7 février 2026

Du 12 au 14 juillet, la Place des Trois Fers vibrera de toutes parts.

Vu les conditions climatiques de ces dernières semaines, et les annulations d’événements en cascades, on aurait tendance à oublier que nous sommes en été, et plus précisément dans la période des festivals musicaux tant attendus par beaucoup d’entre vous, du moins dans le sud du pays car au nord, le Grasspop a su tenir son rang entre les gouttes, malgré quelques désagréments pour les campeurs, et Werchter est en pleine ébullition actuellement. Mais pour le week-end de la fête nationale de nos voisins hexagonaux, nous effectuerons un léger déplacement vers le sud, histoire de poser pour 3 jours notre sac photo à Bertrix, en province du Luxembourg, pour le plus grand événement musical de la région, le désormais incontournable Baudet’stival. Pour l’occasion, la place du village, celle des Trois Fers, sera comme de coutume fermée à la circulation car c’est bien là, au cœur de l’entité bertrigeoise, que vont se succéder, du 12 au 14 juillet, de nombreux artistes connus ou émergents, francophones mais aussi anglophones, en solo ou en groupe, plutôt urbain, rock ou pop … vous l’aurez compris, il y en aura pour tous, car c’est l’un des atouts de ce festival qui malgré l’importance du public drainé a su garder un esprit familial. Un autre point important, l’événement se déroulant dans le centre-ville, tout est bétonné. Les habitués de festivals comprendront rapidement pourquoi j’évoque ce point de détail. Pour les aspects pratiques, on reprend quasi les mêmes ingrédients que les années précédentes à savoir un paiement des boissons et nourriture via un système de bracelet électronique rechargeable à l’aide de votre gsm ou des bornes (principe du cashless), la présence de plusieurs foodtrucks et commerces locaux pour vous sustenter ainsi que des parkings de délestage autour du site à partir desquels sont organisés (pour certains seulement) des parcours de navettes. Pour tous ces aspects pratiques, visitez le site www.baudetstival.be, tout y est détaillé. Côté artistes, on garde aussi le même principe que ces dernières éditions, à savoir deux scènes, la principale sur la place même, l’autre, intitulée « Nous construisons demain », à quelques mètres à peine. Les deux scènes étant très proches donc, le principe de l’alternance est de mise afin que les sons ne se mélangent pas, ce qui vous permet aussi, parfois (pas si le site est full malheureusement) de pouvoir apprécier tous les shows sans en manquer une seule miette. C’est bien beau tout cela, mais qui va venir fouler les planches de ces scènes ? Pour plus de lisibilité, nous dénommerons ici la scène principale la scène 1. Par extension, l’autre sera la scène 2. Programme du vendredi 12 (ouverture des portes à 16h00) Scène 2 : 17h00 Øde (Tremplin) 18h00 Emy Sakura (Tremplin) 19h10 Steffi Pacson (Tremplin) 20h40 Lumière 22h15 Minor Minor 00h15 Black Orchid Tribe Scène 1 : 17h30 Suasion 18h30 Fugu Mango 19h40 Ykons 21h15 Typh Barrow 22h45 Christophe Willem 01h00 Calumny Vous aurez remarqué que l’on évoque pour les trois premiers artistes de la scène « découverte » une mention Tremplin. Le principe est le même que ces dernières sessions, le vainqueur aura la chance de pouvoir se produire en ouverture de la scène principale dimanche. Voici (encore) l’une des caractéristiques de cette organisation conviviale, le festival n’a pas la mémoire courte avec ses artistes, et ceux-ci le lui rendent bien. Il n’est pas rare, en effet, de voir que l’un ou l’autre artiste proposé une saison revienne (rapidement) à l’affiche. Ce sera notamment le cas de Suasion, Ykons et Black Orchid Tribe, trois groupes qui avaient enchanté le public lors de leurs prestations. On salue aussi l’arrivée dans le line-up de l’une des plus belles voix de notre pays, Typh Barrow, qui réservera finalement l’exclusivité de sa prestation sur notre territoire au Baudet (elle était initialement prévue à l’Inc’Rock mais la météo en a décidé autrement). Autre artiste très attendu car aussi victime des conditions climatiques de ces dernières semaines (il devait, lui, se produire au FeelGood), l’inimitable Christophe Willem. Et pour ceux qui peuvent se libérer dans la soirée, Fugu Mango est un pur moment de détente musical, direction les tropiques. (PS : on croise les doigts pour que le groupe propose sa reprise de « Golden Brown », c’est excellent). Programme du samedi 13 (ouverture des portes à 13h30) Scène 2 : 14h30 Léa Pochet (Tremplin) 15h30 ODC (Tremplin) 17h00 The Rackers (Tremplin) 18h30 Maya Nashoba 20h10 Florent Brack 21h50 Matho et Xal 00h20 A!den Scène 1 : 15h00 Oney 16h00 Julien et Axel (Star’Ac) 17h30 – 47 Ter 19h10 Koba La D 20h50 Alonzo 22h50 Rag’n’Bone Man 01h00 Dj Pops Pour cette deuxième journée, on se tourne plus vers l’urbain et la soul, du moins au niveau de la scène principale où nous sommes particulièrement impatient d’assister au concert de Rag’n’Bone Man, l’interprète de l’une des plus belles chansons de ces dernières années (Human). Impressionnant par son physique (nombreux tatouages sur le visage, notamment sous les yeux) mais surtout par sa voix (baryton), Rory Charles Graham, de son vrai nom, est le coup de maître de la programmation 2024. Mais d’autres artistes de cette journée sont très attendus comme les rappeurs Koba La D et Alonzo. Pour notre part, nous sommes toujours heureux de voir les 47 Ter qui ne manquent jamais d’énergie (positive) et curieux de voir Maya Nashoba sur scène car son clip « L’appel du loup » est très prometteur. Programme du dimanche 14 (ouverture des portes à 12h30) Scène 2 : 14h00 Zoé Josephine 15h20 Gabriel Seize 16h40 Marion ft Nationale 3 18h10 Fily Leela 20h30 The Flints 23h00 Nice Idée Scène 1 : 14h40 Gagnant Tremplin (voir plus haut) 16h00 Doria D 17h20 Colt 19h00 Claudio Capéo 21h30 Bigflo et Oli 23h45 Daddy K Pour ce dernier jour de festival, on mélange un peu tous les genres, surtout sur la scène « Construisons demain ». Pour ceux qui n’envisagent pas de rester absolument collés aux premiers rangs de l’espace principal (on sait que Bigflo et Oli sont attendus), nous vous encourageons à aller jeter une oreille du côté de cet espace « bis » qui pourrait vous réserver

Black Mirrors a fêté sa dernière de l’année au Reflektor, mais 2024 s’annonce déjà sous les meilleurs cieux.

Groupe de rock alternatif belge, et plus précisément Bruxellois (voire même Brainois), formé en 2013, Black Mirrors avait un calendrier bien rempli pour cette fin d’année avec notamment des concerts en Allemagne, un pays qui ne fait pas dans la dentelle lorsqu’on aborde le thème de Noël. Mais le groupe a dû renoncer à ces dernières prestations pour préserver la santé de sa chanteuse, et de la génération future… Décrit comme un vrai groupe de scène, se bonifiant au contact du public, Black Mirrors se repose sur le chant de Marcella Di Troia, actuellement en forme(s) puisqu’elle attend un heureux événement. Une bonne nouvelle, mais qui entraîne un report des projets live du band, qui a toutefois déjà annoncé qu’il ne va pas hiberner pour la cause, des projets étant près à ressortir du placard. On pourrait donc s’attendre à la sortie d’un nouvel album, le 3e opus studio (2018 : Look into the Black Mirror (Napalm Records) – 2022 : Tomorrow Will Be Without Us) et des dates sont déjà au planning de 2024 (à partir du 10 mai, à Affligem, mais aussi en Allemagne en juillet). Et oui, c’est l’un des traits de caractère de ce groupe un peu particulier, c’est qu’il s’adapte à toutes les situations ou presque. Au départ, Marcella voulait mettre sur pied un girls band, mais la pétillante chanteuse n’a pas trouvé guitariste à son oreille, optant finalement pour un homme donc, avant que ses deux musiciennes ne quittent le navire, laissant la places à d’autres mâles. Le départ de Loïc Videtta entre les deux premiers albums ne semble pas non plus avoir affecté négativement les parties en cause, Loïc s’épanouissant à la tête de sa nouvelle tribu, Black Orchid Tribe, alors que ses anciens équipiers, multiplient les performances live (Gino Caponi: Basse / Lau Seys: batterie / Pierre Guillaume et Pierre Lateur : guitares). Une adaptabilité qui se marque encore plus lorsqu’on aborde la musique et son interprétation. En effet, les compositions sont telles qu’elles peuvent aussi bien être interprétées avec l’énergie rock habituelle qu’en acoustique avec une guitare sèche. Ce deuxième album, défendu sur scène depuis une année maintenant est décrit par ses membres comme étant énergique, sombre et brut mais qui recèle toutefois de nombreux niveaux de lecture, comme ce titre évocateur Tommorrow will be without us (demain se passera sans nous) et sa transposition scripturale qui entendent attirer l’attention du public sur l’importance de vivre sa vie et de profiter de l’existence car demain nous, en tant qu’individu, ne serons plus là, mais en restant attentif à notre impact sur la planète car nous, humains, sommes, à moyen terme, en danger d’extinction, comme la plupart des espèces vivant sur cette planète. La pochette se basant d’ailleurs sur un cliché d’un photographe belge mettant en exergue les activités des morgues au Mexique. Prochain objectif scénique ? Etre choisis en première partie de Queens of the Stone Age ou Idles. Au fait, le premier des deux groupes sera justement la tête d’affiche du jeudi 15 août au Cabaret Vert, à quelques encablures à peine de nos frontières (Charleville-Mézières). Mais revenons deux minutes sur ce dernier show de 2023, qui s’est déroulé au Reflektor, au centre de Liège. L’assistance a pu profiter ce soir là de deux prestations de haut vol puisque la première partie était assurée par Giac Taylor, le projet « solo » de Romano Nervoso qui enfile là sa tenue de batteur sauvage. Une mise-en-bouche très rock qui collait bien avec l’univers des Black Mirrors et de ses fans. Et quid de la salle ? Sobre, sans chichi au niveau de la déco, mais avec une acoustique très valable. L’idéal pour ce type de performance. Car Marcella et sa bande vont évidemment se donner corps et âme, au point que la chanteuse doit parfois reprendre son souffle quelques instants entre deux morceaux. Ce ne doit pas être évident de balader ainsi en permanence un pensionnaire dans son ventre. Elle assure toutefois, comme d’habitude, sur scène. Autre petite singularité, l’émotion présente dans les yeux de l’artiste lorsqu’elle explique les raisons de cette pause qui va devoir être imposée au groupe. Du moins scéniquement car, comme décrit ci-dessus, le groupe n’entend pas se reposer jusque mai, tout un travail de création, généralement réalisé en amont d’un album, germe dans les têtes. Profitez donc de ces quelques clichés (que vous pouvez aussi retrouver sur la page Facebook – ReMarck Photos) pour tenir jusque mai 2024, date (jusqu’ici) annoncée du retour de Black Mirrors sur scène.

« Back Home » sort ce 15 novembre.

Black Orchid Tribe ( = tribu de l’orchidée noire) est un groupe assez récent. Sa page FB n’a d’ailleurs été créée qu’en septembre 2021 soit il y a un peu plus d’un an. Et pourtant, on parle bien ici de la révélation scénique de l’édition 2022 du Baudet’stival. Nouveau groupe donc, mais avec un sérieux bagage puisque l’artiste à la base de ce projet n’est autre que le Lasnois Loïc Videtta (ex Mango Moon et Black Mirrors) qui a traversé 17 pays au fil de ses 200 concerts avec les Black Mirrors. Un rythme soutenu, presque fou, digne d’un globe-trotteur professionnel qui a toutefois été coupé net dans son élan suite à l’apparition du Covid et de ses inexorables contraintes. Loïc prend donc une retraite « obligée » avec le 1er confinement et met fin à la collaboration avec Black Mirrors. C’est à ce moment qu’il décide de se lancer dans un nouveau projet, plus personnel cette fois. Personnel dans l’écriture et dans le choix artistique, mais finalement pas dans l’expression scénique. Mélange de rock, folk et blues habillé de paroles qui relatent les émotions que Loïc tenait à s’exprimer concernant son état d’esprit mais aussi ses démons. Tout part donc d’un projet solo, mais évolue en l’expérience constructive d’une tribu que le loup (pas si) solitaire s’est choisi. Le tribe se compose de Giovanni que le chanteur a découvert grâce aux réseaux sociaux, car oui s’il prône les valeurs de l’ancrage, de l’instant présent, cela ne l’empêche pas d’être un utilisateur assidu des réseaux car ils représentent une porte d’entrée d’un monde infini qui permet de connecter les gens. Laura (guitare) et Loïc se sont (re)trouvés à retaper une grange. Raf est arrivé dans le projet parce que Loïc le connait depuis son premier groupe Mango Moon. Paul c’était le batteur du groupe Black Mirrors dans lequel Loïc était bassiste. « Rejouer avec Paul, ça a été comme retrouver une ex ! On a retrouvé tous les réflexes (rires) » commentait d’ailleurs le fondateur de ce nouveau projet lors d’une interview en été. Après les singles : « Better Run » (> 29 avril 2022) et « Numb my beast » (< novembre 2021), c’est au tour du premier EP « Back Home » de rentrer dans la cour des grands le 15 novembre, avec une release party organisée dès le 18 au Prince Club (ferme du Prince) Rixensart car BOT c’est avant tout un groupe de scène. Ceux qui ont déjà pu assister au set du groupe ne sont d’ailleurs pas prêts de l’oublier car ça déménage. Au Baudet’stival, Black Orchid Tribe a littéralement mis le feu à la scène annexe, et au parterre qui la devançait, Loïc n’est en effet pas homme à rester sagement sur un tabouret ou à se cantonner à tenir son pied de micro en place. Non, ici, c’est la fougue, l’énergie, le partage… avec ses musiciens évidemment, mais aussi le public. Torse nu, le chanteur descend de la scène pour venir à la rencontre de ses fans en pleine prestation puis y retourne bière à la main, toujours habité de son énergie débordante. En fin de prestation, il s’expliquera par ces mots simples  « C’est pas qui on est en terme de musicien qui va toucher les gens. C’est pourquoi on vient raconter un truc sur scène. Venez comme vous êtes, les gens vont kiffer si vous êtes vrai ! ». Alors si vous aimez le rock un peu sauvage saupoudré de quelques épices de folk et d’un trait de blues, vous savez maintenant où vous adresser.