7 février 2026

Festivals en péril : quand la musique devient un luxe pour les organisateurs

photo Marck Robert Chaque été, des milliers de festivaliers se pressent pour vibrer au rythme de leurs artistes préférés. Mais derrière les lumières et la musique se cachent des réalités beaucoup moins festives. En Belgique comme en France, de nombreux organisateurs de festivals sont aujourd’hui confrontés à une crise financière sans précédent. Le premier défi est d’ordre économique : les cachets de certains artistes ont explosé ces dernières années. La pression pour attirer les têtes d’affiche capables de remplir les scènes pousse les budgets à des sommets souvent insoutenables. À cela s’ajoutent les coûts logistiques, de sécurité, de personnel et de production, qui continuent d’augmenter. Mais le problème ne se limite pas aux revenus des artistes. Les subventions publiques, vitales pour de nombreux événements, se font rares ou restent insuffisantes. Les organismes culturels, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux, peinent à répondre à la demande, laissant les organisateurs jongler avec des budgets serrés et des imprévus toujours plus fréquents. Résultat : certains festivals emblématiques sont menacés d’annulation, tandis que d’autres doivent réduire leur programmation ou revoir à la hausse le prix des billets. Pour les amateurs de musique et de culture, c’est une perte qui se fait sentir immédiatement, mais pour les organisateurs, c’est une véritable bataille pour la survie. Il est crucial de comprendre que derrière chaque événement réussi se cache une équation financière complexe. Les solutions existent : un soutien accru des institutions, une meilleure répartition des cachets, et une communication transparente avec le public sur les coûts réels d’organisation. Mais pour l’instant, la situation reste tendue. Alors que la musique continue de rassembler, il devient urgent de se mobiliser pour soutenir ceux qui la rendent possible. Car sans festivals, c’est toute une partie de la vie culturelle qui s’éteint, et avec elle, la magie de l’expérience collective. Festivals en crise : entre cachets astronomiques et subventions insuffisantes Les festivals belges et français, symboles de la richesse culturelle estivale, traversent une tempête économique sans précédent. Entre les cachets faramineux des artistes et des subventions publiques en baisse, l’équation financière devient de plus en plus complexe. Cachets : des montants qui explosent Ces sommes colossales, bien que justifiées par la renommée des artistes, pèsent lourdement sur les budgets des festivals, souvent contraints de revoir leur programmation ou d’augmenter les prix des billets pour compenser. Subventions publiques : un soutien en déclin Ces chiffres illustrent un déséquilibre dans le financement public, avec des régions moins soutenues malgré une offre culturelle riche et diversifiée. Une situation financière préoccupante Ces données soulignent la fragilité économique du secteur, où les marges sont de plus en plus réduites. Vers une solidarité renforcée Face à cette crise, une mobilisation collective s’avère essentielle : Conclusion Les festivals sont le reflet de notre identité culturelle. Leur pérennité dépend d’un soutien financier adapté et d’une prise de conscience collective. Il est temps d’agir pour préserver ces événements qui, au-delà du divertissement, incarnent notre patrimoine vivant.

Incourt perd l’Inc’Rock, mais gagne le Belgofest.

Les 4 et 5 juillet 2025, la première édition du BELGOFEST prendra place sur le site de la Carrière d’Opprebais à Incourt.Ce nouveau festival, initié après 20 années d’Inc’Rock, mettra à l’honneur une programmation exclusivement belge et s’inscrira dans une démarche conviviale, culturelle et accessible à tous. Une scène belge à l’honneur pour lancer l’été.Succédant à l’Inc’Rock, le BELGOFEST affirme une nouvelle identité résolument centrée sur la scène artistique belge.Organisé le premier week-end de juillet, il ambitionne de devenir un rendez-vous musical majeur en Brabant wallon, au croisement de la diversité musicale, de l’accessibilité  et de la Belgitude assumée.  La programmation du vendredi 4 juillet fera la part belle au rock, articulée autour de groupes de covers de qualité.En tête d’affiche : Helmut Lotti avec son projet « Heart Rock » reprenant les standards marquants du rock, accompagné de Mister Cover, Supervolt et The Belgians qui ne sont plus à présenter. Le samedi 5 juillet, l’accent sera mis sur des artistes phares de la scène pop francophone belge avec Axelle Red, Typh Barrow, Suarez, Kid Noize, Daddy K et DJ Didje, pour une journée festive mêlant concerts, humour, et ambiance typiquement belge. Une expérience à taille humaine Le festival met un point d’honneur à proposer une expérience complète, tant au niveau musical que gastronomique. Fidèle à l’esprit belge, le BELGOFEST offrira des mets locaux, une sélection de bières spéciales et une décoration surréaliste. L’événement se veut également à taille humaine, favorisant ainsi la convivialité.Appel aux partenaires L’équipe du BELGOFEST propose plusieurs formules de sponsoring et de visibilité pour les marques et entreprises désireuses de s’associer à un événement culturel émergent et ancré localement. Les partenaires bénéficieront de visibilité sur site, en ligne, et via des campagnes média nationales. À propos Le BELGOFEST est un festival de musique né en 2025 à Incourt (Brabant wallon), successeur de l’Inc’Rock Festival. Il propose une programmation 100% belge et vise à valoriser la scène artistique locale dans un cadre accessible et festif. Porté par une équipe expérimentée, le BELGOFEST entend devenir un rendez-vous incontournable du calendrier estival belge. Infos et tickets : www.belgofest.be

Un Inc’Rock plus intimiste mais qui tient ses promesses.

Pour ses 20 ans d’existence, le festival brabançon voulait marquer les esprits. Mais à quelques jours de l’entame de cette édition anniversaire, l’annonce d’une annulation partielle (deux jours sur trois tout de même) tombait comme un couperet sur le moral d’un public qui attendait impatiemment ce premier festival outdoor de la saison. Les organisateurs se sont rapidement expliqués sur ce choix, pris à contre cœur (trop peu de préventes en rapport aux cachets demandés par les artistes qui augmentent exponentiellement au fil des dernières années) tout en promettant de proposer une soirée festive dans les meilleurs conditions pour les festivaliers, et ce même en cas de pluie soutenue… ce qui fut le cas ces derniers jours, avouons-le. C’est donc avec un petit souffle de déception que certains se sont déplacés dans le village d’Incourt, mais ce sentiment s’est très vite transformé en esprit festif car, oui, on peut le dire, les organisateurs et leur armée de bénévoles ont tenu parole. Le site, généralement découvert, a en effet été repensé. La voilure de sa superficie a été réduite de manière à ce que l’ensemble du public puisse trouver place sous un grand chapiteau installé face à la scène principale. Bonne idée puisqu’une belle « drache » s’est invitée durant près de trois quarts d’heure, et ce pendant la prestation du premier groupe cover de la soirée, mais nous reviendrons sur ce point un peu plus tard. Les festivaliers, et les artistes de la scène 1, ont donc pu s’abriter. Mais de nombreux amateurs de ce genre d’événements savent qu’un tel climat peut engendrer un souci majeur, le stationnement, et encore plus la sortie d’un parking souvent installé dans un champ (herbe et terre + pluie = boue… et donc problème éventuel !). Ici, encore, on a anticipé en modifiant le plan initial du champ proche de l’entrée pour s’orienter vers un parking en tarmac, certes un peu plus éloigné, mais ô combien plus sécurisant (doit-on vous rappeler les déconvenues rencontrées par certains dans un festival bien connu l’an dernier ?) Restait à assurer l’ambiance malgré un temps maussade, et cette demi-déception de l’annulation de deux des trois jours de festival. Le premier à se lancer dans cette mission est l’expérimenté DJ David Goyens. Au début de son set, cinq personnes sont présentes devant le podium, mais au fil des minutes, l’assistance gonfle d’autant que l’animateur ne se démonte pas, assurant au mieux cette mise en bouche, sans oublier qu’il pourra tirer une seconde cartouche, bien plus percutante encore, sur la deuxième scène, un peu plus tard dans la soirée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public a apprécié les sets endiablés du DJ. Sur le coup de 19h, c’est au tour de « Place des Grands Hommes » de prendre place sur l’estrade. Comme on vient de vous l’annoncer, c’est à ce moment que les éléments se déchaînent, la pluie et le vent donnant du coffre, mais tout le monde étant à l’abri, le public ne peut que reprendre en chœur les succès de Patrick Bruel. Certes, l’artiste original n’a pas fait d’apparition à Incourt, mais ce tribute de l’artiste français connait la musique, enchaînant les tubes emblématiques que sont « Casser la voix », « Qui a le droit ? », « Décalé », « la fille de l’aéroport » … chaque morceau est évidemment connu de tous et repris (au moins le refrain) par un public qui se prend au jeu. Les minutes défilent sans en avoir l’air jusqu’au moment où le band est contraint de ponctuer son set avec ce titre si représentatif puisqu’il porte le nom du groupe. Et d’un cover, on passe à un deuxième, mettant à l’honneur un autre artiste français apprécié dans nos contrées, Jean-Jacques Goldman. Le temps d’accorder les instruments des sept musiciens et voilà le show qui reprend avec une flopée d’airs aussi connus les uns que les autres. La voix du chanteur de Goldmanmania est assurée et bien calquée sur la tessiture de JJG et les partitions sont exécutées avec dextérité par des musiciens qui semblent prendre autant de plaisir que leurs fans. Tous les ingrédients sont présents pour que la soirée soit réussie. Même la température monte de quelques degrés. Il faut dire que le chapiteau est désormais bien rempli et que rares sont ceux qui arrivent encore à ne pas onduler du bassin ou frétiller des gambettes. Une ronde (ou chenille ?) s’organise d’ailleurs au centre de l’assistance aux sons du violon et d’une flûte qui aurait pu envouter une colonie de rats (qui a la référence ? un indice, la ville de Hamelin …) Histoire de maintenir l’ambiance au top, c’est le prince des guinguettes, Oli Soquette, qui assure la transition vers les artistes suivants. Le Liégeois dispose de la recette magique pour mettre le feu, et il ne s’est pas privé de l’utiliser au fil de ses … trois sets, répartis entre les différents shows. Vous me croirez ou pas, mais c’est à ce moment-ci de la soirée qu’il faut jouer des coudes pour s’approcher de la scène. Subitement, quelques dizaines de personnes, essentiellement de sexe féminin, se précipitent vers l’avant du chapiteau. Que se passe-t-il ? Visite royale ou lancer de cadeaux ? Rien de tout cela mais l’arrivée sur le podium de Frank Delay et Chris Keller, deux ex membres de boys band bien connus des années 90-2000 réunis sous la bannière de Génération Boys Band. Il semblerait que les 2BE3 et GSquad fassent encore recette, eux aussi… On vous avoue que l’on ne savait pas trop à quoi s’attendre car nous étions plutôt Dépêche Mode ou Janet Jackson à l’époque de ces deux groupes. Finalement, oui, nous avions déjà entendu « Partir un jour » (2Be3) mais « Aucune fille au monde » ou encore « Raide dingue de toi » (G Squad) euh… comment dire… Deux trois titres issus de ces groupes et un medley de près de 12 minutes reprenant des hits d’autres formations de cette époque ont finalement enflammé encore un peu plus un public décidément parti pour passer une soirée d’enfer, Frank n’oubliant pas, au passage, de soulever son tee-shirt

Rap, oldies et Pop s’invitent à l’Inc’Rock.

Confestmag vous présente régulièrement des artistes, connus, mais aussi des découvertes qui perceront un jour… (ou pas !), et ce tout au long de l’année car notre pays est doté de nombreuses salles de spectacle(s) de tailles diverses permettant aux musiciens, chanteurs, comédiens et même circassiens de proposer leur art au public en tous temps. Toutefois, en mai débute une période assez dense en événements à ciel ouvert cette fois, celle des festivals. Evidemment, Confestmag sera partie prenante dans certains de ces festivals afin de vous faire vivre (ou revivre pour ceux qui auront l’opportunité de se rendre sur place) l’ambiance si particulière de ces événements festifs. A l’heure actuelle, le planning complet de cette saison « estivale » n’est pas encore arrêté car nous dépendons des organisateurs et staffs médias qui délivrent les accès, mais plusieurs confirmations sont d’ores et déjà tombées et des accords de principe sont noués avec des festivals que nous avons couverts les années précédentes. Le premier dans la liste, chronologiquement sera l’Inc’Rock festival qui se déroulera du 17 au 19 mai sur la commune d’Incourt (Brabant Wallon). Ceux qui ont lu le titre, le terme « Rock » est ici à prendre au sens générique, voire général car ce festival se veut ouvert à une pluralité de genres musicaux. Le vendredi, par exemple, sera entièrement dédié à l’urbain avec la présence de Koba Lad, Heuss l’Enfoiré, Soso Maness, Beendo Z, Nono la Grinta, Gotti Maras, Sahmxdew, Ombredemoi et Andras Johnson. Si les jeunes amateurs de Rap seront aux anges le vendredi, ce seront peut-être leurs parents qui prendront place sur le site du festival le lendemain, samedi, puisque le thème sera une journée «Back in Time » (retour en arrière ou bond dans le passé) avec Boris (et oui, avec ce célèbre tube « Soirée disco », ou encore « miss Camping ») qui n’est autre que l’ex chanteur du groupe ayant sorti également « Le dormeur » début des années 90, Goldmanmania (tribute to JJG), Génération Boys Band (avec un représentant de GSquad et un des 2BE3), Place des Grands Hommes (tribute to Patrick Bruel), l’inusable Daddy K qui a débuté sa carrière avec Benny B, les DJs David Goyens, Sonar et Kzam ainsi que le prince des guinguettes, Oli Soquette (également membre des Gauff…). Et le dimanche, on prend un shaker car ce sera la journée la plus éclectique musicalement parlant, mais vu que ce jour est dédié aux familles, il est normal de vouloir contenter tout le monde. On y retrouvera Lisalou, une artiste bruxelloise, auteure, compositrice et interprète de psyché punk pop en français, Orlane (Willems) que certains reconnaîtront certainement suite à son passage à The Voice Belgique, Boris Motte, autre ancien participant à The Voice Belgique (Saison 3 cette fois) dont la voix est très reconnaissable grâce à cette tessiture très marquée qui fait inexorablement penser à Garou, et le groupe de rock alternatif français Babylon Circus dont certains morceaux se rapprochent du jazz manouche. Autre groupe composé d’un certain nombre de membres (Babylon Circus en compte 9), et tout aussi énergique, la Soul Caravane. C’est joyeux, rythmé et dansant. Faire danser la foule, c’est justement le leitmotiv d’Alex Germys, ce producteur et DJ belge qui multiplie les titres enivrants qui bercent les ondes de certaines stations radios. Vous en voulez encore ? C’est évident. On continue donc avec Alice On the Roof dont l’univers possède tellement de couches qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec cette artiste complète. Et si Alice a chanté « Malade », Rori l’a entendue et s’est directement rendue chez le « Docteur »  car oui, on parle bien de la jeune et talentueuse chanteuse provenant de Hannut qui a lancé sa carrière solo (auparavant elle faisait partie du duo Beffroi) avec ce titre extrêmement bien construit. En deux ans, Rori a pris du galon, de l’assurance sur scène et s’est forgé un beau répertoire musical. Le lien avec le groupe suivant va de soi puisqu’on reste en province de Liège, et avec des artistes dont la carrière vient littéralement de décoller en deux années, je parle de Ykons. Ils sont 5, proposent du rock en anglais mais surtout un vrai show sur scène. Ceux qui connaissent ne les louperont assurément pas, quant aux autres, petit conseil, c’est à découvrir. Et pour finir, car il est presqu’inutile de la présenter vu que tout le monde la connait (ou alors vous viviez sur Pluton ces dernières saisons), Typh Barrow. Une voix exceptionnelle pour cette virtuose du piano amatrice de jazz qui n’hésite jamais à proposer un spectacle de qualité lors de ses sorties. Alors tenté(s) ? Pour les renseignements pratiques et la billetterie, rendez-vous sur Incrock.be ou cliquez ici.

D’avril à septembre, les notes vont swinger un peu partout.

2024 s’éveille à peine qu’il est déjà grand temps pour les amateurs de festivals de commencer à cocher les dates importantes dans leur calendrier car il se pourrait que cette année, encore plus que les précédentes, certains soient confrontés à des choix manichéens. Il n’est en effet pas rare de voir plusieurs festivals se « partager » un week-end, mais l’agencement du nouveau calendrier scolaire en Belgique, qui « limite » depuis peu la période de vacances d’été de début juillet à fin août (alors que précédemment il n’était pas rare de voir des étudiants libérés de leurs obligations dès le 20 juin et ne reprendre le chemin des amphithéâtres qu’à la mi-septembre), et, surtout, l’organisation des Jeux Olympiques à Paris (et quelques autres sites un peu partout en France) chamboule encore un peu plus un agenda qui pouvait déjà générer quelques prises de têtes chez certains. Quel est le rapport entre les JO et des festivals demanderont certains d’entre vous? Et bien la sécurité. De nombreux services publics (pompiers, police, services travaux des collectivités….) vont être à pied d’œuvre durant toute la période des jeux (du 26 juillet au 11 août). Sans oublier que les jeux paralympiques suivront rapidement (du 28 août au 08 septembre). Voilà quelques week-ends durant lesquels de nombreux élus de l’Hexagone ne pourront donc accepter d’événements majeurs sur leur territoire, et cela sans tenir compte des heures de récupération qui devront aussi être allouées dans la foulée. Les organisations sur terrain privé ne nécessitant pas de personnel des services publics (ils sont rares car la gestion du flux de public incombe en partie à la police) pourraient contourner ce problème avec des services de sécurité privés… mais ils sont tous (ou presque) occupés par ces JO et tout ce qui tourne autour. Ces paramètres évoqués juste ci-dessus expliquent pourquoi quelques week-ends, et deux particulier, ceux des 13-14 et 20-21 juillet, vont voir exploser le nombre de festivals organisés à ce moment. Hormis pour ceux d’entre-vous qui manient habilement le don d’ubiquité, l’heure des choix va donc sonner. Afin de ne pas vous retrouver le bec dans l’eau, ou pour le moins assez démuni face à une billetterie qui afficherait déjà complet, nous vous avons concocté un petit agenda avec les renseignements qui sont déjà disponibles, et ce concernant les festivals que nous connaissons. Il ne s’agit donc pas d’une bible ou d’un annuaire complet reprenant toutes les organisations musicales « estivales », mais juste de quelques pistes pour organiser votre agenda en fonction des événements que nous avons présélectionnés (vous verrez, certains très connus ne figurent pas dans cette liste). Pourquoi attendre juillet pour s’amuser ? Nous ne sommes pas les seuls à nous poser la question puisque certains organisateurs ont pris le pari d’entamer cette saison des festivals dès avril. Chez nous, les Nuits Botaniques sont devenues incontournables au fil des années (ce sera la 31e édition en 2024). Il est donc tout naturel de débuter cette présentation par ce festival un peu particulier puisqu’il s’étale du 24 avril au 05 mai. Bonne nouvelle pour ceux qui ne pourraient se déplacer, cet événement sera couvert par l’un des artisans de ce site, Fabian Braeckman. Vous pourrez donc retrouver des reportages sur ce festival sur notre webzine. Mais comme c’est quand même toujours mieux de vivre l’expérience en live, nous vous invitons à vous rendre sur le site du Botanique pour prendre connaissance de la programmation complète (et réserver vos places). Plusieurs lieux, une programmation assez hétéroclite, des artistes à découvrir … Pour ceux qui se rendraient en France fin avril, on aura aussi Le Printemps de Bourges (du 23 au 28)  avec des artistes d’un certains calibre – 24 : Mika / Kyo / Martin Solveig /  Santa / Zaho de Sagazan – 25 : Hoshi / Shaka Ponk / Matmatah / Oliva Ruiz – 26 : Silly Boy Blue / Luidji – Bon Entendeur / PLK … – 27 : Bekar / Niska …  – 28 : M.Pokora / NEJ) – Accès, 49 euros par jour (sauf le dimanche, 45) mais le 25 et le 27 sont déjà complets et les passes Week-ends sont aussi écoulés. Le temps de vous remettre de ces premières émotions musicales, on fait le pont jusqu’au 17 mai, jour initial de l’Inc’Rock festival (du 17 au 19 mai). Aucune info n’a encore filtré et c’est le mystère donc concernant l’affiche de cette nouvelle édition de l’événement qui se déroule à Incourt. Le week-end suivant, c’est à Anthisnes en province de Liège, que nous irons probablement déclencher quelques rafales à l’occasion des Anthisnoises, un festival de musiques celtiques très accueillant. La date est connue (du 24 au 26 mai) mais là aussi, le voile n’est pas tombé concernant les groupes qui se produiront. De mai, on passe à juin, avec les Francofolies d’Esch-Sur-Alzette au Luxembourg du 06 au 09. L’affiche complète n’est pas encore disponible, mais les amateurs de rap/hip-hop apprécieront le line-up du vendredi (Ninho, Tiakola, Luidji…), le samedi, on aura du très prisé avec Lost Frequencies, Zaho De Sagazan, Apashe et Shaka Ponk notamment. Quant au dimanche, il ne sera pas en reste avec David Guetta, l’Impératrice, Olivia Ruiz, Mentissa, Santa et Julien Granel. Le pass 3 jours est à 130 euros, les tickets journaliers à 56 ou 64 euros selon le jour. Pour le dernier week-end du mois, un choix cette fois géographique et musical s’impose puisque d’un côté nous aurons le rock consistant du Hellfest, et de l’autre la bande de Contact qui sera aux commandes du Feelgood à Aywaille, et tout ceci du 27 au 30 juin. Hellfest (Clisson en France) : un line-up de folie pour les amateurs du genre avec Megadeth, Metallica, Queens of the Stone age, Mass Hysteria, Lofofora … mais aussi  Foo Fighters, The Prodigy, The Dropkick Murphys, Bodycount ft Ice-T et Shaka Ponk qui pour sa tournée finale s’est concocté un beau calendrier. Petit bémol, tous les pass 4 jours ont été écoulés depuis un certain temps et il est quasi impossible de pouvoir encore trouver un ticket, même pour une seule

Huit ans après son deuxième album, Jali revient enfin sur le devant de la scène

Avec Paysages, son 3e album, sorti début 2023, l’artiste qui avait connu une entame de carrière fulgurante (Des Jours et des Lunes sorti en 2011) effectue un retour attendu. Au terme de sa prestation toute en délicatesse à l’Inc’Rock festival, Jali nous a accordé une interview à son image, naturelle et pétillante. Confestmag: vous voici de retour après une pause, qui nous a paru très (trop) longue. Il était temps! « Oui, mais c’était une pause à la fois volontaire et due à un (mauvais) concours de circonstances. Il faut savoir que j’ai un parcours un peu atypique car dès mes débuts « professionnels » en 2011, j’ai trouvé une maison de disques qui a produit un album qui comprenait la plupart de mes chansons de l’époque. Tout s’est donc passé très vite dans le début de ma carrière, contrairement à beaucoup qui galèrent. Par contre, mon deuxième album (en 2015) a rencontré un accueil mitigé de la part du public. Cela n’a pas vraiment plu à la maison de disques et je me suis donc retrouvé en indépendant. Si l’on replace cela dans le contexte, c’était la crise du disque, le streaming débarquait d’on ne sait où, personne ne comprenait encore grand-chose à ce nouveau mode d’acquisition de la musique et je suis donc passé un peu à la trappe. J’en ai profité pour prendre un peu de recul histoire de me remettre à l’écriture de chansons et de réfléchir à la suite de mon développement, en indépendant, comme c’était alors le cas, ou de nouveau m’engager avec une maison mère. Et soudain, tout s’est mis sur pause avec l’arrivée du Covid. J’avais déjà une bonne partie d’un album prêt à sortir, mais ce n’était juste pas le bon moment du tout (rire). Pour vous, cela peut paraître long, mais de mon côté c’est passé encore relativement vite car j’ai été confronté à de nombreux obstacles et qu’y faire face a sollicité beaucoup d’énergie. Cela dit, je suis très content d’être enfin de retour sur le devant de la scène ». Confestmag: cet album « Paysages » a donc été écrit avant cette pandémie ? « C’est un mix de plusieurs périodes en fait car certains morceaux datent bien d’avant cet épisode particulier de notre existence, mais le confinement m’a également donné l’occasion de m’appliquer encore un peu plus à l’écriture personnelle. Je n’ai jamais vraiment arrêté d’écrire, mais jusque-là je m’étais embarqué dans un cercle presque vicieux de fournir mes compositions à d’autres artistes. J’étais devenu un auteur de l’ombre. Je n’étais pas hors du circuit, car j’ai travaillé à de nombreux projets, mais je m’étais habitué à ne plus devoir supporter la pression de porter moi-même les titres. C’est un confort non négligeable. Mais pendant cette période « covid », j’ai pris conscience que j’avais encore un message à faire passer. J’ai donc remis la main sur toutes les compos que j’avais un peu mis de côté, soit une quarantaines de possibles chansons, et j’ai fait un tri de celles qui pourraient figurer sur un album. Entretemps, quelques titres sont venus s’y ajouter… » Confestmag: … dont un que vous expliquez, lors du concert, avoir écrit le 01 janvier 2021 (Les années folles). « Effectivement. Et c’est d’ailleurs l’une des dernières chansons composées. Une des seules qui n’était pas encore bouclée avant la pandémie. J’avais déjà un track list en tête, mais j’ai ressenti une urgence de coucher sur papier mon ressenti du moment, sans même penser au fait de l’inclure ou non à l’album. Il faut dire que la période que l’on venait de passer juste avant était très particulière. Je sentais le besoin d’en faire comme un aide-mémoire que je pourrais rouvrir d’ici quelques années. Ce fut un moment clé aussi dans le sens où c’est là que j’ai pris la décision de me recentrer sur mes qualités artistiques propres, contrairement à ce que j’avais proposé dans le deuxième album, où j’avais exploré beaucoup de sentiers différents. Ici, j’ai remis l’église au milieu du village en me disant, toi, tu as un message à faire passer et le meilleur habillage de la chanson est le plus simple, un guitare-voix posé » Confestmag : d’où vous viennent ces messages, ou plutôt les thèmes abordés dans ces textes ? « Franchement ? Je les laisse venir à moi. C’était différent quand j’avais une commande pour un autre artiste, car là il y a parfois des directives ou critères à respecter, j’arrivais alors à me centrer sur le thème proposé. Mais dernièrement, j’ai changé ma méthode de travail. Comme ces chansons sont cette fois pour moi, je ne mets pas de limites et je les laisse venir à moi car l’inspiration peut venir de tout aspect du quotidien, d’un film que je vois, d’un simple mot qui sonne bien même, comme ce fut le cas par le passé avec « Eldorado » ou « Espanola ». Il y a une sonorité particulière qui évoque immédiatement des choses. Et puis cette liberté s’applique aussi désormais à mon mode complet de travail. A une certaine époque, je m’obligeais, comme une astreinte, à fournir une tâche précise. Désormais, si ça vient, tant mieux, mais sinon, on verra plus tard. Je ne m’inflige plus cette torture psychologique du devoir. (rire) » Confestmag : quel est l’état d’esprit qui vous accompagne lors de votre retour sur scène ? « Ah, je suis content. C’est pour cela, notamment, que j’ai choisi ce métier. Rencontrer le public, c’est un besoin. Faire un album, c’est juste un prétexte pour pouvoir ensuite revenir sur scène. Avec le petit grain de folie supplémentaire de vouloir, cette fois, me mettre en danger, ce pourquoi j’ai opté pour un seul sur scène, juste avec ma guitare. Je me fais violence, je l’avoue, car la pression est énorme. Le show ne dépend, là, plus que de moi. Il n’y pas un musicien qui peut m’épauler si je mets un petit coup de côté. Etre seul en scène, c’est à la fois une liberté et une pression énorme. Mais je me suis dit que si cela me faisait peur, c’était le signe que j’étais

L’Inc’Rock Festival – Day 3 – L’esprit de famille…

Des fables rappées des Compagnons du temps au rock bien assis de Sharko, il y en avait pour tous les goûts dans ce dimanche ouvert à tous. Si les deux premiers jours du festival étaient dédiés à des styles musicaux précis (électro le vendredi, rap le samedi), le dimanche faisait place à l’éclectisme nécessaire pour plaire à l’ensemble des membres d’une famille. Un petit coup d’œil dans l’assistance permet en effet de rapidement prendre conscience que l’atmosphère est cette fois beaucoup plus cool et que les enfants sont mis à l’honneur, des grimages et un manège leur étant d’ailleurs dédiés. Le premier à produire des notes de musique, assez mielleuses afin de permettre aux plus petits de rallier son univers, est Bérode. Il faut dire que l’homme sait comment s’adresser aux petites têtes blondes, lui-même étant papa. S’en suit la prestation peu commune des Compagnons du temps. Ce duo revisite en effet les fables de Lafontaine sur un fond de rap/hip-hop très visuel. Juste le temps de revoir quelques classiques de la littérature française que c’est le pétillant et toujours souriant Jali qui s’installe, seul, sur les planches de la scène. Et oui, l’interprète de « Espanola » a décidé de revenir aux fondamentaux pour défendre son nouvel opus intitulé « Paysages » mais on vous en dira un peu plus très prochainement puisque Jali s’est livré pour nous en interview quelques minutes à peine après sa prestation à l’Inc’Rock. Et comme Jali nous a emmenés sur son bateau, nous rejoignons les rives d’un pays imaginaire où les rythmes tropicaux bercent la sieste des nouveau-nés. C’est ainsi que le set de Fugu Mango mixe afrobeat, pop, bossa nova et autres sons caribéens à base de percussions enivrantes avec notamment cette perle de reprise planante de Golden Brown (The Stranglers). A quelques encablures à peine, nous atteignons cette fois Madagascar, terre d’origine des compagnons de Marc Pinilla dans le groupe Suarez. Inutile de vous dire que nous sommes loin de la morosité d’un lundi matin en plein centre de Bruxelles (je parle des embouteillages, évidemment). Non, avec Suarez, nous restons dans cette entre-couche entre la terre et le ciel, prêts à se laisser conduire n’importe où ou presque (c’est quand même lui qui veut nous faire faire un pas en avant alors que nous sommes au bord du gouffre – rire) par celui qui détient les clés du domaine, ou presque. Six passages au festival, tout de même, pour Marc et ses troupes, ce n’est pas négligeable. Et c’est surtout un signe que sa jovialité, son entrain et sa musique plaisent. Changement de décor et d’ambiance avec Sharko puisqu’on rentre cette fois dans l’univers du rock. Membre fondateur, et seul encore présent depuis 1997, David Bartholomé ne vieillit pas (ou plus). Comme sa musique, il semble intemporel. Et surtout, il semble toujours prendre autant de plaisir sur scène, surtout lorsqu’il se lance dans une joute acoustique avec Guillaume Vierset, que l’on connait aussi pour accompagner habituellement Typh Barrow. It was so « Excellent » … Et comme présenté par Gaetan Bartosz (Radio Contact), après une telle dose de rock, une petite friandise musicale ne serait pas de refus. On vous sert Trois Cafés Gourmands ? Evidemment. Le trio issu de Corrèze, bien connu pour son hymne à la région, « A nos souvenirs », vient de sortir son 3e album, quoi de mieux que de venir le présenter sur une scène aussi sympathique que celle d’Incourt. Histoire de finaliser la digestion de cette douceur auditive, nous vous invitons à une petite marche afin de rejoindre la deuxième scène pour un émouvant hommage à Charlotte, surnommée affectueusement (et avec son accord) « Madame poubelles » pour son investissement en tant que responsable entretien/environnement du site comme bénévole. Décédée il y a quelques jours à peine, elle était l’une des figures emblématiques du festival. A ce titre, tous ses amis et son frère lui avaient adressé quelques mots sur des ballons qui ont été lancés en direction du ciel, et de cette lune mise en avant par son groupe préféré, Indochine. Nicola (Sirkis) n’était pas là, mais bien Oli Soquette, qui, selon la rumeur, a placé « La bonne du curé » à l‘enterrement de Charlotte car, et c’est là aussi le message passé par son entourage, la vie doit être vécue comme un amusement, dans la bonne humeur. Quoi de mieux alors que de retrouver Oli Soquette, mais en Dj Didjé cette fois, avec ses compères des Gauff’ pour un show anniversaire. Et oui, les Liégeois ont 30 ans d’existence. Rosette Kinkin n’a qu’à bien se tenir si elle sort au Chtalaming car elle pourrait y rencontrer un homme capable de lui déclarer sa flamme d’un « Vamos à Salou » Rosette.  Vous l’aurez compris, les Gauff n’ont pas fait dans le détail. Les titres les plus connus ont tous été passés en revue dans une mise en scène propre à ces saltimbanques intemporels. Après autant d’émotions, et les heures défilant, on s’approche inexorablement du terme de cette édition 2023, avec toutefois un dernier show à proposer, et non des moindres puisque c’est Mister Cover qui eut le privilège de récupérer les nombreux fêtards non encore rassasiés. Vous connaissez la musique, et eux aussi, donc on ne s’inquiétait pas trop pour l’ambiance. Tout le monde y a trouvé son compte. A la revoyure en 2024 ? PS: pour voir les clichés du festival, vous pouvez aussi aller sur la page FB de ReMarck Photos.

Inc’Rock 2023 – Acte 2 – Place au Rap.

Si le vendredi soir a fait la part belle aux disc-jockeys plus orientés électro et hip-hop (voir notre article consacré à cette journée), le samedi était entièrement consacré au rap. Changement de style donc, mais aussi de public, avec un rajeunissement assez marqué, mais très compréhensible puisque la plupart des artistes présents ont forgé leur popularité à partir des réseaux sociaux très prisés par les plus jeunes. Au programme de la scène principale, les très attendus Favé, Kerchak, Larry, RK, Niro et Naza Mais aussi, et surtout, un duo un peu plus aguerri encore à la scène, Caballero et Jeanjass. Les duettistes naviguent en effet ensemble depuis 2016 et peuvent se targuer de bien mener leur barque avec plusieurs albums, de nombreux festivals, mais aussi des salles mythiques, comme le zénith de Paris, à leur palmarès. Et si les bosses ont évidemment tenu leur rang dans ce line-up de haute-volée on retiendra aussi la prestation ultra énergique de Larry qui n’a pas hésité à interagir de manière très prononcée avec le public déjà très nombreux lors de son passage. Mais à quelques encablures à peine de cet amphithéâtre urbain où se sont multipliés les pogos en série se trouvait une seconde scène, parrainée par Mic Controller, et dont la vocation est de mettre en lumière des artistes émergents du plateau hip-hop belge. Et c’est là que nous avons découvert les plus belles surprises, en fait. On débute la présentation de cette scène bis avec OG Gold (anciennement BBK) car ce rappeur bruxellois n’est pas vraiment un petit nouveau. Depuis 2018, il a en effet multiplié les partenariats avec d’autres artistes de la même mouvance. Alors pourquoi le présenter dans ce concept me direz-vous ? Simplement parce qu’en 2021, l’homme a opéré un léger changement de cap (et de nom) pour lancer son nouveau projet solo. Passons à Mia Lena. Un petit bout de femme énergique qui a été bercée aux sonorités d’Amy Winehouse, Alicia Keys et Norah Jones. Là encore, on retrouve une artiste confirmée puisqu’elle a notamment participé au tremplin Dour festival 2022, qu’elle figure au line-up des Nuits Botaniques et qu’elle se produira aux Aralunaires (Arlon) ce 06 mai. Il y a toutefois une grande nouveauté dans le set de la Bruxelloise puisqu’elle délaisse un peu la langue de Shakespeare, pour nous livrer quelques compositions dans un français qui laisse transparaître certaines intonations proches de celles de Léa Paci. Et d’une princesse, nous passons à une déesse puisque Nephtys, nom de scène choisi par Caroline Hakim, qui signifie « La Dame (ou Maîtresse) du château », est une déesse de la mythologie égyptienne ; elle est la déesse protectrice des morts qui veille sur le sarcophage, déesse funéraire donc aux côtés de Hâpi, avec qui elle est associée pour protéger le vase canope contenant les poumons du défunt. Tout un programme en soi ! Et c’est le cas du show qui nous a été livré par cette artiste complète qui mélange le hip-hop au rap, le français et l’anglais, des chansons calmes et une explosion d’énergie par moments. On voit qu’elle est habituée à la scène et une telle prestation vaut assurément le déplacement. L’autre très bonne surprise de cette scène se nomme Bart Kobain. Originaire du Burundi, cet artiste s’est désormais établi à Bruxelles et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne passe pas inaperçu. Plantons le décor, deux guitaristes montent sur l’estrade, habillés de costumes classiques. Un dj prend place derrière les platines, lui aussi en costume strict… Surgit alors une boule d’énergie, qui rappe sans retenue sur des rifts électriques très poussés. Le mélange est surprenant et détonnant mais très appréciable. Quelle présence ! On ne vous cachera pas qu’une grande partie du public était restée aux abords de la grande scène, et que l’assistance présente au début du set de Bart Kobain était pour le moins clairsemée, mais loin de se laisser démonter ou démoraliser, le Men in Black du soir (il était vêtu d’un costume noir, lunettes noires et casquette…noire) a mis le feu et son énergie communicative a permis aux personnes présentes de passer un moment exceptionnel. Voilà de bonnes pioches que l’on reverra certainement dans les prochaines années.

Les basses au pouvoir.

Inc’Rock 2023 – Acte 1 – un vendredi au pays de l’électro. Malgré une température encore un peu fraîche pour cette période de l’année et un crachin omniprésent pendant une bonne partie de la soirée, Incourt (et plus particulièrement le hameau d’Opprebais) fut le théâtre, ce vendredi, d’une soirée mémorable. Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas fait dans le détail en convoquant au pupitre des pointures comme Mademoiselle Luna, Daddy K, Kid Noize, Furax ou encore Oli Soquette, le prince des guinguettes (les Liégeois comprendront peut-être plus facilement cette allusion). Points communs de tous ces artistes ? Leur meilleure amie est une table de mixage, ils n’ont pas leur pareil pour faire bouger les foules et ont tous une certaine « bouteille », et j’évoque ici, évidemment, l’expérience de la scène. Il n’est pas toujours aisé de se produire en ouverture d’un tel festival, le public tardant parfois à rejoindre le site et/ou à enclencher le mode « danse » de son architecture corporelle. Mais avec Oli Soquette, ce risque est quasi nul, l’homme aux multiples facettes (il fait aussi partie du groupe les Gauff’ qui, dimanche, risque aussi de vous réveiller les zygomatiques avec des titres détonnants comme les courses Akora, Rosette Kinkin ou encore Vamos à Salou) ayant les clés de ce type de schémas depuis belle lurette et beaucoup d’adeptes aux quatre coins de notre beau royaume. Quelques minutes ont donc suffi à Oli Soquette pour lancer les premières étincelles d’une soirée de feu. Aux sons des remixes de quelques standards des années 2000, 90, 80 et même 70 (et oui, Claude François s’est glissé dans la playlist, version un peu revue au goût du jour, évidemment), l’ambianceur a « fait monter la sauce » comme on dit dans certaines régions, histoire de céder le témoin dans des conditions optimales au célèbre duo de Radio Contact, Mademoiselle Luna et Gaëtan Bartosz. Et ne comptez pas sur Delphine, euh pardon, vous la connaissez sous le nom de scène de Mademoiselle Luna, pour faire descendre l’ambiance et la température ! Son set d’électro dance très actuel (le titre « Flowers » de Miley Cyrus qui passe en boucle partout s’y est habillement invité) a rallié les générations. Difficile d’ailleurs, à partir de ce moment, de rejoindre le centre du « dancefloor », celui-ci étant littéralement pris d’assaut. Il était temps qu’arrive un premier temps mort… allez, je rigole, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Le changement de discobar (Daddy K utilise son propre matériel) aurait en effet pu laisser un petit instant de répit à ces jambes déjà bien mises à l’épreuve, mais le personnel de scène est tellement efficace qu’on ne s’est même pas aperçu de cette subtilité technique. Et c’est donc Daddy K himself (membre des Benny B, breakdancer, 3 x champion de Belgique et multiples fois finaliste du championnat du monde de DMC) qui se lance avec ses célèbres scratches qui lui ont forgé une réputation mondiale (il mixe aux quatre coins du globe, faisant régulièrement l’aller-retour entre la Belgique et Dubaï). Une fois n’est pas coutume, c’est le hip-hop qui enfile alors son costume de lumière, ce qui n’est pas pour déplaire aux plus jeunes de l’assistance qui ne tiennent toujours pas en place. Bien qu’ayant des affinités (re)connues avec ce style musical, Daddy K en livre un bon panel dans sa partition, mais il est suffisamment intelligent et habile pour parsemer ci et là des standards d’autres univers qui permettent à tout un chacun d’y trouver son compte (ou ses notes musicales préférées). Après un tel show, difficile de prendre la succession… sauf pour Kid Noize, une autre pointure de la scène électro belge qu’on ne présente plus. Il est même le personnage principal d’une BD en trois tomes dont le graphisme est mortel (« l’héritage de Nowera »). Le DJ/producteur issu de la région carolo, auréolé de la sortie de son troisième opus musical cette fois, intitulé Nowera, n’allait pas faillir à sa tâche : maintenir, voire même augmenter encore un peu le curseur de l’ambiance festive du moment. L’homme à la tête de singe (ou plutôt au masque) a rempli sa mission avec brio. Même la pluie a cessé son œuvre pour se mettre à bouger en cadence. Toutes les générations confondues (et oui, je vous assure avoir vu des personnes qui ne sont en âge légal de travailler se trémousser juste contre les barrières) se sont retrouvées dans sa playlist évolutive. Et je dis évolutive car les derniers morceaux étaient résolument axés sur des basses soutenues, de quoi fournir au dernier intervenant, Furax, une assistance toute prête à engloutir auditivement le célèbre « Big Orgus » qui fête cette année ses 20 ans. Et qui dit Furax, dit techno hard style, l’homme traînant encore régulièrement avec ses anciens compères de festivals, les Djs du label Bonzaï records. Voilà donc un tour assumé et presque complet de tout ce qui se propose en électro, qui a égayé la soirée de tous les festivaliers, avec une petite spécificité (voulue ou non ?), on a balayé un peu toute la Wallonie avec le grand Liège de Dj Didjé (alias Oli Soquette), le BW (Mlle Luna), Bruxelles (le ket de service étant Daddy K), le Hainaut (Kid Noize) et Namur puisque Furax était, à une époque, sur la province de Namur, et plus particulièrement à Andenne, où il travaillait chez un disquaire. Note aux organisateurs : « inviter un artiste luxembourgeois pour la prochaine édition ». (rire) Trêve de plaisanterie. Vous l’aurez compris, cet entame de festival Inc’Rock fut une réussite musicale, mais aussi en termes de fréquentation (le site était bien rempli malgré une météo maussade) et d’organisation. Aujourd’hui, on remet ça, mais avec du rap, et dimanche, l’affiche sera plus hétéroclite, histoire de plaire à tous les membres d’une famille. A bon entendeur…

INC’ROCK à Incourt

Vendredi – Soirée electro ! Le plus grand Dance Floor de Wallonie. Achetez votre ticket pour le vendredi avant qu’il ne soit trop tard ! Check les horaires de passage sur scène >>> ICI <<< Samedi- Soirée 100% RAP ! Achetez votre ticket pour la soirée 100% RAP avant qu’il ne soit trop tard ! Check les horaires de passage sur scène >>> ICI <<< Dimanche – Journée famille et bonne ambiance !