7 février 2026

On en a pris plein les yeux et les oreilles au Cabaret Vert.

5 jours de festival, plus de 125 concerts, 70 artistes de BD, 125000 personnes attendues (127000 finalement présentes). On peut véritablement parler d’un événement XXL avec le Cabaret Vert. Débutons par les aspects pratiques puisque c’était notre première expérience à Charleville-Mézières. Autant de festivaliers, cela demande évidemment énormément de places de parkings. Nous avions un peu peur à ce niveau, ne disposant pas d’emplacement réservé, mais nous avons trouvé relativement facilement des places dans un rayon très correct. Et puis s’il vous faut laisser votre véhicule un peu plus loin, pas de panique, de nombreux bus, navettes voire même trains (et oui, il y a même une ligne desservant Bruxelles via Charleroi) ont adapté leurs horaires à ceux du festival. L’entrée de certains événements pose aussi parfois soucis, des files interminables s’accumulant devant les accès. Là, on ne peut pas dire que tout fut rose le mercredi, soit le jour de l’ouverture du site, mais c’était dû essentiellement à des coupures de réseaux internet bloquant donc le contrôle de certains tickets. Le vendredi, par contre, jour de notre arrivée, c’est passé comme une lettre à la poste, selon l’expression consacrée. Nous pénétrons donc sans avoir rencontré le moindre souci majeur au sein du site même de ce Cabaret Vert qui, au fil des ans, ne cesse de signer de nouvelles lettres de noblesse. Le premier sentiment qui s’impose à nous est de constater que c’est très grand, et assez bien organisé. Le festival dispose en effet de certaines structures fixes sur le site même qui restent l’année à demeure. Mais ce qui vous intéressera sans doute plus, ce sont les points alimentation/boissons, qui sont en nombre, et facilement accessibles car disposées tout autour des cinq espaces musicaux. Et oui, il y a bien 5. Trois que nous décrirons comme assez thématiques, et deux plus diversifiés, pouvant accueillir plus de monde et donc dédiés aux artistes attendus par le plus grand nombre. Le Zionclub, est un espace en lisière de bois, accueillant des DJs dont la plupart sont accompagnés de chanteurs au style parfois décalé. Pour exemple, prenez de la musique assez électro, mais avec un bonhomme de plus de 50 balais, au look rasta, qui slame version reggae. C’est détonnant, surprenant, mais très festif. Vous traversez une passerelle surplombant le lac et vous voilà au Greenfloor, un petit coin cosy niché entre les arbres, où le rap est à la fête. Revenez sur vos pas, et juste derrière une palissade se terre Razorback, le domaine des métalleux, où rockeurs à la voix éraillée et rifts de guitare s’en donnent à cœur joie. C’est animal, bestial, brutal … et tout ceci dans un village qui n’est pas sans rappeler certaines scènes de la saga Mad Max. Ames sensibles s’abstenir, d’autant que de ce village sortent parfois les flammes de l’enfer. Les deux autres scènes, plus neutres, accueillent donc elles les « têtes d’affiches ». Ah, j’oubliais, pour les gourmands qui voudraient tenter le pari fou de goûter un peu de tout, c’est mal barré. Il peut arriver que deux, voire trois prestations se déroulent… de concert. Voici le menu que nous avons à vous proposer pour le vendredi, troisième jour de fête là, mais premier pour nous. En amuse-bouche, Leak, littéralement fuite en anglais, peut aussi signifier plus particulièrement un transfert non autorisé de données informatiques, ou plus généralement un piratage. Mais ici, point de complot contre une multi nationale ou un état, mais juste un duo de jeunes rappeurs strasbourgeois arpentant la scène. Grim Bee et Sigma travaillent désormais depuis plus d’un an sur la réalisation de leur premier projet et pour cette apparition sur la scène du Cabaret Vert, ils sont venus accompagnés par DJ Koon, afin de créer un univers associant musiques énergiques et plus posées. Comme exemple de leur travail, on vous renverra vers Shark. Kiplan : est un groupe assez jeune, formé en 2019 à Reims, Kiplan est la fusion de deux styles opposés. Alternant entre puissance et fragilité, la voix de Laure sert de guide pour un voyage au fil des nombreux thèmes introspectifs abordés par le groupe. On est passé dans l’univers rock/pop un peu planant comme l’illustre When I die. Aloïse Sauvage : comédienne, chanteuse, mais aussi danseuse, l’artiste propose un show dynamique lors duquel elle n’hésite pas à donner de sa personne. Deux ans après « Dévorantes », son premier album, Aloïse Sauvage revient cet automne avec un nouvel album : « Sauvage » qu’elle défend sur scène avec une énergie toujours débordante et des chorégraphies maîtrisées comme dans le clip de Joli Danger. The Selecter,  c’est un groupe britannique de ska formé à Coventry en 1979 (et oui, tout de même), et qui participa à la renaissance de ce genre au tout début des années 1980 à travers le mouvement « 2 tone », au même titre que The Specials, Madness ou The Beat. Côté compo, le groupe s’articule autour d’une chanteuse emblématique, Pauline Black, la seule d’ailleurs a toujours faire partie de la formation depuis ses débuts, et de cuivres de circonstance, évidemment. Vous ne connaissez pas ? Le Ska est un genre qui n’est peut-être plus vraiment « à la mode », mais c’est festif. Et là, on revient aux fondamentaux avec le groupe qui a notamment sorti « On my radio » en novembre 1979. Benefits : Ceux qui ont assisté aux concerts de Benefits au cours des deux dernières années comprendront que le groupe a de nombreuses cordes à son arc. Sur scène, Kingsley Hall utilise sa présence intense pour exprimer non seulement sa rage, mais aussi sa vulnérabilité. Il assume sa propre nervosité et sa maladresse, et fait preuve d’un sens de l’humour effacé. Pour ceux, comme moi, qui n’avaient encore jamais vu ou entendu même parler de cet obus sonore, on parle ici d’un hard rocker anglais qui donne tout sur chaque montée vocale. Au bout de deux morceaux, il était déjà trempé de transpiration, mais cela ne l’a pas empêché de livrer un show complet duquel il est ressorti avec, probablement, un kilo et des

Solidarités 2023

Nouveau Lieu, Mêmes Vibrations Les Solidarités, festival emblématique organisé habituellement à la citadelle de Namur, ont amorcé un chapitre captivant en investissant le site Ecolys de Suarlée, en raison des travaux en cours à la citadelle. Malgré ce changement d’emplacement, plus de 57 000 festivaliers ont répondu à l’appel pour vivre trois jours de célébrations enjouées. Un festival mémorable ponctué de découvertes musicales, de moments intenses et de réjouissances avant la rentrée scolaire. Lorsque le festival Solidarités a dû quitter son habitat traditionnel à la citadelle de Namur en raison des travaux de rénovation, une nouvelle aventure a commencé au site Ecolys de Suarlée. Un nouveau chapitre s’est ouvert pour ce festival bien-aimé, qui a réussi à captiver les cœurs et à créer des souvenirs indélébiles malgré ce changement de décor. Pendant trois jours, les festivaliers ont été plongés dans un univers où la musique, la convivialité et la joie de vivre ensemble ont été les maîtres-mots. Côté musical, le festival a rassemblé une constellation d’artistes qui ont illuminé les scènes de leur talent. Des noms tels qu’Onha, Rive, Gabrielle Verleyen, Benjamin Vndredi, Mentissa, Bérode, Aloise Sauvage, Camille Lellouche, Juyci, Zazie, The Magician, Rori, Léo Fifty Five, Suzane, Chilla, 47TER, Lujipeka, Big Flo et Oli, Kid Francescoli, Elia Rose, Adé, Emilie Simon, Tamino, Alice Martin, Stephan Eicher et Louise Attaque ont créé des instants de pure magie musicale. Le public a été transporté par des performances vibrantes et généreuses, où la symbiose entre les artistes et leurs fans a créé une atmosphère unique de partage et de connexion. Vous pouvez retrouver les articles de Remark sous l’onglet Solidarités https://test.confestmag.be/category/festivals/solidarites/ En parallèle des prestations musicales, le nouvel espace « LA CASA » s’est avéré être le point de convergence des retrouvailles, de la camaraderie et de l’expression citoyenne. Le festival a su maintenir sa réputation de proposer une programmation diversifiée en proposant une myriade d’activités : conférences enrichissantes, spectacles pour les plus jeunes, activités ludiques et même des plongées captivantes dans la culture urbaine en plein essor. La mise en avant du monde associatif a également été une partie intégrante de l’événement, illustrant l’engagement profond des Solidarités envers les causes sociales. Un autre aspect qui a marqué cette édition a été le choix exceptionnel de Food Trucks, offrant une variété de choix culinaires. Cependant, la disposition de ces stands a parfois créé des encombrements entre les scènes, soulignant ainsi la nécessité d’une meilleure organisation pour l’avenir. Bien sûr, tout changement apporte son lot de défis. La mobilité et l’accessibilité ont été des enjeux, mais ces problèmes sont loin d’être uniques aux Solidarités. Des efforts sont nécessaires pour gérer efficacement les flux de personnes et assurer une expérience fluide pour tous. L’équipe des Solidarités n’a pas manqué de noter les points à améliorer en vue de la prochaine édition. Ils tiennent à exprimer leur gratitude envers le public pour sa présence, sa patience et sa compréhension face aux défis rencontrés. En clôturant cette édition mémorable, les Solidarités ont déjà annoncé les dates de leur 10e édition, fixées aux 23, 24 et 25 août 2024. Ce festival iconique continuera d’inspirer, de divertir et de rassembler, avec l’engagement de créer encore de nombreux moments magiques et inoubliables pour les festivaliers à venir. retrouvez ici les artistes

Zen malgré la pluie.

Les festivals se suivent et … ne se ressemblent pas nécessairement, mais les conditions climatiques auront joué quelques mauvais tours aux organisateurs durant cette saison estivale, et cela c’est une constante assurément. Ce vendredi, les Solidarités étrennaient leur nouveau site, puisque la Citadelle n’est actuellement plus disponible suite à des travaux de rénovation des parties les plus ancestrales du site emblématique de la capitale wallonne.  Exit les hauteurs de Namur donc pour Suarlée et son parc industriel Ecolys. On verra à l’usage ce qu’il ressort de ce déménagement forcé, mais les organisateurs ont tenté de conserver l’esprit général des éditions précédentes, et par conséquent du site d’origine, en instaurant diverses zones liées généralement à une scène ou un espace de paroles. Ce n’est toutefois pas sous ses meilleurs apparats que ce nouveau domaine a accueilli les premiers festivaliers puisque la pluie est omniprésente depuis quelques jours, rendant certaines portions de terrain spongieuses, voire boueuses. Qu’à cela ne tienne, quelques traces de terre n’arrêtent généralement pas un festivalier averti, d’autant que ce dernier ne rouille pas non plus sous les gouttes tombant du ciel. Et, petit détail qui a son importance, un chemin « sec » a été dessiné au travers du complexe, permettant à certains de garder les pieds hors de la gadoue, sans oublier que les scènes, du moins les deux plus utilisées pour les concerts, font face à des espaces goudronnés où le public prend place. On évite donc les soucis connus par certains précédemment. Rentrons dès lors directement dans le vif du sujet avec un chanteur tout heureux d’ouvrir officiellement les hostilités, Onha (qui devait enchaîner une seconde prestation quelques heures plus tard à Braine-L’Alleud). C’est sur le site de la Grande prairie qu’il distille sa poésie verbale rappée sur des accents de hiphop. Enfant de diverses cultures, il aime prendre le meilleur de tout ce qui l’entoure pour en faire un savant mélange de textes musicaux en français. C’est réaliste, parlant, et non agressif. De la prairie à la plage, à Suarlée, il n’y a que quelques pas, puisque c’est ainsi que se nomme la scène qu’inaugure Rive. On ne vous cachera pas que ces appellations ne collent pas vraiment à la réalité, car il n’y a pas de plage et que l’espace de la grande prairie est en fait une sorte de yourte de dimension assez retreinte, mais qui se soucie vraiment de ces détails ? L’important c’est l’œuvre artistique proposée et quand même un peu l’ambiance dégagée. Rive sur la plage, ce doit être un jeu de mots. Comme faire se produire Benjamin Vndredi un …vendredi. Ps, c’est l’artiste lui-même qui le fait remarquer lors de son set, partiellement à cheval sur celui de Gabrielle Verleyen, qui a de son côté posé une ambiance très intimiste sur cette désormais renommée Grande prairie. Artiste Bruxellois aux multiples facettes (auteur, compositeur, interprète, musicien, dj, beat maker…), Benjamin Vndredi a plusieurs vies artistiques. Assez discret dans son personnage de Dee Eye, malgré ses collaborations avec Caballero et Jeanjass notamment, il a décidé de sortir de l’ombre avec ce projet différent. Première étape, la sortie de son album « Avant l’Amour ». C’est fait. Deuxième étape, un clip marquant. Avec « Belle maladie », c’est en boîte. Ce clip est un vrai petit film. Restait la scène. Même s’il a déjà connu l’expérience avec un show case privé de Caballero et Jeanjass, c’est sa première vraie expérience solo dans un festival. Et rien ne dit que ce sera la dernière. Il est toutefois grand temps d’enfin découvrir la scène principale, dénommée Place des Arts, avec une demoiselle qui ne cesse de franchir les étapes quatre par quatre puisqu’elle explose en parallèle en France et en Belgique. Et oui, c’est bien Mentissa, la finaliste de la saison 10 de The Voice France, révélation féminine de l’année (chez nos voisins), et véritable artiste à tubes. Tous les titres qu’elle a sortis depuis sa rencontre avec Vianney cartonnent en effet. La suivante à arpenter les planches est Aloïse Sauvage, un concentré d’énergie qui trouve sur scène le terrain idéal pour se dépenser et proposer au public une prestation haute en couleurs. La chanteuse/danseuse/gymnaste va au propre comme au figuré s’envoler durant ce show qui a marqué les esprits. De l’énergie brute d’Aloïse Sauvage à la poésie tempérée de Bérode, il n’y a que quelques pas, un peu embourbés, certes, mais qui mènent à une Grande Prairie où le musicien liégeois et son compère habituel trouvent l’endroit idéal pour que leurs paroles enchanteresses se posent telles des libellules sur les notes des guitares, trompette et autres instruments apportés pour l’occasion. La suivante connait également les planches, en tant que chanteuse évidemment, c’est un peu pour cela qu’elle a été invitée, mais en tant que comédienne et humoriste aussi. Et oui, quand on s’appelle Lellouche, on ne peut que se diriger vers les projecteurs (ou les caméras). Son ex prend cher, mais ça on le savait déjà (lol), madame a la rancune tenace. Mais Camille sait jouer sur l’émotion aussi bien qu’elle ne lance ses piques, comme sur cette ode à l’amour qui lui a été proposée par Grand Corps Malade ou ce titre assez révélateur « Ne me jugez pas ». C’est alors que devait se produire, initialement, un rappeur havrais connu pour ses textes, mais aussi ses remarques parfois sujettes à controverses. Malgré ses excuses parues dans la presse, le festival aux valeurs familiales n’a pas voulu prendre le risque d’être associé à certains propos et a préféré le remplacer au line-up par un duo bien connu de l’organisation puisque Juicy n’en n’est pas à son coup d’essai aux solidarités. Juicy c’est un duo bruxellois pétillant qui sait, en quelques notes à peine, nous emmener dans son univers si particulier aux sons électroniques aiguisés. Après une telle parenthèse musicale, nous retournons à la scène principale où se présente Madame Zazie, et son interminable liste de titres à succès. Il faut dire que sa plume est prolifique et de qualité, et que l’interprète fait toujours recette. Zazie traverse les années,