7 février 2026

Bertrix, c’est pas Marseille bébé, mais ça y ressemble presque…

Le deuxième jour du Baudet’stival se voulait résolument urbain dans sa programmation, du moins sur la scène principale. Pari réussi semble-t-il vu l’affluence enregistrée et surtout l’ambiance dégagée. A l’applaudimètre, les machines que sont Rag’n’Bone Man et Koba LaD ont évidemment fait mouche, mais les deux prestations les plus marquantes sont assurément celles des virevoltants 47 Ter et d’Alonzo qui semble en jambes pour s’offrir le stade Vélodrome. Nous reviendrons un peu plus tard sur les shows offerts par ces artistes car nous débutons ce petit feed-back de la journée par la scène « Contruisons demain », appelée aussi scène 2 ou découverte. La première à prendre le micro est Léa Pochet. Artiste régionale ou presque puisqu’issue des environs de Florenville, Léa présente un univers assez sombre, décliné en pop / rock / folk aux accents francophones. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, son dernier single « Destin » est un bel exemple de son travail actuel. C’est ensuite au tour d’ODC de prendre place sur les planches. De deux (Léa étant accompagnée de son claviériste), on passe à quatre, même si deux personnages sortent effectivement du lot. L’un des musiciens, chanteur à ses heures, ne passe en effet pas inaperçu avec son look non genré, ses cheveux teints et ses nombreux piercings. Mais le personnage central du band reste Célia, un petit bout de femme à la voix très puissante dotée d’une présence scénique remarquable. Elle est très belle et sait jouer sur cette corde. Ne tombez dans les clichés de la femme fatale qui mène tout le monde à la baguette ou au contraire de la femme objet, Célia assume sa féminité mais se considère comme un membre indissociable du band. Formé en 2017 dans la région parisienne, ODC a pris du galon, et surtout un coup de projecteur, en 2021 en signant avec Blood Blast Distribution. Depuis, les tournées s’enchaînent et le public se déchaine. A découvrir. On reste dans le rock, mais un peu plus « british » avec The Rackers. Si le groupe provient bien de Belgique, c’est en effet dans la culture musicale anglo-saxonne, et essentiellement des 90’s et début 2000 que ses membres puisent leur inspiration. On y décèle des arômes d’Oasis avec une pointe de Franz Ferdinand et une pincée d’Arctic Monkeys. Même scène, autre ambiance avec Maya Nashoba, une artiste belge (aux racines turques) qui n’a pas peur d’étaler ses hantises et ses doutes en musique, comme une forme de thérapie artistique. « J’ai composé ces morceaux en 2019, alors que j’étais au plus mal. Je traversais alors une forme de dépression » nous glisse subtilement celle dont l’apparence physique fait immédiatement penser à la Sinead O’Connor de 1994. Même visage angélique et surtout coupe de cheveux identique. Mais le parallèle s’arrête là, du moins espérons-le, vu la fin tragique de la chanteuse irlandaise. Une autre belle découverte pour nous, avouons-le car c’est subtil, mélodieux et très bien écrit. Vient alors l’enfant du pays… tout proche, Florent Brack. Vainqueur de l’émission « The Voice Belgium » en 2015, Florent a pris le temps de se forger un univers, et appris à poser sa voix à la British and Irish Modern Music à Brighton. Fort de son expérience scolaire, mais aussi sur scène, où il a, nous rapporte-t-on, déjà dû faire face à quelques impondérables (NDLR : Florent, pense à protéger tes doigts), Florent vient de sortir son premier album « Faces », opus qu’il défend désormais bec et ongles avec brio. Et pourtant, il y eut bien un petit stress de dernière minute ce samedi puisqu’au moment de débuter son show, aucun son ne sortait du micro ! Un présentateur en chauffeur de salle improvisé, un ingénieur du son à la rescousse et quelques minutes suffiront finalement à rétablir une situation mal embarquée. Heureusement d’ailleurs, car dès les premières notes, le public est venu remplir la place de ce second espace. Nous pensions, à tort visiblement, que la plupart des spectateurs du jour étaient à tendance rap, prêts à passer la journée devant les barrières de la scène où les cadors du genre se produisaient, mais l’Ardennais a su les détourner du chemin obscur (référence à I AM), du moins le temps de son set. Ce menu, déjà copieux, était servi avec une performance de Matho et Xal en guise de pousse-café, mais nous étions déjà rassasié et avons donc fait l’impasse sur ce met gourmand. Par contre, notre pérégrination ne s’est pas arrêtée en si bon chemin pour la cause, à côté de la scène B (ou 2, c’est selon) se trouve la Place des Trois Fers et son accompagnement de stars.  La première n’est autre que l’animateur vedette du 6/9 de Tipik, Gaetan Bartosz, transfuge de la rentrée dernière (passé du giron RTL avec Radio Contact au fief RTBF) et présentateur, pour la première fois, au Baudet. Un novice donc, comme Oney, groupe formé à l’initiative de l’Arlonnais Noé Remy, rappeur solo à la base qui a vu le rejoindre des musiciens d’horizons divers comme Pierre Thollembeck (Clavier), féru de musiques électro, Félix Schipman (batterie),William Odobescu (guitare), résolument rock, et Charles Wilmet, un saxophoniste actif dans un band de reggae. Le tout donne un mélange détonnant, mais harmonieux. Et pour sa première grande scène, Noé ne se démonte nullement. Une belle surprise. Arrivent alors deux jeunes pousses toutes fraichement sorties du tourbillon médiatique de la Star’Ac, Julien et Axel. Sans réelle mise en scène ni accompagnement live, difficile de pouvoir se faire une idée de leur potentiel. On peut juste relever que les capacités vocales sont réelles et que Julien ose déjà se frotter à Brel. Mais voilà que grimpent sur scène de vrais habitués des planches, les 47 Ter. Pierre-Paul, Blaise et Lopes n’en sont effectivement pas à leurs débuts. Le trio multiplie les prestations depuis quelques années, et frappe toujours juste. Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil dans l’assemblée pour se rendre compte qu’une grosse partie du public est là pour le sympathique trio de Paname. Rap, chant, danse … tous les ingrédients sont présents. Accompagnez cela

Du 12 au 14 juillet, la Place des Trois Fers vibrera de toutes parts.

Vu les conditions climatiques de ces dernières semaines, et les annulations d’événements en cascades, on aurait tendance à oublier que nous sommes en été, et plus précisément dans la période des festivals musicaux tant attendus par beaucoup d’entre vous, du moins dans le sud du pays car au nord, le Grasspop a su tenir son rang entre les gouttes, malgré quelques désagréments pour les campeurs, et Werchter est en pleine ébullition actuellement. Mais pour le week-end de la fête nationale de nos voisins hexagonaux, nous effectuerons un léger déplacement vers le sud, histoire de poser pour 3 jours notre sac photo à Bertrix, en province du Luxembourg, pour le plus grand événement musical de la région, le désormais incontournable Baudet’stival. Pour l’occasion, la place du village, celle des Trois Fers, sera comme de coutume fermée à la circulation car c’est bien là, au cœur de l’entité bertrigeoise, que vont se succéder, du 12 au 14 juillet, de nombreux artistes connus ou émergents, francophones mais aussi anglophones, en solo ou en groupe, plutôt urbain, rock ou pop … vous l’aurez compris, il y en aura pour tous, car c’est l’un des atouts de ce festival qui malgré l’importance du public drainé a su garder un esprit familial. Un autre point important, l’événement se déroulant dans le centre-ville, tout est bétonné. Les habitués de festivals comprendront rapidement pourquoi j’évoque ce point de détail. Pour les aspects pratiques, on reprend quasi les mêmes ingrédients que les années précédentes à savoir un paiement des boissons et nourriture via un système de bracelet électronique rechargeable à l’aide de votre gsm ou des bornes (principe du cashless), la présence de plusieurs foodtrucks et commerces locaux pour vous sustenter ainsi que des parkings de délestage autour du site à partir desquels sont organisés (pour certains seulement) des parcours de navettes. Pour tous ces aspects pratiques, visitez le site www.baudetstival.be, tout y est détaillé. Côté artistes, on garde aussi le même principe que ces dernières éditions, à savoir deux scènes, la principale sur la place même, l’autre, intitulée « Nous construisons demain », à quelques mètres à peine. Les deux scènes étant très proches donc, le principe de l’alternance est de mise afin que les sons ne se mélangent pas, ce qui vous permet aussi, parfois (pas si le site est full malheureusement) de pouvoir apprécier tous les shows sans en manquer une seule miette. C’est bien beau tout cela, mais qui va venir fouler les planches de ces scènes ? Pour plus de lisibilité, nous dénommerons ici la scène principale la scène 1. Par extension, l’autre sera la scène 2. Programme du vendredi 12 (ouverture des portes à 16h00) Scène 2 : 17h00 Øde (Tremplin) 18h00 Emy Sakura (Tremplin) 19h10 Steffi Pacson (Tremplin) 20h40 Lumière 22h15 Minor Minor 00h15 Black Orchid Tribe Scène 1 : 17h30 Suasion 18h30 Fugu Mango 19h40 Ykons 21h15 Typh Barrow 22h45 Christophe Willem 01h00 Calumny Vous aurez remarqué que l’on évoque pour les trois premiers artistes de la scène « découverte » une mention Tremplin. Le principe est le même que ces dernières sessions, le vainqueur aura la chance de pouvoir se produire en ouverture de la scène principale dimanche. Voici (encore) l’une des caractéristiques de cette organisation conviviale, le festival n’a pas la mémoire courte avec ses artistes, et ceux-ci le lui rendent bien. Il n’est pas rare, en effet, de voir que l’un ou l’autre artiste proposé une saison revienne (rapidement) à l’affiche. Ce sera notamment le cas de Suasion, Ykons et Black Orchid Tribe, trois groupes qui avaient enchanté le public lors de leurs prestations. On salue aussi l’arrivée dans le line-up de l’une des plus belles voix de notre pays, Typh Barrow, qui réservera finalement l’exclusivité de sa prestation sur notre territoire au Baudet (elle était initialement prévue à l’Inc’Rock mais la météo en a décidé autrement). Autre artiste très attendu car aussi victime des conditions climatiques de ces dernières semaines (il devait, lui, se produire au FeelGood), l’inimitable Christophe Willem. Et pour ceux qui peuvent se libérer dans la soirée, Fugu Mango est un pur moment de détente musical, direction les tropiques. (PS : on croise les doigts pour que le groupe propose sa reprise de « Golden Brown », c’est excellent). Programme du samedi 13 (ouverture des portes à 13h30) Scène 2 : 14h30 Léa Pochet (Tremplin) 15h30 ODC (Tremplin) 17h00 The Rackers (Tremplin) 18h30 Maya Nashoba 20h10 Florent Brack 21h50 Matho et Xal 00h20 A!den Scène 1 : 15h00 Oney 16h00 Julien et Axel (Star’Ac) 17h30 – 47 Ter 19h10 Koba La D 20h50 Alonzo 22h50 Rag’n’Bone Man 01h00 Dj Pops Pour cette deuxième journée, on se tourne plus vers l’urbain et la soul, du moins au niveau de la scène principale où nous sommes particulièrement impatient d’assister au concert de Rag’n’Bone Man, l’interprète de l’une des plus belles chansons de ces dernières années (Human). Impressionnant par son physique (nombreux tatouages sur le visage, notamment sous les yeux) mais surtout par sa voix (baryton), Rory Charles Graham, de son vrai nom, est le coup de maître de la programmation 2024. Mais d’autres artistes de cette journée sont très attendus comme les rappeurs Koba La D et Alonzo. Pour notre part, nous sommes toujours heureux de voir les 47 Ter qui ne manquent jamais d’énergie (positive) et curieux de voir Maya Nashoba sur scène car son clip « L’appel du loup » est très prometteur. Programme du dimanche 14 (ouverture des portes à 12h30) Scène 2 : 14h00 Zoé Josephine 15h20 Gabriel Seize 16h40 Marion ft Nationale 3 18h10 Fily Leela 20h30 The Flints 23h00 Nice Idée Scène 1 : 14h40 Gagnant Tremplin (voir plus haut) 16h00 Doria D 17h20 Colt 19h00 Claudio Capéo 21h30 Bigflo et Oli 23h45 Daddy K Pour ce dernier jour de festival, on mélange un peu tous les genres, surtout sur la scène « Construisons demain ». Pour ceux qui n’envisagent pas de rester absolument collés aux premiers rangs de l’espace principal (on sait que Bigflo et Oli sont attendus), nous vous encourageons à aller jeter une oreille du côté de cet espace « bis » qui pourrait vous réserver