avec le pétillant Amir qui fait exploser une bulle d’énergie dès son entrée sur les planches. « Viens on fait la fête ce soir, ça vaut la peine, juste pour voir… ». C’est de circonstance, mais c’est surtout la chanson de l’année 2023 sur TF1. Un trophée dont Amir est le double tenant du titre puisqu’il y une saison, c’était « Rétine » qui trustait le fauteuil rouge. Toujours aussi cool/apprêté dans ses tenues, un peu à la Christophe Maé, le franco-israélien ravit toute l’assemblée, comme à son habitude devrait-on dire.
Il y en a eu pour tous les membres de la famille…
Ce samedi, le Feelgood festival a activé la case familiale. Il y en a eu effectivement pour tous les âges, et presque tous les genres musicaux. C’est peut-être ce métissage de styles qui a fait recette, ou alors tout simplement la venue des deux machines à hits que sont Matt Pokora et Jenifer, mais le constat est clair : le festival a réalisé ce jour un carton plein. Numériquement tout d’abord, puisque les caisses affichaient un sold-out qui a sans doute déçu ceux qui avaient voulu se décider en dernière minute vu les conditions climatiques annoncées ces derniers jours (je me doute que vous n’étiez pas dans ce cas de figure vu que l’on vous avait prévenu depuis quelques jours déjà J) . Mais aussi humainement car bien que la plaine était remplie à ras-bord, aucun débordement majeur n’a été recensé. Au contraire, adultes et enfants semblaient aux anges. Vous vous en doutez, ce ne sont pas les deux méga stars citées ci-dessus qui avaient hérité des clés pour ouvrir le bal. Non, mais ceux qui trépignaient d’impatience devant les grilles et qui ont investi très tôt l’avant-scène n’ont pas été déçus d’être venus pour cette mise en bouche nommé Goodbye Fortune Tellers. Un batteur, un guitariste assez expressif et une chanteuse charistmatique forment ce trio bruxellois haut en couleurs. Selon nos confrères plus pointus dans le domaine, leur musique s’apparentrait à du rock aux accents garage transmettant une vision défaitiste proche du post-punk… Tout un programme. Pas nécessairement jovial, vu ainsi, mais sur scène, ça ne rend pas mal du tout. Assurément à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas encore (NDLR : ils se produiront le 30 juillet aux Les Gens d’Ere). Après cette escapade musicale aux antipodes des rythmes festifs des Musclés ou du regretté Bezu, retrouvons Colt. Retrouver est un mot qui incarne ici tout son sens premier puisque les deux acteurs principaux de Colt étaient autrefois connus sous l’appellation de « Coline et Toitoine » et qu’ils se sont déjà produits dans de nombreux festivals belges et au Botanique. Antoine (Jorissen), qui se cache régulièrement derrière son clavier, joue du piano depuis qu’il a 5 ans. Coline (Debry) a, elle, fait du chant lyrique et a participé à beaucoup de comédies musicales dès son plus jeune âge. En septembre 2022, le duo formé en 2018 décide de se rebaptiser Colt. Et les voilà en premier partie de la révélation musicale de l’année en France, notre Pierre De Maere national. Et non, peut-être, fieu, il a passé toute son enfance à Walhain, hein ! Mais je m’égare, alors revenons à nos canards. Les compositions sont bien ficelées. Pour l’occasion le duo s’était étoffé avec trois musiciens supplémentaires, et la voix de Coline est impressionnante. On comprend pourquoi Pierre De Maere a misé sur eux. Tant qu’on y est, pour éviter les bouchons, restons un peu à Bruxelles, pour un autre duo, mais féminin cette fois avec Juicy. On reste aussi dans de l’électro-pop, mais plus planant. Pour paraphraser un mes collègues « elles semblent assez haut perchées par moment ». Et oui, les deux jeunes filles semblent vivre leur set tel un voyage au-delà du sol terrestre. Face à face sur leurs claviers/consoles, elles se répondent tel un écho divin qui ne trouverait pas son chemin dans le dédale d’un labyrinthe céleste. Et, cerise sur le gâteau, leurs tenues sont toujours particulièrement soignées et coordonnées. Ce n’est pas tout ça, mais les plus jeunes sont désormais impatients de retrouver celle pour qui ils sont venus en nombre, Jenifer herself. Et oui, il en est tombé de l’eau du ciel depuis son entraînant « Au soleil », mais Jenifer semble pourfendre le voile du temps sans se laisser rattraper par l’ombre de celle-ci. Chaque single fait recette, et chacune de ses sorties fait salle comble. Du coup, pas étonnant que l’assemblée connaisse chaque syllabe des partitions et reprenne en chœur (et en cœurs aussi d’ailleurs, certains laissant couler une petite larme sur « Donne-moi le temps ») les morceaux de la pétillante artiste venue du Sud. Et si les enfants sont enfin rassasiés grâce au show de leur idole, ce n’est encore le cas des mamans de ces petites bouilles qui, elles, attendent de pied ferme mister Matt. Euh, non, pas celui de The Voice. Enfin, pas l’ancien candidat, mais plutôt l’ex coach… vous me suivez toujours. On parle bien de Matt Pokora, qui avait dû annuler son Pyramide tour à cause de la pandémie du covid. Son retour était donc trèèèèèèèèèès attendu. On ne va pas trop vous en dévoiler ici, vu que certains iront prochainement le voir en concert, mais Pokora, c’est Pokora. La danse est bien présente dans son show, au même titre que les moments plus calmes où il peut alors s’adresser à vous, mesdames, et oui, pour quelques paroles douces. Et qui dit danse, dit danseurs/danseuses. Or, deux des accompagnants de Matt sont Belges. Et l’un d’eux est même liégeois. Armel Ngungunanga est en effet un habituel des spectacles de Matt Pokora, au point d’en être devenu le chorégraphe attitré pour ses tournées à travers la France et la francophonie. Cocorico… pour passer du coq au Diable, seul Henri PFR pouvait tenir la cadence après une telle brochette d’artistes. Mission accomplie et cap désormais sur le dernier jour du disco. Ah, non, il me semblait bien que Juliette n’était pas de la partie cette fois. Le dernier jour du festival, oups ! Avec à l’affiche notamment les membres du film Totalement 80. Et comme d’habitude, vous pouvez retrouver les clichés de cet article notamment sur la page facebook ReMarck Photos.